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30 mai 2022 1 30 /05 /mai /2022 12:09

------  PATHE OPERA PREMIER  ------
----------------  SALLE 1  ----------------

Dimanche 29 mai 2022, 19h00
HEOJIL KYOLSHIM de Park Chan-wook

 

Anciennement Gaumont Opéra Premier, ce plexe a changé de nom fin 2019. Comme d’habitude, c’est comme si c’est le mot "changement" n’était rien d’autre qu’un terme de novlangue, une sorte de concept marketing qui ne se comprend que par l’inverse qu’il entend proclamer. Car, en fin de compte, c’est toujours la même fine équipe qui est aux commandes du navire. Prenons les mêmes et recommençons.
 

On gratte un peu les plâtres et on change les kakemonos qui deviennent jaunes et contribuent au culte de la personnalité de Pathé, et le tour est joué. Dans ses habits tout neufs, le Pathé Opéra Premier ressemble comme deux gouttes d’eau à son prédécesseur. Pourtant situé favorablement du côté des Grand Boulevards, la devanture du plexe ne sait pas exploiter cet avantage et se fond malgré elle dans l’architecture locale.
 

Hall plutôt agréable puisqu’il y a de l’espace. Mais la blancheur des murs rend l’endroit très… Comment dire ?... Chirurgical ! Evidemment il n’y a plus d’affiches papier depuis fort longtemps. Des écrans LCD ornent la façade. Dans le hall d’autres écrans diffusent différentes informations, notamment le nombre de places vides dans les 6 salles du plexe. Et puis il y a toujours ce triple écran LCD aux dimensions exagérées. Ça diffuse des bandes-annonces que personne ne regarde. On trouve aussi deux bornes qui délivrent des tickets d’entrée. Sur la droite, il y a également deux caisses mais une seule est ouverte malgré l’affluence.
 

Deux personnes vérifient nos codes-barres à coups de machines lasers. Normalement, un bip doit retentir en guise de positivité. Mais pas là. La jeune femme a les yeux rivés sur son écran de contrôle dont rien ne sort. Silence gêné. Pas d’explications de sa part. Quelles sont les formations qui apprennent encore à communiquer autrement que par diligence informative ? Va, je ne te hais point, formateur, d’ailleurs je ne te lance pas la pierre car je suis persuadé que tu agis normalement, vu que tu supposes qu’il s’agit d’un acquis que toute personne devrait normalement hériter de son éducation. Bref, quelques secondes plus tard, cette dame nous laisse passer même si le bip n’a toujours pas retenti.
 

Avant de descendre les quelques escaliers qui mènent au réseau de salles, nous remarquons que le plexe a tout de même eu la bonne idée de garder les miroirs peints par Rober Pansart, hérités du Berlitz, ancien plexe dont peu de gens se souviennent. Dans un style art déco, ils ornent les murs qui surplombent les escaliers dont nous parlions précédemment. Pas vraiment ma tasse de Benco, mais voilà qui donne un peu de cachet à ce lieu sans âme. L’ensemble dénote avec les couleurs qui tâchent un peu partout, mais c’est exactement le genre d’élément décoratif qui permet de donner une véritable identité à un lieu. C’est ce que nous sommes en droit d’attendre d’un plexe. Quelque chose qui le rende tout sauf anonyme, quelque chose qui marque sa singularité, qui lui donne un surplus d’âme. Ce qui est dommage ici, c’est qu’au milieu d’une telle standardisation, cette œuvre représente plus une contrainte qu’une mise en valeur du lieu. Bien tenté.
 

Notons que nous empruntons des escaliers faits avec du bois d’arbre, mais si on regarde bien, on peut apercevoir, quelque peu caché, un ascenseur que peuvent emprunter les personnes à mobilité réduite. Et ça, c’est un bon point.
 

Bon, après cela, il n’y a plus rien à voir. Nous arrivons directement au sous-sol où se trouvent le circuit de salles. La première chose qui nous saute aux yeux est la galerie marchande consacrée à la junk food la plus sucrée qui soit. Quel étalage de festivités ! Les lumières nous aveugleraient tant elles nous ordonnent de passer par ces rayons si bien pourvus. Le stand fait quasiment toute la longueur du couloir d’accès. Comble du mauvais goût, il est même délimité par un cordon de sécurité ! Un autre cordon (double, celui-ci !) crée une sorte d’allée où l’on a déployé un tapis rouge comme à Cannes. Normal, nous allons voir un film présenté au festival. D’où le tapis rouge. Oh la bonne idée, dis-donc ! Mais ils n'ont pas eu que celle-ci. Ils proposent aussi une coupe de champagne (mais en fait c’est une flûte sur l’affiche) pour 8 euros ! 8 euros !!! Et je parierais bien ma Bentley qu’il ne s’agit pas d’un Ruinart ! Une autre idée du glamour, somme toute. Bon, en même temps, il ne fallait pas s’attendre à autre chose vu que la place coûte ici 14 euros et 20 centimes. Ce qui est beaucoup trop cher, même pour un très très bon film. Et après on se demande pourquoi les salles ne se remplissent plus !
 

Bizarrement, l’endroit est plutôt propre. Mal décoré, mal agencé, mais plutôt propre. Vu toutes les friandises qu’ils vendent, c’est plutôt étonnant. Ne parlons pas trop vite. La salle paraît tout aussi bien tenue. Probablement que les employés font le ménage entre deux séances. J’en suis même persuadé et j’en ai la preuve. A peine sommes-nous installés qu’à côté de moi vient s’asseoir un jeune couple (en fait, ils laissent un siège entre eux et moi, ce détail va avoir une importance). Le garçon se fait remarquer, tient son rôle de mâle alpha, joue les fiers à bras, piochant continuellement dans le cornet de pop-corn de sa copine. Et ce qui devait arriver arriva. En jouant avec sa deuxième main gauche, le jeune homme envoie valser le cornet qui se déverse en première partie sur le spectateur juste devant, et en deuxième partie sur les autres fauteuils environnants. Le pop-corn s’arrête à mes pieds. Je suis miraculeusement épargné. Je regarde la scène avec un petit sourire en coin qui me fait jubiler intérieurement. On peut lire sur mon visage : « Je ne vais certainement pas vous aider, mes chéris ». Passée leur stupéfaction, le couple entreprend de réparer les dégâts. Le jeune homme s’adresse au spectateur de devant qui a fait les frais de sa maladresse. Ci-après, voici sa phrase telle que je l’ai entendue : « Attention, monsieur, vous en avez un dans les cheveux. Ah non, c’est bon, il est tombé. Y’a pas de souci. » De son côté, la jeune fille nettoie ses bêtises à l’aide d’un mouchoir en papier, tout en maugréant à l’encontre de son bien-aimé : « 8 euros ! » Elle pousse le pop-corn ainsi récupéré, sous son fauteuil, après tout, elle paie assez cher pour que les employés bossent un peu entre deux séances ! Du fin fond de la salle, croisée à notre entrée, une femme crie à tous les arrivants : « Les numéros pairs à droite, les numéros impairs à gauche ». Tout à coup, et elle ne vise pas mes voisins, nous l’entendons s’en prendre à d’autres personnes qui ont amené de la nourriture avec eux : « Qu’est-ce que c’est que cette nourriture ? On ne rentre pas avec de la nourriture ! Pas de nourriture dans la salle. » Son autorité est bien vite mise à mal. Mais quel est donc ce lieu vulgaire et beauf dans lequel nous nous sommes engouffrés ? On se croirait presque au Pathé Wepler ! Un rapide coup d’œil dans la salle m’apprend qu’effectivement quelques personnes mangent des sandwichs ou autres victuailles qu’elles n’ont probablement pas achetés ici. Mais qu’est-ce que c’est que tous ces gens qui meurent de faim et de soif au cinéma ? Vous n’avez pas un peu de tenue ? Un minimum de dignité ? Un semblant de savoir-vivre ? Vous n’êtes pas capable de manger avant ou d’attendre un peu et de vous sustenter 2 heures plus tard ? Personnellement, je n’ai jamais acheté la moindre chose qui puisse se boire ou se manger dans un plexe, et je vous assure que je n’ai jamais fait la moindre crise d’hypoglycémie ou de tachycardie. Allez, ça suffit. Respectez-vous un minimum.
 

Vous l’aurez compris, c’est un drôle de capharnaüm qui règne dans cette salle, mais nous allons quand même essayer d’en parler un peu.
 

C’est la plus grande salle du plexe. Elle contient 420 places. Ce ne sont que des strapontins, qui plus est moyennement confortables. Les accoudoirs sont quand même assez durs ! Sinon, l’espace pour les jambes est plutôt bon, le dossier du fauteuil monte assez haut, le tissu rouge est un peu rêche, il y a des porte-gobelets à chaque accoudoir et une très bonne dénivellation. L’ambiance est sobre, minimaliste, dépouillée, sans âme encore une fois. Bref, nous ne sommes pas dans le prestige mais dans le fonctionnel. La routine, en quelque sorte.
 

Mais pourquoi avoir monopolisé deux personnes pour l’accueil des spectateurs ? D’abord, un homme nous ouvre la porte de la salle 1 et nous invite à bien vérifier notre place sur notre billet, afin d’éviter tout blocage intempestif. Il est avenant et serviable même s’il ne sert pas à grand-chose. Et puis, une fois passé le sas des portes, nous tombons sur cette vendeuse de poisson dont nous parlions plus haut, dont la voix résonne dans toute la salle. Elle, a une utilité, mais pourquoi ne pas l’avoir placée devant les portes d’entrée, justement ? Ici, elle ne fait que contribuer un peu plus à cette atmosphère de chaos, vu que la séance est complète, avions-nous oublié de préciser.
 

L’écran a de belles dimensions, et il n’y a qu’un bloc lumineux sur son côté. Alors parenthèse bloc lumineux. Il est vrai que nous ne cessons de les décrier même si certains (mais c’est tout de même très rare) arrivent à se fondre dans le décor, mais ils restent sans nulle doute une aberration esthétique et un obstacle majeur pour obtenir une obscurité correcte. Ici, étant donné l’ampleur de la salle, sa luminosité n’a quasiment aucun impact au cours du film, même dans les moments les plus sombres. Tout comme celui du fond de la salle (par où nous sommes entrés, si vous suivez bien). Et si nous sommes un tant soit peu éloignés, sa présence ne se fait que très légèrement sentir en cours de projection. Reste le vert criard immonde de ces blocs de sécurité. Liberté ou sécurité, choisis ton camp, camarade. Nous devrions plutôt dire, le cri du cœur ou le cri de la raison, choisis ton camp camarade…
 

Côté projection l’image ne me paraît pas fofolle. C’est très probablement du 4K, mais elle m’a semblé un peu plate. Tout comme le son qui ne prend aucun risque, si ce n’est d’avoir un volume assez poussé, ce qui est de bon ton. Néanmoins la luminosité est satisfaisante. En revanche, et cela saute aux yeux très rapidement, les noirs manquent très nettement de profondeur. Bon. Tout reste dans la norme. On y voit bien et on entend bien. C’est un peu comme si je vous disais, pour parler du film projeté, que les acteurs sont justes.
 

Evidemment, les lumières se rallument assez violemment dès que le générique de fin défile. Qu’attendions-nous d’autre ? Et surgit à nouveau du fond de la salle, devinez qui, pour hurler à plusieurs reprises que la sortie se fait en bas à droite ? D’où l’utilité du bloc lumineux pendant toute la projection… 14 euros 20 !!!
 

Malgré son changement de nom, le Pathé Opéra Premier est exactement le même que celui que nous avons connu sous la dénomination de Gaumont Opéra Premier. Il manque ici (et il y aurait moyen de le faire) une vraie identité. Le plexe paraît sans saveur, ne nous raconte rien et se contente de faire de l’accueil de groupes. C’est dans la lignée d’une politique qui sévit depuis de nombreuses années et qui consiste à nous faire accepter qu’aujourd’hui on ne va plus au cinéma mais on va voir des films. J’appelle cela faire les poches des spectateurs. Car, pour 14 euros 20, nous sommes en droit d’attendre nettement mieux, non ?

 


 

26 mars 2022 6 26 /03 /mars /2022 16:31

------------  PATHE WEPLER  ------------
----------------  SALLE 4  ----------------

Jeudi 25 mars 2022, 19h30
AMBULANCE de Michael Bay

 

Tiens, tiens, une salle du Pathé Wepler dans laquelle nous n’avions jamais mis le bout du museau ! Alors, bien sûr, cela fait toujours un peu peur, mais il faut savoir rester honnête et passer outre l’image désastreuse que véhicule ce plexe. Cent fois remettre son ouvrage sur le métier, cent fois tourner sept fois sa langue dans sa bouche, cent fois balayer devant sa porte et cent fois ne pas oublier de mettre les miettes sous le tapis, et surtout cent fois reprendre comme si c’était la première fois que nous pénétrions dans le même plexe. Un sacerdoce, vous l’avez dit, mais que ne ferions-nous pas pour vous contenter, vous qui aimez les jeux, le cirque, les jeux du cirque, et surtout le goût du sang ?
 

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le Pathé Wepler fait des efforts. Les employés arpentent les couloirs avec leur balayette et force est de constater que les sols sont plus propres qu’ils ne l’ont jamais été. Nous avons beau inspecter les moindres recoins, pas un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau à détecter ! Malgré tous ces beaux efforts, certaines taches incrustées sur la moquette semblent ne jamais vouloir partir, et ce côté crasseux casse l’élégance du décorum luxueux de ce plexe. Dans la salle 4, c’est à peu de choses près la même félibrée. Evidemment, si nous nous approchons d’un peu trop près où que nous regardons au pied des fauteuils, la poussière n’est pas faite avec précision, mais l’ensemble reste tout à fait correct. Ça ne sent pas le pin des Landes, mais ça donne l’impression d’être propre, c’est déjà beaucoup. Probablement que la lumière tamisée n’y est pas pour rien.
 

Ici, de vrais fauteuils nous attendent dans cette salle plutôt grande. Elle accueille quasiment 250 places. Certaines rangées bénéficient de fauteuils doubles, pour ceux qui aiment bien se toucher pendant les films (nous ne voyons pas d’autre explication à la présence de ce mobilier, surtout que leur apparition date précisément de la fermeture des derniers cinémas pornographiques parisiens).
 

Confort relatif. Il y a de l’espace mais la mousse peut manquer d’enveloppant. Peut-être que c’est en comparaison des fauteuils de L’Astrée à Chambéry (dernier plexe visité) que nous remarquons cela. D’habitude, nous sommes plutôt bien installés au Pathé Wepler.
 

Le dossier remonte suffisamment haut. Quelques miettes sur les fauteuils. Des accoudoirs en mousse un peu trop molle. La salle est conventionnelle, semblable à beaucoup d’autres.
 

Au milieu de l’écran, une griffure apparaît nettement. Alors, pour un film comme AMBULANCE, cela se remarque à peine puisque la caméra est en épilepsie constante, mais je serais curieux de voir ici un film de facture plus classique (donc plus moderne, comme dirait Jean-Luc). Il me semble que ce détail se remarque plus que de raison. En tout cas, c’est tout à fait inadmissible pour un plexe qui prétend à un certain standing. Et ce n’est pas tout puisque cet écran a été très mal tendu et se retrouve plissé au bas de son coin.
 

La projection débute et nous remarquons très vite que le cadre ne remplit pas tout l’écran. L’image va bien jusqu’en bas, mais en haut et sur les deux côtés, elle est entourée de petites bandes noires. Etrange paramétrage.
 

L’image est probablement en 4K, très belle, beau contraste, beau piqué. Le son pourrait manquer de profondeur, mais c’est difficile à juger avec un film aussi monotone où tout a la même valeur, où la piste sonore est chargée en permanence. Tout cela n’est qu’une grosse bouillie mais, au moins, le volume est suffisamment bien calibré pour ne pas être en saturation constante, tout en gardant une puissance de feu nécessaire à l’action qui déferle, ou plutôt qui se déverse.
 

Et puis, il y a le public du Pathé Wepler… Un blockbuster au Pathé Wepler en première partie de soirée, c’était couru d’avance ! Nous avons beau le savoir, c’est parfois difficile de s’habituer. Ici, c’est souvent la cour des miracles. Vous ai-je déjà mentionné ce couple de jeunes déjà vieux qui étaient venus en avance et qui pique-niquait à base notamment de toasts de pâté de campagne, pendant les bandes-annonces ?
 

Aujourd’hui, nous sommes entourés de jeunes qui donnent un concert son et lumières improvisé. D’un côté, le bruit de ceux qui plongent leur corps dans des seaux de popcorn, font des bruits de bouche monstrueux, et de l’autre, ceux qui se free-fightent avec des sachets de bonbons qui ne veulent pas s’ouvrir. Et quand on leur en fait la remarque, ils ne trouvent rien de mieux que de répondre : « J’y peut rien, c’pa ma fote, y’a marké ouverture fassile ! » Enfin, un peu devant, un autre énergumène montre je ne sais trop quoi sur son téléphone portable à sa copine, faisant ainsi plus de lumière dans la salle que le bloc de sécurité qui indique la sortie, sur le mur de droite. Au moins, il n’est pas placé à côté de l’écran, mais ce soir-là nous n’étions plus à cela près !
 

Sans surprise, les lumières se rallument dès le générique de fin. Impossible de repasser par la porte d’entrée : un cordon de sécurité bloque l’accès, et comme si cela ne suffisait pas une employée attend devant (avec son sac poubelle ; la classe du Pathé Wepler !)
 

Au moins la sortie ne se fait pas dans un petit hall dépressif aux murs cimentés. Ici, l’espace est pensé, peint, orné de quelques affiches, et bénéficie même de toilettes.
 

En rentrant en scooter, nous passons devant l’Atlas, à Pigalle. Il me semblait que les cinémas pornographiques étaient tous fermés dans Paris. Eh bien, non, il en reste un ! Je passe souvent par ici et je n’avais pourtant jamais remarqué. Je me dis qu’il va falloir que j’y aille un de ces jours, pour vous en rendre compte. Quel sacerdoce !

 


 

23 mars 2022 3 23 /03 /mars /2022 23:00

----------------  L'ASTREE  ----------------
---------------  SALLE 2  ---------------

Mardi 22 mars 2022, 19h40
THE BATMAN de Matt Reeves

 

Voilà un très beau plexe, très bien situé non loin de la fontaine des éléphants. Il jouit d’une très belle enseigne lumineuse qui ajoute au charme de cette devanture très avenante. Ici, point d’écrans lumineux racoleurs mais de bonnes vieilles affiches en papier. Même si tout l’accueil est un peu chargé en diverses informations, le lieu est indéniablement sympathique, plutôt bien agencé malgré un hall pas si grand que cela, et surtout ce qui saute aux yeux c’est la dévotion totale au cinéma et non à l’injonction consommatrice qui déshonore la majorité des plexes actuels.
 

Vous vous trouvez devant l’entrée et déjà vous vous sentez bien dans ce plexe. Vous sentez que vous allez être choyés. Dans les faits, c’est plutôt vrai, même s’il ne faut pas trop en demander non plus.
 

L’accueil est à l’aune de cette description. Un guichet qui rappelle les caisses des anciens cinémas de quartier. Le charme de l’ancien sans le côté suranné. Et le caissier prend le temps de vous parler, de vous délivrer votre sésame et de vous fournir les renseignements demandés, bien que plusieurs personnes attendent derrière vous.
 

D’après ce que j’ai pu lire, les tarifs pratiqués sont vraiment très très compétitifs. Pour info, le Pathé Chambéry pratique des tarifs qui égalent ceux des plexes parisiens. Et en plus les films ne sont même pas présentés en version originale, alors qu’ici oui. A bon entendeur… Il se trouve qu’en arrivant, le caissier nous annonce que c’est le Printemps du Cinéma et que c’est 4 euros, un point c’est tout. Ça fait toujours plaisir.
 

Ici, on vous donne un petit billet insignifiant, sauf qu’au dos de celui-ci, vous avez droit à l’image d’une affiche d’un film très connu. Cette fois-ci nous héritons de BEN-HUR. Cela n’a peut-être pas beaucoup de valeur, mais c’est clairement l’expression de ce qui lie un spectateur à un cinéma qui n’a pas usurpé ce nom.
 

Il y a 4 salles dans ce plexe qui rappelle un peu dans sa structure l’ancien Gaumont Opéra Français, avec deux escaliers sur les côtés qui mènent à un étage où se trouvent deux salles. Pour les autres salles, nous y accédons depuis l’accueil en descendant simplement quelques marches. C’est là que nous devons nous rendre. Mais avant, un rapide séjour aux toilettes nous permet de constater qu’elles sont étrangement bien tenues, qu’il n’y a pas de papier toilette qui traîne un peu partout, plas plus qu’un nombre inconsidéré de gouttes d’eau tout autour de l’espace lavabal (si je veux !) Il faudrait que nous venions plus souvent en province, mais je suspecte de plus en plus qu’il y a vraiment une disparité flagrante avec la région parisienne, dans la façon dont les directeurs de salles exigent que leurs plexes soient tenus.
 

Nous voici maintenant dans cette salle 2. Une salle de dimension moyenne, avec un écran pourtant conséquent, et pourtant elle n’abrite qu’environ 80 places. Il faut dire qu’ici on fait une priorité du confort du spectateur. Nous avons droit à de vrais fauteuils avec un velours rouge extrêmement agréable au toucher, et non pas rêche comme c’est le cas dans la plupart des plexes. Pour tout vous dire, nous avons l’impression de nous retrouver dans le bon vieux fauteuil des familles, celui que tout le monde veut s’accaparer les soirs où tous les membres de la maisonnée choisissent de se retrouver devant le même film. Les fauteuils nous offrent tout leur moelleux, l’espace pour les jambes ne souffre aucune critique, le dossier monte suffisamment haut pour appuyer sa tête, pas de porte-gobelet au bout des accoudoirs ou autre atteinte à la dignité humaine, bref, nous sommes bien. Le seul bémol que je me permettrais concerne la profondeur des fauteuils que nous aurions aimée plus conséquente. Cela reste un point de détail.
 

En cherchant bien, des lumières de sécurité se trouvent bien dans cette salle, notamment du côté du mur droit, au-dessus de la sortie. Evidemment, c’est une lumière qui tue quelque peu l’obscurité de la salle. Néanmoins, sachez que, vu leur emplacement (sur les côtés, donc), si vous décidez de vous mettre dans les trois premiers rangs, vous ne les aurez pas dans votre angle de vision. Et ça, nous, on aime bien.
 

La projection est de très bonne qualité. Rien à redire. Pour un film comme THE BATMAN, pour lequel l’aspect sombre a été plus que mis en avant, nous n’avons pas droit à quelque chose de spectaculaire, mais l’ambiance est bien rendue. Les couleurs ne se trouvent pas affadies lors des scènes quasiment monochromes ou bichromes. Alors, évidemment, les noirs manquent de profondeur, mais quel plexe peut aujourd’hui se vanter d’avoir des noirs satisfaisants ?
 

Le son ne fait montre d’aucune velléité particulière. Les niveaux sont tout à fait convenables et la puissance tout à fait satisfaisante. Les scènes d’action ne pâtissent pas d’un quelconque manque.
 

Une partie du générique de fin défile lumières éteintes, mais il était inévitable qu’elles se rallument quelques secondes plus tard. Comme je vous le disais, on ne peut pas tout avoir ! Leur douceur est néanmoins un bon point.
 

La sortie se fait donc du côté droit de la salle. Nous tombons quasiment directement dans la rue qui longe le plexe. Il est impossible de sortir par où nous sommes entrés. Quelques personnes du public restent quand même jusqu’au bout du générique, et n’hésitent pas à discuter du film à voix haute. Il faut quand même mentionner qu’il y avait une salle à moitié remplie, avec beaucoup de jeunes. Ils ont été impeccables, ce qui est rarement le cas devant ce genre de film. Pas d’incivilités, pas de perturbations téléphoniques etc. Et surtout, surtout, nous pouvons constater qu’à la fin de la projection, la salle est rendue dans l’état où elle a été trouvée en entrant. Certes, il n’existe pas de stand de popcorn qui incite à la consommation dans le hall, mais tout de même, cela nous change grandement des sols jonchés des plexes parisiens.
 

L’Astrée est un plexe à dimension humaine, convivial, qui fait chaud au cœur et qui donne envie d’y retourner une fois sortis. C’est fou comme tout paraît agréable dans un plexe où tout est fait dans le bon sens. Le lieu n’a, en soi, pas grand-chose d’exceptionnel, si ce n’est qu’il se laisse investir comme une partie de soi-même. C’est probablement ce que la grande majorité des plexes ne savent plus être aujourd’hui : des refuges.

 


 

11 février 2022 5 11 /02 /février /2022 15:23

-----------  PATHE WEPLER  -----------
---------------  SALLE 2  ---------------

Jeudi 10 février 2022, 17h00
PERSIANS LESSONS de Vadim Perelman

 

Presque six années se sont écoulées depuis notre dernière visite dans cette salle. Entre temps, le Pathé Wepler a été rénové. Mais disons qu’il s’est doté d’un look d’apparat, car les salles n’ont pas vraiment eu droit au budget confort du spectateur.
 

S’il est vrai qu’il est plus agréable de se rendre dans la salle 2 qu’auparavant, et qu’un côté luxe et dorure a remplacé les ignobles couleurs agressives d’antan, rien n’a pourtant été aménagé pour que nous nous sentions dans un lieu où le cinéma règne en maître. Tout reste fonctionnel et sans convivialité.
 

Le Pathé Wepler a la bonne idée d’organiser des séances nommées « Rendez-vous cinéphiles », lors desquelles nous sont projetés des films plus exigeants et pas forcément ceux que la direction a à cœur de défendre. Mais bon, s’il est vrai que ces PERSIANS LESSONS, LICORICE PIZZA, THE CARD COUNTER, MES FRERES ET MOI et BOILING POINT ne sont pas aussi spectaculaires et démonstratifs que les grosses productions que le Pathé Wepler sélectionne en masse, nous sommes encore loin de voir dans ces séances du Bela Tarr, du Sharunas Bartas ou du Cheyenne Carron. Ces noms ne sont volontairement pas tous synonymes de cinéphilie, tout comme les films précités ne font pas tous partie non plus de ce Panthéon. Et là, vous devancez logiquement mon raisonnement en comprenant que ce terme de « cinéphile » n’est encore qu’un artifice marketing pour essayer d’attirer une population que le Pathé Wepler à petit à petit rejetée de ses salles (et accessoirement pour concurrencer un peu le Cinéma des Cinéastes juste en face). Oui, je dis bien qu’il les a rejetées car j’ai connu un temps (pas si lointain) où ces films avaient droit de cité dans ce plexe, et avec plusieurs séances par jour toute la semaine, et non pas 4 séances uniquement par semaine comme c’est le cas de ces Rendez-vous (manqués) cinéphiles.
 

Dans la salle, l’écran plissé que nous avions connu a laissé place à un écran lisse et apte à une projection de qualité. A moins que… Ah oui ! D’étranges taches un peu floues apparaissent au milieu de l’écran. Un peu comme s’il y avait de minuscules gouttelettes d’eau sur l’objectif ou la vitre de séparation de la cabine de projection. Ce n’est pas très gênant, mais quand même, cela se remarque.
 

Ce qui a aussi bien changé, ce sont les fauteuils. La bonne assise s’est transformée en fauteuils dans le rembourrage est usé et n’amortit plus rien du tout. Les coudes s’enfoncent dans les accoudoirs comme dans du beurre. Bref, le confort physique n’est plus une bonne raison de fréquenter cette salle.
 

Le confort visuel non plus. Sur la droite, un seul bloc lumineux semble être le résultat de la seule rénovation que cette salle a connu. Mais il est beaucoup trop lumineux et explose sur tout l’écran. Qui plus est, un autre bloc lumineux placé en fond de salle éclaire lui aussi beaucoup trop. Pouvons-nous encore parler d’obscurité par ici ? « Quelle indignité ! » comme dirait un ancien président de misère.
 

Mais le plus gros défaut, et qui constitue un réel handicap pour le spectateur, c’est la luminosité de l’écran qui est si faible qu’elle annihile tout contraste, affadit les couleurs et nous plonge dans un état de somnolence contre lequel il faut lutter toute la séance. Une projection dans de telles conditions est un véritable supplice. Sans compte que pendant les bandes-annonces, les lumières de la salle sont allumées et une partie est dirigée vers l’écran. Avec une luminosité aussi basse, il est très difficile de voir ce qu’il se passe à l‘écran. Dans les scènes sombres, les noirs épousent quasiment la lumière des spots, c’est-à-dire un joli mordoré. Cela aurait été sympa de nous prévenir que la séance avait été remplacée par une performance des Arts Déco !
 

Assister à une projection d’une aussi piètre qualité, c’est inacceptable ! Aujourd’hui même que les plus gros plexes s’équipent d’un matériel de haute qualité, et d’ailleurs d’autres salles du Pathé Wepler en sont pourvues. Voilà donc à quoi ressemble la cinéphilie au Pathé Wepler.

 


 

21 décembre 2021 2 21 /12 /décembre /2021 15:30

-------  GAUMONT PARNASSE  -------
---------------  SALLE 4  ---------------

Lundi 20 décembre 2021, 19h30
GHARHEMAN d'Asghar Farhadi

 

Allez ! On se fait violence et on retourne dans une salle inexplorée du moins ragoûtant des plexes parisiens. Titre amplement mérité, et pourtant difficile de deviner ce qui se cache à l’intérieur tant sa façade ne laisse rien paraître. Elle incite même à rentrer dans ce hall spacieux toujours aussi mal exploité. Pire : les vigiles contrôlent les passes sanitaires à trois mètres des portes d’entrée, ce qui provoquent un petit embouteillage lorsque les clients passent leur temps à chercher leur sésame sur leur smartphone, ou que les vigiles ne sont pas assez rapides. Certains clients sont obligés d’attendre sur les escaliers, voire sur le trottoir, la porte vitrée reste ouverte laissant rentrer le froid, bref, encore une bien belle organisation !
 

Toujours le même supplice de vagabonder dans ce plexe. Il y règne aujourd’hui un drôle de bazar. Pas mal de passage, du coup beaucoup de bruit. L’accueil est toujours réduit au strict minimum, le personnel semblant toujours très affairé. Et la propreté du lieu ne s’améliore décidément pas. Voire empire. Le laisser-aller est total. Du popcorn partout par terre. Immonde. Il empli les rainures de l’arrivée de l’escalator. La moquette est sale et usée. La décoration est réduite à son minimum. Rien d’un tant soit peu avenant, et je ne parle même pas de quoi que ce soit en rapport avec le cinéma. Le plexe est définitivement fonctionnel et absolument pas accueillant. Le labyrinthe des salles n’a plus rien à voir avec les espaces ludiques du hall.
 

L’entrée de la salle 4 se fait par une porte située à la gauche de l’écran. Non seulement tout le monde vous voit arriver mais, en plus, elle attire forcément votre attention lorsqu’elle s’ouvre en plein milieu du film et qu’une jeune femme semble chercher quelqu’un à l’intérieur (ou peut-être bien qu’elle s’est tout simplement trompée de salle). C’est aussi au-dessus de cette porte que nous retrouvons le bloc lumineux commun à tous les plexes et qui nous prive d’une obscurité totale. L’autocollant vert indiquant la sortie est fendu et légèrement cramé, comme si l’ampoule était trop proche ou trop puissante.
 

De dimension moyenne, cette salle peut accueillir jusqu’à 115 personnes. Mais nous ne serons même pas 50, ce qui donne déjà l’impression qu’elle est bien remplie. Je rappelle que le Gaumont Parnasse a lui aussi mis en place cette aberrante pratique qui oblige à choisir sa place lors de son achat. Si votre place ne vous convient pas une fois installés, vous pourrez bien sûr changer, mais il ne vous restera pas les places de choix si la salle est aussi remplie que ce soir.
 

A part ça, il faut bien se rendre à l’évidence : cette salle sent le vieux. Les fauteuils sont des strapontins qui doivent dater des années 80. Leur assise est loin d’être confortable. Nous sentons parfaitement dans le bas du dos, la jointure entre le siège et le dossier. Nous sommes loin des derniers plexes construits qui ont au moins la prévenance du confort pour étendard. Ici, deux heures de film sont une vraie torture chinoise. La mousse, elle aussi, a fait son temps. Le dossier n’est pas très grand. Il se termine au milieu du dos pour les plus grands d’entre nous. Difficile donc d’être à l’aise avec de grandes jambes, le dossier de devant étant très proche par ailleurs. Le rouge des fauteuils est particulièrement délavé, terni par les années ou caché sous la poussière qui semble les imprégner. Qui plus est, une fois installés, nous avons l’impression de ne pas être suffisamment droit, plutôt inclinés vers l’arrière. Faut aimer.
 

L’écran a une dimension plutôt correcte pour une salle de cette taille. Pas de défaut à constater. Pourtant, vu le constat que nous venons de faire, nous aurions pu croire que l’accumulation de poussière aurait contribué à faire naître des ombres suspectes sur l’écran. Il n’en est rien. Le problème est autre. Encore une fois, c’est la luminosité qui est en cause. Elle est faible comme je l’ai rarement vue dans un plexe. Si faible qu’elle crée un effet de somnolence. Je ne sais pas si c’est la lampe du projecteur qui est en fin de vie ou si c’est vraiment pour faire des économies, mais c’est un défaut majeur à régler au plus vite. Un plexe d’une telle vétusté devrait au moins faire l’effort de compenser cela par une qualité de projection irréprochable. Et la place est à 14, 10 euros ! Oui, vous avez bien lu : 14,10 euros pour ça, c’est proprement scandaleux.
 

Ajoutons, pour terminer, que les lumières se rallument brutalement dès la première seconde du générique (nous sommes pourtant là dans du pur cinéma d’auteur) et la coupe est pleine, n’en jetez plus, le Gaumont Parnasse n’a rien pour lui. C’est un plexe du monde ancien de l’ancien monde et qu’il serait urgent de rénover. Ou alors il est urgent de ne plus s’y rendre.

 


 

8 novembre 2021 1 08 /11 /novembre /2021 19:50

-------  GAUMONT PARNASSE  -------
---------------  SALLE 7  ---------------

Dimanche 8 novembre 2021, 19h45
HYTTI NRO 6 de Juho Kuosmanen

 

Force est de constater qu’avec les plexes qui sentent le vieux, nous pouvons profiter des quelques reliques que le nouveau monde n’a pas réussi à améliorer. Ainsi, le Gaumont Parnasse (celui situé au 3 rue d’Odessa, je vous rappelle que ce plexe est constitué de deux autres bâtiments) arbore toujours des affiches en version papier sur sa devanture. Loin de moi l’idée de propager la légende du « C’était mieux avant », il n’y a pas un avant et un après, les évolutions des plexes ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles sont toujours différentes et puis c’est tout. Et si nous devions faire une juste comparaison il y aurait du pour et du contre. On peut effectivement préférer ne plus entendre le bruit de la pellicule qui défile en cabine ou applaudir la possibilité de ne plus avoir une demi-heure d’attente quand on prend son billet en ligne, en revanche on ne peut pas s’extasier sur les écrans LED qui remplacent les affiches. L’écran est agressif par sa trop forte luminosité, par la place qu’il prend, par sa multiplication (je n’ai jamais vu un plexe avec un seul écran), et puis surtout, surtout, l’écran LED est laid et froid. L’affiche papier est chaleureuse et ne dénature par les couleurs. Tout semble plus naturel sur l’affiche papier. Elle apaise le regard là où l’écran le stresse. L’affiche rend bien la texture, l’écran la lisse. Ce n’est définitivement pas un progrès.
 

Alors même si, au Gaumont Parnasse, il ne s’agit pas d’affiches en très grand format, c’est quand même assez chouette d’en profiter, d’avoir un avant-goût de ce que nous offre le film. Et puis, l’avantage dont quasiment plus personne ne profite aujourd’hui, c’est de pouvoir choisir son film sur le parvis du plexe. Quel luxe de pouvoir choisir en regardant les affiches ! Aller au cinéma ne devrait pas se faire par choix. D’ailleurs, je ne pense pas que la majorité des personnes choisissent mais plutôt qu’on les conditionne pour aller voir tel ou tel film. Mais c’est un autre débat. Bref, quoi qu’il en soit, on ne doit pas choisir un film. D’abord, c’est le meilleur moyen d’être déçu. A la limite, on peut choisir uniquement sur le nom du réalisateur, mais là encore ce n’est pas un gage absolu. Alors, le mieux c’est de laisser faire le hasard (oui, c’est le film qui doit vous choisir !). Vous aurez autant de chances de tomber sur un bon ou un mauvais film, mais au moins vous ferez preuve d’un peu de sens de la découverte. Qui plus est, vous irez voir des films que vous pensiez ne jamais aller voir et vous constaterez que certains biais inconscients vous font mettre tout un pan du cinéma de côté alors qu’il mérite bien qu’on s’y attarde. Bien sûr, tout cela s’accompagne d’une nécessité de ne pas se cantonner au même plexe le plus proche de chez vous !
 

Je sais très bien ce que vous allez dire, je sais que tout cela est trop avant-gardiste, alors pour les moins téméraires d’entre vous, voilà en quoi une affiche peut vous aider. Pour réduire au minimum l’effet loterie, ne choisissez pas un film sur le nom d’un comédien ou d’une comédienne. Laissez-vous plutôt aborder par les affiches, par l’ambiance qu’elles dégagent, la poésie qui en émane, le mystère qui peut s’y lire etc. Voilà qui peut être un magnifique élément de décision. Et pareil pour le choix d’un plexe : sa devanture, sa position géographique, son architecture, sa décoration, sa faune etc.
 

Après ces quelques considérations d’ordre essentiel, revenons-en à ce qui nous occupe : le Gaumont Parnasse. Plexe parmi les plus horribles, s’il en est. Supplice pour cinéphiles. Délire pictural et architectural. Punition infernale pour personnes respectueuses des règles d’hygiène. Regardons de plus près à quel point tous ces titres-là ne sont pas usurpés.
 

Nous avons rendez-vous aujourd’hui dans la salle 7. Du hall (défiguré par les nombreux cordons de parcage), en passant par le contrôle des billets, puis l’escalator descendant et enfin l’espace qui regroupe le réseau des salles 5, 6 et 7, tout notre parcours nous rappelle combien ce plexe est sale, mal entretenu et peu nettoyé. A priori le Festival du popcorn a démarré aujourd’hui et dans ce plexe. Il y en a un peu partout. Alors, bien sûr, en tant que directeur de plexe (et je sais qu’il y en a qui lisent ces pages), vous me direz qu’on ne peut pas poster une personne derrière chaque spectateur qui laisse tomber du popcorn. Ce n’est pas un argument. C’est même pire : c’est un très mauvais argument. Le Gaumont Parnasse fait la part belle aux jeunes (encore ce soir), il convient donc d’apporter un soin tout particulier au nettoyage constant des sols. Et d’abord, pourquoi cette moquette ? Il n’y a rien qui se voit plus que du popcorn blanc sur une moquette noire avec des fleurs rouges à l’effigie de Gaumont. Alors, évidemment, ce ne serait pas raisonnable de fliquer tous les spectateurs munis d’un seau de popcorn, mais de là à ne rien faire… En tout cas, c’est l’impression que nous avons : que personne ne s’occupe de nettoyer le lieu. Probablement que ce n’est pas le cas et qu’une fois dans la journée, un membre du personnel s’occupe de rendre l’endroit un peu moins sale. Et encore ! S’il a le temps ! Car le problème vient de là, il faudrait au minimum une personne payée pour nettoyer le plexe à longueur de journée. Il me semble que cela se fait à l’U.G.C. Ciné Cité Les Halles. C’est si compliqué de ramasser un popcorn écrasé par terre ? Pourquoi les dirigeants laissent faire et trouvent cela normal ? Personnellement, je ne mange pas de popcorn, mais si je devais en trouver un sur mon plancher, ce serait la poubelle direct. Et j’ose espérer que vous feriez pareil chez vous. Manifestement, tout nous pousse à croire que les directeurs de salle ne sont que des gros dégueulasses.
 

En tout cas, celui du Gaumont Parnasse me paraît clairement louche. Un petit passage aux toilettes permet d’en être indubitablement convaincu. Vous vous souvenez des pires toilettes d’Irlande dans TRAINSPOTTING ? Bon, c’est exagéré, d’accord, mais c’est clairement les pires toilettes d’un plexe que je n’ai jamais vues. Quelle horreur ! On se croirait au sous-sol d’un restau-bar-night-club tenu par des rednecks sans humour dans la vallée de la Meuse. La misère à l’état brut. Le manque de rêve. La tristesse la plus totale. Toute est sale, poisseux, délabré. Une toilette est inutilisable, le carrelage est défoncé, la cuvette en décalage complet, du papier toilette sur le sol, des flaques d’eau à divers endroits, de la mousse sous le distributeur de savon, de la crasse, de la moisissure, rien n’est propre, tout marche mal, même la lumière est hostile, c’est un cauchemar. On sort de là plus sale qu’on y est entré. On se sent perverti, souillé, humilié. Et puis il faut arrêter avec ces feuilles de service signées toutes les heures par les employés. Non, ce n’est pas vrai que tout est OK. Non, ce n’est pas vrai qu’ils ont fait le nécessaire. Non, ce n’est pas vrai que ces toilettes sont fonctionnelles. Non, ça, ce n’est pas du bon boulot et ce n’est pas digne d’un lieu qui accueille du public. Pourtant la solution est toute simple. C’est celle que je ferai passer lorsque je serai élu à la tête de la Fédération Nationale des Plexes Français. Si les spectateurs ne prennent pas leurs responsabilités et ne ramassent pas le popcorn qu’ils font tomber, alors, nous l’avons dit, il faut employer quelqu’un qui le fera. Eh bien là, c’est pareil. Si aucun employé ne prend soin de proposer des toilettes convenables aux utilisateurs, alors ce sont ces derniers qui doivent le faire. Je propose qu’ils prennent des photos de ce qui ne va pas, de tout ce qui est à nettoyer ou à améliorer, et en scannant un QR code placé dans ces toilettes, les photos parviendraient automatiquement à l’accueil du plexe, ainsi qu’à la Direction Générale de la répression des fraudes et sa Commission de sécurité. Si aucun effort n’est fait, on ferme le lieu pour infraction aux normes sanitaires. J’ai comme dans l’idée que, très vite, nous préfèrerions voir les films dans ces toilettes que dans les salles.
 

Et justement, quid de la salle 7 ?
 

Eh bien, elle est plutôt charmante dans la façon dont elle est agencée. 3 longues rangées de fauteuils (des strapontins, en fait), un espace pour passer d’un bout à l’autre de la salle, puis encore quelques rangées de fauteuils et basta. 87 places assises pour une salle accueillante (entrée par le fond gauche), un peu en arc de cercle, à dimension humaine même si l’ouverture de l’écran paraît grande (en vérité il ne fait que 7 mètres 50 de long ce qui n’est déjà pas si mal).
 

Le confort est spartiate. Mauvaise assise des sièges. Pas de dossier suffisamment haut pour appuyer la tête. Velours un peu rugueux. La moquette ne semble pas si fatiguée que cela et pourrait même faite bonne figure avec un bon coup d’aspirateur.
 

L’écran a un énorme problème. En bas, sur toute sa longueur, il est déformé par de nombreux pics saillants. Il a sans doute été mal tendu et nous avons maintenant l’impression que des formes pointues forcent l’écran par-derrière. C’est un phénomène que nous avons déjà vu à plusieurs reprises, peu importe les plexes. Il doit y avoir une explication évidente, mais elle ne saute pas aux yeux. En tout cas, à l’heure où l’on nous offre des conditions de projection optimales, c’est inadmissible de voir encore cela, surtout dans une chaîne comme Gaumont.
 

Le petit bloc lumineux qui va bien est toujours présent. Il indique la sortie de secours à gauche de l’écran et casse une bonne partie de l’obscurité de la salle.
 

Pourquoi, cette fois-ci, avons-nous été autant interpellés par le manque de profondeur des noirs sur l’écran ? Je ne sais pas trop. Peut-être à cause des multiples scènes qui se passent la nuit ou dans la pénombre. En tout cas, c’est vrai que ce problème n’est pas près d’être résolu, mais nous pourrions faire cette remarque pour tous les plexes. C’est d’une constance telle que cela en devient une banalité. Ce qui est certain, et puisque nous en parlions précédemment, c’est que, sur ce point, la technologie n'a permis qu’une régression.
 

La luminosité est un peu faiblarde, mais ça passe. Le volume sonore, lui, est nettement en-dessous. Mauvais point.
 

Evidemment, nous ne coupons pas aux lumières qui se rallument un peu brutalement pendant le générique de fin. Et nous voilà tout contents de quitter un lieu dont le but premier devrait être tout l’inverse.

 


 

1 novembre 2021 1 01 /11 /novembre /2021 20:33

-------  GAUMONT PARNASSE  -------
---------------  SALLE 3  ---------------

Dimanche 31 octobre 2021, 22h00
LAST NIGHT IN SOHO d'Edgar Wright

 

Pas mal de jeunes qui se pressent dans ce plexe en cette soirée d’Halloween. Même si l’immense hall est surtout révélateur d’une perte d’espace évidente, certains doivent être bienheureux de s’y abriter par temps de pluie. Si Gaumont n’a pas trop su quoi faire de tout cet espace, on peut constater que, plus loin, ils ont eu la bonne idée de faire un petit espace jeux avec flipper, baby-foot, jeux vidéo etc. Pas forcément ce qu’il y a de mieux en la matière, pas forcément en rapport avec le cinéma, pas forcément une bonne idée en vue d’un prolongement de la culture cinématographique, mais ça, c’est mieux que rien du tout. Au moins le plexe vit toujours un peu plus que ceux qui se limitent à être des lieux de consommation (suivez mon regard vers le Pathé Wepler). Bon, cela n’empêche pas le stand des sucreries de tenir la plus belle place au milieu du plexe. On ne se refait pas ! Certes, il y a des couleurs partout qui hurlent leur plus mauvais goût, mais il y a aussi ce petit tunnel drôlement éclairé qui mène à quelques salles, et qui témoigne de faire du lieu quelque chose d’un peu plus original que la moyenne. Le souci c’est que l’ensemble du plexe sent le rafistolage. Il ne vous échappera pas qu’ici on cherche à faire du neuf avec du vieux.

A commencer par cette salle 3, donc, à laquelle nous accédons en montant un escalator en panne. J’imagine qu’il doit y avoir un autre accès de type ascenseur pour les handicapés, mais j’avoue que ça ne m’a pas frappé de prime abord.
 

J’aime beaucoup l’architecture de cette salle 3. Très évasée, une belle largeur, un chouette écran de 12 mètres. Et pourtant ce n’est qu’une salle moyenne qui doit accueillir même pas 200 personnes.
 

Les sièges sont plutôt agréables, même si le dossier ne monte pas très haut. Il faut oublier l’idée d’appuyer sa tête, ou alors s’enfoncer profondément dans le siège et espérer très fort retrouver ses lombaires en état de marche deux heures plus tard.
 

L’ensemble est légèrement rétro sans être totalement kitsch. Même si une frise d’un autre temps orne les murs de la salle. La moquette à l’effigie de Gaumont est aussi une relique des années 90. Une petite cure de rajeunissement ne serait pas du luxe.
 

En bas à gauche de l’écran se trouve un bloc lumineux qui indique une sortie de secours. Il a le grand avantage de n’être quasiment pas lumineux. Comme quoi, quand on veut, il est tout à fait possible de les rendre plus discrets qu’ils ne sont !
 

Et puis, il y a un gros problème qui se rencontre de plus en plus fréquemment sur les écrans des plexes. Deux minuscules points bleus ornent l’écran en son centre. Un peu comme s’il s’agissait de pixels morts. Ils se rappellent à nous à de nombreuses occasions lors de la projection. A vrai dire, je ne sais pas bien d’où vient le problème. Ces points bleus peuvent être plus où moins lumineux en fonction la place choisie dans la salle. Si quelqu’un connaît bien le problème, qu’il n’hésite pas à laisser un commentaire pour nous l’expliquer.
 

A part cela, l’espace pour les jambes est tout à fait correct, et le dénivelé de la salle est très bon.
 

L’image sur l’écran affiche de bonnes qualités de projection. Le son manque un peu de subtilité et pourrait être poussé un peu plus fort à mon goût. Mais ce ne sont que des points de détail. Le film reste conforme à ce que nous sommes en droit d’attendre.
 

Et, comme nous l’avons dit plus haut, il y a beaucoup de jeunes ce soir dans ce plexe, et ils sont forcément venus voir ce film pour les jeunes. Conséquence : ils ont pas mal babillé pendant la projection. Quelques éclairs lumineux issus de téléphones portables sont aussi à déclarer.
 

Attention aussi aux lumières de la salle qui se rallument violemment dès le générique de fin. Il y a de la maltraitance rétinale dans cette salle, c’est indéniable !

 


 

1 novembre 2021 1 01 /11 /novembre /2021 19:19

-------  GAUMONT PARNASSE  -------
---------------  SALLE 20  ---------------

Dimanche 31 octobre 2021, 19h00
VERDENS VERSTE MENNESKE de Joachim Trier

 

Direction la vingtième et dernière salle de ce plexe divisé en 3 bâtiments.
 

Il est presque 19 heures, il n’y pas grand monde à l’entrée, et pourtant dès que nous entrons et que nous commençons à nous diriger vers notre salle, la première chose qui choque est la saleté du lieu. La journée n’est pas terminée et le sol est maculé de popcorn et de quelques papiers. Quel endroit vraiment atroce ! Cette moquette qui recouvre le sol se veut chaleureuse mais elle n’est que repoussante. Elle paraît vieille, poisseuse, crasseuse. On dirait que le popcorn par terre est devenu une banalité qui ne requiert même pas qu’on le ramasse. Comme si du popcorn sur le sol cela faisait plus salle de cinéma. A vrai dire, je ne pense plus que ce sont les spectateurs qui se comportent comme des gorets. Je crois plutôt que ce sont les directeurs de salle qui sèment du popcorn directement avant chaque séance. Si ce n’est pas le cas et qu’on me prouve que ces personnes trouvent normal d’avoir du popcorn sur leur sol, c’est-à-dire même dans leur propre maison, alors je vous promets que j’arrêterait tout net de m’indigner face à cela.
 

Aucun effort de décoration. Toute velléité a été remplacée par des écrans LED en trop grand nombre. Tiens, c’est rigolo, on y annonce l’avant-première du film SI ON CHANTAIT pour le lundi 2 novembre. Quelques secondes plus tard, une autre annonce pour la même avant-première donne rendez-vous pour le samedi 2 novembre. Dans la vraie vie, le 2 novembre tombe un mardi.
 

L’entrée se fait par le fond. La salle est de dimension assez moyenne mais l’écran est plutôt grand.
 

Le confort n’est pas vraiment de mise. Nous sommes sur des strapontins et, chose à laquelle je n’avais jamais prêté attention, les accoudoirs sont vraiment très mous. Qui plus est, ils ne s’étendent pas jusqu’au dossier (ce qui peut être gênant pour ceux qui aiment croiser les mains près du corps tout en ayant leurs coudes appuyés). Mais le fait est que les sièges ne sont ni trop mous ni trop durs et pourtant ils ont une ergonomie qui n’est vraiment pas agréable. Ainsi, lorsqu’on appuie le dos sur le dossier, il est évident que le relief et la courbure ne sont vraiment pas bien adaptés à la forme du dos. Etrange. C’est plutôt rare une telle mauvaise combinaison.
 

Nous ne coupons évidemment pas au sacré saint bloc lumineux, cette fois situé en bas à gauche de l’écran. Il indique la sortie de secours pendant toute la projection et éclaire plus que de raison. Smiley triste.
 

Pour du 19 heures un soir d’Halloween, le public s’est très bien tenu. Et il a eu le bon goût de ne pas se déguiser.
 

La projection m’a semblé manquer légèrement de contraste, mais ce n’est qu’un point de détail, vraiment pas dérangeant. En revanche, il y a un vrai problème sonore dans cette salle. Les enceintes génèrent un souffle continu. Pour le coup, là, c’est vraiment très gênant. Cela se remarque aisément dans les moments les plus calmes à l’écran, et c’est particulièrement évident dans les silences.
 

Les lumières se rallument bien évidemment pendant le générique de fin. Les spectateurs ne sont pas tous sortis qu’une personne commence à ramasser les détritus dans les rangées. Air connu. Au moins elle n’a pas un gros sac poubelle noir comme c’est souvent le cas chez Pathé.
 

Vous l’aurez compris, au Gaumont Parnasse tout reste encore à faire. Je ferais partie d’une quelconque commission de sécurité, je ferais fermer ce lieu sur-le-champ.

 


 

26 octobre 2021 2 26 /10 /octobre /2021 18:50

-------  GAUMONT PARNASSE  -------
---------------  SALLE 18  ---------------

Lundi 25 octobre 2021, 19h45
PLEASURE de Ninja Thyberg

 

Retour dans ce Gaumont Parnasse éclaté dans 3 bâtiments du côté du quartier Montparnasse. Cela s’explique par le rachat d’anciens plexes par Gaumont. Mais au lieu d’en faire des plexes distincts, Gaumont a choisi de tous les regrouper sous le nom de Gaumont Parnasse. Même si cela reste compréhensible pour les deux bâtiments qui se côtoient rue d’Odessa et rue du départ, ça l’est moins pour celui dans lequel nous nous rendons aujourd’hui et qui se trouve quelques mètres plus loin dans la rue d’Odessa. Evidemment, la première chose qui vient à l’esprit est le cas quotidien de personnes qui doivent se tromper de bâtiment. Et c’est au personnel de faire preuve d’une courtoisie et d’une amabilité de bon aloi pour rediriger ces étourdis. Car le personnel des plexes est quasiment tout le temps très sympathique. Mais n’allez pas croire qu’il existe des profils spécifiques et que tout le monde ne peut pas travailler dans un plexe. Non. Le fait est qu’ils sont payés pour ça, tout soumis qu’ils sont à la fameuse philosophie du S.B.A.M. Qui s’arrête cependant à S.B. dans tous les plexes.

Eh bien ici, l’accueil est agréable comme il se doit. Le jeune homme qui contrôle nos passes sanitaires ne manque pas de conversation et d’humour. Accueillant et patient. Il ne manque pas de préciser le chemin à prendre pour rejoindre la salle (pour la 1506ème fois de la journée).
 

Le hall est assez étroit, découpé par d’ignobles cordons de sécurité qui ne servent à rien, et surtout pas à sécuriser quoi que ce soit. Ensuite il faut descendre quelques marches pour atteindre un premier palier où se trouvent les toilettes. Niveau sans intérêt. Ecrans LED de tous les côtés qui dégueulent leur propagande. Petit espace avec tabourets pour combler la perte d’espace. Les toilettes sont plutôt propres. Ce qui n’est pas le cas des couloirs dans lesquels nous déambulons. La moquette est défraîchie et jonchée de popcorn. Nous avons l’impression que personne n’a fait de nettoyage de toute la journée.
 

L’ensemble du plexe est bardé de couleurs criardes sans goût, et surtout il ne nous parle absolument pas de cinéma. Encore un plexe qui ne nous raconte absolument rien, qui n’a aucune histoire et qui se contente d’être un minimum accueillant, comprendre par-là qu’il ne heurte aucune sensibilité (donc il heurte la mienne).
 

Le problème aujourd’hui avec la majorité des plexes, c’est le manque criant d’âme. Ils se refusent d’être les carrefours des passions cinématographiques. Aucune convivialité, aucun charme, aucune personnalité, aucun amour du cinéma. Ils ne sont organisés que pour devenir des lieux de consommation. Plus de rencontre, plus de découverte, plus de lien social. Quelques-uns, très minoritaires, continuent de faire de la résistance en proposant une autre identité. Déplacez-vous au Studio 28 si vous ne le connaissez pas, vous verrez en quoi consiste un lieu chargé d’une histoire. On ne peut qu’être touché, parce qu’une histoire c’est avant tout un prolongement. Allez au Balzac pour voir comment l’approche cinématographique devient une confluence là où les événements savent encore tisser une culture commune. Jetez un œil à la programmation du Méliès à Montreuil, à la façon dont son agencement est tout autre que de la décoration, à sa politique tarifaire etc. Ils sont encore quelques-uns face aux ogres qui ignorent toute ces qualités qui contribuent à fabriquer le cinéma en dehors des films. Ces ogres qui n’ont rien de tout cela doivent essayer de masquer leur vacuité par une architecture labellisée « luxe », des qualités de projection dernier cri ou encore des salles dotées des dernières innovations technologiques qui en font de véritables parcs d’attraction. Et puis, il y a les plexes qui n’ont ni l’un ni l’autre, comme le Gaumont Parnasse. Un plexe qui sent le vieux, qui ne fait aucun effort pour nous plaire. Dans ce cas-là, je ne vois pas pourquoi le spectateur ferait le moindre effort pour s’y déplacer. Non, moi ce n’est pas pareil. Moi, c’est mon boulot d’en rendre compte ici !
 

Alors comme il faut bien parler de la salle 18, voyons un peu ce que nous y trouvons à l’intérieur.
 

Salle assez petite. 58 strapontins. 7 rangées. Confort minimal. Dénivelé un peu léger. Obligation de choisir sa place à l’achat des billets. Blocs lumineux de sécurité trop voyants. L’entrée se fait sur le milieu du côté gauche de la salle. Au-dessus trône le premier bloc. Au cas où nous ne nous souvenions plus par où nous sommes entrés. Le problème c’est que si vous n’êtes pas dans les premiers rangs, sa luminosité vous gêne pendant tout le film. Quand au second bloc, il se situe en bas à droite de l’écran, et indique la sortie de secours. Idem pour lui, impossible d’occulter sa présence. Cependant, il est une chose qui le concerne et que je n’avais jamais vue jusqu’à présent. Sur son côté commun avec l’écran, ils lui ont mis un cache noir pour éviter que sa lumière ne vienne taper directement sur l’écran. Ce n’est pas très beau, mais c’est très efficace. Et je me demande bien pourquoi ce n’est pas une pratique courante tellement ces lumières qui viennent aveugler les écrans sont légion !
 

A part ça, pas de folies en ce qui concerne l’aspect vidéo et l’aspect sonore. C’est convenable et c’est bien le minimum que nous puissions exiger.
 

Dernière petite chose à noter : sur le côté droit de la salle, toutes les rangées finissent contre un mur. Si bien qu’une personne placée ici et désirant s’en aller est obligée d'importuner toute la rangée pour sortir. Bravo l’architecte !
 

Enfin, les lumières se rallument avant la fin du générique, ce qui ne nous étonne même plus !
 

Pour résumer ce que nous avons appris aujourd’hui, je dirais : oui, il n’y a rien d’aberrant d’exiger un minimum de beauté d’une salle de cinéma, un minimum de chaleur, un minimum de poésie. Le Studio 28 (encore !) n’est-il pas autre chose qu’un poème ? Au Gaumont Parnasse, c’est la lose totale. Un plexe lambda. Qui n’évoque rien. Un goût d’eau du robinet. Une expérience insipide.

 


 

24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 00:25

-------  GAUMONT PARNASSE  -------
---------------  SALLE 16  ---------------

Mercredi 22 septembre 2021, 21h30
METRI SHESH VA NIM de Saeed Roustayi

 

Le Gaumont Parnasse est une ruine, un vestige d’un autre temps, celui où les salles ne se rénovaient pas, où le confort des sièges importait peu, où l’usure faisait office de charme décoratif et où personne n’était trop regardant sur la qualité de la projection pour autant que le film soit visible et audible. Vous l’aurez compris, aller au Gaumont Parnasse c’est faire un saut magistral dans le passé. J’ai moi-même connu ces salles biscornues, décrépies, aux couleurs fanées, et qui sentaient la vieille cigarette. S’il est question d’un quelconque relent nostalgique, cela n’a pourtant rien à voir avec ce que l’on nomme « le charme d’antan ». C’est un plexe vieux, mal en point et pas du tout agréable.

Notons d’abord que le Gaumont Parnasse a plusieurs adresses. Sa devanture la plus proéminente se situe au 3 rue d’Odessa. C’est ici qu’on trouve la majorité de ses salles. Et puis, il est aussi situé au 3 rue du départ, juste à côté (puisqu’il fait l’angle de la rue) sans que l’un ne communique avec l’autre. Un peu à l’image du Pathé Wepler et ses deux bâtiments pourtant concomitants qui ne se réunissent jamais.
 

Le Gaumont Parnasse a aussi une autre adresse au 16 rue d’Odessa, environ 100 mètres plus loin donc, mais nous en reparlerons ultérieurement.
 

De prime abord, le Gaumont Parnasse ne laisse pas paraître grand-chose de sa décrépitude. D’ailleurs, le hall, lui, est équivalent à ceux des autres plexes parisiens. S’il est tout ce qu’il y a de plus contemporain, la désuétude touche surtout les salles obscures. Hall étriqué, personnel au minimum syndical de l’amabilité, pas bavarde pour deux euros la caissière, déco sans intérêt, parcage abrutissant, billets comme des tickets de caisse de supermarché, évidence des gourmandises qui donnent la carie dentaire etc. Zéro chaleur, zéro convivialité, zéro charme, zéro cinéma.
 

La séance précédente n’est pas tout à fait terminée. Il nous faut patienter debout avant que la caissière ne vienne nous avertir. Et puis c’est la montée des marches. Le sol n’est pas très propre. Tiens, un billet d’entrée que quelqu’un(e) a laissé choir par terre. Et encore des marches à monter. Un couloir étroit. Une porte lourde et ancienne à pousser. Et nous voilà arrivés dans une salle de 64 places tout en longueur. Que c’est poussiéreux ! Au mur, la moquette gondole. Au sol, elle est maculée de taches, imprégnée de petits bouts ou morceaux d’on ne sait trop quoi. Elimée, elle fait deux fois son temps. Eclairage trop directif sur un côté, quasiment évanescent de l’autre. Cette salle forme une sorte de cuvette : l’avant et l’arrière sont légèrement surélevés. Même si l’écran est en hauteur, la vision semble un peu difficile pour les spectateurs du milieu qui se retrouvent avec une grande tête devant eux.
 

Les strapontins sont assez rigides et ne proposent pas un réel confort. Pas assez moelleux. Fermes mais sans forme. Tiens, un fauteuil est cassé. Si on s’attarde sur le sol en regardant entre les rangées, c’est assez dégoûtant. Comment ce lieu n’a-t-il pas encore été rénové alors que, depuis quelques années, les plexes misent de plus en plus sur la qualité des salles et des écrans ? Y a-t-il seulement une personne qui s’occupe régulièrement d’un semblant de ménage dans cette salle ? Un indice en bas de votre écran…
 

Niveau projection, ce n’est guère mieux. Pendant les bandes-annonces, l’écran est flou. Surtout la partie basse. Les inscriptions ne sont pas illisibles mais un flou demeure. C’est à ce genre de détail qu’on se remémore l’importance du projectionniste ! Les bandes-annonces n’occupent pas l’écran en entier. Même chose pour le film, mais heureusement le flou a disparu comme par magie ! En fait, les coins du haut sont obstrués. Par quoi ? On ne saurait trop le dire, mais ce qui est certain c’est qu’ils sont ombragés. Aussi, pour ne pas que l’image tape en plein dedans, ils l’ont rétrécie, ce qui a pour conséquence de faire apparaître une petite bande noire sur la partie haute (et pas en bas !)
 

Tiens, des personnes en retard pénètrent dans la salle juste après le générique de début. Juste ce qu’il faut pour s’apercevoir que la porte d’entrée (vers le fond de la salle) est très mal placée. En s’ouvrant, cette porte laisse passer la lumière du couloir, qui vient envahir l’écran et dissout l’image qui y est projetée. Bien vu, les artistes !
 

Evidemment, un petit bloc lumineux fait son office sur la droite de l’écran. Et la lumière se rallume sur le générique de fin. Rien ne nous sera épargné.
 

La qualité de projection est juste satisfaisante. Probablement du 2K. Pas plus. Le son est un peu plat, mais c’est passable.
 

Sachez qu’au premier rang on est très bien placé. On y a l’impression d’avoir droit à une séance privée. Et on peut allonger les jambes !
 

Une dizaine de personnes avaient pris part à cette séance. Une audience discrète, disciplinée, silencieuse. Pour partir il faut revenir sur nos pas. Tiens, le même billet que nous avions croisé sur le sol avant d’entrer est exactement au même endroit, deux heures et demie plus tard ! C’est donc que rien ne bouge dans ce Gaumont Parnasse. Quelle momie ! Je ne le dis pas souvent, mais ce plexe est absolument à éviter.