Je n’ai pas grand-chose d’autre à dire là-dessus, mais cela me plaisait bien de débuter ce texte de cette manière. Il est vrai que l’on ne pense jamais assez à ce que doit être la vie de couple de cet homme super brillant qui passe sa vie à rendre tout si propre que l’on peut se voir dedans. Sans compter Monsieur Meuble et autre Monsieur Bricolage, tous plus assujettis les uns que les autres aux velléités ménagères de leur chère moitié. En attendant, il y a La Pie Qui Chante et La Vache Qui Rit…
Et là, il va falloir trouver une transition habile avec un quelconque sujet culturel de préférence peu intéressant, comme ça je pourrai en faire 3 ou 4 pages virgule 5. Alors, bien sûr, cela aurait été plus facile si j’avais fait une petite introduction démago en vous apprenant que le dauphin dort avec un œil ouvert. Sujet véridique qui paraît aisément vérifiable mais qui appelle inévitablement un autre raisonnement : comment peut-on être sûr que le dauphin est bien endormi et qu’il n’est pas plutôt en train de vivre avec un œil fermé ? Ce qui ne serait pas très surprenant vu que le dauphin est l’animal le plus intelligent, paraît-il, après l’homme. Et là je m’interroge sur la personne qui a réalisé cette mesure d’intelligence, car il (ou elle) a forcément dû établir une comparaison en fonction d’une moyenne humaine. Cela peut faire peur si l’on songe que la moyenne d’intelligence pourrait être calculée auprès d’un échantillon représentatif d’habitants de la Creuse à pilosité drue, ou pire, par les inventeurs du jersey. De toute façon, le dauphin n’est qu’un con. Et puis d’abord quel dauphin ?
Oui, si j’avais commencé cet article de cette façon, vous comprenez bien qu’il m’aurait été bien plus facile d’enchaîner sur DIKKENEK, LE CAIMAN ou RED DOAD, dont je compte absolument vous parler. Mais là, force est de constater que je suis bien emmerdé avec ce Monsieur Propre qui doit me permettre d’enchaîner d’illustre manière.
Je cherche alors dans les expériences de même sorte menées par le même agité du chaudron.
Je m’aperçois qu’il affirme aussi qu’un crocodile ne peut pas sortir sa langue. Ineptie invérifiable. Qu’est-ce qui nous prouve que le crocodile ne sortirai pas sa langue qu’à des moments très précis de sa vie ? Cela signifierait que cet homme a passé toute sa vie à surveiller un crocodile. Impossible. Quand aurait-il dormi ? Et l’évier bouché qui s’en est occupé ? De toute façon il a bien fallu qu’il s’occupe du dauphin ! En plus, le crocodile aurait très bien pu sortir sa langue juste au moment où il ne regardait pas, ce qui infirmerait, par la même occasion, la théorie sur l’intelligence du dauphin puisqu’il serait détrôné par le crocodile. D’autre part, et je sens que vous vous posez la question depuis que je vous ai révélé ce fait, comment le crocodile se débrouillerait-il donc pour faire un cunnilingus à dame Crocodile ? Non, tout cela est vraiment trop tiré par les cheveux. Position que la jeune mariée aime particulièrement, et figure de style que l’on retrouve tout au long de DIKKENEK (la voilà ma transition !). Film réalisé par Olivier Van Hoofstadt qui sent le compromis à plein nez. Il suffit déjà de jeter un coup d’œil rapide au générique pour s’apercevoir que ce film aurait dû être intégralement français, mais il a préféré combiner quelques acteurs (et non pas quelques tracteurs, ce qui ne voudrait rien dire) et techniciens d’origine belge afin de pouvoir bénéficier de certaines aides financières permettant de faciliter sa production. Sachant que Luc Besson en est le producteur exécutif, la combine
nous enlève déjà les quelques illusions que nous avons pu avoir à son abord. Et c’est à peu près la chose calibrée à laquelle nous nous attendions. Humour pas vraiment fin, mais chichement assumé. C’est déjà ça. Par contre, niveau direction d’acteurs c’est mon cul et tarte aux fraises pendant presque une heure et demie. C’est l’occasion de vérifier les vrais bons comédiens, ceux qui savent travailler sans metteur en scène (ou qui ont un bon coach, si Laetitia Casta nous lit, ou plutôt si elle arrive à nous lire). Contre toute attente, Jérémie Rénier est un bon comédien. Disons que nous ne nous attendions pas à ce qu’il soit aussi bien. Il faut dire qu’il a un rôle en or, une sorte de blaireau, grande gueule, vraie victime, et il joue cela avec une immense aptitude à composer les Jacky qui veulent péter plus haut que leur cul et qui n’ont pas les neurones en face des trous. C’est comme s'il se plaisait à enfoncer son personnage, avec une belle dimension humaine (malgré tous ses défauts) plus il s’engonce dans sa petitesse.
Par contre, Florence Foresti représente tout ce que j’abhorre chez les comiques actuels. Son truc à elle c’est d’être dans la caricature. Soit. Il y a un public, quota Coterep oblige. Mais pour son premier grand rôle au cinéma, elle apprend douloureusement que la technique aide moins que sur scène (et non pas dans la Seine, ce qui ne voudrait pas forcément rien dire, mais qui ne serait absolument pas ce que je voulais dire). Car il est vrai que, techniquement, cette femme est irréprochable. Le problème est qu’elle a uniquement bâti sa carrière sur ce procédé. Comme il y a deux sortes de mélos : ceux qui font pleurer et ceux qui cherchent à faire pleurer (Lars Von Trier se reconnaîtra), il y a deux sortes de comiques : ceux qui font rire et ceux qui cherchent le rire. Evidemment, cela n’est pas bien joli-joli. Florence Foresti ne déroge pas à la règle avec son registre « attention, c’est là qu’il faut rire » et son manque flagrant de sincérité. Elle est constamment dans un second degré qui dessert son personnage, pour que nous n’y voyions finalement qu’une personne qui fait son show. Elle s’est crûe dans une vitrine. - Pour 1500 euros je vais prendre la comique qu’à l’air drôle. - Attention, monsieur. Il s’agit de Florence Foresti. - Oh, pardon ! Dans ce cas, je vais plutôt prendre le flûtiau dont je ne me servirai pas mais qui me sera tout de même plus utile. Qui veut bien dire à Florence Foresti que le cinéma d’Olivier Van Hoofstadt n’est pas une agence de petites annonces ?
Nous sommes juste un peu déçus pour Dominique Pinon qui peut être formidable, et Marion Cotillard qui peut être radieuse, mais ils ne sont pas dirigés.
En lui-même, le film est un gros délire de potaches avec quelques ressorts très comiques, mais qui a oublié d’engager un monteur pour assembler tous ces plans mal cadrés. Tout cela ressemble à une blague, mais en pas drôle.
« Faudrait pas que j’me laisse aller », comme disait l’autre.
Parlons un peu de ce film de Nanni Moretti : IL CAIMANO. Super Nanni, comme le surnomment ces critiques qui ne comprennent rien à son cinéma. S’ils se rendaient compte que la notoriété n’est pas un critère de qualité artistique, ils comprendraient que Nanni Moretti n’a jamais fait de cinéma. Nanni Moretti est un coursier. C’est quelqu’un qui délivre des messages (il nous l’a ouvertement dit dans CARO DIARIO lorsqu’il se représentait sur son scooter). Exemples : dans LA STANZA DEL FIGLIO la mort c’est triste, dans CARO DIARIO je vais vous parler de ma vie parce que je connais plein de trucs intéressants que vous mourrez d’envie de connaître, dans IL CAIMANO le Berlusconisme c’est pas bien etc. L’injustice, c’est vraiment trop injuste !
Donc, le Berlusconisme c’est pas bien. Heureusement que Super Nanni est arrivé à temps, ce n'est pas comme si nous avions subi 30 années de Berlusconisme. Le Morettisme non plus, c’est pas bien. D’abord parce que ça filme son petit nombril. La portée des idées semble plus importante que tout le processus de création filmique. Dans ces cas-là, moi, je recommande surtout d’écrire de petits livres rouges plutôt que de venir encombrer les salles où de vrais artistes n’arrivent pas à montrer leurs projets. Ca filme un vague synopsis sans sortir de ce qui est dit dans le script, ça cadre au petit bonheur la chance, ça considère la lumière comme un animal préhistorique, ça monte sans envergure et toute la suite est dans le même ordre d’idée. Parlons maintenant un peu de mise en scène. Que veux montrer Super Nanni ? Il convient très précisément de dire qu’il ne veut rien montrer mais qu’il veut faire croire. Il veut nous faire croire qu’il a quelque chose à dire, une idée très précise pour en finir du Berlusconisme, alors il essaie de faire du Rossellini. Et tout à coup, c’est le drame. Parce qu’il n’a rien à dire. Le film ne raconte rien. Il ne nous apprend rien sur Berlusconi. Ce n’est qu’un immonde tract de propagande qui présente Silvio Berlusconi comme un être abominable. Là où Super Nanni s’avère un abject manipulateur, c’est lorsqu’il décide d’utiliser la démagogie pour rallier un public à sa cause. Tiens, il fait du montage, ici ! Succinct, mais il s’agit tout de même de montage. Il extrait de courts passages filmés de Silvio Berlusconi pour laisser entendre que cet homme dit horreur sur horreur. Il commente alors librement ces paroles par des dialogues propres à inspirer légitimement ce que chacun est capable de comprendre par ces images. Que Berlusconi soit une ordure, ce n’est pas Super Nanni qui va nous l’apprendre et nous sommes lucides sur les dégâts qu’il a infligés à son pays. Mais que Super Nanni se serve de techniques de propagande pour ratisser large, qu’il choisisse de ne conserver qu’une part de vérité (celle qui l’arrange) pour faire dire aux images ce qu’il a envie qu’elles disent, cela équivaut à corroborer la théorie des extrêmes qui se rejoignent car cela s’assimile purement et simplement à du mensonge caractérisé. Rappelons que par la même technique Super Nanni a obtenu une Palme d’or à Cannes en 2001. Il a décidément bien mérité son superlatif !
La difficulté des films qui ne restent que quelques semaines à l’affiche. Il faudrait, un jour, plancher sur l’idée de garder plus longtemps certains films dans de grands circuits pour leur permettre, non pas de trouver leur public, mais tout simplement d’être vus.
Sorti le 6 décembre 2006, RED ROAD n’est déjà quasiment plus visible sur Paris (3 copies).
Je suis à l’U.G.C. Ciné Cité Les Halles, sûrement le complexe le moins attractif de tout Paris (pour une fois que je ne crache pas sur le Pathé Wépler !). Ca sent le pop-corn, ça pue la machine à fric et l’ouvreuse au sourire décongelé, et ça renarde sec dans la salle. C’est vraiment à se demander ce qu’il s’est passé avant la séance. Qu’a foutu Monsieur Propre ? Cela me ramène brutalement aux questions existentielles que je me posais précédemment. Malgré tout cela, la salle se remplit correctement.
Le film d’Andrea Arnold nous fait penser à HARD CANDY et à THE GREAT ECSTASY OF ROBERT CARMICHAEL. La photographie évoque la même grisaille que ces deux films. Pour le film de Thomas Clay cela fait directement référence au temps saumâtre, alors que dans HARD CANDY, il y avait plus de filtres pour diriger les impressions dominantes. Il n’empêche que les trois films véhiculent cette atmosphère dépressive, ce malaise caché qui révèlera que la Bête se terre toujours là où personne n'aurait eu l’idée de la chercher.
La volonté d’Andrea Arnold est donc tout avouée : nous déstabiliser par les véritables enjeux qui nous sont inconnus et qui doivent nous pousser dans une direction pour mieux nous surprendre par ce qui surgira tôt ou tard. La réalisatrice cherche donc tout d’abord à nous rallier à la cause de Kate Dickie. Nous comprenons très vite qu’elle a vécu un drame au cours de sa vie et que Tony Curran est impliqué voire responsable. Andrea Arnold ne nous apprend quasiment rien, ce qui a pour effet de diaboliser le personnage masculin, puisqu’elle n’épouse qu’un seul point de vue. Il n’est d’ailleurs pas utile d’en savoir davantage. Les personnages ont une démarche on ne peut plus logique face à leur vécu, les zones d’ombre n’entravant en rien la facilité d’accompagnement du spectateur au sein du film. Le plus intéressant arrive au moment où le flou que constitue ce qui n’a pas été dévoilé, nous amène vers une ambivalence entre les deux personnages principaux. S’agit-il d’une de ces magnifiques histoires de vengeance qui s’achèvent dans l’ultra-violence sophistiquée et les bains de sang (nouvelle référence à THE GREAT ECSTASY OF ROBERT CARMICHAEL), ou d’une relation amoureuse irraisonnée, immorale et qui va s’épancher dans un climat malsain et dérangeant (un peu comme IL PORTIERE DI NOTTE) ? Je ne suis pas sûr que la réalisatrice ait choisi la bonne solution. Parce qu’à moment donné il faut bien lâcher les éléments qui vont venir éclaircir le pourquoi du parce que. Tout devient plus précis. Et trop explicatif ; voilà bien le problème. Après qu’elle nous ait affranchi sur les véritables motivations de Kate Dickie, Andrea Arnold s’embarque dans un épanchement psychanalytique censé résoudre les nœuds de l’histoire. Le film se veut salvateur et donc moral, là où jusqu’ici il préférait mettre en valeur des pulsions primaires (vengeance, voyeurisme, peur et sommes des peurs…). C’est dommage car Andrea Arnold avait réussi à ourdir une sorte de mécanique dérangeante car presque désenchantée. La fin est complètement ratée (en plein dans HARD CANDY !) à partir du moment où nous sentons le revirement comme une retraite non assumée (par la réalisatrice) de la part nébuleuse de Kate Dickie. Pas que le baroque ne puisse toucher que la mise en scène, je pense que c’est autant possible pour le scénario, et je pense par là même que chaque être humain est capable de se comporter compulsivement de manière complètement déraisonnée voire suicidaire, plus que d’une manière logique, ce qui implique que rien n’est gratuit (à contrario de ce que certains peuvent dire de la violence au cinéma). Cependant, cet épisode raisonne comme si l’actrice principale changeait d’identité, de façon à être active dans le contact avec Tony Curran, tiraillée qu’elle est entre ses désirs premiers et la triste réalité qui la rappelle à une vision plus raisonnée des choses. Comme ces mauvais films absolument fabuleux pendant une heure et demie, et qui se terminent par le héros qui se réveille : tout ceci n’était qu’un rêve !
Le malhonnête THE DEVIL’S ADVOCATE et bien d’autres.
Ca, c’est une manière de voir les choses. Si l’on s’en tient au décalage qui s’opère entre le ressenti et l’intellect, Andrea Arnold nous convie bien plus à une refonte des procédés émotionnels, puis intellectuels. Kate Dickie a besoin de se réaliser par l’accomplissement de ce qu’elle croît être vrai. Cela crée un choc chez elle. Exorcisme. Elle rentre en lien avec sa manière d’analyser objectivement une situation. Elle pointe sa caméra sur elle-même. Introspection. Elle prend du recul. Elle redevient la personne raisonnée et raisonnable qu’elle a appris à être. Une nouvelle façon de voir les choses, de les appréhender et, au prochain stade, de les gérer. Car le but final du film deviendra l’apaisement (et non pas l’appartement, mais je n’ai pas besoin de vous expliquer pourquoi).
Il n’en reste pas moins que RED ROAD nous offre de belles variations visuelles sur le thème de ce qui est vu et de ce qui est, ou comment chaque interprétation naît de réflexes collectifs, de fantasmes ou de règles de conduite forcément subjectives. En témoignent ces nombreuses images vidéo qui mélangent tous ces aspects jusqu’à ce que l’image ne représente plus l’image mais l’idée que l’on veut y voir. C’est la scène où Kate Dickie reconnaît Tony Curran. Extrême gros plan sur les pixels de l’écran. L’image ne représente plus rien pour le spectateur. Elle représente tout pour l’héroïne.
Là résidait la clé d’un film aux faux-semblants de mise en scène très astucieux.
Je sors de la salle qui renarde toujours autant. Pas de quoi s’exciter, pourtant, dans ce film. La scène de relation sexuelle du film est loin d’entrer au top ten des baises du siècle. Cela me fait penser à l’extrême pauvreté des scénaristes en matière de pénétration. SHORTBUS a un peu changé tout cela dernièrement. En vain ? L’avenir nous le dira.
Cette odeur est troublante. Pesante.
A vrai dire, ce qui m’embarrasse le plus dans tout cela c’est que je viens subitement de comprendre pourquoi Monsieur Propre et non pas Madame Propre. Parce que chauve et avec une grosse boucle d’oreille, cela aurait dû m’y mettre la puce. Ca sent bien plus le fennec que le détergent. Cet homme ne peut manifestement pas être marié !





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politique derrière tout cela, car il est encore temps d’y apporter concrètement des solutions. Mais tant qu’ils continueront à s’en tartiner l’œil avec du beurre demi-sel… « The poor stay poor, the rich get rich, that’s how it goes » comme le chantait Herbert Leonard Cohen.
En premier lieu parce qu’il nous réconcilie un peu avec les images de synthèse. A l’heure actuelle, il est tout à fait déplorable de constater que leur utilisation est toujours sujette au ridicule et à une glorification de la médiocrité. Peu de films peuvent s’enorgueillir d’avoir des rendus de qualité qui ne font pas effet de superposition. Nous sommes encore trop dans les prémices de ce que pourront nous apporter ces effets spéciaux une fois qu’ils seront maîtrisés. Images trop lisses, objets sans poids, inadéquation du geste et de la parole pour tout organisme vivant, réactions trop prévisibles, manque de défauts etc. Si nous regardons les premiers films qui les ont intégrées, nous sentons bien que les concepteurs surfent sur la vague du concept et qu’ils n’ont aucun rendu optimum. Ca fera la rue Michel ! Non, ça ne fera pas la rue Michel ! Comment peut-on manquer à ce point de rigueur ? Dans quelques années tous ces procédés paraîtront bien naïfs et désuets !




ont envie. Trop facile de faire réagir quiconque en brandissant l’étendard de la liberté bannie ou de faire mine que l’on vous prend pour des enfants. Démagogie aussi élégante qu’un Big Mac ouvert. Parce que le véritable intérêt là-dedans est uniquement pécuniaire. Ce sont ces pauvres buralistes et ces modestes patrons de cafés qui pleurent le magot qu’ils vont perdre. Mais s’il y a bien un facteur qui passe avant l’argent, ce devrait être le facteur humain. Car ce prochain décret n’a qu’un seul but : faire de la cigarette un problème de santé publique. Protéger les fumeurs (comme les non-fumeurs d’ailleurs, ce que l’on dit moins) comme l’on essaie de protéger les plus jeunes de SAW III. Eternel problème du monde qui évolue sans que ceux qui l’accompagnent ne changent outre mesure. Difficulté d’adaptation, manque d’ambition (autre que personnelle), gangrène de la société. Finalement, ce sont toujours eux les perdants (il n’y a que Starsky et Hutch qui gagnent à la fin). La semaine prochaine nous entendrons le témoignage des maisons de disques… Aucune compassion pour ces personnes qui ne s’intéressent qu’à ce qu’ils ont.
réel, se nomme
Encore plus bête que tous est le réalisateur qui recherche les pleurs par les pleurs. Effet de mimétisme nul et non avenu. C’est trop facile de pleurer ou de rire. La preuve, tout le monde y arrive. Cela devient plus dur pour le comédien, lorsqu’il apprend les techniques qui vont lui permettre de parvenir à ces états tout en faisant semblant (faire semblant, je rappelle cette base essentielle du cinéma à monsieur Bruno Dumont). De la technique, donc. Et pourtant ils sont légion ceux qui croient pouvoir attendrir en faisant faire du calcaire à leurs acteurs. Rappelez-vous SECRETS & LIES de Mike Leigh. Beurk ! CHAUDES ET HUMIDES, ça aurait dû s’appeler (référence aux larmes, vous l’aurez compris). En général, plus le comédien retarde le moment où il va lâcher ses pleurs, plus l’imaginaire joue son plein et la situation s’enrichit. C’est une question de tension. Pleurer est un acte qui évacue un stress accumulé. Regardons la façon dont
HELL c’est tout aussi peu palpitant qu’un film avec Zoé Félix. C’est adapté du bouquin de Lolita Pille, qui a elle-même participé au scénario. Nous nous demandons bien pourquoi. L’histoire a la prétention de nous montrer des classes sociales aisées décadentes et flambeuses à tous les rayons de la vie. Ca se veut provocateur, furieux et fascinant. Malheureusement, ce n’est qu’une vague histoire de personnes qui n’ont rien de différent. Ils cherchent à flamber, à vivre plus d’histoires plus passionnantes que tout le monde, et toujours plus vite. C’est le lot de beaucoup de personnes, indépendamment de leur milieu social. Mais c’est désespéré aussi. Alors c’est beau. Seulement cela s’arrête là. Pas de quoi s’extasier ! Ca ne claque pas tant que cela, finalement ! Nous sommes en terrain connu. La grande vie de BONNIE & CLYDE est à cent lieues. En tout cas, moi, cela m’a donné l’impression d’une personne qui a imaginé ou connu un milieu qu’elle a cru parallèle au nôtre, mais elle est un peu loin du compte de la vie dans tout ce qu’elle a de plus excessif. C’est presque aussi consensuel qu’un film de Gérard Jugnot. Sécher les cours, sortir tous les soirs, vivre selon ses propres lois, drogue, alcool, sexe, injures, vivre au jour le jour, désespoir du quotidien, excommunication de l’amour, attente de l’autre. C’est nous tous, cela. Du moins selon les proportions du film. Car la mise en scène ne transcende rien de tout ce qui est dit (et puis il y a des plans d’une laideur ! Rien que d’en parler les frissons, les poils qui se hérissent, le cerveau qui peine à s’oxygéner etc.). C’est un peu comme si Bruno Chiche avait adoré le livre et qu’il avait essayé de retranscrire exactement les mots lus. Trop de respect. Vous savez, comme quand vous admirez le livre d’un auteur et que vous avez envie d’écrire comme lui. Alors vous commencez à griffonner et vous vous apercevez finalement qu’il n’y a que cet auteur pour écrire de la sorte. « Trouve ton style. » « Just do it. » « N’imitez pas. Innovez. » « Think different. » « Il est fou, Afflelou ! »

C’est donc cet amalgame qui fait de BORAT : CULTURAL LEARNINGS OF AMERICA FOR MAKE BENEFIT GLORIOUS NATION OF KAZAKHSTAN un faux documentaire qui, pour le coup, aurait sûrement gagné à travailler de la même manière sur son aspect technico-esthétique. Puisque le principe est avoué pourquoi ne pas aller jusqu’au bout et tenter un travail plus agréable concernant le cadre et/ou les lumières ? Parce que tout cela est franchement triste comme un réveillon dans la Creuse.

Poussé à son paroxysme, c’est l’expérimentalisme de FEMME FATALE, dont nous avons parlé plus haut. Qu’est-ce qu’il nous raconte ? Où sont les tripes ? Et surtout : qui m’a piqué mon sandwich, bordel ? Nous avons l’impression que plus Brian de Palma maîtrise son art, plus il s’éloigne de ses désirs premiers, des émotions qui ont marqué de son empreinte son envie de concevoir des films. « Qui auget scientiam, auget et dolorem. » C’est donc le même désespoir que nous retrouvions chez les décadents, que de Palma s’ingénue à mettre en scène. THE BLACK DAHLIA est un film imbibé de décadence, car si l’histoire ne raconte pas celle du roman (inutile d’y revenir, tout le monde l’aura remarqué, et c’est d’ailleurs la plus ingénieuse trouvaille de Brian de Palma pour ce film), c’est quand même un prétexte tout trouvé pour une mise en avant de ce désenchantement. C’est ce que l’on nomme l’ironie enchevêtrée dans le désespoir. THE BLACK DAHLIA est avant tout un film ironique, bâti comme tel dans la structure de sa mise en scène, dans le choix des comédiens et jusque dans la cruauté perverse du meurtre commis, que nous ne verrons que très peu. C’est aussi le cas à travers l’ennui qui imprègne le milieu social des classes supérieures. La figure de la mère en est, de manière très figurative, la plus précise des représentations de cette décadence. De plus, la question de l’esthétisme décadent nous ramène à la grande tradition du baroque (l’esthétisme décadent est aussi esthétisme baroquisant dans la littérature). C’était du pain béni pour notre ami de Palma. Et conjointement, il y a Josh Hartnett, la représentation de la foi, l’idéal, l’espoir.
être une sinécure pour un metteur en scène, puisqu’il s’agit en même temps de ne surtout pas le brimer dans ses propositions. Ce n’est malheureusement pas Jared Hess qui sera celui-là. Il aurait cependant pu téléphoner à Stephen Frears pour lui demander des conseils. Dans HIGH FIDELITY, Jack Black était excellent, à mi-chemin entre le parfait abruti et le névrosé en représentation permanente. L’erreur de Jared Hess est de compter sur le talent de son interprète principal pour combler les lacunes humoristiques de son scénario. Car, de toute évidence, lorsque nous voyons NACHO LIBRE, ce qui saute aux yeux c’est le peu de rires qu’il arrive à déclencher. Il part d’une idée de départ plus que sympathique, mais pas assez forte pour constituer la trame de l’histoire. Chose dont ne bénéficie même pas le navrant YOU, ME AND DUPREE d’Anthony et Joe Russo. Mise en scène récalcitrante, gags éculés (comme disait la jeune mariée, le jour où elle avait des problèmes d’élocution) et personnages à gifler (notamment celui de Matt Dillon, doté d’une lâcheté incommensurable, qui fait craindre le pire pour sa santé mentale). Les comédiens n’ont rien à jouer, et ne jouent à rien d’ailleurs. Nous préférons retrouver ce monsieur Dillon dans un film qu’il a tourné deux ans plus tôt : EMPLOYEE OF THE MONTH. Seule réalisation à l’heure actuelle du comédien Mitch Rouse. Une demi-surprise, quand même. Parce que Mitch Rouse sait parfaitement nous emmener vers le sentier balisé que d’autres ont su si bien tracer avant lui. Le film s’oriente donc vers une sorte de dramatique à tendance auteurisante. Message en grosses lettres soulignées, absence caractéristique de musique, une tendance à composer maladroitement les cadres et une atmosphère lourde sur les enjeux du couple Dillon-Applegate (plus intéressante en tant que comédienne qu’on ne l’aurait cru). Le tout manque de rythme et de mise en scène, notamment la scène complètement ratée où cette dernière retrouve ce dernier dans son motel d’un soir. Confrontation statique qui se limite à un simple règlement de comptes. Comme si cela ne pouvait se faire qu’en se criant dessus. Nous ne verrons jamais ce qui les bouscule intérieurement. Jared Hess n’a jamais vu un film d’Ingmar Bergman.
Et puis, il faut aussi parler de JOHN TUCKER MUST DIE de Betty Thomas. Nous y allons sans bouder notre plaisir puisqu’il s’agit d’un film de lycée. Nous ressortons en boudant notre mémoire, qui nous fait maugréer que nous aurions dû nous souvenir que la réalisatrice était à l’origine de DOCTOR DOLITTLE et I SPY. C’est dire le niveau. Un avion vient de heurter un poteau téléphonique…
Il y a encore quelques-uns de ses films que je n’ai pas encore vus. Parfois, j’en déniche un et j’attends le moment propice pour m’aveugler d’étoiles. Comme ce SCENER UR ETT AKTENSKAP que j’ai vu il y a quelques jours et dont je ne vous ai même pas parlé ! Grosse talmouse tridimensionnelle dans ma face ! J’en subis encore la persistance de l’acouphène. Il faut dire que le génie suédois était bien en avance sur beaucoup de points : le rythme, l’ellipse, la narration, la caméra frontale, les dialogues et même la lumière (sans vouloir sous-évaluer l’apport de l’autre grand génie de ce cinéma : Sven Nykvist). Et puis la direction d’acteurs, mais là, il est encore loin devant tout le monde pour de longues décennies.


Encore ? Mais c’est tous les ans, alors ? Sauf qu’en 2005, il nous offre MATCH POINT et là, il surprend tout le monde au lieu de faire son bon petit film pépère de l’année. Eh bien, en 2006, c’est reparti comme au bon vieux temps. Monsieur Allen, que vraiment j’aime beaucoup (mais pas tout, c’est normal, un par an ça ne peut pas être tout le temps le rendez-vous du label qualité), nous la refait réalisateur de brasserie avec son dernier opus :
Nous n’allons toutefois pas pleurer sur ce qui se présente à nous car, s’il reste aujourd’hui difficile de trouver un film assez excitant pour aller s’enfermer dans une salle de cinéma, les deux bons gros mois qui vont clore l’année cinéma 2006 vont être source d’assouvissement exacerbé de notre curiosité. Vont ainsi se succéder le Woody Allen (SCOOP), le Brian de Palma (THE BLACK DAHLIA), le Christopher Nolan (THE PRESTIGE), le
Aviez-vous remarqué comme les scénarii de SCREAM et de L’ASSASSIN HABITE AU 21 se ressemblent étrangement ?
Et les lauriers, ils ont largement été distribués aux films de Clouzot et de Craven. Ce n’était pas la première fois que je les voyais, il est vrai. Disons qu’au rayon des nouveautés il reste encore AMERICAN DREAMZ à féliciter. Réalisé par
Ce n’est quand même pas grand-chose de demander un minimum de mise en scène dans un film, non ? Quand je vais au cinéma c’est pour ressentir des choses, aussi contrastées soient-elles. Et il n’y a qu’un seul et unique moyen pour ne pas trop passer à côté de cela : que le réalisateur ait une vision de ce qu’il doit porter à l’écran. Qu’il réussisse ou non, mais qu’il essaie de faire de la mise en scène, bon sang ! Dans ses plus mauvais films Brian de Palma reste quand même un réalisateur fascinant. Récemment, Peter Jackson et Sofia Coppola son largement passés à côté de leur film mais KING KONG et MARIE-ANTOINETTE sont terriblement séduisants sur bien des points. De la mise en scène ! Cela ne passe pas uniquement par la mise en relief du scénario. La direction d’acteurs en fait aussi partie. Mais nous n’allons pas au cinéma pour voir des comédiens. Vous-mêmes, vous ne devriez jamais (soulignez deux fois, s’il vous plaît) choisir un film pour son casting. Cela n’a jamais été une garantie de satisfaction (même s’il y a 2 ou 3 exemples qui confirment la règle). On ne va pas au cinéma pour voir Angelina Jolie ou Tom Cruise. Il y a des revues pour cela. Un film ne se fait pas par son casting. C’est une combinaison de facteurs. Aujourd’hui l’on réclame aux films d’avoir du style. C’est une erreur. Qui demande cela ? D’abord les producteurs, évidemment. Mais ensuite le public, qui s’est vu imposer ses propres goûts en la matière depuis de nombreuses années. C’est une erreur de croire que le cinéma est affaire de style, car cela est réducteur. THE CELL de
THE END OF THE AFFAIR est un film qui date de 1955, réalisé par

Néanmoins, HARD CANDY n’est pas totalement réussi car il y manque un certain aboutissement. Pas dans son scénario (quoiqu’un certain passage aurait pu se contenter de ne pas faire de retour en arrière ; si tu as vu le film, tu sais de quoi je parle et que je ne peux nommer), mais plutôt dans son abomination des caractères des personnages principaux. Un film comme FUNNY GAMES a au moins l’honnêteté d’être glacial, pervers et implacable dans le moindre de ses recoins. HARD CANDY n’est pas aussi retors que son sujet l’est. Même si certains moments sont de véritables épreuves pour le spectateur (au niveau du ressenti visuel ou de la prise de position), le film se dilue dans un systématisme artistique qui ne trouve d’évolution que dans le scénario. Prenons le cas de la mise en scène. David Slade choisit, comme bon nombre de metteurs en scène à l’heure actuelle, de filmer en plans rapprochés. Aberration filmique. Il choisit aussi de ne jamais faire d’explication des situations par des plans généraux. Soit. Ce peu de mise en scène (il choisit de préférence d’écrire la mise en espace dès le scénario) semble pourtant être ici un vrai choix, une vraie manière de filmer, avec un impact précis sur le public. David Slade choisit de ne rien montrer des situations environnementales pour garder son spectateur dans un vide qui s’apparente à une neutralité. Gardons les yeux ouverts sur ce qui se joue et n’ayons aucun recours intelligent de ce que l’on pourrait déduire. Gros plan, donc, sur l’ordinateur. Plans rapprochés sur les visages qui se découvrent. Qui plus est, l’effet va devenir encore plus saisissant les rares fois où il se permettra d’élargir ses plans, comme le moment où Patrick Wilson accompagne Ellen Page à sa voiture, afin de l’emmener chez lui. Le cadre est magnifique. L’isolement total. Car si le plan général rend les protagonistes moins présents, il les montre encore une fois seuls, et en milieu urbain. C’est la vision du prédateur qui fond sur sa proie. Rien n’existe alentour. Lien. La tragédie peut avoir lieu.