-----------------------------------------

---> Dernières critiques :
FLUGPARKEN de Jens Ostberg.
THE STONE ROSES : MADE OF STONE de Shane Meadows.
NOGLE HUS SPEJL de Michael Noer.
JUILLET AOUT de Diastème.
(M)UCHENIK de Kirill Serebrennikov.
CHOUF de Karim Dridi.
NERVE d'Henry Joost et Ariel Schulman.
TONI ERDMANN de Maren Ade.

 

---> Et bientôt le CANNONBALL 2018 !!!

 

 

 

- Consultez les règles de la LANTERNE MAGIQUE en cliquant ici.

 

- Consultez les règles du QUIZZ en cliquant ici.

 

SI VOUS VOULEZ CREER VOTRE BLOG, NE CHOISISSEZ PAS OVER-BLOG. DES BUGS TOUS LES JOURS !!!
-----------------------------------------

CELINE FAIT SON CINEMA

LES AUTRES INCONTOURNABLES DE CELINE

LA SAGA DES ETOILES FILANTES

D'AUTRES ETOILES FILANTES

LE BLOG DE D&D

MON CINEMA

MATIERE FOCALE

ARRET SUR IMAGES

WORLD COMMUNITY GRID

FREAKOSOPHY

AUJOURD'HUI J'AI APPRIS...

LA VIE ROCAMBOLESQUE ET INSIGNIFIANTE DE BRAD PITT DEUCHFALH

CELLULOIDZ

PETITION POUR LE DVD FREAKS & GEEKS EN FRANCAIS

ART OF THE TITLE

L'ETRANGE FESTIVAL

IMDB
 

 
 
 
Join the Blue Ribbon Online Free Speech Campaign
 
 
 
 
2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 01:36

            « Avec des mots un homme peut rendre son semblable heureux ou le pousser au désespoir, et c’est à l’aide de mots que le maître transmet son savoir à ses élèves, qu’un orateur entraîne ses auditeurs et détermine leurs jugements et décisions. Des noms comme Stéphane Fourier provoquent des émotions et constituent pour les hommes le moyen général de s’influencer réciproquement » [Sigmund Freud - INTRODUCTION A LA PSYCHANALYSE]

 

            Stéphane Fourier est mort.

A l’heure où j’écris ces quelques mots c’est avec une peine inextinguible et incommensurable que j’ai l’honneur de partager avec vous cette bouleversante nouvelle. Une nouvelle qui arrive à point nommé puisqu’elle survient juste au moment où Stéphane vivait ses dernières heures en notre compagnie.LES AVENTURES DE STEPHANE FOURIER

Stéphane Fourier c’était beaucoup plus qu’un nom bêtement conventionnel. C’était avant tout une star, un aphorisme (« Stéphane Fourier ! » disait encore Jean-Paul Sartre lorsque la vision de ses mains sales lui donnait la nausée), un délice visuel, une allégorie marchande, un mythe qui avait ancré nos sociétés dans la réflexion d’elles-mêmes. Stéphane Fourier c’était aussi une manière de vivre, une référence plurivalente, la somme ultime des différentes forces stakhanovistes mondiales, un rêve qui se poursuit à chaque fois que nos yeux se ferment, une ramification universelle, une amère réalité, un état de fait, un Etat défait, un tas de fées.

Jeudi 23 mars 2006, Florent Lazare (dit « Flopi » en souvenir du bruit que fait le Flamby lorsqu’on le gobe) nous conviait à une exprojection intitularisée : « Les aventures de Stéphane Fourier ou la grosse saloperie ». Cet ancien élève ultra primé des Zardécos s’était payé le luxe de s’installer à la Maison des Initiatives Etudiantes, qui n’est pas vraiment une maison mais plutôt un bâtiment aux contours peu pavillonnaires et franchement architecturaux, et que l’on a tout de même appelé « maison » parce qu’il y avait une cheminée. Enfin, je vous dis cela, c’était avant que les allemands ne la détruisent. On a donc replanté des peupliers à la place et Florent Lazare s’est permis d’envahir les locaux en essayant d’apporter toute sa chaleur humaine autour de cet âtre manquant. D’où la célèbre maxime du douanier Roussos : « Un seul âtre vous manque et tout est des peupliers ».

Comme ils étaient blancs et propres les murs de cette Maison avant que Flopi n’intervienne et balise le tout en inscriptions métaphysiques et autres hiéroglyphes picturaux ! Artiste en lutte face à l’aseptisation généralisée de la consommation, il réalisait avec force maçonnerie une nouvelle réappropriation de l’univers de Stéphane Fourier au sein d’un lieu clos. L’emprise de la marque sur l’espace privé. Car c’est bien à la publicité et au merchandising que répond l’avenant patronyme de Stéphane Fourier. Un nom qui se décline à toutes les sauces, l’essentiel étant de parler du produit jusqu’à sa désincarnation, jusqu’à ce qu’il ne représente et n’évoque plus rien, si ce n’est l’idée d’acheter. Un petit gars aux attributs génitaux proéminents ? Achetez Stéphane Fourier ! Vous ne pensez qu’au sexe ? Achetez Stéphane Fourier ! La couleur orange ? Achetez Stéphane Fourier ! Jean-Paul Sartre ? Achetez Stéphane Fourier ! Voici ce que tentent de nous apprendre les divers éléments qui constituent la vie de Stéphane Fourier et qui sont mis à notre disposition avant le grand événement. Je veux parler de l’exprojection. En fait, il s’agit d’une sorte de performance, un gros happening qui starifie le personnage. Il y a d’abord cet homme de la sécurité qui veille au bon déroulement des opérations. Il affiche clairement l’importance du rôle de Stéphane Fourier et entretient le mystère sur cette existence, mystère qui ne sera dévoilé qu’à quelques happy few. Pour cela, il faut d’abord avoir connu une quelconque expérience mystique avec Stéphane Fourier et vivre subséquemment Stéphane Fourier. Toi aussi apprends à placer des mots de plus de trois syllabes dans tes écrits, après « stakhanovistes » et « subséquemment », la prochaine fois nous étudierons « panégyrique ». Cela délivre votre invitation. Partant de là, l’homme aux lunettes noires appose sur le revers de votre main un tampon qui révèle un Stéphane Fourier miniature à la verge turgescente. Je le note dans ma collection d’actes que Georges Moustaki ne peut plus commettre. Vous êtes alors habilité à pénétrer (je le note aussi) dans un tunnel. Un protocole qui symbolise bien évidemment tous le processus de l’acte sexuel jusqu’à votre naissance en tant que Stéphane Fourier. De l’autre côté, un homme grossièrement peint en orange et ressemblant vulgairement à notre bien-aimé nous accueille mécaniquement (vous voyez la référence ?) et nous souhaite une bonne exposition. Objets bien évidemment déclinés à l’effigie voire à la gloire de Stéphane Fourier : sacs en papier, protège-slips, animaux empaillés, poissons rouges… Tout cela respectant scrupuleusement l’avènement de l’univers Fourier comme décrit plus haut. Et puis la projection commence : LES AVENTURES DE STEPHANE FOURIER. Les masses sont subjuguées. Le court métrage se termine et l’heure passe au tragique. Florent Lazare nous avise que Stéphane Fourier a pu se libérer et qu’il est avec nous, ce soir. Entrée de la star adulée. Applaudissements. C’est alors que le faux fan qui nous avait accueillis à la sortie du tunnel se rue sur lui et lui assène avec célérité un coup fatal avant de s’échapper lâchement. Stéphane Fourier tombe. Du sang s’échappe de sa blessure. L’agent de sécurité évacue la salle. Choc. Emotion. Pleurs. Suicides collectifs. C’est la consternation parmi la grande majorité des invités. C’est la constipation chez l’autre majorité. Un orchestre nous attend et nous finissons la soirée au sein de cette Maison où raisonne grosse caisse et autres cuivres du groupe musical. Un vrai concert avec du vrai bruit ! Et pas de maréchaussée pour faire cesser le tintamarre ! Enfin, moi je vous raconte tout ça, c’était avant que les allemands débarquent et se mettent à tirer sur tout le monde…

Hier on dormait sur le sable chaud. Hier pour nous il faisait beau. Il faisait beau même en hiver. C’était hier.

Il est mort. Il est mort, le soleil.

Comme le laissait suggérer la douce mélopée de Nicoletta en 1968, époque où les pavés symbolisaient le sable chaud et le soleil Stéphane Fourier. Il est mort celui qui à lui seul incarnait le pouvoir fédérateur. Finis les concours de Slim Fast et les collections de plâtre des organes fessiers de jeunes vierges. L’hallali ayant raisonné voici maintenant une semaine, ce que nous lègue Stéphane Fourier c’est tout d’abord le concept d’art total, sans lequel il n’aurait pas existé. Déjà sur Internet de nombreux sites commencent à ouvrir, proposant à des prix exorbitants la revente d’un morceau du suaire en plastique sur lequel il a fini ses jours. La philosophie Stéphane Fourier demeure et ça, comme il aurait dit, c’est un petit pas pour l’homme mais aussi… un petit pas pour l’homme (rappelons que Stéphane Fourier chaussait du 28 fillette pour 1 mètre 90 et ce par temps de pluie, sinon c’est beaucoup plus).

Alors, comment peut-on définir Stéphane Fourier ? Le postulat même d’une définition semble tout à fait contradictoire avec l’esprit Stéphane Fourier. Car c’est en premier lieu son immense capacité à revêtir l’habit du commun qu’il faut mettre en avant. « Stéphane Fourier c’est un peu tout et n’importe quoi » diront les mauvaises langues. Alors que Georges Moustaki se contenterait de beugler : « Mais qu’est-ce que c’est que ce blog qui se targue de m’avoir comme tête de turc officielle ? », comme il me le lançait encore dans le dernier mail qu’il m’adressait hier. Le pauvre ! L’âge sûrement, pour avoir oublié qu’il est égyptien et non turc. Eh bien Stéphane Fourier c’est un peu tout, il est vrai, mais pas n’importe quoi. Et là je me tourne vers mon assesseur qui me signale que cet article manque effrontément de sexe. N’allons pas au bout de cette phrase et remédions

GIF SEXE

            Stéphane Fourier n’est pas italien mais il me confiait encore il y a quelques jours que le cinéma de ce pays ne l’avait jamais passionné. Ce dernier continue aujourd’hui à s’embourber dans les piètres gaudrioles de Roberto Benigni et autres faibles Nanni Moretti. A quand remontent les derniers grands chefs-d’œuvre italiens ? Michele Placido ne réactualisera pas cette donnée. 8 films en 15 ans si l’on inclue son documentaire UN ALTRO MONDO E POSSIBILE. C’est pas mal, mais je trouve le record du 100 mètres plus spectaculaire. Et pas grand-chose de significatif si ce n’est son second : LE AMICHE DEL CUORE, gentiment remarqué à l’époque et normalement oublié par la suite. ROMANZO CRIMINALEROMANZO CRIMINALE arrive en France pour entretenir l’insipidité de la plupart des productions qui occupent les écrans à l’heure actuelle. C’est du cinéma du dimanche soir, peu original et sous-inspiré. Et pourtant, le film de mafieux bénéficiait là d’atouts importants. Rappelons que l’époque abordée allait voir l’avènement du film de mafieux grâce à THE GODFATHER et ses suites. Une réussite qui trouvait ses racines dans les origines de Francis Ford Coppola puisqu'auparavant ce genre était voué à l’échec, car fait par des juifs. Michele Placido semblait à priori une bonne idée pour redonner vie à ce genre globalement estampillé Scorsese et puis basta. Mais l’habit ne fait pas le mafioso. J’aime bien aussi : les voyages forment la jeunesse. Et un tien vaut mieux que deux tu l’auras.

Dans ROMANZO CRIMINALE nous retrouvons avec une immense satisfaction de nombreux tubes musicaux qui ont émaillé les années 70. Oui, mais cela ne suffit pas à créer l’atmosphère. La mise en scène par la musique. Voilà un effet que je chéris particulièrement, mais dans ROMANZO CRIMINALE Michele Placido se contente de reléguer le style à un effet juke-box assez horripilant puisqu’il ne participe jamais du sujet. On est loin de son interaction comme nouveau personnage chez Cameron Crowe ou comme initiateur de l’ambiance dans laquelle Tarantino cherche à nous bercer pour préparer le terrain de ce qu’il entend à prodiguer. D’une manière générale, les années 70 sont assez mal dépeintes, la faute en grande partie à une photographie trop terne pour caractériser toute l’exubérance de cette époque. Alors que les couleurs ont joué un rôle majeur sur les mœurs, occulter cet élément relève plus de l’erreur de jugement que du parti pris artistique. Nous ressentons ici tout ce que pourrait apporter un chef opérateur comme Robert Richardson quand on connaît son travail sur la prédominance des couleurs, le rayonnement des couleurs vives ou encore l’exposition en zones irréelles d’un blanc classieux.

Nouvelle incohérence du traitement historique : les rapports entre les personnages. Ils réagissent plus comme nous pourrions les définir aujourd’hui plutôt que trente ans auparavant. Placido a donc eu énormément de mal à recréer ce moment où l’Italie s’est retrouvée en pleine effervescence sociale. Il conjugue à cela une absence flagrante de mise en scène où les plans rapprochés se substituent à un vrai travail du cadre. Ca se filme comme du feuilleton télé et ça cherche de l’émotion profonde sur des visages trop secs. Pour moi, le gros plan c’est souvent le premier signe d’un manque évident de vie intérieure. Alors pour l’émotion faudra prendre un billet pour un pays scandinave. Et puis le scénario n’aide pas vraiment le film. Relecture pas vraiment passionnante, un peu clichée, légèrement racoleuse et qui ne promet pas le souffle épique qu’elle aurait due transposer. Peut-être l’adaptation est-elle mauvaise ? ROMANZO CRIMINALE ne m’a pas donné envie de lire le livre pour répondre à la question.

            Dans le même style méditerranéen, Stéphane Fourier s’est aperçu avec consternation que les derniers films de Dario Argento peinaient terriblement à retrouver les grandes heures de SUSPIRIA et autres INFERNO. Diablement plus scandaleux, le maître fait aujourd’hui dans le projet télévisuel ! Quand on sait que la télévision n’a jamais produit de chef-d’œuvre (à part, peut-être, « La vie des Botes »), Stéphane Fourier était en droit de s’attendre au pire avant la séance de TI PIACE HITCHCOCK ? DARIO ARGENTOA première vue, la déception est à la hauteur des dernières réalisations de Dario Argento. L’histoire est d’un cliché poussif, la mise en valeur par fausses pistes complètement dépassée et le suspense légèrement flemmard. Argento s’amuse quelque peu à nous présenter des aspects visuels travaillés mais un peu vains, car nous sommes déjà loin de ce qui faisait la spécificité de son travail d’antan que l’on peut supposer comme la marque d’une époque. Il en est ainsi de certains réalisateurs qui ont pu exister par les opportunités de certaines périodes cinématographiques. Gageons que nous pouvons nous gaver d’optimisme quant au futur de la carrière de Lars Von Trier.

            Dans le sérail de Stéphane Fourier on aime les acteurs qui prennent des risques. Stéphane Fourier pourrait très bien dégoiser pendant de longues heures sur les anciennes stars médiatiques qui essaient de se reconvertir dans le cinéma avec pertes et fracas. Il pourrait très bien prendre le cas de Titoff qui essaie de faire le tragique dans CAVALCADE de Steve Suissa. Il pourrait parfaitement dire que le scénario originel devait être particulièrement émouvant mais à force de réécritures, de concessions et de stars imposées au générique, le film a pris une tournure insipide et préfabriquée. Il pourrait même aller jusqu’à parler d’un sévère manque d’ambition. Il pourrait faire tout cela, mais il préfèrerait sûrement réserver sa bile la plus amère à l’effroyable Estelle Lefébure qui, non contente de s’afficher avec l’animateur le plus ringard du paysage audiovisuel français, s’engage sur la voie cinématographique sans une once de technique. Elle a cependant le mérite de nous faire parvenir une émotion : celle par laquelle nous percevons toute la difficulté qu’elle éprouve à essayer de développer le talent qu’elle ne possède pas. Ouf, ça fait du bien quand ça s’arrête ! Comme disait la jeune mariée.

            Au niveau des suites et des remakes, pour Stéphane Fourier tout cela est un peu Pandi-Panda. Pas de vraie grosse révolution. Les suites c’est pour faire du chiffre en s’appuyant sur le succès des précédents opus, et les remakes c’est pour faire des dollars en utilisant le nom du film incriminé. Si la démarche est sensiblement la même, il n’en demeure pas moins que les suites sont souvent celles qui nous apportent les plus belles surprises. Lorsque le réalisateur est compétent ou qu’il réalise la suite d’un de ses films, il arrive parfois à limiter les dégâts. Avec TERMINATOR : JUDGMENT DAY James Cameron se surpassait et relancait le mythe de la machine. Jonathan Mostow ne parvenant même pas à crédibiliser le Terminator douze années plus tard.

THE PINK PANTHERLa réussite d’une suite reste un cas exceptionnel, mais encore plus exceptionnel est le succès d’un remake. Nous avons tous en tête THE FLY, le magnifique film de David Cronenberg. C’est l’exemple typique d’un remake réussi. Inutile de s’attaquer à un chef-d’œuvre (rappelons-nous LES DIABOLIQUES de Henri-Georges Clouzot qui avait engendré le diabolique DIABOLIQUE de sinistre mémoire, enfanté par le tête à claques Jeremiah S. Chechik) ; l’original de Kurt Neumann n’était qu’une simple série B un rien académique, mais qui a su se démarquer par un scénario fort, susceptible de tenter un réalisateur facétieux. C’est pour cela que je pense qu’il est bien plus intelligent de faire un remake d’un film peu abouti voire raté, si tant est qu’il bénéficie d’une histoire attrayante. Malgré cela je reste tout de même persuadé qu’un remake de grand film est néanmoins possible. La condition sine qua none étant la présence d’un réalisateur de talent derrière la caméra. Sans réinventer PSYCHO, Gus Van Sant en avait fait un film incroyablement crédible. Le remake d’un chef-d’œuvre peut-il engendrer un autre chef-d’œuvre ? L’Histoire reste à écrire.

Actuellement dans les salles, THE PINK PANTHER est un film assez laid. Il lorgne du côté d’une parenté trop pesante. Steve Martin, que nous avons connu plus inspiré, cherche tant bien que mal à imiter le flegme de Peter Sellers. C’était, bien évidemment, la chose à ne pas faire. On réunit ses doigts en pointe et on se fait frapper dessus très fort. Jean Réno est peu crédible dans un rôle pas assez valorisé. Shawn Lévy s’empêtre continuellement dans une mise en scène lourde faite de champs/contrechamps, de plans d’introduction pour situer l’action et d’effets ringards d’une platitude absolue. Mais nous regrettons par-dessus tout la désertion du comique dans un film qui prétendait en faire son fonds de commerce. Il reste quelques tomates et poireaux au fond d’un cageot, vous êtes conviés à les jeter bruyamment. Gags éculés, stupides, téléphonés, sans rythme… Il est temps de donner une place plus importante à la filmographie de Blake Edwards.

THE HILLS HAVE EYESAutre remake le 21 juin sur les écrans : THE HILLS HAVE EYES d’Alexandre Aja, celui-là même qui aurait mieux fait d’enterrer sa précédente ânerie (HAUTE TENSION) dans le désert américain où il choisit de situer l’action du film. Pas de surprises non plus, les dégénérés sont de sacrés débulbés du cerveau, dégueulasses et collectionnant les pires tares qui puissent exister. Aja ne nous épargne ni les corbeaux, ni les vautours, ni la jeune fille qui a senti qu’il y avait quelque chose d’anormal mais elle ne peut pas dire quoi alors elle prend juste une moue triste et mystérieuse pour nous faire comprendre qu’elle sait. C’est bien foutu quand même ! C’est tellement bien foutu que les scénaristes ont choisi de situer le fief des dégénérés en plein désert ! C’est tellement plus pratique quand on a oublié ses clopes au tabac du coin. Aja lorgne dès le générique vers THE TEXAS CHAIN SAW MASSACRE de Tobe Hooper et, même s’il essaie à maintes reprises de nous gratifier de quelques plans joliment structurés, il n’arrive jamais à instaurer de climat inquiétant. Ajoutons cela à des personnages creux, insignifiants et (je m’autorise à le dire) complètement abrutis (c’est sympa de s’autoriser des trucs de temps en temps), ainsi qu’un recours à de nombreux effets faciles (près de leur caravane, les jeunes surveillent les alentours pour voir si quelqu’un vient les attaquer en plein désert et lorsqu’ils rentrent dans la caravane leur mère a disparue, merci Gérard Majax !) et nous obtenons un film profondément hollywoodien. Bête et discipliné.

Passons maintenant aux films numérotés. C’est assez pratique, en fait. Cela permet d’avoir un repère chronologique. Par exemple, vous savez rien qu’au titre que POLICE ACADEMY 3 : BACK IN TRAINING a été réalisé juste après POLICE ACADEMY 2 : THEIR FIRST ASSIGNMENT. Rien qu’au titre vous savez surtout que vous êtes tenus de vous abstenir de les regarder. Des réalisateurs se sont révoltés jadis contre cet ordre établi et ont commencé à mettre des pièges dans leurs titres de films. Difficile, en effet, de savoir lequel fut réalisé en premier entre STAR WARS : EPISODE V - THE EMPIRE STRIKES BACK et STAR WARS : EPISODE I - THE PHANTOM MENACE. En tout cas une chose est sûre c’est que RICHARD III vient juste après… Non, avant… Hmmm, le doute m’habite.

FINAL DESTINATION 3FINAL DESTINATION 3. James Wong avait déjà réalisé le premier volet. Cela l’avait sûrement amusé puisqu’il récidive. Jusqu’ici la série était assez plaisante tant ces petits bijoux d’humour noir exploraient des trésors d’imagination. Le troisième volume ne déroge pas à la règle. J’avoue m’être mis frénétiquement à rire sur certaines scènes où la mort frappe, et ce avec une certaine délectation. Il faut dire que le principe du film est assez ingénieux et prétexte à de nombreuses dérives fantastiques. Là où le réalisateur fait mouche c’est lorsqu’il cherche à assumer nos instincts sadiques en les désamorçant par l’humour. La façon dont les deux bimbos meurent grillées dans leur solarium est une séquence délirante où le grotesque des personnages s’allie à l’énormité des moyens que la mort met en scène pour parvenir à ses fins. Bon, entre chaque séquence l’intérêt retombe car le jeu des comédiens est faussement réaliste mais assez convaincant pour nous prendre au jeu. Cela aurait pu être pire : il aurait pu être parodique et ruiner ainsi tous les efforts mis en place. Finalement, nous voici face à un triptyque où l’on ritualise la mort par la mise en scène, énonçant la vie (et par conséquent la mort) comme un jeu. Avec un adversaire que l’on sait de toute façon plus fort, mais qui nous laisse le loisir de l’affronter avec les mêmes armes.

Enfin, puisque nous avons abordé le thème nous allons quelque peu en parler, mais s’il n’avait tenu qu’à Stéphane Fourier… BASIC INSTINCT 2 est sorti mercredi dernier et ne vaut sûrement pas le tapage médiatique fait autour de Sharon Stone qui, rappelons-le, n’a jamais étant une grande comédienne si ce n’est dans CASINO de Martin Scorsese. Elle a régulièrement enchaîné four sur four (comme disait Joseph Goebbels à propos de je ne sais plus quoi) : CATWOMAN, THE MUSE, GLORIA, LAST DANCE… Et pourtant, elle continue à rester un sex-symbol adulé, mais paraît-il que la beauté est intérieure. Quand bien même vieillit-elle bien (grâce à certaines interventions qui n’ont rien de divines), quel intérêt pourrait-il y avoir à se ruer sur BASIC INSTINCT 2 ? Aucun. Depuis le premier volet la production n’a cherché qu’à exploiter le succès du film de Paul Verhoeven (très bon soit dit en passant, comme ça, mais moi je dis ça, je ne dis rien, j’ai d’autres soucis et ma tortue d’eau douce qui dort sur le dos pour me faire croire qu’elle est morte, la salope !) et à mettre en avant Sharon Stone par les extravagances érotiques (faut quand même pas connaître grand-chose, entre nous) qu’elle avait alimentées. D’ailleurs la promo du numéro 2 n’a été axée que sous cet angle. Le film devrait avoir un coefficient de satisfaction très nettement inférieur à la moyenne. Alors d’un point de vue cinématographique, nous savons que le film n’a pas été fait dans ce but, et en ce qui concerne Sharon Stone, qu’espérez-vous voir de plus ? Le monde entier est au courant qu’elle n’y va pas avec le dos de la culotte.

            'R XMAS d'Abel Ferrara est un film qui porte le sceau de Stéphane Fourier sous bien des angles. Ferrara est un petit génie qui semble un peu passé de mode à l’heure actuelle. Après des débuts assez brouillons (THE DRILLER KILLER), son style s’est affiné (KING OF NEW YORK) cherchant l’interprétation du symbole, travaillant sur l’icône, allant jusqu’à devenir très visuel (CHINA GIRL). ABEL FERRARAEt puis BAD LIEUTENANT est arrivé, lui conférant une valeur médiatique que plus grand monde ne recherche aujourd'hui, sûrement pour l’avoir assez mal ciblé précédemment. Toujours est-il qu’il continue son petit bonhomme de chemin et qu’il ose encore faire du cinéma. Du vrai. 'R XMAS est une relecture du conte de Noël au sein de nos sociétés occidentales contemporaines. On y parle bien évidemment de religion et de rédemption pour rester fidèle aux thèmes du réalisateur. Ferrara aime à décaler au maximum de tout concept chrétien l’univers dans lequel évoluent ses personnages. Dans 'R XMAS, Drea de Matteo et Lilo Brancato sont des parents qui ont un petit business de poudre pour faciliter leurs fins de mois et se payer le meilleur Père Noël de la ville. Ferrara aime opposer ces points de vues éloignés pour mieux rééquilibrer la réflexion des personnages sur leurs actes et l’antagonisme de cette société pour laquelle ils vénèrent les valeurs qu’ils sont incapables d’appliquer. Abel Ferrara poursuit sa réflexion autour des repères et de leur interprétation. Il envoie un « guide » à Drea de Matteo, sous les traits d'Ice-T. Un guide qui rappelle un peu celui qu’Harvey Keitel invoquait dans le sublimissime BAD LIEUTENANT. Et puis, il y a un vrai plaisir à se délecter du cadre, qui allie parfaitement le quotidien new-yorkais à la classe d’une photographie cossue. A cet égard, le film peut se décomposer en deux parties : la première se place sous le signe de la fête, des réjouissances, et se situe de jour, alors que la suivante fait place à la nuit et à l’introspection. Encore des thèmes éminemment religieux. En tout cas, un cinéaste de plus en plus intéressant au fil des années et que vous recommande absolument, sensuellement, exclusivement, sublimement, goulûment, roborativement, par derrière comme par devant, j’ai une rage de dent, elle ment en allemand, Stéphane Fourier.

 

P. S. : Comme il faut rendre à César la statuette qui a malencontreusement échu à Jean-Paul Rouve en 2003, je tiens à remercier la Colombie pour son douanier si typique…

Mis en lumière par STEPHANE FOURIER dans LUMIERES
Poster un commentaire -
2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 00:29

Mais que fait la police ?


Mis en lumière par MAYDRICK dans LANTERNE MAGIQUE
Poster un commentaire -
1 avril 2006 6 01 /04 /avril /2006 00:05

Image spéciale pour bons viseurs :


Mis en lumière par MAYDRICK dans LANTERNE MAGIQUE
Poster un commentaire -
31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 00:00
CLASSEMENT
37 points GREG
  LEF'
23 points LE SEB
22 points HARVEY BOLLOCKS
20 points MONSIEUR CRE
19 points ODOMAR
16 points MOVIE
10 points BUDD!
  SYSTOOL
  UN VISITEUR
  ALAN SMITHEE
8 points NINA KCK
7 points TWIG
6 points SIMON
5 points FABIUSLEGITIMUS
4 points SEB
1 point DON LOPE 

 

Que dire de plus ?


Mis en lumière par MAYDRICK dans LANTERNE MAGIQUE
Poster un commentaire -
30 mars 2006 4 30 /03 /mars /2006 00:42

Allez, je vous donne la clé :


Mis en lumière par MAYDRICK dans LANTERNE MAGIQUE
Poster un commentaire -
29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 00:49

Après la tasse, le verre :


Mis en lumière par MAYDRICK dans LANTERNE MAGIQUE
Poster un commentaire -
28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 16:44

6 points :


Mis en lumière par MAYDRICK dans LANTERNE MAGIQUE
Poster un commentaire -
27 mars 2006 1 27 /03 /mars /2006 14:28

7 points à distribuer :


Mis en lumière par MAYDRICK dans LANTERNE MAGIQUE
Poster un commentaire -
26 mars 2006 7 26 /03 /mars /2006 03:30

C'est bien pour faire plaisir :


Mis en lumière par MAYDRICK dans LANTERNE MAGIQUE
Poster un commentaire -
25 mars 2006 6 25 /03 /mars /2006 01:09

Et dire que cela vaut 9 points !


Mis en lumière par MAYDRICK dans LANTERNE MAGIQUE
Poster un commentaire -