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21 décembre 2005 3 21 /12 /décembre /2005 22:54

            LE TEMPS QUI RESTE de François Ozon est un film qui s’attarde beaucoup sur la maladie de son personnage principal. Elle n’est pas contagieuse mais on ressort pourtant malade de cette projection dont la sensiblerie semble la seule corde sur laquelle Ozon fait ses gammes. Car c’est la perpétuelle impression que nous donne ce cinéaste. On a toujours le sentiment qu’il est en train de faire ses gammes sur des exercices de style où il se permet de prendre beaucoup de risques. Il arrive donc qu’Ozon réussisse parfaitement ses choix stylistiques et ses partis pris (c’est le cas de SOUS LE SABLE) comme il peut lui arriver de présenter ses erreurs en tant que cheminement de sa réflexion cinématographique (c’est le cas de SITCOM). Avec LE TEMPS QUI RESTE il poursuit sa quête du renoncement dans une ambiance triste, larmoyante et sans véritable introspection sur son propre sujet. Sans intention, le film se prévaut d’être la lente flamme qui termine de se consumer à l’intérieur du corps de Melvil Poupaud, petit acteur sans grande présence et grosse erreur de distribution. Il était bien plus à l’aise dans CONTE D’ETE chez Rohmer. Et dans… dans… Ah non ! C’est tout. Le personnage manque d’épaisseur et le comédien d’imagination, pour essayer de se défaire d’une uniformité constante. Pas d’évolution. C’est bien triste pour un film qui rentre très vite dans l’énoncé du problème, mais qui peine terriblement à illustrer son impact. Ennui de la complaisance.

J’ai beaucoup de difficulté à croire que François Ozon domine ses sujets par le peu de temps qu’il consacre à ses films. Lui qui admire tant Fassbinder devrait savoir que le rythme de travail de celui-ci ne lui a jamais permis de faire un chef-d’œuvre.

            Nouvelle aberration de mise en scène : LORDS OF DOGTOWN de Catherine Hardwicke. Nous avions pourtant beaucoup apprécié son précédent film : THIRTEEN. Mais toute la fougue et la vivacité des skateurs de LORDS OF DOGTOWN se retrouvent également dans la manière de filmer, si bien que nous sommes balancés à droite et à gauche, tourneboulés (je dois pouvoir replacer ce mot dans une expression plus gaillarde), replacés dans un cadre sans aucune cohésion avec le précédent etc. Où se cache le plaisir de faire du skate-board ? J’ai bien une idée mais il s’agit d’un endroit trop sombre pour être filmé… Catherine Hardwicke a bien du mal à représenter l’enthousiasme de cette jeunesse autrement que par une image constamment en mouvement et un montage qui ne laisse pas la place à l’installation du propos, des situations et des personnages. Ici, le but n’est clairement pas de retranscrire une passion mais bien d’éviter de faire décrocher un maximum de personnes. Catherine Hardwicke aurait-elle succombé au miroir aux alouettes qu’elle prétendait critiquer dans THIRTEEN ?

            Florent Emilio Siri avait réalisé NID DE GUEPES en 2002 de manière à ce qu’Hollywood lui ouvre ses portes. Voici le terrible héritage de Luc Besson et du changement qu’il a apporté dans le cinéma français. On citera le cas de Mathieu Kassovitz qui en a déjà fait lamentablement les frais. Siri aime bien enfermer ses pitoyables renégats dans de pitoyables lieux remplis de pitoyables richesses. Comme il sait très bien faire tout cela, il n’a plus qu’à se contenter de jouer au bon petit réalisateur de brasserie qu’il est et le tour est joué ! Du bon produit marketing, bien calibré, sans grande exigence et avec tous les clichés du genre. Genre ? Genre le policier torturé par une ancienne histoire où il a tiré sur un enfant et que le pitoyable méchant est arrivé à savoir parce qu’il est très très méchant. Et comme il n’aime pas Bruce Willis il va décider de lui faire du mal dans son âme en lui rappelant ce douloureux épisode. Ah oui ! Il est quand même très très méchant !!! De la mécanique assez mauvaise, sans intérêt et pas vraiment agréable à regarder.

            Félicitons-nous du dernier Robert Guédiguian. Il nous a livré cette année son meilleur film. Il nous fait bien rire, ce Guédiguian ! Tout comme certaines personnes nous font rire malgré elles, Guédiguian a fait un bon film malgré lui. Enfin, disons tout au plus que la vision de son film est supportable. Précédemment, sa filmographie n’est qu’une accumulation d’impostures et de nigauderies maladroites. LE PROMENEUR DU CHAMP DE MARS a la chance de reposer sur le livre de Georges-Marc Benamou, qui avait lui-même la chance d’avoir le président François Mitterand pour personnage central. Il en reste que, dans le film, Michel Bouquet campe un personnage très cultivé, intelligent et finement observateur. Ses paroles sont comme autant de mystères que Jalil Lespert essaie de décoder, même parmi ses phrases les plus banales. Son atypisme en fait un personnage hors du commun qui devient le véritable intérêt du film. Car, du point de vue de la réalisation, c’est encore par sa faiblesse que Guédiguian se distingue. Nouvelle aisance du bon vieux film français sans énergie et qui manque cruellement de feu intérieur. Guédiguian a toutes les peines du monde à donner du rythme à son histoire et à y apporter ne serait-ce qu’une once de vocabulaire visuel. Monotone et monocorde, LE PROMENEUR DU CHAMP DE MARS ne tarda pas à trouver en Michel Bouquet l’acteur idéal pour ce genre de défi. Engoncé dans sa délicatesse et dans son jeu étriqué, il n’arrive pas à imposer la véritable grandeur de ce personnage central. On ne sent pas beaucoup d’efforts à travers tout cela. Le gros du travail a été fait en amont et même Jalil Lespert, qui est un bon comédien, n’est pas suffisamment dirigé. Tout cela nous fait penser à l’imposteur Jean-Jacques Annaud du temps de COUP DE TETE. Ce dernier avait toutefois réussi à se servir de tous les éléments qu’il avait rassemblés pour en faire un bon film.

Même le montage du PROMENEUR DU CHAMP DE MARS s’embourgeoise d’un classicisme à pleurer où les plans de coupe n’ont aucun dynamisme et n’arrivent jamais à surprendre le spectateur. La photographie est aussi inconsistante. Pas d’intensité dans les couleurs, un contraste bien amoindri et une ambiance toujours froide et morne. Sans aller jusqu’à plagier Tarantino, je suis assez pour que les réalisateurs en manque d’idées se servent de ce qu’ils auraient pu voir faire chez leurs collègues. Encore faut-il cesser de se prendre pour le plus grand réalisateur vivant !

            Si LE PROMENEUR DU CHAMP DE MARS ose aborder la politique, elle n’en reste que le cadre puisqu’on n’en parle pourtant pas. Ce n’est pas le sujet du film et ce n’est pas un sujet cinématographique français. Ce qui est bien dommage car il y aurait beaucoup à dire et trop à dénoncer. Ce qui nous amène directement à parler de Jean-Marie Le Pen, parti la semaine dernière en lutte pour une plus grande liberté d’expression. On croit rêver ! Quand on sait ce que l’extrême droite a fait dans les bibliothèques d’Orange dès son arrivée… Aujourd’hui Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch se félicitent de la pétition signée par plusieurs historiens, visant à abroger la loi Gayssot du 13 juillet 1990 qui condamne le négationnisme. Mais cette pétition ne rallie personne au clan F.N. Elle est juste l’occasion d’ouvrir un débat sur cette loi débile qui ne combat pas ce à quoi elle prétend s’attaquer. Cette loi vise clairement à restreindre une certaine forme de liberté d’expression et c’est pour cela qu’elle est contraire aux libertés individuelles.

Nous avons le droit de tout dire. Aucun argument n’est irrecevable. Chacun a le droit d’exprimer une idéologie. Ce sont ces diversités qui nous bâtissent et font les différentes formes d’opposition d’une société. Décider les formes de pensées est une action plus inquisitrice que démocratique. Il faut savoir qu’accorder la possibilité de s’exprimer n’est pas obligatoirement accepter tout ce qui sera dit. Il appartient ensuite à chacun de combattre les idées les plus abjectes par l’exigence que chacun soulèvera. On ne dissuade pas le négationnisme en l’interdisant. Cette loi est véritablement méprisante envers les personnes qui reçoivent de telles idées car elle leur enlève la faculté de pouvoir décider si elles sont viables ou ignobles.

Contre la loi Gayssot.

            Et puis je n’ai pas pour habitude de dire du bien des blogs ni de vous en conseiller à la lecture car, depuis plusieurs mois que j’en consulte, il ne m’était encore jamais arrivé d’en tomber sur un seul qui soit de très grande qualité. Or, ma persévérance a fini par payer puisqu’au gré de mes pérégrinations je suis tombé, je ne sais plus trop comment, sur le blog très excitant de Brad-Pitt Deuchfalh. Voici l’histoire d’un garçon qui a ouvert un blog le jour de ses 15 ans et qui nous raconte sa vie familiale, ses pensées quotidiennes et plein de petites idées toutes aussi réjouissantes les unes que les autres. La véritable originalité de ce blog réside dans l’écriture de ce roman qui est particulièrement touchante et dans un style qui rappelle « Le petit Nicolas » de René Goscinny. Sa qualité littéraire fait tout l’avantage de ce récit. Par le biais d’images appropriées, de mots savamment choisis et de chutes toujours percutantes, les aventures de Brad-Pitt Deuchfalh sont tour à tour émouvantes, drôles et originales. Lorsque les mots parviennent à rendre les choses aussi présentes qu’elles sont visibles dans notre imagination alors les larmes ne sont jamais loin.

La seule zone d’ombre qui reste encore et le vrai mystère de la démarche de ce blog est que l’auteur continue à laisser croire à ses lecteurs qu’il est vraiment un jeune garçon de 15 ans qui vit exactement ce qu’il décrit. C’est bien évidemment faux mais on ne peut s’empêcher d’être obnubilé par ce que cache ce jeu de masques. On se plaît alors à imaginer ce que l’on aimerait bien trouver derrière cet auteur. Chacun sa réponse. J’y ai souvent vu un jeune homme faisant une relecture du journal intime qu’il avait entrepris jadis, le jour de ses 15 ans. Comme dirait Beck : « Everybody’s got to learn sometimes ».

C’est parfois extrêmement brillant, souvent inégal (comme tous les blogs, y compris « La lumière vient du fond ») mais surtout très sensible sur les qualités humaines. Ce n’est pas vraiment insignifiant ni rocambolesque, mais le lien vaut vraiment le détour :

http://keiser.over-blog.com

            Pour finir, nous allons nous attarder un peu sur le fabuleux ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND de Michel Gondry. Troisième vision et toujours autant de plaisir face à ce que je considère comme le plus grand film de ces dernières années. Ce plaisir est une espèce de savant mélange entre une excitation visuelle que Gondry développe par des astuces techniques de mise en scène absolument délirantes, une vision pessimiste des relations amoureuses contemporaines, née de l’incapacité à remplir les vides existentiels, et une critique de nos sociétés catalogues que l’on peut déceler entre les lignes de ce divertissement effréné.

L’un des principaux artisans de ce joli succès est évidemment le scénariste Charlie Kaufman. On lui doit notamment le scénario de BEING JOHN MALKOVICH, film génial de Spike Jonze. La grande idée d'ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND repose sur un principe qu’il faut faire avant tout valider par le spectateur pour qu’il adhère pleinement aux ramifications qui vont en découler. Processus techniques et principe d’identification aux questions que posent les comédiens doivent débarrasser le spectateur de toute objection. C’était aussi le cas dans le film de Spike Jonze précédemment cité. La lente progression chronologique permettait de ne rater aucune étape nécessaire au mécanisme, de manière à ce que les engrenages s’enclenchent parfaitement. Ici, la procédure reste la même mais le scénario n’arrive pas à nous convaincre complètement. Trop de questions restent en suspend. Or, si l’on n’est pas gagné à 100 %, l’histoire nous captive pourtant par la concrétisation d’un principe fort. Nous vous rappelons que le cinéma n’est pas une affaire de crédibilité. Toute forme de réalisme est donc anecdotique. Pour en revenir au découpage scénaristique, la forme bénéficie d’une idée de départ très pertinente. Le début est en fait un moment M qui intervient aux trois quarts du film. Placé à cet endroit, son utilité est de perdre le spectateur de telle manière qu’il croit qu’après le générique l’histoire suit ce que nous venons de voir. Lorsqu'il prend conscience que la chronologie ne fonctionne pas, la véritable innovation du cinéaste Gondry intervient. Son but est de faire s’évanouir son public dans un rapport déstabilisant à ce qu’il tient pour vrai. Peut-on se fier réellement à ce que l’on voit ? Manifestement non.

Tout de suite, la preuve en image :Si vous regardez cette image sur votre chaise, en face de l’ordinateur, M. Colère est sur la gauche et Mme Calme sur la droite. Maintenant, mettez-vous debout et reculez de 3 à 4 mètres de l’écran… L’illusion a été créée par Philippe G. Schyns et Aude Oliva de l’Université de Glasgow.

Michel Gondry commence à installer sa vision de l’inconscient : nous ne sommes pas maîtres de tout ce que nous décidons. Sublime Jim Carrey constamment dépassé par ses émotions ou par ce qui se joue autour de lui ! C’est le point de départ du film, lorsqu’il décide de partir pour Montauk sur un coup de tête. Inconscient donc. A partir de là, l’histoire s’emballe dans un tourbillon infernal à travers l’inconscient de Jim Carrey. On retrouve là le réel qui s’insère à l’intérieur d’un psychisme (ce qui avait fait le succès de BEING JOHN MALKOVICH). En s’appuyant sur ces notions, Gondry développe toute une idéologie de ce que j’appelais plus haut nos sociétés catalogues (ou sociétés jetables). En effet, l’entreprise qui se propose d’effacer certains pans de mémoire rappelle insidieusement les outils mis à la disposition de tout un chacun afin d’organiser sa vie selon le principe de plaisir. Toute déconvenue, tout malheur, tout mauvais souvenir n’a pas sa place dans la vie que l’on se crée de cette manière. Quand la réalité devient virtuelle…

Sans verser dans le cynisme, Gondry se contente de peindre une société dans ce qu’elle a de plus terrible, à savoir la commercialisation de la vie comme un bien. Lorsque Kate Winslet et Jim Carrey souscrivent un effacement partiel, ils achètent la vie dont ils rêvent. Prépondérance du principe de plaisir. C’est pessimiste et sombre. Mais pas très éloigné de la réalité. C’est d’ailleurs ce qui produit l’immense manque de chaleur que dégage ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND. Si l’histoire d’amour entre Jim Carrey et Kate Winslet est l’enjeu de tout ce propos, elle n’est jamais envisagée par le rapport au couple. Chaque intérêt est avant tout personnel et basé sur une énorme dose d’égocentrisme. Cela a pour effet de distancier la relation. C’est une question de romantisme contemporain. Les histoires d’amour ne sont plus envisagées que sous un rapport unique et personnel. On pense ici beaucoup au ZUI HAO DE SHI GUANG de Hou Hsiao-Hsien qui montrait les différents comportements amoureux selon les époques. L’atmosphère perturbée de nos sociétés semble déteindre de la même manière sur les relations amoureuses. Les nôtres sont bien torturées !

ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND est bien évidemment un film sentimental, passionnément romantique. Mais dans l’incapacité d’atteindre ses rêves. Le problème vient principalement des personnages, qui sont victimes des mœurs et des représentations des rapports humains. Toujours en adéquation avec notre époque contemporaine, ce sont des personnages qui n’ont plus la passion de l’indifférence. Pour eux tout mauvais souvenir est un sentiment négatif et par son effacement ils n’apprennent plus rien de leur vécu. C’est ce que raconte la douce mélancolie de Beck : « Everybody’s got to learn sometimes », qui imprègne si bien le film.

Jim Carrey est absolument phénoménal. On le savait déjà depuis THE TRUMAN SHOW, MAN ON THE MOON ou même BRUCE ALMIGHTY, mais ici il passe d’une folie comportementale à un désespoir intérieur par de nombreuses et subtiles émotions. Drôle, émouvant, déstabilisant, il est notamment d’une justesse à couper le souffle dans la séquence prégénérique. A Montauk, tout son parcours avec l’utilisation de la voix off renforce un malaise intérieur qui rend sa solitude quasi étouffante pour nous.

Kate Winslet a un jeu plus discret mais elle est une toute aussi grande comédienne, autant à l’aise dans les séquences où son extraversion est le moteur de l’action que dans les scènes plus intimes où la diversité des émotions qui la submergent nous parvient dans son intégralité. Cette actrice a une véritable grâce. Du charme, de la beauté et de l’intelligence dans le regard. Tout ce qui sert à créer des étincelles.

Kirsten Dunst en fait beaucoup, elle aussi. Des étincelles. Nous avons déjà loué sa félicité à maintes reprises, mais dans l’univers de Gondry comment l’oublier en petite culotte dansant sur le lit de Jim Carrey ? Ca aussi, c’est de la trouvaille visuelle. Il n’y a pas que l’innovation qui marque les esprits. Une telle simplicité que celle de Jim Carrey dans le métro, la tête en arrière, et Kate Winslet les jambes allongées sur la banquette de devant, uniquement cela suffit à en faire un des plans les plus magnifiques du film. Magnifique car on ressent à ce moment-là toute la pesanteur des univers de chacun, qui s’opposent par leur méconnaissance, s’alliant à une difficulté de communication qui guette le moment propice. Ce sont ces petites touches qui définissent le mieux la complexité des liens humains au sein de nos sociétés.

Saluons aussi avec beaucoup de déférence la photographie d’Ellen Kuras. L’image du quotidien qu’elle impose se manifeste par une crudité assez poussée qui contraste avec le caractère beaucoup plus abstrait des lumières, lorsque l’on voyage dans la tête de Jim Carrey. A ce moment, les partis pris esthétiques sont très poussés et œuvrent pour l’originalité du film. C’est très proche de MERCI LA VIE où Blier choisissait des thèmes similaires. La représentation de son existence vécue de manière virtuelle. Et puis, il faut aussi parler de plans aussi sublimes que la plage enneigée ou la scène sur le lac gelé. C’est quasiment photographié de manière iconographique. Eblouissant !

            Je relis ce texte et je m’aperçois avec détresse que c’est sans nul doute le moins bon qu’il m’ait été de vous faire part depuis que j’officie en ces lieux. Il est très souvent exact d’imputer un mauvais film d’un grand réalisateur à un manque d’ambition ou d’envie. Je me dis que je ne suis pas un grand réalisateur mais le manque d’envie a eu raison de moi. De mon avis personnel cet article subit encore les effets du « fa dièse mineur ». Je cherche à oublier mais mon esprit se perd comme des volutes tabagiques. Chercher à rassembler la fumée serait aussi productif qu’apprendre à chanter à Georges Moustaki. On dit souvent « Demain est un autre jour », « Qui vivra, verra ». On dit aussi qu’il ne faut pas écouter ce qu’on dit. Il pleut.

Mis en lumière par MAYDRICK dans LUMIERES
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21 décembre 2005 3 21 /12 /décembre /2005 21:55

QUESTION : Qui a réalisé le premier long métrage parlant britannique ?


Mis en lumière par MAYDRICK dans QUIZZ
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21 décembre 2005 3 21 /12 /décembre /2005 14:03

QUESTION : Qui est l’auteur de la chanson du Chevalier Blanc qu’interprète Gérard Lanvin dans VOUS N’AUREZ PAS L’ALSACE ET LA LORRAINE ?


Mis en lumière par MAYDRICK dans QUIZZ
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21 décembre 2005 3 21 /12 /décembre /2005 11:23

QUESTION : Dans quel film Fernandel joue-t-il un père et ses cinq fils ?


Mis en lumière par MAYDRICK dans QUIZZ
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15 décembre 2005 4 15 /12 /décembre /2005 16:06

QUESTION : Dans quel film peut-on entendre la devise : « Jérico sert illico » ?


Mis en lumière par MAYDRICK dans QUIZZ
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15 décembre 2005 4 15 /12 /décembre /2005 09:37

Question de rapidité...

 

QUESTION : Dans LES 7 SAMOURAIS combien y a-t-il de samouraïs rescapés à la fin du film ?


Mis en lumière par MAYDRICK dans QUIZZ
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14 décembre 2005 3 14 /12 /décembre /2005 20:07

QUESTION : A la fin de LA LIGNE VERTE, quelle faveur John Coffey demande-t-il à ses gardiens ?


Mis en lumière par MAYDRICK dans QUIZZ
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11 décembre 2005 7 11 /12 /décembre /2005 00:05

            Autant vous prévenir tout de suite, aujourd’hui on ne va pas se marrer. Il y a aura de très mauvais films à critiquer (quel vilain mot ! Ouh qu’il est laid ! Je n’aime pas ce mot ! Non, je ne l’aime pas, je préfère le mot « perpendiculaire »), il y aura donc de très mauvais films à perpendiculaire, des fautes d’orthographes, des pleurs, des chansons tristes, des pages tournées bien trop lourdes pour revenir en arrière, une biopsie pas très encourageante, des cœurs brisés (bien sûr !), plein de gens qui ne savent rien, de la méchanceté dès qu’une opportunité se présentera, des ballons de jeunes enfants que l’on crève rien que pour le plaisir de créer un effet dramatique, un génocide à encourager et une jeune fille à part dont la vie est un perpétuel coucher de soleil. Enfin, si nous en avons le temps, bien sûr ! Parce que je pourrais très bien me contenter de vous écrire quelques lignes, tel film est bien, tel autre est une merde aussi interstellaire que le cargo du film ALIEN (il se met à faire des références aux films de Ridley Scott maintenant ! Ca ne va vraiment pas bien !!!), je pourrais très bien me contenter de cela et rester chez moi à m’organiser une petite vie bien rangée et ne plus jamais m’intéresser aux illuminations qui m’entourent. Oui mais je préfère être maître de ma vie. J’ai bien trop envie qu’elle soit pleine et Keira Knightley n’est pas encore mariée… Personne ne viendra pleurer sur ma tombe.

            Tristesse, colère et insatisfaction. 

            C’est étonnant comme certaines chansons collent précisément à certaines émotions du moment. Je déteste assez profondément les réalisateurs qui dédient leurs films à leur mère, leur coiffeur ou leur paire de chaussures préférée. Cela ressemble toujours plus à une épitaphe qu’à une déclaration. Mais comme il plus question d’enterrement que d’une célébration pour plusieurs violons, je voulais vous faire partager ces quelques lignes qui reflètent le titre quelque peu obscur de cet article, et les dédier à celle que je nommerai...

 

You're a painting with symbols deep, a symphony
Soft as it shifts from dark beneath
A poem that flows, caressing my skin
In all of these things you reside and I
Want you flow from the pen, bow and brush
With paper and string, and canvas tight
With ink in the air, to dust your light
From morning to the black of night

This is my call I belong to you
This is my call to sing the melodies of you
This is my call I can do nothing else
I can do nothing else

You're the scent of an unfound bloom
A simple tune
I only write variations to sooth the mood
A drink that will knock me down on the floor
A key that will unlock the door
Where I hear a voice sing familiar themes
Then beckons me weave notes in between
A bow and a string, a tap and a glass
You pour me till the day has passed...

 SIXPENCE NONE THE RICHER - Melody of you

 

            Pour tous ceux qui n’avaient pas pu voir THE DESCENT de Neil Marshall, sorti en salles le 12 octobre dernier, il ressortira le 11 janvier 2006 sous le pseudonyme THE CAVE et sera réalisé cette fois-ci par Bruce Hunt. Inconnu au bataillon. Premier film. Dernier aussi, je l’espère. Aucune raison valable pour que ses crimes ne soient pas punis. C’est le grand déballage du tout et n’importe quoi, avec une nette préférence pour le n’importe quoi. Ca crie dans tous les sens et ça se fait pourchasser par de la bestiole hideuse et pas intelligente pour deux zlotys. Comme si les deux termes allaient toujours de paire chez les monstres des productions horrifiques. Alors pourquoi personne n’a jamais pensé à faire tourner Georges Moustaki ?

            Par contre ZUI HAO DE SHI GUANG est un vrai beau film avec des partis pris filmiques osés. Il faut dire que Hou Hsiao-Hsien n’est pas originaire de la dernière pluie d’oscars. Et c’est dommage car il pratique un cinéma de qualité, exigeant, très esthétique et basé sur une recherche formelle qui lui permet de se renouveler sans cesse. L’idée de ZUI HAO DE SHI GUANG repose sur la répétition d’une histoire d’amour entre Chang Chen et Shu Qi. Trois fois. Le procédé est efficace et je devrais sans doute le reprendre. Le procédé est efficace et je devrais sans doute le reprendre. Le procédé est efficace et je devrais sans doute le reprendre.

Trois époques différentes. Trois époques différentes. Trois époques différentes. Trois films en un. Trois films en un. Trois films en un. Trois histoires inégales bien évidemment. Trois histoires inégales bien évidemment. Trois histoires inégales bien évidemment. Mais c’est leur complémentarité qui fait la richesse de ce film. Mais c’est leur complémentarité qui fait la richesse de ce film. Mais c’est leur complémentarité qui fait la richesse de ce film. Chaque histoire reflète le symbole de l’amour comme il a pu être vécu à cette époque. Chaque histoire reflète le symbole de l’amour comme il a pu être vécu à cette époque. Chaque histoire reflète le symbole de l’amour comme il a pu être vécu à cette époque. Le premier segment est donc le plus efficace car le plus chaleureux, et puis c’est aussi la seule partie qui se termine bien. Le premier segment est donc le plus efficace car le plus chaleureux, et puis c’est aussi la seule partie qui se termine bien. Le premier segment est donc le plus efficace car le plus chaleureux, et puis c’est aussi la seule partie qui se termine bien. Pas qu’une histoire d’amour doive obligatoirement se terminer ainsi pour être une belle histoire, mais c’est sûrement celle qui fait le plus de bien à nos blessures amoureuses. Pas qu’une histoire d’amour doive obligatoirement se terminer ainsi pour être une belle histoire, mais c’est sûrement celle qui fait le plus de bien à nos blessures amoureuses. Pas qu’une histoire d’amour doive obligatoirement se terminer ainsi pour être une belle histoire, mais c’est sûrement celle qui fait le plus de bien à nos blessures amoureuses. Loin devant les amoureux tourmentés de notre époque actuelle. Loin devant les amoureux tourmentés de notre époque actuelle. Loin devant les amoureux tourmentés de notre époque actuelle. Chaque société a les crimes qu’elle mérite ; chaque époque a les amours qu’elle mérite. Chaque société a les crimes qu’elle mérite ; chaque époque a les amours qu’elle mérite. Chaque société a les crimes qu’elle mérite ; chaque époque a les amours qu’elle mérite. Mais chaque homme n’a pas forcément la femme qu’il mérite. Mais chaque homme n’a pas forcément la femme qu’il mérite. Mais chaque homme n’a pas forcément la femme qu’il mérite. Et si le temps n’était que la principale donnée au rythme de l’amour ? Et si le temps n’était que la principale donnée au rythme de l’amour ? Et si le temps n’était que la principale donnée au rythme de l’amour ? C’est tout de même lui qui décide des personnes que l’on oublie et celles qui resteront à jamais dans nos cœurs. C’est tout de même lui qui décide des personnes que l’on oublie et celles qui resteront à jamais dans nos cœurs. C’est tout de même lui qui décide des personnes que l’on oublie et celles qui resteront à jamais dans nos cœurs. Maintenant j’en suis sûr : « Le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants ». Maintenant j’en suis sûr : « Le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants ». Maintenant j’en suis sûr : « Le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants ».

S’il n’y avait que les enfants...

            PAPA est le second film que réalise Maurice Barthélémy après le pas toujours drôle mais un peu quand même CASABLANCA DRIVER. Ce qu’il y a de vraiment réjouissant dans sa démarche c’est qu’il est assimilé à la troupe des Robins des Bois et qu’il est clairement étiqueté acteur comique, voire fou. Et qu’il arrive à réaliser un film où il n’apparaît pas et qui plus est sans véritable profondeur (oui, profondeur) comique, cela relève du défi hexagonal. Il faut donc le féliciter ainsi que le producteur qui a osé lui donner cette chance : Philippe Rousselet (qui n’a pourtant qu’un seul bon film à sa panoplie de producteur : SERIAL LOVER).

PAPA est un joli film car il nous convie à la relation privilégiée qui se tisse entre un père et son fils au cours d’un banal périple automobile. Voilà tout ce que le film LES ENFANTS prétendait aborder sans jamais en avoir la portée. Cette relation est faite de moments partagés d’une simplicité troublante tant l’originalité qui les lie épanouit l’enfant par sa considération en tant qu’être humain et non pas en tant qu’enfant. Alors bien sûr cela est un peu léger, d’ailleurs le film ne dure même pas 1h15. Nous sommes là face à ce que j’appelle un film tapisserie. C’est agréable à regarder mais c’est la même chose du début à la fin. Ca pourrait se poursuivre de la même manière pendant une demi-heure, ce serait la même chose.

Les cadrages sont assez étranges. Etranges dans le sens déstabilisants et non pas dérangeants, mais c’est souvent comme si la caméra cherchait par-dessus tout à trouver le cadre le plus élaboré et le plus original alors que la scène ne gagnerait qu’en simplicité. On peut toutefois finir de cracher son venin sur le générique de début, sorte de vidéo-clip filmé au vibromasseur. On ne donne pas de rythme avec un montage sec si l’on ne montre pas la situation qui se joue sous nos yeux. On a alors très très peur que le film ne tourne à la démonstration technique. Heureusement, Fabrice Rouaud reprend des couleurs et cesse de titiller ses nouvelles manettes. Tant mieux. Les personnes qui changent d’avis sont les plus intelligentes que je connaisse. Celle-là je vais quand même la répéter encore une fois : « Les personnes qui changent d’avis sont les plus intelligentes que je connaisse ».

            Pas vu CHICKEN LITTLE. Trop peur d’attraper la grippe aviaire avec leurs conneries.

            Par contre, ai discuté avec un drôle de bonhomme dans le train qui revenait de Marseille. J’ai une grosse tendance à la paranoïa et ne crois donc jamais derechef tout ce que l’on me dit. En plus de cela je nourris une fâcheuse satisfaction à me faire l’avocat du diable face aux propos que l’on me soutient. Plus le propos est extrémiste plus cela m’amuse. Vive les fascistes d’un soir !

Si vous ne connaissez pas Falun Dafa il faut absolument vous documenter sur ce mouvement traditionnel chinois dont les pratiquants sont actuellement persécutés dans ce magnifique pays qu'est la Chine. Le dictateur Hi Juntao essaie d'éradiquer par tous les moyens possibles cette pratique (dont les cours sont donnés bénévolement) qui enseigne, la vérité, la compassion et la patience. Bon, d'accord pour la compassion, j'en ai à revendre, mais la vérité et la patience très peu pour moi. Je ne serai donc jamais en accord avec Falun Dafa. Par contre il convient de savoir exactement ce qu'il en est des persécutions et des tortures que subissent ces pratiquants. Vous trouverez tout pour vous faire votre opinion à cette adresse : http://www.infofalungong.net. A noter que toutes les manifestations en France sont très vite étouffées, ce qui explique le peu de place que les médias y accordent. En ce moment même le président chinois achète le silence de Jacques Chirac par l'achat d'avions dont il n'a que faire. On peut toujours décider de ne pas aller faire la guerre en Irak après ça.

            Enfin, je vous rappelle que la phrase culte de cette semaine aurait dû être : « Qui vivra, verra des illuminations », mais finalement c’est : « Je me sens tellement mieux sans veste ! ». Désolé, sur ce coup-là ce n’est pas moi qui choisis. Pas de virgule. Point final.

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4 décembre 2005 7 04 /12 /décembre /2005 01:08

            On se demande parfois pour qui sont faits certains films et surtout pour quoi sont-ils faits… Alors qu’une campagne d’affichage vient de démarrer pour le Noël des animaux (qui se tiendra les 10 et 11 novembre au Palais des Sports Marcel Cerdan, à Levallois-Perret - Entrée gratuite), elle promeut l’adoption de chiens et de chats. C’est une initiative qui date déjà de quelques années et qui avait été reprise en ce début 2005 par ce très grand film qu’est DANNY THE DOG. Ils avaient déployé des moyens considérables pour cette production bessonienne, allant même jusqu’à choisir un réalisateur dont le nom de famille serait sans équivoque. J’ai nommé : Louis Leterrier. Qui mieux que lui pouvait comprendre nos amis canidés ? CHIENPeut-être Bob Tail ? OK, je sors. Jusqu’ici il n’avait été l’auteur que du navrant LE TRANSPORTEUR. Histoire, comme l’évoque si bien le titre, d’un mec dont la passion principale est de transporter. Des caisses, des pianos, ses achats à vélo, des éléphants sans défense, Maïté en pousse-pousse, peu importe l’essentiel c’est qu’il transporte. Et si c’est au milieu de gangs qui se tirent dessus ça l’arrange parce qu’il a une devise qui est : « Pourquoi faire simple alors qu’on peut passer au milieu d’une bande de niakwés ? ». Et il en transporte des saloperies pendant plus d’une heure et demie ! Tellement qu’on se plaisait à rêver qu’il puisse se choper une hernie discale et qu’il finisse brocanteur comme Victor Lanoux. Mais il transportait tellement bien que Lefoxterrier renifla le bon coup et fit encore appel à lui pour LE TRANSPORTEUR II, puisqu’il lui restait encore quelques affaires à déménager. Déjà sur Internet circulent les prochains spoilers de la suite. Dans le prochain épisode, nous retrouverons Jason Statham, au fin fond de sa brocante, qui explique à une bande de niakwés qu’ils ont intérêt à l’empêcher de transporter en lui tirant dessus, planqués derrière des cartons de niawkés, mais pas avec des vraies balles parce que s’il meurt au début du film y’aura plus personne pour transporter. Mais les niakwés ne sont pas d’accord et décident d’aller foutre la merde chez Darry Cowl (qui transporte moins bien, il est vrai, mais qui est tout de même celui qui a tout appris à Jason Statham depuis qu’il l’a vu dans LE TRIPORTEUR). Alors notre bon Jason commence à déprimer car il ne transporte plus qu’au milieu de ce qu’il trouve. Et comme il habite une bonne vieille bourgade de Picardie où les brocantes pullulent, un vieil accent du Nord commence à l’envahir alors que sa propre personnalité commence à décliner. Peu à peu, il se transforme. C’est : LE TRANSFORMEUR 3. Un suspense insoutenable parce que le Transformeur devient peu à peu une femme et transporte des objets de moins en moins lourds. De l’action psychologique à revendre pendant que des dizaines de meubles s’entassent dans la brocante… Le Transformer aura-t-il des gros seins ? Victor Lanoux pourra-t-il continuer à la nouer ? Et quel avenir pour tous ces meubles ? Tout de suite, un extrait :

VICTOR LANOUX : Dis-donc, ça serait pas tes couilles sur le tapis ?

LE TRANSFORMEUR : Ui ui.

VICTOR LANOUX : Qu’est-ce qu’elles font là ?

LE TRANSFORMEUR : Tu sais… J’ai l’impression que mon corps change. Mais… Mais qu’est-ce qu’il nous arrive ?

VICTOR LANOUX : On est fous, hein ?

LE TRANSFORMEUR : Ui ui.

Pour en revenir à DANNY THE DOG, Bob Hoskins a bien retenu la leçon puisqu’il s’est acheté un chien comme animal domestique. Et comme il ne lui manquait plus que la parole, il a été particulièrement bien inspiré sur ce coup-là puisqu’il a pris un homme. Pas con. Il obéit au doigt et à l’œil, et remue la queue quand il comprend qu’on parle de lui. Comme disait la jeune mariée. C’est donc un film de propagande tout à fait réussi puisqu’il arrive à nous donner envie d’avoir nous-mêmes notre animal de compagnie. Je rêvais ainsi d'avoir le mien. Et de toute les races, je me voyais choisir une sale race. Par exemple, quel plaisir ce serait d’avoir un Georges Moustaki pour chez soi ! Il faudrait commencer par le faire toiletter. Plus de barbe, plus de couperose et beaucoup de parfum. Je pourrais lui demander d’aller chercher le journal dès que le facteur serait passé et de le ramener dans sa bouche, en bon toutou qu’il serait ! Et s’il ne ramène rien : un coup de tatane. Je vais déjà commencer par enlever ma boîte aux lettres. Ce serait facile de pouvoir le frapper à chaque fois que j’écouterais un de ses albums : « Tu te rends compte de ce que tu as fait, sale clebs ? ». Et un coup de tatane dans la gueule. Y’a pas de raison que nous soyons les seuls à souffrir ! Oui, je suis d’accord avec vous, c’est méchant. Mais je ne pense pas qu’il le fait exprès. De toute façon, quand il se mettrait à chanter ce serait direct muselière. Bon chien, ça !

Revenons encore à DANNY THE DOG, cette espèce de chien fou qui se bat dans tous les sens sans aucun respect des lois de la gravité terrestre. Nous n’avions rien à espérer dès le départ si ce n’est la musique de Massive Attack, véritable argument marketing du film. Et pourtant, même cet élément ne réussit pas à sauver l’ensemble. Combats filmés au vibromasseur, plans sans aucune cohérence de transition, personnages indigents et très caricaturaux, et puis surtout une histoire d’une bêtise crasse qui donne plus à rire que tous les effets qu’elle recherche et que nous ne comprenons pas bien. Par manque de chance, Morgan Freeman joue le rôle d’un aveugle et ne peut donc pas se rendre compte de ce qu’il est venu faire dans ce pastis. C’est vraiment la fête au grand n’importe quoi. Passez votre chemin.

            Abandonnant mes rêves d’avoir un petit Georges Moustaki pour animal de compagnie, que j’aurais surnommé Jojo (ou Condechien), le dernier film de Dominik Moll m’orienta vers un autre animal de compagnie auquel je n’avais pas pensé. Normal, ce n’en est pas un ! Et en plus il a un Q.I. de salade ! LEMMING LEMMINGest un film qui nous apprend que ce petit animal vit dans les régions scandinaves et a une fâcheuse tendance à parcourir des milliers de kilomètres pour venir boucher les canalisations des couples français. Drôle d’animal un peu con, qui mord quand on lui donne à manger et que l’on a tendance à confondre avec le réalisateur de GONE WITH THE WIND. Ne vous y trompez pas, il a beau foutre sa merde dans le troisième long métrage de Dominik Moll, ce dernier réussit un vrai beau film français intéressant, prenant, intelligent et très bien écrit. LEMMING est un film au rythme très lent qui pourra décontenancer nombre de spectateurs, mais son approche du dérèglement du couple Laurent Lucas - Charlotte Gainsbourg nécessite cette lente introspection. Comme les éléments du mystère sont aussi imprécis que possible, LEMMING semble souvent plonger dans le film de genre, dans un fantastique qui prend ses points d’appui dans des phénomènes concrets pour mieux nous faire naviguer entre ces deux univers et nous faire constamment subir un chaud-froid désorganisant. Si l’explication de la venue du lemming dans la tuyauterie sera expliquée à la fin du film, celle de la fascination de Charlotte Gainsbourg pour Charlotte Rampling ne sera jamais clairement édictée. C’est qu’il n’y a pas d’explication rationnelle à cela. Comme il n’y en a pas au fait que les lemmings se suicident lorsqu’ils ne savent pas passer outre un obstacle. C’est ce qui fait partie du comportement incompréhensible dont Jacques Bonnaffé parle dans le film.

La virtuosité avec laquelle Dominik Moll tisse son intrigue tient au temps qu’il accorde à ses comédiens ainsi qu’à celui qu’il s’offre dans ses plans. Tout à coup quelque chose ne fonctionne plus très bien et tout se met à nous échapper peu à peu. Inutile de chercher à comprendre. Tout cela se joue dans des sphères hors de notre portée. On ne peut plus se rattacher qu’à ses propres valeurs, se battre pour ce à quoi l’on croit. Heureusement que Dominik Moll sait sur qui il peut compter. Le meilleur ami de Moll s’appelle Laurent Lucas. Déjà dans HARRY, UN AMI QUI VOUS VEUT DU BIEN, sa famille et son équilibre se voyaient menacés par un péril sourd qui s’insinuait lentement et tentait de s’emparer de lui. Une nouvelle fois son couple va mal. Charlotte Rampling est l’animal de compagnie d’André Dussollier, mais celui-ci la nourrit mal et elle fait savoir son mécontentement. En termes savants, elle a la rage. Elle va donc mordre Charlotte Gainsbourg pour pouvoir s’emparer de son corps parce qu’elle est démoniaque. Et rien que lui faire mal c’est déjà lui faire plaisir ! Mais comme Laurent Lucas aime bien son maître et qu’il n’a pas envie que son film s’arrête après une semaine d’exploitation, il va galoper très vite avec ses petites jambes d’animal en furie pour pouvoir tuer André Dussollier sous les yeux de chien battu de Charlotte Gainsbourg qui est devenue Charlotte Rampling (qui n’attendait plus que cela et qui peut donc errer tranquille, l’âme en peine, dans les limbes). Dominik Moll n’épargne pas Laurent Lucas dans ses histoires. C’est à chaque fois un personnage qui s’est laissé envahir par des éléments extérieurs et qui se voit obligé de redevenir actif pour sauver ce qu’il lui reste. C’est lui qui maquille le meurtre d’André Dussollier, il enterre aussi le corps de Sergi Lopez, fait du bouche-à-bouche au lemming, c’est toujours lui qui sort la poubelle quand elle est pleine, il était bouclier humain lors de la guerre en Irak et on vient juste de l’appeler pour qu’il aille débarrasser une brocante pleine de meubles. Mais que fait Bruce Willis ?

Le dernier film de Dominik Moll reprend énormément de thèmes déjà développés dans HARRY, UN AMI QUI VOUS VEUT DU BIEN, sans jamais lasser le spectateur. C’est bien la preuve que même si tout a déjà été dit on peut redire les choses sans pour cela être taxé d’esprit court.

Charlotte Gainsbourg est une fois de plus divine. C’est un rayon de soleil. C’est un cliché mais il faut souligner sa simplicité de comédienne qui en fait chaque fois plus une perle parmi nos richesses françaises. Brillante. Laurent Lucas, lui, ce n’est plus la peine de vous le présenter. Nous en parlons très souvent et toujours par des superlatifs qui sont loin de représenter toute l’étendue de son talent. POISSONSIl est le vrai personnage principal du film autour duquel se joue d’innombrables choses qui le dépassent, mais la véritable introspection se fait à travers ses yeux. Les personnages féminins ne sont que des clés. Dussollier et Rampling sont parfaits sur toute la ligne. On sent que la direction d’acteurs s’est effectuée dans une précision redoutable et inattaquable sur les sentiments issus des situations. Michel Serrault disait à juste titre : « Le plus important c’est de savoir ce que l’on joue ». Evidemment, c’est la base. Mais ici pas évident avec un tel scénario. Transition habile pour féliciter celui qui en est le co-auteur : Gilles Marchand. Il avait déjà travaillé avec Dominik Moll sur HARRY, UN AMI QUI VOUS VEUT DU BIEN. Bon chien, ça aussi !

            En Tanzanie, la plupart des gens ont des poissons pour animaux de compagnie. Ce n’est pas très pratique pour les sortir en laisse, mais dans un bocal c’est quand même plus joli. Dans son documentaire DARWIN’S NIGHTMARE, Hubert Sauper filme la misère de ce peuple qui les tue, les exporte ou les mange. Il cherche à nous tirer les larmes des yeux avec ses images de plus en plus tristes et désespérées, et à nous renvoyer en pleine figure l’injustice du monde civilisé face à ceux qui n’ont pas d’instruction. C’est filmé comme un porc, mou comme une limace et ça sent le renard. Sans prendre la mouche, je trouve que tout cela est déjà connu comme le loup blanc et tombe un peu à l’eau comme ce fut le cas pour le démago FAHRENHEIT 9/11 de Michael Moore.

            Dans TORREMOLINOS 73 de Pablo Berger, Javier Camara joue avec sa chatte. Ou plutôt avec celle de sa femme. Appelons un chat un chat et une chatte une chatte, vous l’aurez compris, il s’agit bien de ce que vous venez de lire et que vous imaginez. Comme il était vendeur d’encyclopédies en porte à porte et qu’il n’en vendait pas assez pour pouvoir continuer à en vendre, Javier Camara réalise pour sa boîte des films à but pédagogiques sur les mœurs sexuelles dans différents pays. En l’occurrence avec sa femme et en Espagne. Les films ne sont vus qu’en Scandinavie (je vous rappelle que c’est la patrie du lemming et qu’il faut bien qu’il s’occupe durant tout l’hiver puisqu’il n’hiberne pas). Sa femme Carmen deviendra une vraie star là-bas tandis qu’il continuera la réalisation dans une influence bergmanienne que son producteur teintera de porno soft.CHATTE

Histoire vraie absolument délirante, TORREMOLINOS 73 est un film très drôle puisqu’il replace le développement du cinéma pornographique dans une Espagne engoncée dans un conformisme à travers le prisme duquel Javier Camara réalise ses films de la même manière qu’il s’appliquerait à bien faire ses devoirs. Le tout est renforcé par une musique psychédélique et funky, ainsi que par des décors et des costumes du même acabit. C’est une histoire de porno familial où tous les animaux de compagnie ont leur place, et qui a très bien su retrouver le souffle de folie de cette époque absolument délirante.

Puisqu’il est question de nudité dans ce film, arrêtons-nous un instant pour voir comment Pablo Berger l’a traitée. Ici on ne cherche pas à cacher mais on ne montre pas frontalement non plus. Les angles de prises de vues sont exactement ceux dont le spectateur a besoin pour avoir une idée de ce qu’il se passe. Ce sont les acteurs qui s’adaptent par la position de leur corps à ce que le réalisateur souhaite montrer ou pas. Le plus souvent les petits pervers que vous êtes ne trouveront pas de quoi satisfaire leurs envies frénétiques, mais parfois il arrive que l’on puisse voir ce qu’il ne faudrait pas. Et c’est très bien comme ça. C’est vraiment de très loin le meilleur travail sur la nudité et ses contraintes qu’il m’ait été donné de voir. Enfin, tout cela ne vaut pas DEFONCE-MOI A TOUS LES ETAGES DANS L’ASCENSEUR !

            Toujours pas décidé quand à l’animal de compagnie qu’il me fallait, je me ruai sur MACHUCA d’Andrés Wood. Belle histoire d’amitié entre deux jeunes garçons chiliens où chacun joue le rôle d’animal de compagnie envers l’autre. MACHUCA bénéficie avant tout de cadrages magnifiques qui mettent en relief toute la mise en scène et arrivent à exploiter toutes les émotions qui auraient pu faire passer le film pour une histoire plus banale qu’elle ne l’est. Tout comme dans DARWIN’S NIGHTMARE ce sont aussi les cultures historiques de ces pays qui font l’intérêt de telles histoires. Comment voulez-vous qu’un film comme BANLIEUE 13 ait un impact didactique sur des populations étrangères ? Ce n’est pas le but du film, j’en conviens, mais peut-on dire que ce film a un but ?

MACHUCA a compris que son histoire repose sur ses personnages. Le film s’attache alors autant qu’il le peut à développer les personnalités de chacun, leur milieu social, les différences qui fondent leur identité et les enjeux de leur amitié. C’est amené avec beaucoup de sensibilité et de justesse. Jamais le réalisateur ne souligne les diverses émotions qui traversent le film. C’est une grande qualité. Je crois que ce doit être la chose que j’apprécie le plus chez un réalisateur, qu’il ne force jamais le spectateur à aller vers son histoire mais qu’il soit sans cesse à l’affût des moments où il peut tendre des perches. Et si ceux à qui elles sont destinées ne les prennent pas, tant pis pour eux. Evidemment ce sont ces derniers qui vont reporter toute la faute sur le film (ces gens-là ne parlent pas de réalisateur). Mais bon, c’est une autre histoire…

            J’aurai bien aimé avoir un petit OLIVER TWIST. Ca aurait été bien un petit OLIVER TWIST ! Ca a les yeux remplis de tristesse et toutes les jeunes femmes s’apitoient sur ce genre d’animal et vous jalousent secrètement. On peut alors le leur prêter un instant pour mieux abuser d’elles dans des caves humides et leur faire subir les plus imm... Mais je me découvre encore une fois, et je risque de prendre froid !

Malheureusement le OLIVER TWIST de Roman Polanski est une véritable déception. C’est vrai qu’il était difficile de faire mieux que celui que David Lean avait tourné en 1948. La barre est haute (comme disait la jeune mariée) car Lean a fait un véritable chef-d’œuvre du livre de Charles Dickens. Le pari n’est pas impossible mais Roman Polanski n’est pas le réalisateur épique qui convient à cette histoire. Il joue à la baballe avec son OLIVER TWIST mais celui-ci ne la lui rapporte jamais. La faute à une réalisation qui prend toujours le parti du personnage principal. La grande force de ce récit de Dickens est la description jusqu’au sordide des diverses mésaventures que subit Oliver Twist. Il faut alors savoir les exploiter jusqu’au bout. Pas de développement psychologique sinon le danger est de tomber dans une caricature que Polanski n’évite d’ailleurs pas. Il préfère soigner les blessures d’Oliver que les approfondir. C’est une erreur. La réalisation ne parvient alors pas à sortir le film de cette léthargie. C’est d’un conventionnel à pleurer.

Les plus beaux films de Polanski datent tout de même de ses débuts. WHAT ?, ROSEMARY’S BABY, TESS et surtout LE LOCATAIRE sont sublimes. La fracture a commencé après TESS et les sept années passées sans tourner. Seul BITTER MOON nous avait convaincu, mais ne parlons pas des aberrants FRANTIC ou THE NINTH GATE (son plus mauvais film, sans aucun doute). L’envie et la vie privée sont toujours deux éléments déterminants dans la carrière d’un réalisateur. On ne peut absolument pas s’empêcher de faire le parallèle chez Polanski et d’en vérifier toute la justesse tant sa vie personnelle est remplie.

            Par contre, la vie de Kevin Costner a bien changé depuis le début des années 90 où l’on a du mal à se rappeler la grosse star qu’il a été. Il est rare aujourd’hui de le voir dans de grosses productions ou tout simplement faire la une de magazines ou d’émissions lors de son nouveau film. Plusieurs gros échecs ont eu raison de sa carrière. La qualité de ce comédien n’est pas à remettre en cause. Nous aimons d’ailleurs le Jim Garrison de JFK ou le lieutenant John Dunbar de DANCES WITH WOLVES, mais THE BODYGUARD et autres WATERWORLD ne lui ont pas permis de montrer autre chose que la belle gueule que les médias de l’époque chérissaient.

Dans THE UPSIDE OF ANGER de Mike Binder, un gang de jeunes filles et leur mère en font leur sage peluche de compagnie qu’elles ne cessent d’engueuler, puisque je vous rappelle qu’il est question de colère dans ce film. Faut dire qu’heureusement que le titre nous le rappelle tant les personnages féminins semblent rivaliser d’ingéniosité pour avoir le caractère le plus égal qui soit. Et pourtant, elles auraient de bonnes raisons de s’emporter face à leur mère (Joan Allen, formidable) qui mériterait bien des baffes. Ou une hystérectomie. Plus des baffes, quand même.

Entre Joan Allen et Georges Moustaki mon cœur balance. Je m’en vais réfléchir à celui qui les mérite le plus. J’ai comme une idée que c’est tout trouvé. En attendant je vous laisse méditer les considérations animalières dont je vous ai fait part. Le cinéma n’a jamais été autant notre ami. Merci qui ?

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3 décembre 2005 6 03 /12 /décembre /2005 01:00

70 questions et le classement est le suivant :

12 points : LE SEB
10 points : SIMON
9 points : MANUE LA CLOCHARDE - MOVIE
8 points : MONSIEUR CRE
4 points : DON LOPE - HARVEY BOLLOCKS
2 points : TWIG - UN VISITEUR - LOMOK
1 point : DR. DEVO - WAKINOURS - GRIBOUILLE - LARCHANGE - MOULINVERT - JUL13N - LEF' - ALEX


QUESTION : Quel était le titre originel de TENUE DE SOIREE ?


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