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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 02:24

            Le SPIDER-MAN réalisé par Sam Raimi est sorti le 03 mai 2002 sur le territoire américain. Auparavant, un premier trailer avait commencé à être diffusé pendant l’été 2001. Lorsque les événements du 11 septembre 2001 survinrent, la Columbia qui produisait le film s’efforça de retirer ces premières images où nous pouvions voir le World Trade Center. Malheureusement, avec l’expansion d’Internet, certaines vidéos ont subsisté.

Voici ce trailer que j’avais récupéré à l’époque, et que je vous propose de redécouvrir.

 

 

            Cette scène devait figurer dans le long métrage, mais le 11 septembre poussa les producteurs à exiger son retrait. Finalement, Sam Raimi ne fut autorisé qu’à garder le reflet du World Trade Center dans les yeux de Spider-man, alors qu’une retouche numérique fut premièrement envisagée. Un hommage aux personnes décédées fut évoqué comme raison officielle.

Si vous possédez le DVD vous pouvez voir ce reflet dans son œil droit au bout de 53 minutes et 33 secondes de film.

            Cette vidéo ne fut pas la seule à être affectée. Plusieurs pré-affiches avaient déjà circulé. Nous pouvions y voir les tours jumelles se refléter dans les yeux de l’homme-araignée. Elles étaient au nombre de 3 à circuler avant le 11 septembre 2001. La première mentionnait « 2002 », la seconde « COMING 2002 » et la dernière « 3 MAY 2002 ». Ces différences reposent sur la nécessité de disposer de trois affiches pour vendre le film à travers le monde.

Après les attentats, si la Columbia a fait circuler une lettre stipulant que tous les teasers et les affiches devaient être retirés d’Internet et des cinémas, il n’a jamais été question de retoucher les affiches afin d’effacer les tours. Pourtant, une rumeur propagea le contraire et continue à circuler en dépit des divers démentis qui furent faits plus tard.

 

 

            D’autres films furent touchés par l’impact du 11 septembre. Exemples :

- la sortie de COLLATERAL DAMAGE d’Andrew Davis fut décalée d’octobre 2001 au 08 février 2002. Sa phrase d’accroche « The war hits home » fut enlevée des nouvelles affiches

- dans ZOOLANDER de Ben Stiller, les tours ont été effacées ou retravaillées de manière à ce qu’elles ne puissent plus être décelables

- SERENDIPITY de Peter Chelsom : tours effacées numériquement

- NOSEBLEED est un film où Jackie Chan devait jouer un laveur de carreaux du World Trade Center, qui mettait à jour un complot terroriste visant à détruire la Statue de la Liberté. Le tournage avait déjà débuté et, pour la petite histoire, Jackie Chan aurait dû être en train de tourner en haut d’une des tours si le plan de tournage n’avait changé peu de temps avant. Dans le scénario, un des personnages devait dire : « It represents capitalism. It represents freedom. It represents everything America is about. And to bring those two buldings down would bring America to its knees ». Le film fut stoppé et annulé

- dans KISSING JESSICA STEIN de Charles Herman-Wurmfeld, des images du WTC furent enlevées

- la fin de MEN IN BLACK II fut complètement remaniée puisqu’elle devait originellement se dérouler dans le World Trade Center

- dans THE TIME MACHINE de Simon Wells, une scène fut coupée. Elle représentait une pluie de météorites qui s’abattaient sur New York

- dans SPY GAME, l’épaisseur de la fumée résultant d’un attentat à la bombe fut réduit en raison de sa ressemblance avec la fumée des ruines du World Trade Center

- la sortie de HEIST de David Mamet fut reportée au 09 novembre 2001 à cause d’une scène où Gene Hackman devait déjouer la sécurité d’un aéroport

- la sortie de BIG TROUBLE réalisé par Barry Sonnenfeld fut reportée de sept mois à cause du scénario qui incluait une bombe de contrebande à bord d’un avion

- la sortie de PEOPLE I KNOW de Daniel Algrant fut reportée d’une année pour permettre un nouveau montage qui permettrait d’enlever toute référence au lieu

- la date de sortie de BAD COMPANY de Joel Schumacher fut aussi reportée au 07 juin 2002

- la sortie de TRAINING DAY fur repoussée au 05 octobre 2001 à cause du manque de place à la télévision pour en assurer la promotion

- WAYDOWNTOWN (inédit en France) connut aussi une date de sortie repoussée d’octobre 2001 à janvier 2002

- une des versions des INCREDIBLES contenait une scène où Mr. Incredible passait ses nerfs sur un immeuble, endommageant accidentellement un bâtiment voisin. Les producteurs ayant jugé qu’elle faisait trop penser au World Trade Center qui s’effondre, elle fut remplacée par une scène où Mr. Incredible et Frozone sauvent des civils pris au piège d’un immeuble en feu.

- le projet TRUE LIES 2 fut annulé car il ressemblait trop aux attentats du 11 septembre

- le scénario du film THE BOURNE IDENTITY fut considérablement remanié en raison d’une histoire marquée par le terrorisme

- dans LILO & STITCH, une scène montrait Stitch conduisant un 747 volé qui traversait divers bâtiments à Honolulu. Elle fut enlevée et placée dans les bonus du DVD

- la sortie de SIDEWALKS OF NEW YORK fut retardée de deux mois jusqu’au 21 novembre 2001 (les producteurs ne trouvant pas judicieux de sortir une comédie sur des célibataires dans Manhattan). Son affiche fut remaniée de manière à ne plus apercevoir les tours en fond.

Mis en lumière par MAYDRICK dans BONUS CACHES
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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 01:22

Plus précis :

  

Mis en lumière par MAYDRICK dans LANTERNE MAGIQUE
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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 01:00

Appréciez le moment de détente :

   

Mis en lumière par MAYDRICK dans LANTERNE MAGIQUE
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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 02:17
CLASSEMENT
326 points TOUTDU 18 points LE BRU
324 points KENNEBUNKT 17 points DIRTYDIETZ
302 points ODOMAR   BILLY
163 points SAMOM 16 points LE SEB
87 points LEF'   RIDDICK
85 points GUCHO 15 points DEAD[OR]ALIVE
75 points AKARIZA   MISS_PAPATTE
68 points COLUMBOY   SADMAN
67 points HARVEY BOLLOCKS 14 points SIN
64 points YANN KERBEC 12 points MC MURPHY
63 points MOVIE 10 points UN VISITEUR
61 points WEPETE PRIEST   M
57 points SEB   MESS
45 points ABORIGINAL   NADINE
40 points CRE   ROBERT PLANT JUNIOR
39 points LIMBO   KINGDOM HOSPITAL
31 points CHRIS 9 points DR DEVO
  RAYMONDE   TONTON BDM
27 points LOMOK 8 points NINA KCK
24 points DICK LAURENT IS DEAD   AL
22 points TITINE 7 points TWIG
21 points ALAN SMITHEE   GREG
  HARTIGAN 6 points FLESH GORDON
19 points MALTASARD   ANNE

 

 

La bataille fait rage en haut du classement. Continuons :


Mis en lumière par MAYDRICK dans LANTERNE MAGIQUE
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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 10:00

QUESTION : Dans quel film peut-on entendre cette réplique : « Quand il m’a serré la main, j’ai senti passer le froid de l’acier » ?

Mis en lumière par MAYDRICK dans QUIZZ
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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 01:00

Pour les ambitieux :


Mis en lumière par MAYDRICK dans LANTERNE MAGIQUE
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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 21:02

TWO LOVERS            C’est souvent comme cela avec les films de James Gray. La projection semble toujours débuter sur un faux rythme alors qu’elle cherche juste à vous investir par chaque pore de votre peau, comme la fumée se dissipe dans une salle avant un concert. De son état latent surgit un engourdissement général qui vous happe d’un coup sec. Le coup de l’alligator. Ce gros animal d’apparence pataude se jette brusquement sur vous et vous secoue dans tous les sens avec une énergie folle. Quelques secondes plus tard, vous voilà dans un état semi-ecstasique dans lequel vous aimez à vous repaître jusqu’au générique final. Une impression générale toujours séduisante, un moment dans lequel nous nous vautrons sans voir le temps passer, et pourtant quasiment jamais la sensation d’avoir affaire à une œuvre émotionnellement supérieure, toujours proche d’une virtuosité que l’on attend et qui ne vient jamais. « C’est bien mais pas top », disaient Les Nuls.

Tout cela me rappelle foncièrement la première fois que je suis allé manger aux Restos du Cœur. J’étais sorti de là en me disant que c’était pas mal, mais pour un restau, la carrosserie frotte un peu sur le bitume. Attention ! Que tout ceux qui connaissent le montant de mes revenus ne s’offusquent pas quand je dis que je vais aux Restos du Cœur. Je n’y vais pas tous les jours. Le restau c’est sympa, mais de temps à autre. Faut que ça reste un évènement. Après, on prend vite de mauvaises habitudes.

            Leonard Kraditor est un drôle de gars. Dès le premier plan du film, nous voilà confrontés à sa plus grande phobie : les jetées. Chacun son truc, moi ce sont les monocotylédones. Dès qu’il en voit une, il ne peut s’empêcher de s’y précipiter. Or, il est sujet à une maladie assez bénigne mais qui touche environ un homme sur deux : il porte à droite. Et comme les jetées qu’il affectionne sont assez étroites, il ne manque généralement pas de perdre son centre de gravité et de finir invariablement à la flotte. Ce qui ne l’empêche pas, par ailleurs, d’aimer une bonne bière de temps à autre, devant un match de foot, au pub avec les gars ou simplement lors d’une tournante dans la cave de son immeuble, toutes ces occasions qui sont un bon moyen de décompresser après une journée bien remplie. C’est marrant, il y a une fille qui s’appelle Julie Budd au générique ! A mon avis, elle ne suce pas que de la glace.

Dit en d’autres termes, Joaquin Phoenix a des tendances suicidaires. Le film s’ouvre sur l’une de ses tentatives, et un petit quelque chose nous dit que nous n’allons pas trop nous marrer pendant 1 heure et 50 minutes. Là, vous pensez que c’est quand même couillu de démarrer par le suicide du personnage principal. Et vous avez raison. D’abord parce qu’aujourd’hui j’ai envie de vous flatter (même si vous ne le méritez pas), et puis aussi parce que c’est vrai que c’est gonflé, quoique de la part de James Gray cela n’est plus vraiment étonnant. Ce qui l’est plus c’est le risque qu’ont pris les producteurs en misant sur cette introduction, quitte à alourdir d’entrée le propos et plomber définitivement le moral des spectateurs. Fait par Claude Berri ou un autre manchot de la technique et de la dimension émotionnelle, cela aurait sûrement rajouté du plomb dans la culotte de cheval du film, comme nous en avons un bon exemple avec SAUF LE RESPECT QUE JE VOUS DOIS de Fabienne Godet (où la technique de suicide est très ingénieuse mais horriblement mal mise en scène). Déjà, James Gray déploie toute son habileté et nous plonge dans le sombre intérieur qui tiraille Joaquin Phoenix. C’est crépusculaire, triste et désespéré ; renforcé par une tentative qui résonne comme un S.O.S. suspendu dans l’immensité qui l’entoure (très bonne idée la plage !) et que personne n’entend avant qu’il ne mette ses jours en danger. La direction artistique de cette première scène va dans ce sens : Leonard Kraditor ne croit pas vraiment en ce qu’il fait : son geste ne semble pas prémédité, la solution choisie n’est pas la plus expéditive, sa mise à exécution a un côté comique dans son incongruité. D’entrée, le personnage de Joaquin Phoenix nous est livré comme un jeune homme affecté psychologiquement, quelqu’un qui cherche une issue. Quand une personne est victime d’un tel enfermement et qu’elle ne trouve pas de solution, son corps la trahit ; la maladie surgit…

Ca, c’est fait, comme dirait Terry Kevin. Vous êtes maintenant tous au courant : Joaquin Phoenix est malade. Avant que le film ne débute, il a probablement dû faire d’autres tentatives de suicide ou connaître des situations de crise qui ont amené les médecins à lui diagnostiquer un trouble bipolaire. C’est quand on va au Pôle Nord deux fois l’an, c’est bien ça ? Il y a quelque chose d’assez étrange dans cette définition de son mal-être. Lorsque ses parents emploient l’expression, ils ont l’air de répéter ce que leur ont dit les personnes censées être compétentes en ce domaine. Et ce qui est assez étrange c’est que nous avons le pressentiment que le film seTWO LOVERSdéploie sur cet axe, qu’il va s’approprier ce sujet pour en faire l’élément central de l’histoire et que nous nous orientons vers un nouveau film de maladie. Sentiment d’autant plus renforcé qu’elle est le nœud de toute sa vie (il en parle notamment à Vinessa Shaw lors de leur première rencontre, comme l’élément qui a conditionné ce qu’il est maintenant) et que la maladie est encore ce qui va commencer à le lier à Gwyneth Paltrow (là aussi, dès leur première rencontre, c’est elle qui aborde le petit grain qu’elle a dans la tête). Si j’insiste sur ce point c’est parce qu’il me semble être extrêmement primordial dans le film alors que personne ne l’a relevé. Il innerve tout le métrage. James Gray crée une tension permanente grâce à ce postulat de départ. De fait, il met le spectateur en état d’alerte. Nous guettons le moment où cette bipolarité va s’exprimer, où Joaquin Phoenix va péter un câble. Eh bien cela n’arrivera jamais. Pour la simple et bonne raison que l’hypothèse de départ est fausse : Joaquin Phoenix n’est pas bipolaire. Pour avoir vécu avec une personne dans ce cas, je peux l’affirmer avec un aplomb définitif et fièrement hautain (oui, je mange toujours beaucoup de clémentines pendant les fêtes de fin d’année). Je crois qu’il faut accorder toute la justesse nécessaire à la phrase qu’il prononce lorsqu’il parle à Gwyneth Paltrow de ces noms de maladie que l’industrie pharmaceutique vous invente pour faire tourner son business. Il n’en reste pas moins que ce personnage masculin reste sujet à de forts élans dépressifs. Gwyneth Paltrow, elle, serait bien plus bipolaire (sublime interprétation en clairs-obscurs de Gwyneth, dont nous avions déjà loué son extraordinaire composition dans THE ROYAL TENENBAUMS, film ô combien sublime). Elle passe très vite de Charybde en Scylla à plusieurs moments du film (la boîte de nuit, la dernière scène sur le toit, le dénouement final…). C’est elle le vrai personnage fragile du film. Et c’est en cela qu’elle va donner un sens à la vie de Joaquin Phoenix (puisque le film démontre que l'amour n'est qu'une question de failles).

TWO LOVERS se construit sur ce faux rythme. Rien ne semble se dessiner. Les pistes ne mènent jamais vers des voies sans issues mais vers un horizon qui s’étire à l’infini. Travelling compensé du dénouement scénaristique. Au fur et à mesure que le film avance, James Gray ne cherche pas à nous perdre ou à nous aiguiller sur de mauvaises voies (comme le ferait grossièrement M. Night Shyamalan, le petit indien malin qui vous sarbacane le cerveau), il prend plutôt le soin d’apposer différentes couches dans le but d’obtenir une réalité dense où chaque enjeu devient une véritable épreuve. A la fin entremêlés, le réalisateur explore les affres de la maladie comme les condiments d’un milieu social. En cela TWO LOVERS s’apparente plus à un film sur la maladie qu’à un film de maladie.

TWO LOVERSLe film suit principalement Joaquin Phoenix. Il ne va pas bien mais il n’est pas bipolaire, nous l’avons dit. L’origine de tout cela est évoquée. Le film ne s’y attarde pas ; bien vu James Gray et Eric Menello ! Alors, quoi ? Joaquin Phoenix est un nerd ? Est-ce un retardé ? Dépèce-t-il les femmes après leur avoir fait l’amour ? S’en veut-il d’avoir voté George W. Bush ? Est-il seulement dégoûté de la vie parce qu’il ne restait plus de beignets aux crevettes chez le chinois du coin ? A-t-il un secret inavouable, genre des pieds de pintade lui poussent après minuit et ses sourcils se rejoignent ? Pas évident d’opter pour une solution précise. D’autant que nous avons du mal à déceler les défauts de ce jeune homme. Les femmes ne lui font pas peur et il n’a aucune difficulté à converser avec Gwyneth Paltrow dès leur première rencontre. Il assure aussi sur la piste de danse. Il gère les situations délicates avec une grande maturité (c’est notamment flamboyant, la manière dont il arrive à avouer son amour à Gwyneth Paltrow, à encaisser le refus de celle-ci, à ne pas se rabaisser et à s’extirper de cette situation en lui disant qu’il ne veut plus la voir). Bizarrement, Joaquin Phoenix est un gars somme toute assez banal, plein de qualités et la tête bien sur ses épaules. J’écris « bizarrement » parce que, l’air de rien, le film donne sans cesse à penser le contraire. Ce personnage n’a pourtant pas les gestes inconsidérés que pouvait avoir, par exemple, Adam Sandler dans PUNCH-DRUNK LOVE. Ce qui était de l’ordre de l’inconscience chez Sandler devient complètement conscient chez Phoenix. Son vrai problème c’est son environnement immédiat. A plus de 30 ans, il habite encore chez ses parents. Un appartement un peu chiche, franchement pas ostentatoire pour 2 euros 37, mais qui a la grande qualité d’être douillet et réconfortant. Réconfortant dans le sens où c’est ici que se trouvent ses repères. Mais il n’est pas ici chez lui. Même sa chambre est investie (bien que sa porte soit fermée, sa mère écoute derrière). Il ne peut même pas s’y suicider, il est obligé d’aller faire cela dehors ! Bref, le cercle familial se définit en communauté et l’individu a des comptes à rendre. Ca sent le vieux jeu, la naphtaline et le conservatisme. Et notre Joaquin ne s’y épanouit pas, mais alors pas du tout. Dans ce cocon, les sentiments de l’individu ne sont pas régis par son désir, mais par ce qui est le mieux, par la tradition, ou par ce qui a été décidé (on l’oriente vers une femme, on décide à sa place de son avenir professionnel etc.) Le « on » dans ce qu’il a de plus neutre. Le « on » qui traverse la vie sans savoir s’il est possessif ou indéfini. Dans ce cas-là, nous comprenons bien tout le mal qu’il éprouve à parler de choses personnelles à ses parents, à se confier. La seule fois qu’il le fait, c’est à sa mère, avant d’aller attendre Gwyneth Paltrow dans la cour. Elle semble pourtant le comprendre puisqu’elle ne souhaite que son bonheur. Peut-être la figure du père est-elle plus contraignante… Il n’empêche que son milieu l’écrase pendant qu’il rêve de s’élever socialement, qu’il rêve à toujours plus qu’il ne possède, qu’il rêve aux soirées où il serait entouré de danseuses topless sur le corps desquelles il dévalerait des lignes de poudreuse. Or, il va toucher à l’inaccessible. Gwyneth Paltrow le symbolise.

En cela, TWO LOVERS est un grand film social qui en dit bien plus que nos Ken Loach et Bertrand Tavernier (cinéastes que j’aime beaucoup par ailleurs) sur la manière dont certains subissent le conflit social, sans s’attarder à dénoncer démagogiquement. TWO LOVERS traite de leur démarcation, de leur rébellion, de leur résignation, de leur aveuglement, de leur soumission, de toutes ces formes de réaction qui définissent l’appartenance à un milieu, et, par-là même, sa propre définition. Dans la mise scène, James Gray utilise un procédé assez simple mais qui fonctionne à chaque fois. Il fait de la hiérarchie un visuel qui correspond à la géométrie qu’elle caractérise. Ainsi, nous pouvons noter que Gwyneth Paltrow, dans l’immeuble, possède un appartement à un étage supérieur à celui de Joaquin Phoenix. De ce fait, quand ils se parlent à travers leurs fenêtres respectives, il est toujours placé selon un angle de vue inférieur à elle (James Gray n’oubliant cependant pas de montrer Gwyneth Paltrow derrière des barreaux pour rééquilibrer les deux amants). Autre exemple, lorsque Gwyneth Paltrow, Joaquin Phoenix et Elias Koteas ont rendez-vous pour déjeuner ensemble, il est très judicieux de se demander pourquoi Gray fait arriver Joaquin Phoenix en avance… Ces petites touches s’appuient toujours sur des états intérieurs. Toute la mise en scène de James Gray s’effectue sur le même mode. Il souhaite s’approcher au plus près de ce que ressentent ses personnages, essayer d’expliquer des états d’une manière non verbale. C’est ainsi que les couleurs sont déterminantes (elles expriment un certain côté fané, tristement mélancolique, dans la maison des parents, les lumières de la première scène sont tout simplement à tomber, d’ailleurs Joaquin…), les sons participent toujours d’une ambiance (James Gray utilise souvent un procédé qui permet d’embrouiller l’esprit de ses personnages, comme s’ils manquaient de recul : il fait jouer un fond sonore perpétuel. Parfois c’est la radio, parfois c’est le bruit des gens autour etc. Et, à la fin, lorsque tout est censé s’éclairer pour Joaquin Phoenix, lorsque son avenir devient clair pour lui, il revient chez ses parents, une réception y est donnée et il va s’asseoir à côté de Vinessa Shaw. James Gray coupe les bruits de la soirée, la bande son ne comporte alors plus que les voix de Joaquin Phoenix et de Vinessa Shaw. Voilà comment on crée la magie et le luxe) et le rythme s’écoule selon un tempo très langoureux, traduction extrêmement sensible du velours sentimental.

JAMES GRAYNous avons eu plus de mal avec la fin du film et ce qu’elle implique. Pas en ce qui concerne ce qu’il se passe avec Gwyneth Paltrow ; tout est sous-tendu par un revirement annoncé si bien que la surprise est feinte. On craint le pire et il arrive. Heureusement, avons-nous même envie de dire. Non, ce qui pose plus de problèmes c’est le retour de Joaquin Phoenix dans la cellule familiale, la croix qu’il tire sur ses rêves, ses ambitions et la possible sortie en laquelle il a voulu croire. C’est la raison qui l’emporte sur l’amour. C’est la victoire du morne sur le passionnel. La négation de soi-même en tant qu’entité indépendante et non assujettie à des troupes de pression. C’est la tristesse et le renoncement à toute forme d’espoir. La morale conservatrice des parents l’emporte alors que nous avons passé le film aux côtés de Joaquin Phoenix, peinant à trouver le bout du tunnel. Personne n’échappe à son milieu. Ghetto cinématographique. Avec la blonde c’était la vue panoramique, les discussions sur le toit de l’immeuble ; avec la brune c’est l’amour dans le lit en position papa-maman. Avec la blonde c’est les soirées en boîte à faire du break-dance ; avec la brune on passera Noël en famille et on aura une paire de gants en cadeau. « Chacun sa mafia, chacun sa millefa » comme disaient les poètes qui niquaient leur maman.

Grâce à un flou quasiment hitchcockien, James Gray arrive à nous captiver du début à la fin, et même si nous savons que beaucoup de choses vont avoir lieu, il arrive toujours à détourner notre attention pour délivrer un regard plus précis sur un des multiples thèmes que TWO LOVERS aborde. En ce sens, au fur et à mesure que le film se dévoile, cet inaccomplissement tant demandé frustre et excite à la fois. Si bien que le film ne diffuse sa fabuleuse aura qu’une fois la pellicule arrivée en bout de course, et que le temps fait son affaire, nous permettant de ressasser les thèmes, la mécanique d’une précision implacable et la grandeur d’une histoire simple qui a su nous être contée avec magnificence. C’est un joli pied de nez que James Gray adresse à tous ces producteurs qui croient toujours qu’un film se fait sur une histoire. TWO LOVERS dément cette théorie en deux coups de cuillères de Nutella plus les quelques minutes nécessaires à leur dégustation. Car, qu’y a-t-il de plus vu et revu que cette histoire de Sandra qui aime Leonard, qui la considère comme une amie, qui aime Michelle, qui le considère comme un frère ? Eh oui, il est encore possible de raconter ce qui l’a déjà été, et maintes fois, la différence restera toujours ce que vous en faites. Pas l’con.

            Joaquin Phoenix a déclaré après ce film qu’il arrêtait sa carrière de comédien. Beaucoup de fans pleurent encore. Qu’ils se rassurent, avec un nom comme le sien, il est forcément destiné à renaître de ses cendres.

Mis en lumière par MAYDRICK dans LUMIERES
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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 16:23

QUESTION : A la fin de quel film Peter Lorre se suicide-t-il sur une voie ferrée au passage d’un train ?

Mis en lumière par MAYDRICK dans QUIZZ
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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 01:00

9 points pour cette image :


Mis en lumière par MAYDRICK dans LANTERNE MAGIQUE
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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 20:59

QUESTION : Dans quel film un personnage veut-il qu’on l’appelle Harry Houdini, sans que l’on ne sache jamais son vrai nom ?

Mis en lumière par MAYDRICK dans QUIZZ
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