L’Etat n’est pas fait pour diriger l’art mais pour le servir. Comme disait André Malraux (rien à voir avec Claude Berri) avant de mourir.
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* 17 décembre 2009 : Adil Rami, joueur de balle au pied de l’équipe de Lille, est interviewé à la fin du match opposant son équipe au Slavia Prague (3-1) : Le journaliste : Alors Lille n’en finit plus de gagner et avec panache en plus… Adil Rami : T’as dit quoi, là ? Le journaliste : Oui, des buts, des victoires… Vous gagnez avec panache ! Adil Rami : Panache ? Ah, OK ! Je connaissais pas.
(Soupir)…
Tout cela ne vaut pas Matt Moussilou qui déclarait « avoir bien joué dans les intervalles… Euh, pardon ! Dans les intervaux. » |
Citer les grands hommes permet d’aller plus vite. A cette occasion, ressortons notre « Dictionnaire des phrases toutes faites à l’usage des jeunes générations en général et des sportifs de haut niveau* en particulier », et gratifions-nous d’un sagace « C’est plus que jamais d’actualité ». Regards intransigeants vers les fomenteurs acides. Les répliques fusent. Elles reviennent comme des rêves en apesanteur, des bulles légères qui viennent rafraîchir le souvenir des grandes étapes de l’Histoire. Des bulles de savon dans lesquelles vous pourriez lire l’avenir. Tel est le legs de ceux doués pour traverser les années après leur mort. Toujours se référer à l’ancien temps lorsque l’actuel figure une plante qui lance ses épines à l’attaque de ces flotteurs précaires.
Le devoir de mémoire ne sert à rien puisque l’Histoire est un éternel recommencement. Rien n’est inéluctable. A part la mort et les impôts. Les réponses sont chez Voltaire (rien à voir avec Harry Houdini) et Rousseau (rien à voir avec Rafael Benitez). Ignorez ceux qui élaborent les règles élémentaires pour faire une bonne critique de film. S’ils vous disent qu’il est inutile de faire de la littérature ou de discerner les obsessions de tel cinéaste film après film, c’est tout simplement parce qu’ils ne savent pas le faire. Selon eux, le talent qui va au-delà de leurs propres limites n’est plus du talent. On peut aussi rire de leur propension à se prendre pour les doctes tenants du savoir-faire universel. D’autres se terrent au sein de la F.E.M.I.S, institution composée de maîtres à penser qui imposent une vision rigide, qui établit les codes à respecter. On en arrivera à ce que ces Tables des Commandements s’appelleront Cahiers des Charges. Ils remplaceront l’imagination de la même manière que la pornographie s’est substituée à l’érotisme. Jeanne Labrune (rien à voir avec Rachida Dati) réalisera des films et Joey Starr (rien à voir avec Jean-Paul Bertrand-Demanes) sera nommé aux César. « Le mal est entré… » comme disait la poétesse mon cul (rien à voir avec Jean-Marie Bigard) !
Vous suivez. C’est bien. Je sens poindre l’excellence zygomatique sur vos visages. Heureux que vous êtes d’avoir appris que les gravures sur tables de marbre ne jouissent d’aucun crédit. Retour à la citation d’André Malraux**.
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** Citations d’André Malraux : « A « Qu’est-ce que l’art ? », nous sommes portés à répondre : « Ce par quoi les formes deviennent style » » « Etre roi est idiot, ce qui compte c’est de faire un royaume » « Ce n’est pas la passion qui détruit l’œuvre d’art, c’est la volonté de prouver » « La culture est faite de tout ce qui permet à l’homme de maintenir, d’enrichir ou de transformer sans l’affaiblir, l’image de lui-même qu’il a héritée » « On ne ressemble pas à ceux qu’on admire en imitant leurs œuvres » « Le chef-d’œuvre est garant du génie, le génie n’est pas garant du chef-d’œuvre » « L’artiste naît prisonnier du style, qui lui a permis de ne plus l’être du monde » « La Joconde sourit parce que tous ceux qui lui ont dessiné des moustaches sont morts » « Juger c’est de toute évidence ne pas comprendre puisque, si l’on comprenait, on ne pourrait pas juger » « L’art est un anti-destin » « Les hommes les plus humains ne font pas la révolution, ils font les bibliothèques ou les cimetières » « La vérité d’un homme, c’est d’abord ce qu’il cache » « Beaucoup moins de femmes se coucheraient si elles pouvaient obtenir verticalement les compliments qu’elles obtiennent allongées ». |
Est amenée de la sorte la problématique du cliché. Le rapport entre l’ingénierie colportée et le réflexe avéré. Autrement dit, les faits réels peuvent-ils disculper tout cliché de sa propre définition, du fait même de leur authenticité ?
Pour tenter de répondre à cette délicate équation et avant de résoudre le problème du chômage extérieur, j’ai demandé à trois inconnues spécialistes du phénomène, de bien vouloir m’épauler dans cette tâche ardue. Inconnues absentes pour l’instant, mais qui ne devraient pas tarder, sans doute retenues dans des embouteillages à connotation sexuelle***, nous allons commencer sans elles si vous le voulez bien.
Pour mener à bien cette expérience, nous avons besoin d’un film avec affiche à dominante jaunâtre, d’un kilt, d’un peu de pâte à modeler, d’un Stabilo Boss, d’un pot de Nutella, d’un anti-spam vraiment efficace, d’une coupe de champagne et d’un préservatif.
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*** C’est bien connu : le sexe c’est comme les équations, c’est à partir de 3 inconnues que cela devient intéressant. |
Le film sortira le 10 février 2010. Il est réalisé par Glenn Ficarra et John Requa (rien à voir avec Tom et Jerry), dont c’est le premier long métrage. Son affiche française témoigne de la couleur idoine et d’un mauvais goût en signe d’avertissement. Ne jamais laisser son enfant de 4 ans utiliser Photoshop CS. Surtout s’il est trisomique. Surtout s’il est homophobe. Au-delà d’être l’une des pires affiches de cinéma, elle témoigne d’une grande difficulté du distributeur à vendre le film pour ce qu’il est. Le poster américain, lui, même s’il garde cette couleur « cocu bon chic bon genre », présente un Jim Carrey (rien à voir avec Aimé Césaire) avec attaché-case, fraîchement sorti du bureau. Point de référence particulière à son homosexualité. Quoique l’attaché-case… Eternel recommencement du distributeur face à un film qu’il ne sait pas étiqueter. Qu’il s’agisse de films décalés, bizarres, avant-gardistes ou complexes, l’écrin velouté des films mal vendus regorge de DONNIE DARKO, INNOCENCE, IDIOCRACY et autres SYNECDOCHE, NEW YORK. Ne cautionnons pas ceux qui brandissent l’excuse d’une sortie dans un nombre réduit de salles car ce public est restreint. David Lynch a suffisamment démontré qu’il peut se déplacer en nombre et aimer un film sans pour autant le comprendre. Pour en revenir à notre affiche, si elle nous interroge c’est tout simplement parce que le film n’est rien de tout ce que nous venons de décrire. C’est une comédie affirmée. A mon sens, cela est tout bonnement une erreur (pour ne pas dire une malhonnêteté) d’avoir mis en avant la pédésexualité des personnages. Si elle est l’influx nerveux du long métrage, celui-ci n’en parle que très peu. Ce n’est tout bonnement pas son sujet. L’affiche annonce une comédie un peu poussive, un peu moins finaude qu’elle ne l’est réellement. En tout cas, un public est clairement déçu. Déceptions sur liste d’attente. Je crois qu’il était judicieux de remettre les pendules à l’heure place.
Logo d’introduction. Une production Europacorp. Epitaphe souvent effrayante. Il vaut mieux s’en méfier lorsqu’il s’agit de films d’action. Les mauvais films de cette maison de production ont établi sa réputation. Elle produit pourtant quelques films plus risqués, grâce à ces bénéfices montrés du doigt. I LOVE YOU PHILLIP MORRIS est l’un d’entre eux. Rien d’iconoclaste ne subsistera véritablement du projet original (concessions, je chéris votre nom), mais le film réussira à devenir un vrai divertissement et c’est déjà beaucoup. D’abord, il a fallu deux grandes stars. Très bon choix concernant Ewan McGregor (rien à voir avec Papy Brossard), écossais plus que sympathique qui dissimule habilement son kilt. En tout cas, je n’ai rien vu. Acteur souvent étonnant, très subtil, jouant régulièrement sur la corde fragile et le maladroit touchant. Il crée un personnage à la sensibilité exacerbée, légèrement victime de lui-même. Rôle pas facile car moins démonstratif que celui de Jim Carrey, il cadenasse son personnage par la voie du charme qui se mérite. En face de lui : Jim Carrey, poupée en pâte à modeler qui est tombée dans une cuve de peyotl quand elle était petite. Là aussi, casting payant. Si nous aimons ce comédien c’est avant tout par l’ambivalence de son jeu dans des films tels qu’ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND, MAN ON THE MOON et THE TRUMAN SHOW. Si son surjeu est devenu une marque de fabrique, souvent ciselée dans de belles proportions (BRUCE ALMIGHTY), la contrepartie est une surenchère qui s’expatrie au-delà des personnages, là où le comédien se fait plaisir lorsqu’il n’est pas ou plus dirigé par le metteur en scène (c’était le cas chez les pitoyables frères Farrelly (rien à voir avec Placido Domingo), ou dernièrement dans YES MAN). Dans le film qui nous intéresse, il franchit quelquefois la ligne séparatrice, mais la plupart du temps les réalisateurs ont réussi à le canaliser (rien à voir avec l’esprit Canal). C’est clair, net et précis, le trait est forcé, les traces de pneus indiquent la direction à suivre et le morphing se fait sans effets spéciaux. Pour l’anecdote, notons aussi la présence de Leslie Mann (rien à voir avec Pie XII), habituée des productions Judd Apatow (rien à voir avec les frères Karamazov), ce qui se comprend puisque c’est son mari, et rarement distribuée par ailleurs.
Elle reflète bien le caractère bancal du film. Très présente dès le début, elle joue la femme de Jim Carrey puis disparaît dès l’accident de ce dernier. Elle n’apparaîtra de nouveau que bien plus tard, pour une apparition téléphonique brève et inutile. Dès le départ, elle n’était donc placée qu’en faire valoir d’exposition pour le personnage de Jim Carrey. Lorsqu’elle surgit à nouveau, l’apparition sonne comme un rappel en guise de révérence à la comédienne. Annexe mémorielle, histoire de lui offrir un peu plus****.
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**** La longueur ne fait rien à l’affaire. Dans THE ROAD de John Hillcoat, Charlize Theron, Guy Pearce et Molly Parker sont cantonnés à de subreptices apparitions, ils sont néanmoins sublimes. |
Parce qu’une nouvelle fois, le film est au service du scénario et le résultat importe plus que la manière d’y parvenir.
Le film est tiré d’une histoire vraie, incroyablement mise en œuvre par le personnage interprété par Jim Carrey : Steven Russell (rien à voir avec Vincent Lagaf’), manipulateur hors pair. C’est lui le sujet en or. Being weird isn’t enough !!! Malheureusement, les scénaristes (Tom et Jerry) ne se sont focalisés que sur tout ce que l’histoire a d’original, d’incroyable, de sensationnel. Bref, ils s’en tiennent aux actions sans s’attarder sur la psychologie des personnages, pourtant le vrai siège de l’extraordinaire. Le film se terminera sans que nous ne connaissions véritablement Steven Russell. C’est exactement le même problème duquel Jean-François Richet (rien à voir avec René Coty) n’avait pas su se relever pour son diptyque MESRINE. Le devoir de mémoire n’a donc pas eu lieu. C.Q.F.D. Ce qui nous permet de continuer à nous interroger sur la pertinence des parti pris de mise en scène. Face à une histoire pas assez aseptisée pour les américains, nous pouvons nous apercevoir que, petit à petit, tout élément heurtant est irrémédiablement éliminé. Comment faire pour éviter que la relation homosexuelle entre Jim Carrey et Ewan McGregor ne choque l’Amérique puritaine ? Il serait bien difficile de la passer sous silence ! Cependant, les réalisateurs la rendent aussi chaste que possible.
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***** Du cul, du cul, du cul : cette éradication imposée de la nudité est moins contraignante que dans tous ces films qui veulent conquérir les publics les plus jeunes. Pour une excellente raison qui est que les metteurs en scène ont choisi de remplacer la nudité par des effets de mise en scène, en général comiques. Ils jouent sur la composition du cadre et particulièrement sur ce qui est hors champ. C’est ainsi que la scène de sexe lorsque Jim Carrey nous apprend qu’il est homosexuel devient régalicieusement drôle lorsqu’il se met à faire du rodéo dans les fesses de son petit ami, alors qu’une vue générale aurait brisé tout le comique de la scène. |
Toute nudité est châtiée*****, ils essaient d’éviter au maximum tout acte d’amour entre les deux personnages, n’en rajoutent pas dans ce que l’affiche française Stabilo Bosse, et bannissent toute provocation. Promenons-nous donc dans ces contrées où hétérosexuels et homosexuels ne forment aucune différence. Rions à gorge dévoyée devant cette fraternité retrouvée. Mais n’oublions pas de regarder en bas ce qui est inscrit en tout petit, oui, là où quelques gags appuyés font parler les regards de quelques anonymes, visiblement choqués par l’exubérance de nos amis qui en sont. La part du ghetto passe du simple au double selon qui fait le partage ! Cela trahit plus que tout les véritables intentions de Tom et Jerry. Cela dit, il ne s’agit que d’un bref passage du film, et les auteurs auront par la suite la délicatesse de nous épargner la laideur et la vulgarité qui auraient pu coller à la panoplie de la comédie gay à la française tels POLTERGAY et LA CAGE AUX FOLLES, pour exemples.
L’imagerie gay nous est présentée par petites touches. Les américains ont au moins cette décence, là où nous ne sommes capables que d’affubler nos personnages de paillettes, talons compensés et gestes de grandes folles, le tout sur une musique de Boy George (rien à voir avec Björn Borg). De ce point de vue, Jim Carrey, Ewan McGregor et Rodrigo Santoro (rien à voir avec Manolo Manolete) s’en tirent à merveille, toujours en équilibre sur la ligne terminatrice. Il est évident qu’ils n’ont pas cherché à faire du mimétisme en cherchant la justesse la plus gratifiante, mais se sont vraiment investis dans les principales préoccupations des gays de leur milieu social, de leurs aspirations, de leur quotidien amoureux etc. Rien de la posture artificielle ou de l’intellectualisation des personnages ne sera favorisée. L’accord de la tête et du pied, bien évidemment ! Bien vu. Cependant, la conception pédéraste du film n’est pas toujours au diapason et sombre subrepticement dans le cliché, nous allons y revenir.
Le début du film est assez haletant. La présentation « Steven Russell, sa vie, son œuvre » est menée sur un rythme soutenu. C’est plutôt pas mal découpé, toujours un bel effort sur la photo sans rien d’ostentatoire, et les cadres prennent parfois quelques risques. Un peu d’astuce, d’espièglerie, et le film apprend à aller vers l’essentiel. Pas de quoi faire une banderole mais nous sentons une belle envie de faire du beau et du bien, de spatialiser le discours, de jouer ensemble. Ce n’est pas le grand soir de l’amour du geste, mais nous nous amusons franchement par moments.
Très vite, les réalisateurs nous font comprendre qu’ils ont opté pour le mode comique. Choix assez curieux car toute cette histoire d’amour superficielle, mensongère, vécue en prison, impossible, est pathétique et plus tragique que glorieuse (rien à voir avec Nicolas Sarkozy. Et pourtant…). Ce sont les actes de Steven Russell qui sont à marquer du sceau du surprenant, de l’extravagant et donc du comique. Nous comprenons parfaitement pourquoi les scénaristes ont plus développé ces faits de vie. Ils laissent donc le pathos de côté et s’engagent sur la voie plus difficile de la comédie. C’est tout à leur honneur, même si leur talent est prosaïque et sans déliés.
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****** La cohésion fictive du réalisateur au public. Comme le cinéma n’est pas une affaire de crédibilité (a-t-on besoin d’être persuadé que les vampires existent pour considérer DRACULA comme crédible ?), le réalisateur a le devoir sinon l’obligation de prouver qu’une situation est convaincante s’il veut que le public le suive dans son imagination la plus insolite soit-elle. S’il part sur un principe improbable dans la vie réelle, il devra détailler avec forces précisions ce que serait cette situation si elle survenait. Tout est possible à condition qu’il ait réponse à toutes les questions du public. Ce dernier est prêt à tout accepter, il a juste besoin d’être convaincu. A ce moment-là, et uniquement à ce moment-là, il pourra croire à l’incroyable. Allez voir le prochain Peter Jackson (rien à voir avec Bambi) : LOVELY BONES (sortie le même jour qu’I LOVE YOU PHILLIP MORRIS) pour avoir un exemple concret de réussite de ce concept. |
I LOVE YOU PHILLIP MORRIS va subir un énorme problème de rythme du fait de sa structure. Comme il retrace une grande partie de la vie de Steven Russell, il s’attarde sur les grandes époques de sa vie (forcément amoureuse), celles qui vont se montrer décisives pour lui. Il devient donc nécessaire de s’embarquer dans des épiphénomènes qui vont nous détailler ces épisodes en nous expliquant comment Steven Russell a pu manipuler certaines personnes. Passage obligatoire pour établir la cohésion fictive des réalisateurs au public******. Le film se construit donc comme une alternance de petites histoires (pas de sketches !) qui nécessitent à chaque fois de se replonger dans une nouvelle aventure. I LOVE YOU PHILLIP MORRIS se va donc staccato selon un mode disparate d’agencement des scènes. Comme un hoquet qui s’éternise. C’est moins insupportable, mais cela empêche le film de s’envoler vers une dimension plus ambitieuse, vers des contrées plus dionysiaques. Il privilégie le côté ludique de la narration sans chercher les 40 ans d’expérience qui feront toujours la différence*******. Au lieu de varier les plaisirs, les réalisateurs vont tirer sur ce ressort, l’exploiter au maximum, en découvrir les limites et dépasser les bornes.
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******* Chocolat. Si, pour vous, la firme Nutella est irrémédiablement rattachée au slogan : « 25 ans d’expérience feront toujours la différence », il est temps de vous apercevoir que vous avez pris un sacré coup de vieux. |
Preuves :
► Au début du film, pour celui qui ne saura pas ce qu’il va voir (attitude qui devrait être universelle), Jim Carrey fait les présentations. Vie bien rangée. Enfants bien élevés. Pas un cheveu qui ne dépasse. Dis bonjour à la dame. Sortie en famille le samedi soir. Michel Drucker (rien à voir avec Jacques Martin) le lendemain. Chien à la con qui ne rapporte même pas la baballe. Spams pour agrandir son pénis. Et tout à coup, surprise : il est pédé ! Cet effet qui pourrait passer pour une pirouette de scénaristes qui jouent aux petits malins, est en fait totalement coordonné par la mise en scène et son caractère surprenant. Les réalisateurs se plaisent à jouer avec nous. Ils répondent au ludique recherché et trouvent une belle idée qui s’oppose à ce qui précède. Car ce n’est pas simplement un procédé, voire un effet de style, c’est surtout du signifiant ! Le dispositif revient plusieurs fois dans le film et il faut bien avouer que cela marche à chaque fois. Il est cependant un endroit qui ne répond absolument plus à tous ces critères et où l’effet tombe à plat, il s’agit précisément de la dernière fois qu’il est utilisé. Lorsque Steven Russell réalise ce que le film considère comme son plus gros coup d’éclat (il est amené tel quel) et que je vais spoiler******** en disant qu’il s’agit du moment où il fait croire qu’il a le S.I.D.A.
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******** Spoiler. Du verbe spoiler : être dégoûté de la vie lorsqu’un de vos amis vous apprend que Keyzer Soze dans THE USUAL SUSPECTS c’est Kevin Spacey. Se précipiter alors sur le DVD de CITIZEN KANE avant qu’un autre imbécile ne vous dise que Rosebud est le nom de la luge. |
Ici, l’idée est de faire croire que Steven Russell meurt petit à petit de cette maladie. Et alors qu’Ewan McGregor le croit mort, ce dernier a rendez-vous avec son avocat qui se révèle être… Stupéfaction. Yeux exorbités. Semi-érection. Il est évident que le spectateur cherche à être placé dans les souliers d’Ewan McGregor. C’est en voulant expliquer ce tour de force de Steven Russell que les réalisateurs vont détruire tous leurs efforts. Parce que le principe fonctionne à fond depuis le début du film, il n’était absolument pas nécessaire de faire un flashback qui nous explique ce que nous venions de comprendre. Pour le coup, nous entendons très nettement les voix des complices qui nous crient : « On vous a bien eus ! » Nous ne sommes plus dans le signifiant. D’autant plus que le flashback est assez court. Les responsables s’étant dit devant leur table de montage qu’il fallait raccourcir ce passage qui intervient en fin de film. Or, pour qu’il fonctionne il fallait bien évidemment remettre en place le principe de la cohésion fictive des réalisateurs au public, et décrire avec minutie toutes les étapes qui ont pu amener tout un personnel hospitalier et pénitentiaire à croire à la maladie puis à la mort. Et là, il subsiste encore trop de questions pour que cet épisode soit totalement convaincant. Comment cela s’est-il passé concrètement le jour où Steven Russell décida de mourir ? Comment la paperasserie a-t-elle pu entériner cette mort ? Bref, c’est raté. Comme disait la mère de Margaret Thatcher le jour de la naissance de sa fille.
► Nous l’avons dit précédemment, le film baigne dans une atmosphère très gay friendly, avec pour souci d’éviter les clichés inhérents à. Et ce n’est pas toujours réussi même si volonté de bien faire il y a. Ainsi, lorsque Jim Carrey décide de vivre son homorastie, il a une aventure avec Rodrigo Santoro. C’est là qu’il s’aperçoit de la débauche à fournir, et c’est ce qui lui fera dire qu’être pédé, ça coûte cher. Et c’est parti pour le couple homo qui arpente les boutiques de luxe, fréquente les endroits tendance et s’achète des montres-qu’importe-le-prix-pourvu-qu’elles-soient-grosses. Ci cela ce n’est pas du cliché ! Les réalisateurs sacrifient au ludique leurs bonnes intentions. Non, être pédé ne coûte pas cher ! Ce sont ces pédés-là qui ont la vie chère (et qui ne connaissent pas Auchan). Jim Carrey aurait tout à fait le même style de vie s’il voulait impressionner une femme. C’est parce qu’il raconte à son amant qu’il est méchamment thuné qu’il choisit de vivre au-dessus de ses moyens. Voilà bien la preuve que c’est parce qu’ils oublient de s’attarder sur les personnages que les scénaristes ont conclu au raccourci facile et au cliché éhonté.
On peut aussi se dire que ce n’est pas important et préférer s’esclaffer devant l’histoire de cet homosexuel que l’on punit en le mettant… en prison !
Il est désormais temps d’ouvrir cette bouteille de champagne, d’en verser le nectar dans cette magnifique coupe en cristal, et de le boire en savourant la relecture de ces quelques mots agencés de manière à susciter le respect et la déférence. « Et le préservatif, dans tout cela ? » me direz-vous. A quoi sert-il ? Eh bien, c’est très simple : il est pour vous. Comme cela, si ma démonstration ne vous a pas plu, vous pourrez toujours aller vous faire enculer.





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