--------- LES 3 LUXEMBOURG --------- Dimanche 15 février 2015, 12h00 |
De retour dans cette salle, deux jours après y avoir apprécié QU’ALLAH BENISSE LA FRANCE ! Aujourd’hui, l’expérience dure un poil plus de trois heures. Le défaut de la salle sera donc le film. En 48 heures, rien n’a changé évidemment. A la caisse, le jeune caissier a pris un peu de bouteille et ses cheveux ont foncé. Mais il est toujours aussi avenant. Les caissiers donnent l’empreinte du plexe. Ici, l’accueil est une vraie valeur ajoutée.
Dans la salle, le documentaire de Frederick Wiseman a attiré plus de monde que le film d’Abd Al Malik. Une quarantaine de personnes ont pris place. Quelques-uns arriveront en retard, dérangeant les autres pour s’insérer dans le rang, restant au milieu de l’allée pour essayer d’y voir quelque chose, ou même passant leur tête devant le projecteur d’où une belle ombre chinoise sur l’écran. Avant la fin de la projection, une dizaine d’entre eux aura quitté la salle. Cela me fera toujours penser à l’une de mes plus grandes expériences de cinéma que j’avais vécue à l’âge de 22 ans. Nous étions allés avec quelques amis voir à l’Accatone SALO O LE 120 GIORNATE DI SODOMA, animés d’intentions basses à une époque où l’internet n’existait pas. Je me rappelle qu’il ne restait pratiquement plus que nous cinq dans la salle une fois le film terminé. Ceux qui l’ont vu comprendront pourquoi. NATIONAL GALLERY n’a rien à voir avec le film de Pasolini. Rien de choquant ici. Ce sont véritablement les trois heures qui ont eu raison de ce public. Même si je trouve que le film peine à se renouveler dans son montage (et Wiseman aussi), il n’en est pas moins intéressant. Cette durée est aussi celle qui a poussé certains à regarder l’heure sur leur téléphone portable. Merci la lumière qui jaillit dans la salle ! Peut-on faire une généralité et dire que ce sont d’habitude les jeunes qui font cela ? Dans ce cas je dirai que ce furent tous des vieux qui s’adonnèrent à cette pratique. Comme s’il fallait toujours brandir le mot « respect » aux populations jeunes pour le leur apprendre !
Autre chose que je n’avais pas remarqué 2 jours plus tôt, et c’est encore une fois les 3 heures du film qui l’ont mis en évidence. Les toilettes sont placées au fond de la salle, à côté de la cabine de projection. Que certains spectateurs s’y dirigent au cours des 3 heures de projection, cela est tout à fait compréhensible. Mais dès que la porte s’ouvre, la lumière surgit forcément en direction de la salle. Mais le pire est qu’il ne doit pas y en avoir d’autres toilettes destinées aux spectateurs qui attendent pour les films qui se jouent dans les deux autres salles. Car c’est un ballet incessant qui a mené plusieurs personnes à les utiliser et à déranger à chaque fois la projection. Vous entendez derrière vous des personnes qui descendent des marches pour arriver à la salle, ouvrent la porte, rentrent, ouvrent la porte des toilettes, laissent passer la lumière, font leur petite affaire, re-ouverture de porte, re-lumière, re-passage dans la salle, re-re-ouverture de porte, re-montée des marches.
Cela fait beaucoup. Est-ce pour cela que le caissier se poste à la sortie de la salle et dit au revoir à chaque spectateur ? Pendant ce temps, c’est une jeune femme qui l’a remplacé à la caisse. Elle est tout aussi souriante et bienveillante avec la vieille dame qui lui demande un conseil. Je n’ai pas assez tendu l’oreille mais je veux croire qu’elle lui demandait comment faire pour allumer son téléphone portable dans le noir. Sur le bord de la caisse traîne une note qui signale aux spectateurs que les toilettes de la salle 2 sont hors service. En attendant, le hall ne permettant pas d’accueillir les spectateurs de la prochaine séance, une longue file attend sur le trottoir dans le froid. Mais la vessie soulagée.





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