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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 08:00

---------  LES 3 LUXEMBOURG  ---------
-----------------  SALLE 1  -----------------

Vendredi 13 février 2015, 11h30
QU'ALLAH BENISSE LA FRANCE ! d'Abd Al Malik

 

                Voilà un cinéma qui ne s'embête pas de signes ostentatoires. Localisé dans une petite rue discrète du sixième arrondissement, il se dissimule dans une enclave, vous savez, ces bâtiments plus en recul que les autres, laissant un plus grand morceau de trottoir devant leur entrée. Si bien que depuis le bout de la rue il n'est pas possible de l'apercevoir, aucun panneau ne signalant sa présence. Ce n'est que lorsque vous vous retrouvez face à lui que les néons rouges de son enseigne vous confirment que vous êtes arrivé à bon port.

 

Des néons pour annoncer le nom d'un cinéma, voilà bien ce qui se faisait dans les années où l'on ne comptait pas encore les années. Sans faire vieillot, Les 3 Luxembourg souligne très nettement qu'il est un vestige d'une autre époque, celle qui n'a pas encore succombé aux rénovations, aux designs futuristes ou régressifs. C'est resté un cinéma, c'est déjà pas mal. A l'intérieur, la salle est à l'aune de ce que l'on découvre en arrivant, notamment les fauteuils, des strapontins tout en mousse rembourrée, comme tous les cinémas de mon enfance me le rappellent. Ces sièges n’ont pas été rénovés depuis un bon moment. Certains sont très élimés, déchirés, brinquebalants, d’autres sont clairement condamnés et un écriteau nous informe que le dernier rang est inutilisable. Je dois m’y reprendre à deux fois pour choisir un siège qui m’assure pouvoir tenir le coup durant toute la projection. Même s'ils auraient bien besoin d'être changés, nous restons agréablement installés face à l'écran. Ce n'est pas le grand luxe, mais ce confort dont nous disposons est amplement suffisant.

 

Le hall d'entrée pourrait être plus chaleureux. Point de comptoir à confiseries qui s'ouvre à vous comme une gueule de rapace. Juste la caisse. Austérité dans la déco. Austérité ou ascétisme, j'hésite. Assurément, une figure des années 70 n'est pas prête à rendre les armes ! Foin de cela, le caissier est jeune et sympathique. Il me donne un petit ticket pas beau du tout et me voilà parti dans la salle 1, ne cherchant qu'à me laisser envoûter par l'âme de ce lieu qui commence à m'enserrer.

 

D'une capacité d'environ 100 places, on y voit bien partout dans la salle 1. Les fauteuils sont disposés en quinconces, quasiment au même niveau, ce qui oblige l'écran à être surélevé. Vous avez déjà remarqué comme regarder un film la tête levée est une chouette expérience ? Sauf si on l'associe à un séjour dans un hôpital, isn't it ?

 

L'écran est de dimension très moyenne. Adapté aux dimensions de la salle, cela reste correct, mais l'inconvénient majeur est qu'il finit par toucher le plafond, d'où une brillance de ce dernier pendant la projection. A mon sens, les rangées du milieu sont préférables pour profiter au mieux d'une séance. Au rayon du son, pas de folle excitation. C'est du basique. Des enceintes sur le côté des rangées ont été rajoutées. Ce sont donc les sièges du milieu qui seraient les plus prisés si ces rangées n'étaient pas traversées en plein milieu par une allée ! Enfin, quelques mots sur la luminosité (dur combat) qui m'a parue ici aussi trop faible pour rendre compte du joli noir et blanc de Pierre Aïm (déjà directeur de la photographie sur LA HAINE, jolie concordance des temps !). Du coup, certaines scènes en plein jour sont un peu « endormies », d'autres manquent de contraste et c'est la première fois que je me dis que Sabrina Ouazani n' « étincelle » pas ! Je reverrai le film dans de meilleures conditions pour me faire un avis définitif.

 

Notez bien la présence d'un énorme bloc de sécurité à la droite de l'écran, placé face au public. Il reste évidemment éclairé pendant tout le film. Je vous laisse imaginer le désagrément, d'autant que nous n'avons pas droit au presque discret petit bonhomme qui court mais bel et bien une grosse inscription « Sortie de secours ». 

 

Outre tout cela, dans ce cinéma, le caissier laisse entrer les personnes en retard. Moi, je pense que si Truffaut a raison et que les films sont comme des trains, alors le train doit toujours partir à l'heure et si tu le rates tu prends le suivant ! Qui plus est, il faut savoir qu'il doit y avoir 5 ou 10 minutes de publicités et de bandes annonces avant le film, et la première personne est arrivée avec 5 minutes de retard après le début du film, pour s'asseoir juste devant un couple, malgré toutes les places restantes (une quinzaine de personnes dans la salle) ; la seconde avait un quart d'heure de retard, et c'est moi qu'elle a dérangé pour aller se vautrer à l'autre bout de la rangée.

 

Revenons sur ce moment des publicités et des bandes annonces, justement. Certaines étaient dépourvues de son, et lorsqu'il était présent il se trouvait exagérément trop faible. Vers la fin d'une bande-annonce sans son, l'image s'est figée. Avant que tout ne soit réparé, nous sommes bien restés deux minutes ainsi. Sans explication aucune.

 

La vraie bonne nouvelle c'est le court métrage qui est projeté juste avant que ne commence le film. Une initiative qui était très courante il y a bien bien bien longtemps, et qui avait été la marque de fabrique de MK2 avant qu'elle ne devienne une grosse usine à gaz comme Gaumont ou UGC. Aujourd'hui, il se peut que quelques cinémas projettent encore des courts métrages avant les séances mais ils doivent se compter sur les doigts de ma main. Saluons donc ce parti pris, car cela fait toujours plaisir qu'on nous propose un petit apéritif avant de passer au repas. Enfin, mentionnons que la projection se termine avec un générique de fin dont nous pouvons pleinement profiter puisque les lumières ne se rallument qu'après. C'est fou comme quasiment plus personne ne prend le temps d'apprécier ce moment. Le générique de fin c'est ce qui permet de prolonger le film, l'ambiance dans laquelle on berce pendant encore quelques minutes. Cela permet aussi de ne pas sortir du film de manière trop abrupte (sauf quand c'est voulu par le réalisateur) lorsque l'expérience s'avère trop prégnante, lorsqu'elle nécessite une certaine décompression. Et puis, parfois, il bénéficie d'un traitement spécial (c'est fréquent pour les génériques de début mais plus rare pour ceux de fin) ou peut même révéler une courte scène, un petit clin d'œil qui sera passé inaperçu pour la majorité des personnes, celles qui se rhabillent et fuient dès que des lettres défilent sur l'écran. 

 


 

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