Septembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          
<< < > >>

.

   

 

 

Lundi 21 janvier 2008

            Dans ma classe, il y a une fille qui s’appelle Blanche et elle est belle. Enfin, je dis « dans ma classe » mais cela va bientôt faire 10 ans que j’ai quitté l’école. C’est bizarre parce que le métier que je fais me ramène à ces années-là. Que je le veuille ou non, je suis encore en classe. Une sorte de classe évoluée. Le Père Lachaise dit que c’est le concept qui est évolué, pas les données. Comme au lycée, le parterre est toujours constitué d’yeux qui convergent dans la même direction. Mais on les a plongés dans le noir pour qu’ils y voient mieux. C’est physiologique il paraît. Le Père Lachaise dit qu’il faudrait qu’il en soit de même pour les cours, que si les élèves étaient dans le noir ils seraient plus concentrés sur ce qu’ils apprennent, que la France aurait un peu plus de cerveaux et de Prix Nobel et qu’il y aurait des arbitres français en Coupe d’Europe de football. C’est vrai qu’il y a une certaine pertinence dans sa logique où tout n’est qu’une question de degré. Moi, il m’amuse. Le Père Lachaise, c’est mon patron. Enfin, mon patron parce qu’il faut un niveau hiérarchique sinon il fait partie du groupe. Le groupe, c’est nous. Tous ceux qu’on est à travailler ensemble. Comme à l’école donc : nous nous retrouvons pour passer du bon temps. Et les jours sans boulot, nous nous retrouvons pour la même raison.

            C’est moi qui ai trouvé le surnom du Père Lachaise. Dans la classe on a tous un surnom qui évoque une station de métro. Et Père Lachaise c’était dur à trouver parce qu’au début on l’appelait par son vrai prénom, à cause de la hiérarchie évoquée et tout et tout. On n’osait pas trop le toiser, et puis c’est lui-même qui a très vite fait tomber les barrières. Comme on était tout le temps ensemble, il devait se sentir un peu à l’écart de pas avoir de surnom. Alors un jour il est venu trouver Monceau pour lui demander quelle station il serait si on devait lui en attribuer une. Et comme son surnom l’indique, Monceau il est pas très futfut puisqu’il est venu nous le répéter tout de suite après. C’était exactement ce que voulait le Père Lachaise. On a tous immédiatement pensé à son côté paternel qu’il a avec nous. Pourtant il a pas d’enfants le Père Lachaise et il dit même qu’il veut pas en avoir. La Fourche dit qu’il pense à sa carrière et pas à sa femme. C’est vrai que ça expliquerait beaucoup de choses et notamment pourquoi sa femme était en pleurs une fois quand on a débarqué chez eux à l’improviste avec Nationale, même qu’elle a fait semblant qu’elle supporte pas ses nouvelles lentilles de contact. Toujours est-il que j’ai enchaîné sur le fait qu’il a toujours besoin de prendre une chaise et de s’asseoir face à nous quand il a quelque chose à nous dire. La Fourche dit qu’il a des problèmes de dos, mais moi je préfère penser qu’il a une maladie honteuse qui démange en position debout. Son surnom était tout trouvé.

NO COUNTRY FOR OLD MEN            Mardi dernier, comme on n’avait pas cours, on avait décidé d’aller à l’aquarium avec Opéra et Ternes. Opéra et moi on s’entend bien même si on n’aime pas les mêmes films. Faut juste pas qu’il chante. Opéra il croit qu’un jour il sera star du rock. Nous on sait bien que non mais on lui dit pas parce qu’il voudrait sûrement nous chanter une chanson pour nous prouver le contraire. Devant les poissons, Opéra il a commencé à chanter du Johnny Hallyday. Il disait que Johnny c’est tellement universel que même les poissons le comprennent. Avec Ternes, on se regardait du coin de l’œil et on se comprenait sans rien dire. Vous savez, le genre de regard qui ne signifie pas grand-chose, mais qui veut juste dire que vous avez un ami. Ternes, c’est mon pote depuis toujours. On l’a surnommé comme ça parce qu’il fait tout le temps des rêves ennuyeux. Par exemple, la dernière fois il nous a raconté qu’il avait rêvé qu’il était à l’église pour le mariage se sa sœur. C’était la quête et il avait très envie de faire pipi. Quand la corbeille arrivait à lui, il cherchait dans ses poches, mais il ne trouvait plus de pièces. Alors la jeune bénédictine lui disait que ce n’était pas grave et partait. Et son envie de faire pipi aussi. En général c’est plus court. Comme la fois où il était au McDo et ne savait pas quel sandwich choisir. Alors il achetait une bouteille d’eau. Mais ce jour-là il n’avait pas fait de rêves.

            Les poissons c’est vraiment des cons. Sur les descriptions, ils ont l’air super beaux avec plein de couleurs et quand on s’approche de l’aquarium pour les voir ils restent tapis dans l’obscurité des rochers. Alors on a un peu regardé les algues qui dansent dans les courants marins et puis on est partis. Ca s’est passé à l’aquarium du Trocadéro. N’empêche qu’à 19 euros et 50 centimes la place, elle nous est restée en travers de la gorge. En y réfléchissant, c’est un peu de notre faute, on aurait dû la mettre dans notre poche ! Rien à voir donc avec l’aquarium de La Rochelle, qui est le plus beau que j’ai jamais vu. Bien plus grand et avec bien plus d’espèces qu’ici. Là-bas il y a même un poisson qui a avalé une scie, mais les employés osent pas lui enlever parce qu’il est tellement dangereux qu’il peut mordre même quand il dort. Il paraît.

            L’embêtant avec cette histoire d’aquarium c’est que j’avais complètement oublié notre rendez-vous avec Nationale. Nationale, c’est ma copine. Je dis ça mais c’est surtout pour ne pas dire que je suis seul parce que ce que nous partageons n’a rien à voir avec l’intimité d’une relation. Nationale, je l’ai rencontré dans un cinéma. Elle arrêtait pas de discuter avec ses copines pendant le film. Plus tard, je les surnommerai les Filles du Calvaire. Elles n’ont ni l’inné ni l’acquis. Je me demande comment Nationale peut être amie avec elles. Les filles ont parfois de drôles de goûts. Elles fantasment toutes sur Vincent Gallo « parce qu’il a un côté cracra » soi-disant. Et à côté de ça elles nous engueulent quand on fait pipi à côté de la cuvette. Toujours est-il que vous trouverez sûrement bizarre d’avoir donné un surnom à Nationale alors qu’elle ne fait pas partie du groupe. C’est vrai qu’il n’y avait pas vraiment de raison mais j’aime bien l’énerver avec ce genre de futilités qu’elle juge de toute son arrogance. Elle lève les yeux au ciel et je sens bien qu’elle se demande pourquoi elle continue à discuter avec moi. Nationale, ça lui va comme un gant. Ca fait ressortir son côté autoritaire, sa façon qu’elle a de vouloir tout diriger, que tout soit comme elle veut et que tout le monde pense comme elle. Parfois je trouve étrange d’être avec elle. En même temps ça me correspond assez bien. On n’a pas du tout ce rapport imbriqué d’attention de l’un à l’autre et sa personnalité complexe me séduit plus que tout. Même les Golden Grahams je les aime pas autant. J’ai toujours été attiré par les femmes à problèmes. Si c’est trop simple, ça ne m’intéresse pas. J’aime la difficulté ; une fois j’ai passé 5 ans à draguer une fille. Qu’aucun de mes amis ne connaisse Nationale m’a charmé. Qu’elle ne souhaite pas les connaître m’a entièrement séduit. Et puis j’aime bien l’idée de cette double vie dont aucun membre du groupe n’est au courant. Je crois que Nationale est folle. Elle prend beaucoup d’initiatives. Elle me fait faire des trucs immatures et stupides. Parfois on passe des soirées sur Meetic à contacter des gens irresponsables. La nature humaine est perverse. C’est avec Nationale que j’ai vécu les trucs les plus dingues de ma vie. Sexuellement parlant aussi. Des trucs pas légaux même. Je dois être un peu inconscient car je suis très fier de tout ça. Fier d’être passé à côté du pire. Fier d’avoir connu ce que peu de personnes connaîtront. Ca me rappelle la fois où j’ai tué un homme. La même vibration. Nationale m’écoute quand je lui en parle mais elle ne répond pas. J’ai l’impression qu’elle ne m’a jamais crû. Son truc à elle c’est d’aller faire l’amour dans les cinémas paumés de Paris. Elle adore quand je l’étrangle doucement au moment de l’orgasme. Elle dit qu’elle ressent les choses plus fort. Parfois elle me le fait mais je dirais pas pareil qu’elle. Je crois que j’aime pas trop. La Fourche dit que c’est mon instinct de survie. Elle a promis de chercher dans des bouquins pour m’expliquer plus en détail.

Nationale avait acheté du poppers et on devait aller au MK2 Parnasse. Elle avait choisi une séance en plein après-midi pour qu’il y ait quasiment personne. Du coup, il devait pas y avoir grand monde puisque nous même on n’était pas là. Alors on est revenus le soir. Là on n’a rien fait, c’était bondé. Elle a voulu ressortir de suite pour aller « baiser comme des pit-bulls » dans les poubelles dans l’impasse à côté, mais moi j’ai dit qu’on avait payé pour voir le film alors je comptais bien rester. Je lui ai dit qu’on pourrait le refaire le lendemain. Je savais très bien qu’elle dirait non parce que si l’idée vient pas d’elle il faut qu’elle soit sacrément originale pour qu’elle accepte ! Ce qui l’intéressait au MK2 Parnasse c’est le côté désuet, presque en délabrement. Je sais pas trop d’où elle sortait ça parce qu’il est pas vraiment dans cet état-là. N’empêche j’étais jamais venu et même si je m’attendais à pire, c’est quand même l’un des cinémas les moins glamours que j’ai vus. C’est vieillot. Très mal entretenu. Un peu sale. Tout espace est rentabilisé. C’est étroit. Très peu de confort. Ecran tâché à trois reprises. En plus, ils ont mis une lumière de service sous ce dernier. Comme celui-ci est un peu décollé du mur (normal, pour les haut-parleurs), la lumière se voit derrière l’écran et gâche tout la partie inférieure droite. Sympa les conditions de projection ! Je commence à revivre le cauchemar du Pathé Wépler. Peut-être que c’est le même polonais qui fait toutes les installations cinématographiques parisiennes. Cela ne vaut tout de même pas l’Archipel Paris-ciné, que je ne connaissais pas jusqu’à récemment. Là, c’est pire : lumières des deux côtés de l’écran et donc projection calamiteuse. Tout cela ne m’amuse même pas. Et les élucubrations de Nationale ne me distraient plus. C’est bizarre, il y a encore une semaine je me demandais ce que l’on pouvait encore rêver de mieux qu’un plan avec deux mineures consentantes sous l’effet de drogues dures. J’ai aimé voir Nationale leur faire mal. Maintenant j’ai l’impression de devenir comme tout le monde. J’espère que je ne suis pas en train de tomber amoureux. J’étais persuadé qu’après Astrid ce serait fini. Avec Nationale je suis allé tellement loin que je ne peux plus être sauvé. En tout cas, il y a bel et bien quelque chose de changé en moi. Nationale me parle mais c’est à Blanche que j’ai envie de répondre.

            Blanche est très belle. Je vous l’ai déjà dit, non ? On dit souvent qu’il faut souffrir pour être beau. Et Blanche elle a dû souffrir pendant longtemps ! Moi la souffrance ça finit toujours par m’émouvoir. En plus de ça elle a tout plein de petits gestes que n’importe qui trouverait quelconques mais que moi je trouve exceptionnels parce que c’est elle qui les fait. Des fois je la regarde en cachette et je détaille toutes les parties de son corps. J’ai envie de les comparer avec autant de jolies choses mais j’arrête très vite parce que je suis pas poète. De toute façon, je finis par croiser son regard et alors je fais comme si j’étais perdu dans mes pensées pour pas qu’elle sache que c’est elle que je dévisageais. La Fourche dit que c’est stupide parce que si elle ne le sait pas elle ne saura pas non plus que je la trouve belle, et que je ferais bien mieux de lui dire. Elle dit aussi qu’aimer chacun dans son coin c’est tellement facile mais que le véritable amour il n’a pas de coins parce que c’est un cercle et c’est pour cela que l’alliance en est le symbole. Elle m’énerve, La Fourche. Elle croit qu’elle a toujours quelque chose d’intéressant à dire. Ce qui m’énerve encore plus c’est qu’elle n’arrive jamais à prononcer un mot correctement.

            C’est pas parce que je trouve Blanche belle que je suis amoureux d’elle. C’est juste que je ressens des choses que je n’avais plus connues depuis longtemps. J’ai tout le temps envie d’être avec elle. J’aimerais danser avec elle sur « Fear and love » de Morcheeba. Si je savais faire des phrases comme dans les textes qui s’étudient en cours de français, je lui enverrais des poèmes et des romans où elle aurait le plus beau rôle. Opéra dit que j’ai qu’à lui envoyer une chanson de Johnny Hallyday et dire que c’est moi qui l’ai écrite. J’ai failli me laisser convaincre et puis je me suis dit qu’elle aurait quelques doutes sur la phrase : «  Quant tu n’te sens plus chatte / Et que tu deviens chienne… »

            Je pense à elle. Pas tout le temps, mais à intervalles réguliers. Comme une blessure lancinante. Comme une blessure à effet contraire : qui envahirait mon corps non pas pour meurtrir mes chairs mais pour y ajouter de la vie. Je suis comme un adolescent de 15 ans. « Bienvenue dans l’âge ingrat » m’a rétorqué Goldwyn-Mayer, un des autres qui font partie du groupe. Goldwyn-Mayer c’est pas une station mais on a pensé que Métro Goldwyn-Mayer ça irait vachement bien à un mec aussi passionné de cinéma. A tel point qu’il ne parle plus que par titre de film. Hier, on était en train de discuter quand il s’est écrié : « Autant en emporte le vent ! ». C’est à l’odeur qu’on a compris qu’il venait de lâcher un petit écureuil. Sur le coup, Duroc a armé son poing. On a tous cru qu’il allait lui coller une golden. Duroc, c’est le plus balèze de nous tous et faut pas le chercher. C’est un impulsif de base. Une seule personne a osé le traiter. C’est République. Ils discutaient de politique et ils étaient tellement pas d’accord que République a lâché un : « Ta mère la pute, bassine à foutre ! » et Duroc s’est jeté sur lui. Depuis ce jour-là, République on l’appelle Invalides.

FRERES COEN            C’est drôle parce que quand j’y pense, Blanche c’est pas du tout mon type de femme. Et pourtant je pense à elle. Quelqu’un peut m’aider à comprendre ? Quelqu’un peut-il me dire pourquoi ses cheveux blonds sont plus blonds que ceux des autres femmes blondes ? Pourquoi son rire est plus agréable à entendre que tous les autres rires ? Pourquoi sa bague est plus jolie sur sa main que sur toutes les autres mains ? Pourquoi elle dit toujours des choses plus intelligentes que les personnes que j’admirais avant que je la rencontre ? Et surtout pourquoi Glacière a toujours froid quelle que soit la saison et même quand il fait 26 degrés dans la pièce ?

            Blanche, elle est toute seule. Ca fait plusieurs mois que son copain a déposé le bilan et depuis elle est en faillite émotionnelle. Moi je vois bien que quand on a les yeux grands ouverts comme ça c’est qu’on regarde un peu plus que la seule couleur des choses qui nous entourent. Elle et moi on a vécu tellement de choses différentes qu’on navigue peut-être dans les mêmes eaux, mais pas à bord du même navire. Je suis parti trop loin. C’est l’histoire d’un sauveur, d’un sauvé, d’une bouée de sauvetage et d’une station de métro. Quand l’histoire ne sait pas s’écrire… La jeune fille attend. Je l’ai invitée, c’est déjà bien. J’aurais pu la prendre par la main et l’emmener sur des îles qui n’existent que dans les rêves. Au lieu de ça, j’ai regardé NO COUNTRY FOR OLD MEN avec Nationale. C’est elle qui a insisté. Moi j’aurais pu m’en passer, les frères Coen c’est vraiment pas ma came. Finalement, c’est moi qui ai passé la meilleure soirée. Les frères Coen, je les préfère comme ça. Simples, directs, sans surjeu, sans situations abracadabrantesques, sur le même ton du début à la fin et avec une grande envie de faire du cinéma plus qu’une bonne farce entre copains. Nationale dit qu’ils sont chiants, qu’il ne se passe rien et qu’à défaut d’humour leur mise en perspective de la vie est très déprimante. Elle voit souvent les avantages comme des défauts. Drôle de personnalité. C’est étonnant parce que je ne m’attendais pas à ce qu’ils refassent un bon film. 16 ans, quand même ! BARTON FINK, ndlr. Et NO COUNTRY FOR OLD MEN c’est tout simplement ce qu’ils ont fait de mieux. Voilà, je l’ai dit. D’abord parce que c’est du cinéma, du vrai. Il valait mieux d’ailleurs parce qu’avec d’aussi longs passages sans dialogues, si la mise en scène n’est pas à l’heure, c’est le museau direct dans les graviers. La photo est signée Roger Deakins et est sublime de A à Z. Presque aussi belle que Blanche. Voici donc le grand film de ce début d’année 2008. Remarquable. Un film qui pose très bien la question de la place que chaque personnage occupe. C’est l’équation douloureuse du temps qui change, du rôle que chacun veut s’octroyer, du rêve que nous fait miroiter une société où tout devient possible pour tous. Il faut de bons yeux pour s’apercevoir que les espaces de la vie sont immenses et qu’il arrive un moment où nous ne percevons plus que la place que nous occupons n’est plus la nôtre.

J’étais si fier d’avoir compris ça que je l’ai raconté dès le lendemain à tout le groupe. C’est à ce moment-là que Goldwyn-Mayer éructa : « Il faut sauver le soldat Ryan ! » Lorsqu’il s’est précipité vers les toilettes, on a tous compris qu’il avait la taupe en haut du toboggan et qu’elle allait pas tarder à lâcher les mains. La Fourche préfère dire qu’il a un Boeing en bout de piste. N’empêche qu’il avait raison sans le savoir, Goldwyn-Mayer. Il était bel et bien question de sauver quelqu’un. Et j’ai regardé Blanche droit dans les yeux. Cette fois-ci, on pouvait lire plein de choses dans ce regard, et notamment qu’on cherche tous quelqu’un qui vienne nous chercher.

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
commentaires (2)    ajouter un commentaire
Retour à la page d'accueil
 
Blog : Consoles sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus