QUESTION : Comment s’appelle le chat de Garance Clavel dans CHACUN CHERCHE SON CHAT ?
QUESTION : Comment s’appelle le chat de Garance Clavel dans CHACUN CHERCHE SON CHAT ?
Mon facteur est con. Il vient sonner en pleine nuit chez moi.
Repère de tous les sans amis, La Poste emploie régulièrement des esprits émaciés qui aiment s’assurer assidûment du bon fonctionnement de mon interphone. « J’ai un message pour vous ! » Un message ? Mais de quel monde viens-tu, petit béjaune convulsionné par l’irrespect du droit au sommeil ? Quel siècle est donc le tien pour te sentir envahi de cette infatuation exécrable qui te fait te croire au-dessus de toute loi, pour oser ainsi m’extirper de ma moelleusité ? Cette privauté me plonge dans un abîme insondable de perplexité quant à la pitié que suscite ce genre de préposé. Je précise, bien sûr, que toutes les personnes qui travaillent à La Poste ne sont pas comme cela. Non, non. Ils ont bien fait les choses, ils les ont toutes réunies dans une seule et même Poste : celle de mon quartier. Je mentionne ce point pour éviter que tous les postiers qui lisent ces lignes me harcèlent de messages afin d’obtenir réparation. Ils sont cons ces postiers !
Un message, donc. Voilà bien la preuve qui révèle tout l’archaïsme d’une administration qui se croît encore au temps des destriers et des palefrois.
Le preux chevalier s’aventure donc chez moi pour me remettre une missive. Ca tombe mal, je déteste tous ceux qui
délivrent des messages. Les messages et les publicités pour les sprays auditifs, je déteste, c’est comme ça. Le temps de revêtir ma côte de maille et je suis à lui. Le pauvre ne sait pas encore
combien il risque de se faire trouduculer. Commence à tresser ta corde, fonctionnaire délavé haut comme trois bites à genoux. Attention, j’suis un fou, moi ! J’suis un grand malade, un
déglingué de la tête, un psychopathe viral. Je suis même capable de porter un blouson en sky avec des tongs, s’il le faut. Quand je commence à balancer du service 5 étoiles, j’aime autant vous
dire que vous avez intérêt à avoir gardé votre mode d’emploi parce que plus rien n’est reconnaissable après. Lorsque j’arrive, ce jeune page s’est volatilisé. Il a senti que ça allait dérouiller
dans ses post-it. Faut dire que j’ai un peu tardé aussi. C’est long à enfiler une côte de maille. C’est sûrement pour cela qu’ils n’en fabriquent plus. C’est dommage parce qu’en temps de guerre
postale c’est drôlement utile. Mais cela ne peut marcher que si l’on respecte les accords de Genève. Et les fourbes de La Poste attaquent en pleine nuit !
A défaut de message postal, j’ai revu le message cinématographique de Pierre Richard : JE SAIS RIEN MAIS JE DIRAI TOUT. J’ai toujours pensé que le cinéma n’était pas là pour faire passer un message. Bah oui, c’est le boulot de La Poste ! Du moins ce n’est pas son but premier. Comme tout art, il permet de véhiculer des idées et de les exposer à un public qui les confronte aux siennes. Si l’on part du principe que l’art est un échange, il doit être possible de faire réfléchir en faisant ressentir. Mais ce qui me dérange profondément c’est le film de propagande, celui qui essaie de proposer une version inique de ce qui est montré, c'est-à-dire qui cherche à imposer sa réalité au spectateur comme une forme tangible de véracité. A part cela, les messages au sein des films ne sont jamais qu’insupportables lorsqu’ils ne s’accompagnent pas de mise en scène. Nous nous apercevons donc bien que ce n’est pas une question de nature mais de style. L’abstraction de ces deux termes serait atténuée si l’on regardait de plus près ceux qui font le cinéma et les outils qu’ils emploient. L’esprit et le corps sont totalement indissociables. Comme un film est la forme d’un propos. L’esprit est ce qui permet de mettre en forme, de sculpter la matière. Et un film est inlassablement la quête du dosage le plus équilibré entre l’esprit et la matière. C’est pour cela que je considère que celui qui fait des films pour faire passer des messages doit soit écrire un essai, soit se faire embaucher à La Poste. Pour ceux qui ne savent pas écrire.
Dans le film de Pierre Richard, le mélange est assez satisfaisant. Surtout parce qu’il évite d’exposer la moindre thèse. Il part du constat que la France vend des armes aux pays
qui se font la guerre, et l’expose avec un ton satirique. Il est l’exemple même que le cinéma bénéficie de la possibilité de propager des idées et des messages, ce qui n’est pas le cas de tous
les arts. D’autant plus habile que, dans ce film, rien ne viendra tracer un sillon que l’on recommandera de suivre plus tard sous peine de ne pas se sentir aussi intelligents et pleins de bonnes
intentions que nous sommes en droit d’exiger de nous-mêmes. Non. Cela est essentiellement dû au fait que le grand blond s’échine du début à la fin à veiller à ce que son film garde bien le cap du
divertissement, quitte à s’échapper de son sujet. En témoigne la scène où il donne autant de coups de pinceau à la cuve qu’il est censé repeindre, qu’à son ami Louis la brocante.
La scène est d’une simplicité
assommante et fonctionne à merveille. Elle a pourtant du mal à faire la blague d’être autre chose qu’un simple sketch qui s’insère au milieu d’une histoire disparate. Car JE SAIS RIEN
MAIS JE DIRAI TOUT est surtout l’occasion de filmer des sketches absolument hilarants. Premier du lot, la scène qui se déroule à la sécurité sociale. Un monument d’écriture qui joue sur
la sonorité des mots, la mauvaise foi, le comique de répétition et un crescendo infernal qui se termine par l’excellentissime « On ferme ! », asséné par l’un des Frères
Ennemis. Son sourire lumineux et son air prude en font l’une des répliques les plus drôles du film. Sans oublier de mentionner Bernard Haller, absolument fabuleux
dans ce rôle de fonctionnaire complètement dépassé, fatigué par le peu de vigueur de ses clients et peu enclin à faire le moindre effort de compréhension. Son jeu est en recherche de naturel. Il
joue l’étonnement avec des regards (perdus ou en recherche d’appui) et des temps qui marquent les connexions que son cerveau essaie d’établir. Sa colère est tout aussi prodigieuse car remplie
d’une précipitation prête à accepter toute imprécision afin de la rendre plus juste (cela donne l’impression de ne pas avoir été écrit, à l’image des films d’Alexandre Arcady).
La manière qu’a Pierre Richard de se rebeller face à son père, imprime au film la marque d’un souffle libertaire propre à exhaler une folie humoristique. Elle permet de faire quelque chose de typiquement français : s’attaquer à un sujet sérieux avec humour. Marque très hexagonale que de désamorcer par le rire. Par forcément ce que nous savons faire de mieux lorsque cela devient un refuge.
Exemple contraire : l’évangile selon Lars Von Trier.
Le bonhomme m’insupporte. Ses films me désespèrent. Toujours le cas à part de BREAKING THE WAVES, film au romantisme transcendant. Sombre mais
flamboyant. Rien d’autre à sauver. Pire : le tout au bûcher. Voilà bien un réalisateur à la réputation surfaite. Nous pouvons régulièrement distinguer chez lui quelques brefs éclairs de
talent (1 minute et 32 secondes en moyenne dans chacun de ses films), mais jamais de génie, comme beaucoup se plaisent à déclamer. D’ordinaire, ses expérimentations gâchent sa facilité à nous
raconter des histoires. Tout se trouve dans l’esbroufe qu’il emploie pour marginaliser ses films. Son truc c’est de penser pouvoir révolutionner le cinéma. Autant dire que Lars Von Trier fait
continuellement figure d’éternel adolescent en proie à de sévères chimères qui le conduisent inéluctablement sur le chemin des procédés. Le cinéma de Lars Von Trier en est jonché. Parfois
dégueulasses, toujours abruptes, souvent éphémères. Dans MANDERLAY, il continue l’exercice qu’il avait commencé dans DOGVILLE.
Cette fois-ci, sa plus grosse erreur a
été de faire une trilogie puisque cela révèle bien que l’effet de mode sur lequel il joue à chaque fois ne passe pas le cap de la suite. D’ailleurs, même les journalistes ne l’ont pas suivi
puisque le film ne fut pas très médiatisé à Cannes. Les critiques furent même peu convaincues. Il n’en fallait pas moins pour révéler au grand jour l’escroquerie Lars Von Trier. Ces mêmes
personnes qui s’enthousiasmaient sur la nouveauté du traitement dans DOGVILLE, n’avaient plus rien à dire pour MANDERLAY puisque, une fois la médiatisation
écartée, il ne leur restait plus qu’à parler cinéma. Et là, une fois de plus, ce fut un peu court, jeune homme. Comme disait la jeune mariée dans « Cyrano de Bergerac ». Ou
l’inverse. En cela, Lars Von Trier se rapproche beaucoup de Claude Lelouch qui, lui aussi, prétend renouveler le cinéma. La Nouvelle Vague étant passée de mode (même si c’est elle qui
continue encore à influencer les cinéastes français ; merci du cadeau !), sa chute s’amorça. Il s’échina alors à faire un maximum de coups médiatiques, comme l’insipide HOMMES,
FEMMES, MODE D’EMPLOI. Parce qu’il employait Bernard Tapie, le film fut très attendu, mais se cassa la gueule dès qu’il entamait sa seconde semaine d’exploitation. Un peu plus récemment,
il fut obligé de payer une séance de sa propre poche pour essayer de faire parler de lui. Mais le talent ne s’achète pas. Je me demande fréquemment si Claude Lelouch n’aimerait pas être un
PC ; pour pouvoir redémarrer sa vie en mode sans échec…
MANDERLAY est passé complètement inaperçu et cela se comprend aisément. Pour de mauvaises raisons cependant. Car il s’agit du film le moins rentre-dedans de Lars Von Trier. Au niveau scénaristique, il cherche moins à descendre dans la misère et évite bon nombre d’abominations qu’il aurait pu faire subir à ses personnages. La caméra est toujours prompte à rendre grossière l’impudeur qu’elle partage avec les comédiens, notamment par des plans serrés abusifs. Les cadres sont cependant assez jolis même si l’on peut reprocher quelques flous qui empêchent l’adhésion totale du public. C’est un peu comme si Lars Von Trier ne souhaitait pas que le spectateur rentre dans son film, qu’il voit juste par l’embrasure de la porte ce qu’il se passe à l’intérieur. C’est le gros problème de ce formalisme qui assimile MANDERLAY plus à du théâtre filmé qu’à une véritable fiction cinématographique. Nous nous heurtons constamment à cet aspect décharné qui nous fait sortir de l’histoire. Combien de fois nous surprenons-nous à nous dire : « Tiens, cet objet en moins… Tiens, il y a un râteau mais pas de terre… Tiens, les ombres traversent les murs mais pas les personnages… Tiens, j’ai perdu 2 heures de ma vie. » Ce qui est dommage, car il existe de véritables efforts de mise en scène (comme toujours chez Lars Von Trier, par ailleurs), en témoigne cette scène où Bryce Dallas Howard oblige les blancs à se peinturlurer le visage en noir. Comment se fait-il qu’aucun des comédiens n’ait eu l’idée de peindre de la même façon l’objectif de la caméra ?
Et puis il y a cette abominable voix off qui commente tout ce qui se passe à l’écran. C’est vraiment cela le plus insupportable.
Avec les ongles qui crissent sur un tableau, ça c’est vraiment insupportable ! Pourtant c’est un piège très connu. La voix off uniquement pour compléter le récit, bon sang !!!
Le réalisateur a énormément peur du vide et du manque de rythme si bien qu’il cherche à remplir chacun de ces moments par des explications de texte absolument inutiles. Il n’y a qu’à couper le
son pour s’apercevoir que tout se qui se passe (y compris sur les visages) est entièrement compréhensible, et bien plus gratifiant en tant que spectateur d’arriver là où le film veut nous amener,
plutôt que de sentir un metteur en scène qui ne fait pas confiance à son public au point de souligner tout ce que la pellicule nous dévoile.
Enfin, et c’est sûrement là où le film est le plus répugnant, c’est lorsqu’il commence à imposer au spectateur sa propre vision de l’esclavagisme. Réécrire l’Histoire. Bien que son propos soit juste mais assez prosaïque, MANDERLAY avait eu, jusqu’à la fin, la décence de nous épargner la leçon de morale. Et attachez-vous bien (attachez-vous mieux) car ce n’est pas la petite lecture en filigrane qui s’échappe presque involontairement du caractère général du film. Non, non ! Il s’agit carrément de la voix off qui revient clore le film en nous prenant à partie pour mieux nous convaincre que les gentils c’est les bons, qu’être méchant c’est vraiment pas cool, que l’esclavagisme c’est pas classe du tout, qu’il faut traverser avant de regarder la route, que les carottes ça rend aimables et que regarder du Lars Von Trier renforce nos défenses naturelles. Là, c’est clair, pas de doute, ça balance allègrement du message et ça termine sur une morale digne d’un épisode de la série « Full house » : « Celui qui refuse de voir une main secourable ne peut vraiment s’en prendre qu’à lui-même. » Sic ! Merde, alors ! Je vais m’en prendre à moi-même. Je suis bon pour me purifier avec des bains de bouche aux orties fraîches ! Je jure que l’on ne m’y reprendra plus. Pardon, pardon ! Vive les mains secourables ! Ca va ? J’ai bon ? Et pour faire encore pire, le générique de fin accompagne un défilé de photos sur le rapport des Etats-Unis aux noirs, qui n’est pas sans rappeler le populisme du défilé de fin de SCHINDLER’S LIST. Quand on pense que ce type a reçu une Palme d’or !!! Quand on pense surtout que Will Smith a reçu un César d’honneur…
Il m’arrive régulièrement d’oublier pourquoi je ne regarde plus la télévision. Outre le fait qu’elle meuble la vie de ceux qui n’ont pas d’amis d’un point de vue général, et des facteurs en particuliers (eh oui, quand ils ont fini d’emmerder les personnes de mon quartier le matin, il faut bien qu’ils passent le reste de leur journée devant la télévision à se demander pourquoi les chiens aiment tant leur courir après !), l’univers télévisuel m’en soulève une sans bouger l’autre.
Comme je n’étais
pas chez moi, me voilà condamné à errer via la centaine de chaînes mises à ma disposition. Guet-apens de la pléthore. Plus de temps passé à éplucher les programmes qu’à les regarder. Je me
rappelle maintenant que la télévision est une perte de temps. Je me réfugie donc vers les valeurs sûres. Cinématographiques. Pour me divertir, j’ai beaucoup de films à portée de main, mais
finalement très peu de choix.
Découvrir SCUM d’Alan Clarke, abrupt et radical. L’enfer de la prison où l’espoir fait place à la déchéance lorsque l’on se retrouve seul, mis à l’écart du reste du monde et que l’on n’existe plus en tant qu’être humain participant au grand projet terrestre. Comme Jean-Claude Dague le montrera dix ans plus tard avec LE DENOMME, Alan Clarke filme la prison comme un cocon qui révèle petit à petit la mutation ultime : l’homme en tant qu’enveloppe corporelle. Rien de plus. S’émouvoir c’est montrer sa faiblesse (autant pour les détenus que pour les matons). L’homme se referme donc dans son propre corps puisqu’il ne lui reste plus que cela. Le cocon dans le cocon. L’homme désensibilisé. C’est à la fois poignant et révoltant. C’est impitoyable, glacial, à la morale implacable et ça finit mal. Que je rigole doucement devant la trop démagogique série « Prison break », petite machinerie commerciale qui escomptait populariser le mythe du voyou incarcéré, parce qu’en prison c’est pas toujours juste ce que l’on fait subir aux prisonniers. Populisme, hypocrisie, bien sûr. Du bon gros message (comme dans la plupart des séries télévisées) bien stabilobossé, avec écrans lumineux et grosses guirlandes clignotantes. On vulgarise un maximum en enlevant toute crudité et autres légumes en fauteuils roulants (il existe des quotas, mais les handicapés faut quand même pas abuser !), et on rend le méchant un peu sympathique voire carrément innocent, sinon comment voulez-vous que le public s’identifie ?! C’est encore du boulot de facteur, tout ça ! Et qui plus est, effrontément plagié puisque la trame n’est qu’un vulgaire recopiage de la série « Oz », qui avait autrement quelque chose à déclarer et pas qu’au niveau du contenu, car elle avait su faire passer au nez et à la barbe de tous (j’aime bien ces expressions bien désuètes, je trouve que cela donne enfin du caractère à ce blog) un réalisme éprouvant, sophistiqué et surtout violent.
Revoir THE HITCHER, petit film bien gaulé qui laissait présager une belle carrière pour Robert Harmon. Là encore, petit remake et
grosse influence de ce que l’on pourrait appeler ni plus ni moins que « DUEL avec un conducteur ». Beaucoup de style, c'est-à-dire de matière, notamment des plans avec
beaucoup de relief. Une photographie soignée et loin d’être complaisante avec les scènes de nuit, ce qui est toujours appréciable. L’histoire réussit le tour de force de s’affranchir de la
comparaison avec le film de Spielberg. Elle reste fidèle au postulat de départ : un jeune homme pourchassé par un psychopathe qui joue avec lui, tout en campant une atmosphère oppressante et
paranoïaque. Le sceau est très personnel, voilà de quoi se réjouir. Ca n’appuie pas trop sur le spectaculaire, un poil quand même sur la viabilité de certains détails, et, surtout, ça a
l’honnêteté d’être cohérent du début à la fin. Et puis une grosse présence de Rutger Hauer qui crée le mystère par l’économie de moyens, alors que C. Thomas Howell est clairement dans un grand
guignol très souvent
énervant. N’oublions pas Jennifer Jason Leigh, la plus talentueuse actrice encore vivante, même
si elle est ici complètement sous-employée (comme dans beaucoup trop de ses films d’ailleurs). Ca claque encore bien sa race, 21 ans plus tard.
Se remémorer THE SEVENTH SIGN de Carl Schultz. Film oubliable et oublié car sans charme ni accords majeurs. Nous sentons un peu trop que seule l’histoire revêt une importance aux yeux de Carl Schultz. Très peu d’efforts pour rendre compte d’un quelconque effort de mise en scène. Il s’en tient au script et basta. Pas de développement en arrière plan pour étoffer le lyrisme du film et les personnages sont quasiment tous inintéressants, à part celui de Jürgen Prochnow, malheureusement très mal dirigé (un seul état psychologique pour tout le film, ce qui est quand même mieux que pour Paris Hilton qui en a aussi un seul, mais pour toute sa vie).
Se délecter de la saveur inégalée des films des années 70, ce son magnifiquement sourd et ce Technicolor régalicieux ! ROLLERBALL c’est tout le vertige
d’extravagances frénétiques propres à cette époque qui savait composer avec une imagination et une folie sans limites. Quelle idée formidablement délirante que ce sport ultra-violent pouvant se
jouer sans règles ! Du pur divertissement allié à une vraie forme artistique. Et ROLLERBALL n’en est pas le seul exemple. Nous pouvons citer de la même manière
BULLITT, vrai film d’auteur. Et le public était au rendez-vous ! L’hégémonie du spectaculaire n’est qu’une mode. N’empêche qu’avec sa piste circulaire, ses gradins en forme
d’arène et ses supporters venus s’abreuver de sang, ROLLERBALL est une transposition moderne des combats de gladiateurs. Une foule qui se définit par son bruit. Des hommes de
pouvoir qui disent vouloir satisfaire le peuple au nom du bruit. Et à la fin un seul survivant. Un film de pédés, en somme. Bah, quoi ? C’est quand même pas moi qui l’invente. Les sportifs
sont tous des pédérastes, c’est historique. Ces combats étaient avant tout l’occasion de faire admirer les corps de ses mignons. C’est pour cela qu’ils passaient leur temps à travailler leur
musculature, chose que nous voyons très bien lors de l’entraînement des joueurs dans le film de Norman Jewison.
Et aujourd’hui c’est encore la même eau gazeuse : lorsque vous
regardez un match de football, de rugby, de tennis ou de basket, c’est toujours à celui ou celle qui exhibera le plus de muscles. Tout cet étalage de viande testostéronée, et eux, tous à
s’admirer le croupion, moi, ça me fait quand même plus penser à du pédé antique qu’à l’esprit du baron.
De ces quatre films diffusés à la télévision, savez-vous quel est le point commun ? Tous ont écopé d’une interdiction à une partie du public. Je me suis donc tapé le petit sigle -12 ou -16 tout au long de chaque film. Je me souviens, maintenant. Mais qui sont donc ces personnes qui se permettent encore de mutiler des œuvres cinématographiques comme si elles leur appartenaient ? Ces gens-là devraient être enfermés pour vandalisme d’œuvre d’art. Quelle honte de défigurer ainsi des films qui n’ont jamais demandé à se distinguer de la sorte ! Si le réalisateur avait voulu ajouter quelque chose à son film, il aurait eu toute la période de post-production pour le faire. Au lieu de cela, il existe encore aujourd’hui des personnes qui peuvent décider de modifier un film, indépendamment du réalisateur ou du producteur. A la télévision, la signalétique est apposée sur des films comme l’on badgait autrefois les Juifs avec des étoiles jaunes. C’est un doigt dirigé vers des œuvres que l’on met au pilori pour leur faire clairement comprendre qu’elles ne sont pas comme les autres, celles qui font partie de la norme. Organiser et étiqueter, voilà ce qui importe aujourd’hui dans l’administration télévisuelle totalitaire française.
Oui, je me rappelle maintenant pourquoi je ne regarde plus la télé : c’est parce que je ne l’ai plus.
Allez, je ne vais pas rester sur cette sombre note, je termine en vous offrant la chanson que j’écoute le plus en ce moment. Qui c’est qui est très gentil ?
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