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Jeudi 26 avril 2007
MARIANNE PLEURE


           
La démocratie n’existe plus. L’Histoire retiendra que ce sont les élections présidentielles de 2007 qui y ont mis définitivement fin. Ce qui fut le plus désespérant pendant cette campagne ne fut ni le peu de choix que nous offrirent les candidats ni les jours sombres que les deux grands leaders annonçaient, mais le manque d’élégance avec lequel furent implantées les ordinateurs de vote (déjà expérimentés depuis la précédente élection de 2002).

La démocratie avait émis cette grande idée (complètement chimérique) que le peuple serait le souverain. Or, plus personne ne peut désormais suivre son vote du moment où la machine l’enregistre jusqu’à celui où le résultat s’officialise. Avec le bon vieux bulletin en papier [relents de Maître Vieux Con MODE ON], quiconque le souhaite peut suivre le parcours d’une urne jusqu’à son dépouillement. Mais la machine est créée par l’homme et (c’est bien là le plus triste) pour l’homme. En France, certains votes ont déjà été falsifiés, me direz-vous, et bien avant l’arrivée de ces ordinateurs. Certes. Ce qui est plus étonnant aujourd’hui, c’est la manière d’annoncer ouvertement que les élections seront truquées. Avant, chacun faisait ses petites affaires dans son coin. On faisait voter des personnes officiellement enterrées, on inscrivait sur les listes moins d’habitants que de votants, les votants pouvaient s’appeler Luke Skywalker, Leroy Merlin ou Uncle Ben’s. Maintenant, cela va être plus simple. Nous irons voter tout en sachant que cela ne sert à rien. Je croyais que le doigt d’honneur des politiciens était plus long que je ne le pensais, mais c’est plutôt l’orifice qu’il comble qui est plus profond qu’on ne le sait. La raison du plus fort est toujours la meilleure puisqu’il ne faut jamais dire fontaine.

Un site est dédié à la propagation de ce fléau :

http://www.ordinateurs-de-vote.org

Enfin voilà. Ca, c’est fait, comme dirait Terry Kevin. On nous a bel et bien passé sous silence cette lente colonisation. Bientôt nous voterons par Internet, avec Paypal, par SMS, sur MSN ou grâce à la puce qui sera implantée dans notre cerveau et qui enverra automatiquement notre opinion politique au serveur approprié. Corollaire : rappelons une nouvelle fois que l’immonde loi Gayssot de 1992 est toujours en application !

Décidément, le progrès n’est pas synonyme d’innovation.

Ou plutôt pas toujours. Car l’une des plus belles formes en terme d’innovation technologique de ces dernières années est le happy slapping. Un téléphone portable, une caméra intégrée et hop ! Voici venu le temps des rires et des chants… Quoi de plus magnifique que ces images parkinsoniennes et délavées ou la sauvagerie l’emporte face aux velléités cinématographiques ? Comme dirait Ovidie : « Le porno c’est le seul endroit où on peut avoir un orgasme sur son lieu de travail. » Cela n‘a évidemment rien à voir mais je m’étais dit qu’un jour je citerai celle qui, manifestement, n’a jamais connu la délicieuse angoisse de se faire prendre. Hmmm… A la relecture, un doute m’habite.

Pour en revenir au happy slapping, cette performance live requiert un intérêt cinématographique évident parce qu’elle est avant tout préméditée. Psychanalytiquement, ce n’est pas tant l’expression de la part d’ombre de chacun que le vecteur qui permet cette expression. En cela le résultat est particulièrement original puisqu’il permet de montrer sans aucun élagage, une forme brute de violence et d’exhibitionnisme. Et c’est en France que le happy slapping aura sûrement le plus contribué à bouleverser le paysage cinématographique à cause d’un élément majeur qui engendre la misère de cet art susmentionné : l’absence éhontée de films de lycée. Et FOON ? C’est pas du bon film de lycée, ça ? C’est vrai. Il y eut FOON l’année dernière. Belle tentative de faire un film de lycée comme à l’américaine. Belle tentative aussi d’afficher son incompétence cinématographique. Le seul qui a vraiment su tirer son épingle du jeu, c’est Cédric Klapisch avec le sublime LE PERIL JEUNE. Mais, que voulez-vous, c’est culturel chez nous. A quelques exceptions près qui ne formulent aucune règle, pas de films de lycée, pas de films de science-fiction, pas de films où un coach reprend en main une équipe de sport, pas de films de karaté, pas de westerns, pas de films avec des extra-terrestres (à part LE FABULEUX DESTIN DE MADAME PETLET et QUE LA LUMIERE SOIT, deux films avec Maïté), plus de films érotiques etc. La liste est longue et s’allonge de jour en jour tant il n’existe aucune diversité dans notre production hexagonale. Eh bien la parade à tout cela c’est le happy slapping ! Cette belle révolution c’est l’avènement de la captation au sein même du lycée, là où l’imagination est sans limite. C’est celle des jeunes qui est la moins sujette à l’autocensure car elle est à la fois vivace (elle est sublimée par la nouveauté de l’expérimentation), foisonnante (elle se renouvelle à un rythme effréné), subversive (le manquement (et non l’absence) à la morale permet d’aborder tous les thèmes en les laissant s’exprimer dans ce qu’ils ont de plus basiques) et supposée gratuite (c’est pour cela qu’ils ne vivent pas cette expérience comme une opposition du bien au mal). Le plus beau des cinémas a 15 ans. Après il n’est plus qu’un arrangement avec soi-même car, comme le disait Cavanna : « La liberté consiste à faire tout ce que permet la longueur de la chaîne. » Et puis la jeunesse c’est quand même la force vive de la nation. C’est pour cela que ce sont eux qui font le plus peur aux politiques. Ce sont les seuls à pouvoir les ébranler. Sa fougue irraisonnée peut parfois l’aider à surpasser ses propres enjeux. En l’occurrence, la jeunesse associée au happy slapping crée un cocktail détonnant du fait qu’elle devient plus qu’un simple jeu, une manière concrète d’affirmer sa nature brute.

L’idée que ce phénomène envahisse les lycées, c’est l’idée de l’épanchement sans fin de la créativité. Les lycéens comme arme du pouvoir révolutionnaire. Enfin du nouveau du côté des scénaristes français ! Quand nous voyons l’indigence des productions françaises, nous nous disons que certains producteurs ont dû financer la popularité de ce phénomène afin de créer un engouement pour cette nouvelle culture en train d’éclore. Le happy slapping va bouleverser tout l’univers du cinéma français. Cette génération jette les bases d’un nouveau cinéma français enfin non bourgeois, enfin éclectique, enfin surprenant, enfin immoral, enfin politique, enfin exubérant, enfin pour le meilleur et pour le pire, enfin libre.

Enfin dionysiaque !

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le happy slapping, je vous livre son plus gros succès :



           
La preuve par l’image que le happy slapping est très en avance sur le cinéma commercial actuel : MADEA’S FAMILY REUNION. Tyler Perry nous a concocté ici un film idiot, qui colle aux dents et vote Sarkozy tout en pérorant comme Ségolène Royal. Gentiment donneur de leçons, il a ponctué son film de réflexions complètement réactionnaires (le film dilue constamment cette idéologie jusque dans l’un des personnages qui l’avoue frontalement !) comme les explications stupides qui justifient l’emploi d’armes à feu par son personnage principal. C’est beau de tenter. Malheureusement, « la connaissance de l’Homme ne saurait s’étendre au-delà de sa propre expérience ». Ca, c’est du John Locke. Oui, c’est surtout que ça le fait bien de citer du John Locke !

MADEA’S FAMILY REUNION est avant tout un film de mama, genre très peu respectable qui a au moins le mérite de ne pas imposer l’étalage de graisse comme une valeur étalon de l’esthétique physique. D’habitude c’est Eddie Murphy qui joue tous les rôles dans ce genre de films. Ici, c’est Tyler Perry. A moins que ce ne soit Eddie Murphy qui soit allé jusqu’à déguiser son nom.

Bien évidemment le film se ghettoïse sans compter, reléguant les blancs aux rôles de sous-fifres ou à la figuration. Mais nous évitons le couplet racial, c’est déjà ça de pris, car nous nous demandons ce qu’il va bien pouvoir y avoir à sauver d’un peu constituant. Les personnages sont caricaturaux, les dialogues insignifiants (- Un œuf, c’est un fruit ? – Ca dépend… La poule c’est un arbre ? Je l’invente, bien sûr !), les axes de caméra indéfinis, la lumière exercée à l’interrupteur etc. Bref, quand il y a une idée c’est pour faire passer un quelconque message bien pensant, la plupart du temps édicté par la mama qui est censée être une réincarnation de la Sagesse Humaine. On humilie, on insulte, on frappe les enfants, on fait culpabiliser. La bonne panoplie du film judéo-chrétien qui dispense conseils réactionnaires à nous, hauts dignitaires qui avons le recul nécessaire et qui croyions que nous n’en étions plus là en 2007 ! Toute cette guimauve phosphorescente est principalement due à ce personnage de Madea, incarné par Eddie Murphy, que le réalisateur et scénariste souhaite à tout prix nous faire passer pour une personne sévère mais juste, aimable, bienveillante et équilibrée puisqu’elle bénéficie toujours de circonstances atténuantes même dans l’illégalité.

Finalement, MADEA’S FAMILY REUNION n’échappe pas au vieil adage qui dit que l’on peut être sympa et complètement con.

            Dans la famille des films qui ont le charisme d’Arlette Chabot, je demande MISSING IN AMERICA de Gabrielle Savage Dockterman. Depuis elle s’est arrêtée là ; c’est beau l’esprit de sacrifice ! Ca commence comme COMMANDO : Danny Glover s’est exilé dans les montagnes parce qu’il ne supporte plus ces réminiscences de la guerre du Viêt-Nam qui l’empêchent d’avoir une sexualité autre qu’avec des séquoias. Ca se poursuit comme RAMBO : FIRST BLOOD PART II : un ancien camarade de jeu du Viet-Nam vient lui proposer un contrat qu’il ne peut pas refuser mais il refuse quand même parce qu’il n’a pas lu le scénario, et quand il le lit, il accepte finalement parce qu’il ne se rappelle plus trop bien pourquoi il ne voulait pas au début, mais c’est surtout que la veille il avait bouffé un truc pas cool qui lui avait retourné le pancréas et donné des envies de vote républicain. Donc, le lendemain tout redevient normal, Danny Glover accepte la mission qu’on lui confie (il doit garder une petite fille avec lui, dans les montagnes, au cas où des Viets attaqueraient, et là il est quasiment serein le Danny parce que, finalement, il s’aperçoit que sa mission ne va pas être aussi compliquée que ça, quoique le Viet devient fourbe à la vue de branchages), le vote démocrate est préservé et les séquoias ruissellent toujours d’un liquide non identifié. Le reste du film se déroule comme un épisode de « Little house on the prairie » : lorsqu’il s’ennuie, au lieu de se gratte-couiller, notre bon Danny coupe du bois et attend que la jeune fille vienne l’interrompre à cause d’un truc super grave, comme par exemple Ron Perlman qui s’est planté une flèche dans le corps en expérimentant un piège à animaux qu’il avait confectionné. Bon, cherchez pas trop à comprendre, c’est des gens qui vivent dans les bois, alors… Pourraient très bien jouer du banjo que le film n’en paraîtrait pas plus normal. Car MISSING IN AMERICA ce n’est que cela : une continuité de séquences attendues, sans intérêt et d’un formalisme conventionnel à chialer comme un adulte qui apprend que, malgré toutes les interprétations possibles, il n’y a aucune raison logique à ce qu’Actarus effectue deux demi-tours successifs en passant de la soucoupe à la tête de Goldorak. Dès que le film s’amorce, la quête est connue. Nous nous disons qu’il n’y a plus qu’à attendre le dénouement en espérant quelques gâteries incongrues qui ne viendront jamais. Les scénaristes Nancy L. Babine (j’ai entendu dire que c’est une femme qui aime bien se lécher les, si quelqu’un a des infos…), Ken Miller et Gabrielle Savage Dockterman se contentent de combler l’entre-deux par de petites scènes où notre héros au nom de yaourt au chocolat, nous montre qu’il l’aime bien, tout compte fait, cette petite fille. Ca se veut dégoulinant de sentiments et ça ne cherche qu’à tirer la larme du spectateur, à défaut de lui subtiliser son argent. A ce titre, il faut saluer messieurs les distributeurs qui ont, pour une fois, oublié de ne pas faire leur travail puisque MISSING IN AMERICA n’a jamais été distribué en France. Et pour cause !

Dernier détail par lequel nous reconnaissons la médiocrité de cette œuvre. Ron Perlman, immense acteur s’il en est, a quelquefois eu la chance d’exploiter son talent en interprétant de magnifiques rôles (HELLBOY, THE LAST SUPPER…) mais il est ici une fois de plus utilisé uniquement pour son physique inquiétant et menaçant. C’est triste. Stéréotype de l’attardé (parfois congénital) vivant dans les bois, redneck de toute sa splendeur. C’est la maestria de l’arrogante vision de l’urbain sur le rural. Ils ont pas de bol ceux qui vivent dans les bois ! Ca doit être chiant pour le café !

            Coïncidence. Il se trouve que la fois dernière, j’avais fait le choix de vous parler du HITCHER de Robert Harmon, sans savoir que j’allais voir le remake de Dave Meyers, qui sortira en France le 9 mai prochain. Ce dernier nous vient du vidéo-clip, et ça « La lumière vient du fond » est un des rares lieux à le glorifier. Cet exercice est loin d’être aussi peu noble que la plupart des critiques veulent bien nous le faire croire. Nous avons beaucoup trop d’estime pour ceux qui se frottent à la difficulté de raconter en 4 minutes ce que d’autres ont 30 fois plus de temps pour raconter. Nous n’allons pas non plus porter aux nues cet exercice de style, car nous pouvons y déceler autant d’imposteurs et d’artistes qui cherchent à faire quelque chose de louable. Comme dans le cinéma pur et dur, donc. Mais le vidéo-clip c’est quand même une vision dérivée du cinéma, avec les mêmes codes, et c’est pour cela que je reste persuadé que le meilleur clip restant à réaliser serait un clip sans musique. Et puis, ils sont tout de même légion ceux qui ont développé dans le vidéo-clip une forme d’expression recherchée voire expérimentale. Du visuel avant tout. Tout le monde a en tête le fabuleux clip de Kylie Minogue (« Come into my world ») réalisé par Michel Gondry, ou du bien bel univers de THE CELL de Tarsem Singh, film malgré tout complètement illusoire. C’est le principe du sitcom. Il ne faut jamais décourager un comédien de jouer dans ce type de serial car au vu de la médiocrité du genre, un bon comédien se fera toujours remarquer face à d’autres moins intéressants. Dont acte des réalisateurs de clips vidéo.

Le problème avec Dave Meyers c’est qu’il n’a rien compris au film de Robert Harmon.

THE HITCHER version 2007 n’est plus qu’une version dégrossie, même pas générique. Tout cela cela renifle fortement le fennec pris dans le piège de l’opération commerciale. On reprend grosso merdo l’histoire de la version 1986, avec un John Ryder prêt à terrorifier n’importe quel conducteur (et non pas –trice, j’insiste, vous allez comprendre pourquoi). On amène une nouvelle direction du personnage féminin, sinon le repompage de scénario serait trop flagrant. Au lieu d’être une employée de snack, elle devient la petite amie du conducteur. C’est à ce moment-là que nous nous disons que si l’adaptation ne consiste qu’à décaler des détails scénaristiques, le film va vite se délaver. Et ça ne manque pas. L’histoire suit quasiment point par point l’original sans jamais nous affoler le palpitant. L’une des principales raisons étant qu’ils ont remplacé Rutger Hauer par Arlette Chabot. Oui, oui, c’est bien elle qui incarne John Ryder. En tout cas, si ce n’est pas elle c’est quelqu’un qui a autant de charisme que notre débatteuse politique parce que j’y ai vraiment cru. On a beau blâmer Rutger Hauer après tout les mauvais films dans lesquels il a tourné, quand on regarde THE HITCHER, il se pose là (non, pas là, juste un peu plus loin) niveau présence !

Le film de Dave Meyers se résume à une seule et unique chose : le recopiage comme palliatif à l’ingérence. Et comme les producteurs sentent le bon coup, ils font pression sur lui pour mettre le paquet sur les scènes d’action (cela se mesure par le peu de soin avec lequel les scènes de dialogues sont traitées). Et alors là c’est complètement raté. Pas vraiment de quoi nous en mettre plein la vue. Qui plus est, nous sommes encore dans le plagiat éhonté jusque dans la scène d’écartelage, qui aurait gagné à nous surprendre par une pratique encore plus vicieuse. Mais l’un des deux hémisphères du cerveau de Dave Meyers court-circuite l’autre… Si bien qu’il commet dans cette scène l’erreur qui révèle l’essence même du sujet à côté duquel il est passé. C’est en mettant Arlette Chabot à la place de Jennifer Jason Leigh dans le rôle de la démembrée, que Dave Meyers trahit ses véritables intentions. En effet, là où la chasse était vécue dans THE HITCHER de Harmon comme l’affrontement du double chez le mâle, aujourd’hui ce thème n’existe absolument plus. C’est pourtant le seul fil qui sous-tend le film de bout en bout. Car si l’on y regarde de plus près, avec Rutger Hauer, THE HITCHER est un film qui prend plaisir dans la dualité complémentaire (il est basé sur le désir d’unité). C’est pour cela que notre bon hollandais ne tue pas C. Thomas Howell dès qu’il le peut. Tout n’est qu’une question de virilité. Affrontement du chat et de la souris où chacun a sa chance. C’est là où le personnage de John Ryder est diaboliquement retors puisqu’il force sa proie à admettre que rien ne peut les différencier que la force ou la faiblesse, mais qu’au final tous deux ont les mêmes instincts. Ce faisant, il manque dans la nouvelle version cette scène clé où Rutger Haurer faisait face à C. Thomas Howell dans le restaurant tenu par Jennifer Jason Leigh. Tout le film est expliqué dans cette scène. Ne même pas l’avoir retenu prouve une nouvelle fois que le réalisateur a privilégié l’action et est donc passé à côté de son sujet.

Nous pouvons préférer nous en tartiner l’œil avec du beurre demi-sel.

            L’exposition « The air is on fire » consacrée à David Lynch se tient à la fondation Cartier, et ce jusqu’au 27 mai 2007. C’est l’occasion de s’apercevoir à quel point le monde de cet artiste est riche et absolument cohérent de bout en bout. Que ce soit dans ses peintures, ses films, ses photographies ou ses dessins, il est intéressant de constater à quel point Lynch arrive à extraire de son inconscient des formes brutes sensées, là où d’autres auraient essayé de représenter leur ressenti du tumulte. Que du bonheur.

Mais cette exposition est aussi l’occasion de rendre compte de l’ascendant des post-jungiens sur les post-freudiens. « The air is on fire » rend bien compte du schéma légèrement caricatural qui oppose les seconds (qui croient que tout est dépendant de tout, c'est-à-dire que chaque représentation artistique peut s’expliquer par la trace du vécu) aux premiers (qui croient plutôt que tout art définit une personne). De ce point de vue jungien, David Lynch me ramène à ma situation de simple citoyen. Il est l’une des personnes qui ont contribué, dans mon enfance et encore plus dans mon adolescence, à faire de ma vie ce qu’elle est aujourd’hui. Ma reconnaissance est éternelle envers David Lynch, Stanley Kubrick, Steve McQueen, Bertrand Blier, Louis de Funès et de nombreux d’autres. Ce sont pour moi des personnes plus importantes que Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy. Voilà pourquoi je ne voterai pas le 6 mai 2007. « La décision appartient au réel. » Euh… Louis Jouvet ? Non. Franck Provost !

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Jeudi 26 avril 2007

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par MAYDRICK publié dans : LANTERNE MAGIQUE
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