Ce serait une nouvelle phrase, faite de mots nouveaux, jamais employés. Quelque chose qui sonnerait en dehors des clichés. Il y aurait beaucoup de monde pour y assister. Les chrysanthèmes de MAN CHENG JIN DAI HUANG JIN JIA. Un show définitif qui n’aurait sa place nulle part si ce n’est sous les couverts de mon cœur.
Les mots sont toujours posthumes.
Nous ne les employons que trop tard ; nous ne les comprenons qu’à moitié.
Ce serait une nouveauté universelle. Née des cicatrices du passé. Plus qu’une sensation de déjà vu, la formidable conviction qu’il s’agirait de moi dont on serait en train de parler. Difficile distanciation.
Ce serait une rencontre sur une chanson triste qui ressasserait ton prénom toutes les cinq secondes. La douleur ferait ressurgir les bouteilles à la mer de mes jeunes années. Je me serais enfui en espérant que quelqu’un parte à ma recherche. A cette différence près qu’il n’y a qu’au cinéma que l’on prête attention aux délaissés.
La cocaïne n’est qu’une béquille.
Ce serait assez beau pour vouloir continuer à pleurer. Assez nostalgique pour raviver ce qui s’était éteint. Dans chaque silence, dans chaque mot, dans chaque regard, il y aurait une interprétation possible sur le sens de ma vie. Nous parlerions d’idéal. Et cette jeune fille serait blonde, juste assez fine pour que son corps épouse la forme de mes bras qui l’enserrent. Sa froideur m’éblouirait puisque je l’assimilerais à de l’assurance. Je me laisserais dériver par la solitude de ses coups d’œil. La musique aurait poursuivi son refrain lancinant jusqu’à ce moment. Le rythme se serait élevé, exaltant tout sentiment affectif, me propulsant physiquement à la verticale, face au ciel, le dos courbé en arrière, 15 G dans ma face. Heureusement qu’elle sauverait pas mal de choses de sa simple présence. Une réaction à propos, des yeux qui en disent plus qu’il n’est nécessaire d’en rajouter, une présence toute en émoi. Beaucoup d’émotion dans les pleurs, beaucoup de rage, beaucoup de rigueur pour ne pas laisser paraître plus qu’il n’en faut, beaucoup de talent. Au contraire de son père, pourtant distingué lui aussi et qui fera, sans aucun doute, l’objet de poursuites de la part du B.V.R. Jamais il ne lui arrivera à la hauteur car il ne possède ni l’instinct ni la technique nécessaires à la charge du rôle. Pourtant le plus intéressant. Celui n’aura jamais attiré la suspicion sur lui, encore aurait-il fallu que ce soit par le masque du mensonge et non pas par son inconsistance. Il ne saurait être plus qu’effacé, convenu, superficiel pour toute motivation d’ordre émotionnel et même complètement faux (lors de la scène du repas où sa fille se serait mise à fondre en larmes). Dénonciation de tous ces commentaires qui le porteraient au pinacle. Syndrome apparemment inévitable de celui que l’on loue parce qu’il change de registre et ne fait plus ce que l’on était en droit d’attendre de lui. Encore faudrait-il qu’il le fasse bien. La mère est toute aussi effacée mais vous aurez alors tout le temps de regarder la vraie différence entre celui qui compose et celle qui ressent.
Ce serait une histoire pas tout à fait crédible. Une qui oublierait la cohésion fictive du réalisateur au public. Une de celles dont nous serions en droit d’attendre des réponses qui jamais ne viendraient. Uniquement celles choisies par ce metteur en scène. Ce que je détesterais serait la trop grande liberté de tout expliquer.
- Pourquoi cette fille serait-elle si attachée à son frère ?
- Mais parce qu’ils seraient jumeaux !
- Et pourquoi n’auraient pas pu se joindre par téléphone alors qu’elle était en vacances ?
- Mais parce qu’elle serait partie à l’étranger !
- Et pourquoi qu’aucun des amis de son frère ou de sa famille ne lui aurait dit la vérité ?
- Mais parce qu’on dirait que sa famille serait très loin et qu’elle ne côtoierait pas les amis de son frère !
- Oui, mais alors à quoi rimerait son histoire d’amour avec ce garçon qu’elle rencontre ?
- Mais parce qu’un film sans histoire d’amour cela n’aurait aucune chance de marcher !
- D’accord, mais pourquoi tout expliquer à la fin ?
- Mais parce qu’il n’est pas question de frustrer le public si l’on veut profiter du bouche à oreille !
- Si tu veux, mais alors donc pourquoi elle trouverait des mois plus tard la guitare de son frère dans la voiture de ses parents, qui auraient donc oublié de la cacher des mois durant ?
- C’est bon, tu m’as saoulé !
- Oui, mais…
- Ta gueule, j’te dis. Je peux plus te saquer !
Etrange impression que démentirait paradoxalement la sincérité des protagonistes.
Ce serait un film un peu mal foutu, sublime dans son premier jet et affreux dans ses pires concessions.
Ce serait une rhapsodie rassemblant des cadres très travaillés, avec une insistance sur la profondeur de champs particulièrement voluptueuse. Ce serait une jolie promenade parfois un peu longue, un peu caricaturale (avec le personnel hospitalier), souvent prête à jouer la carte de l’émotion facile, mais toujours scrupuleuse d’acuité lorsqu’elle s’attache aux dimensions schizophrènes des deux personnages principaux, voire au désespoir non épanché du petit ami.
Ce serait une parenthèse qui s’approprie un nos vies comme l’on pourrait s’approprier la phrase d’un auteur. Ce serait un souvenir qui nous rappelle tout l’amour que l’on nous porte, ce serait une caresse pendant que nous dormons, ce serait un chemin parallèle à la fois surréaliste et suicidaire. Lorsque le bon je mélange avec le mauvais… Je rouvre un instant le rideau de mes yeux. C’est tout pareil dehors ; tout n’est qu’amalgame. A part ça, JE VAIS BIEN, NE T’EN FAIS PAS.
C’était le mardi 13 mars 2007 à 18 heures 30, au théâtre du Rond-Point. Il était question du spectacle de François Morel et Jean-Michel Ribes : « Collection particulière ». Je n’avais rien à perdre. De toute façon, un théâtre dont la mascotte est une bite qui marche ne pouvait m’apparaître que foncièrement sympathique.
Le lieu était absolument formidable. Accueillant. Spacieux. Classe. Confortable. La scène de la salle Renaud-Barrault était énorme. Enfin de la démesure ! Accompagné au piano par Reinhardt Wagner (compositeur de toutes les musiques sauf deux), François Morel chantait et nous faisait rire sans discontinuer. Il avait évité le piège du récital, qui eut donné au spectacle un côté cérémonieux et guindé, toujours source d’ennui. C’est, en fait, grâce à un subtil mélange de chansons et d’intermèdes loufoques ou absurdes écrits par Jean-Michel Ribes que ce moment cherchait constamment la surprise comique par effet de rupture. Une vraie poésie émanait de ces textes et de l’œil malicieux de ces deux hommes en scène.
Le rire ce n’est que de la rupture. Soit vous anticipez soit vous optez pour le non conventionnel.
C’était beau dès le début avec cette scène plongée dans le noir et ce piano dont les contours se dessinaient peu à peu par une guirlande lumineuse. Nous nous serions crus au générique de début de PREPAREZ VOS MOUCHOIRS. C’était parti pour 80 minutes toniques et colorées. Les textes, écrits par François Morel, étaient délicieux de poésie et d’humour mêlés. Ils taquinaient l’élégance des mots et la douce désinvolture du comédien dans un ballet à peine forcé de folie douce. C’était tout le temps à la limite. A la limite d’être trop explicite, à la limite du cabotinage, à la limite de la cruauté. Et c’était pour cela que ça marchait. Le respect de l’esprit. Intelligence de la petite note. Vous savez, celle qui décrit la justesse de ton. Une veste de costume pour situer, un éclairage pour renforcer une ambiance, un petit pas de côté pour figurer. Rien de plus. C’était de la simplicité que se forgeait le monde décalé et un peu paradoxal dans lequel ils évoluaient.
C’était jusqu’au 14 avril 2007.
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WONDERLAND de Michael Winterbottom est un film avec lequel je vis. Toujours nous accompagnent de brefs instants de films qui nous ont marqués. Encore aujourd’hui je me sens investi par cette dernière scène de DONNIE DARKO où Jena Malone et Scotty Leavenworth font un signe de la main à la famille de Jake Gyllenhaal. L’une des scènes les plus émouvantes de tout le cinéma mondial. Quelque chose de terriblement universel et quasiment viscéral me rappelle aux relations de mon quotidien. Sûrement la scène qui en dit le plus sur nos liens tacites. Nous sommes secrètement liés. Vérité qui vient conforter l’affirmation de Christian Slater, qui constate dans PUMP UP THE VOLUME que nous sommes seuls. Tout le temps seuls. Nous vivons et nous mourons seuls. So be it.
WONDERLAND est le huitième film de Michael Winterbottom. Il se situe donc pile poil au milieu de sa filmographie actuelle. Voici vraiment un cinéaste que j’aime suivre, oublier, retrouver, redécouvrir tant son éclectisme est une marque formelle de son esprit d’initiative. Il ose donc énormément de choses et c’est toujours agréable de se laisser surprendre par ses axes de mise en scène. A part ses deux premiers films, j’ai vu tous ses longs métrages et tous (à part WITH OR WITHOUT YOU) sont dignes d’intérêt. Mais il reste tout de même le réalisateur de deux chefs-d’œuvre : ce WONDERLAND, donc, et surtout GO NOW qui date déjà de 1995 et encore scandaleusement introuvable en DVD. Pour WONDERLAND, comme souvent, Winterbottom réunit des éléments qui me feraient faire une syncope venant de n’importe quel autre réalisateur. Et cela marche à chaque fois. Comme quoi, dogmatisme et cinématographie ne sont que des archétypes de marketing. Eh oui, il est tout à fait possible de faire un bon film avec de la vidéo ! Parce que le talent c’est aussi ne pas se foutre de la gueule de ses clients. Et le Winterbottom, s’il y a bien une chose qu’il ne méprise pas c’est son public. Alors il la soigne son image. Il prend du temps sur son étalonnage pour qu’il ne soit pas trop alambiqué. Il ne rechigne pas à retravailler son image pour éviter un aspect brut de décoffrage. C’est ici que se joue toute la différence avec pépé qui fait son petit film bien tranquille dans son garage et le talentueux artiste qui signe son œuvre. Ce n’est pas parce que l’on peut assimiler l’image vidéo à une cassette de vacances que Winterbottom laisse son image telle quelle. Non, il y a toujours une idée derrière. Même pour 9 SONGS c’est travaillé ! Et niveau taf, accrochez-vous. Parce que ça vous balance d’entrée un beau grain bien présent qui donne de la profondeur à l’image et même une gravité à l’ensemble. C’est cru et enjôleur. C’est la description frontale de son WONDERLAND. Le pays des merveilles assimilé au quotidien grotesque ou futile, mais jamais sordide. Parce que celui d’Alice c’est le même. C’est celui qui est cruel, incompréhensible, qui vous pourchasse, vous malmène, vous abîme, qui est injuste, qui se trompe, mais qui est plein de rêves. Plein de rêves prêts à être cueillis. Parce qu’au travers du miroir, quand la réalité s’inverse, vos désirs restent les mêmes : réalisables.
Finalement, personne n’avait dit que tout serait facile.
Et puis j’entends ce son. Magnifique !!! Absolument pas chargé comme les sons de la vie réelle. C’est sec. Parfois légèrement étouffé. Mais toujours limpide et précis. Là, je ne sais pas comment s’est effectuée la prise de son mais, putain, comment sa claque sa race, comme dit le poète.
Mentionnons enfin que WONDERLAND est un film chorale. Oui, je sais, moi-même je ne sais pas comment Winterbottom fait pour accumuler tout ça et finir par faire un chef-d’œuvre organique. Je n’aime pas ce genre-là, mais ne disons pas trop de mal car dans le tas il faut tout de même sauver le soldat Ryan. Non ! Ce n’est pas du tout ce que je voulais écrire ! Je voulais dire qu’il faut sauver SHORT CUTS et, bien évidemment, THE SAFETY OF OBJECTS. WONDERLAND est nettement le plus réussi du genre. Michael Winterbottom comprend une chose essentielle : le film n’œuvre pas pour la résolution de chaque petites histoires (c’est d’ailleurs pour cela que certaines problématiques resteront en suspend à la fin), mais c’est chaque épisode qui confère une valeur au film. Partant de là, il devient évident que le rythme doit acquérir une dynamique globale et non interne. Ce n’est pas parce que chaque scène fonctionne séparément que l’unité du film se bâtit. Evidemment, le but est plus compliqué car il faut avoir une vision d’ensemble, beaucoup plus difficile à obtenir que la preuve du moniteur sur lequel le réalisateur constate si la scène fonctionne ou non. Pour s’aider, Winterbottom a recours à la musique. Ce n’est plus ou moins qu’une partition. D’ailleurs, cela ne change pas véritablement des autres films, qui doivent être montés de la même manière. Grâce au talent de Michael Nyman, il fait varier les modes en soulignant les drames intérieurs, en étirant les tensions, en donnant d’autres sens aux indices scéniques etc. La musique sert de lien. Elle sédimente des actions qui pourraient paraître indépendantes les unes des autres. Au final, WONDERLAND tend vers une ouverture du monde de chacun. La découverte de l’autre face du Wonderland. Comment trouver les merveilles au milieu de ce monde trompeur et désorganisant ? WONDERLAND est un film qui décèle et valorise plus qu’aucun autre film les qualités et les défauts de ses personnages.
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Eussiez-vous connu Debbie Isitt que je ne vous aurais pas conseillé son dernier film : CONFETTI. L’histoire ne saurait être autre que d’une platitude prémâchée. Le niveau des dialogues ne pourra se définir que par une déclivité constante. Que je soulignasse l’honnêteté avec laquelle la nudité est filmée, c'est-à-dire des naturistes filmés comme s’ils étaient habillés, sans trésors de mise en scène pour cacher ce qui est inconvenant, et il ne me resterait rien à défendre. Attendu. Sans originalité. Fadeur de la construction sous toutes ses formes. Mais pourquoi parlent-ils tous dans le vide ?
Jean-Claude Brisseau n’est certainement pas le cinéaste français qui m’impressionne le plus.
Je m’ennuie même assez fermement devant L’ANGE NOIR, CELINE ou CHOSES SECRETES. Seuls NOCE BLANCHE et DE BRUIT ET DE FUREUR sont, pour moi, scellés du sceau de la réussite du début à la fin. Sa manière de fuir l’ostentatoire m’a toujours freiné lorsqu’elle devenait un continuum ascétique sur la difficulté d’être cinéaste en France. C’est par son refus de faire du cinéma bourgeois qu’il m’attirait et c’est par sa complaisance à souffrir à la tâche qu’il me rebutait. La pauvreté financière n’a pas de prise sur moi. Surtout quand l’on veut me faire croire qu’elle est à l’origine du succès ou de l’échec d’un film. Qu’elle soit cantonnée à l’arrière-plan ne me gêne pas, mais qu’elle surgisse dans ce qu’elle a de plus stupide, cela en devient très discourtois. Remarquez comme ses films sont bourrés de faux raccords plus que visibles. Risibles. Nous avons tous en tête cette scène de NOCE BLANCHE ou Vanessa Paradis sort de sa maison et ferme la porte, puis revient par la même porte grande ouverte. Dans LES ANGES EXTERMINATEURS nous pouvons aussi trouver une scène du même acabit où l’une des jeunes castées joue avec le vêtement qu’elle a sur les épaules. C’est plus que du flagrant délit, c’est de la provocation. A ce degré ce ne peut plus être une erreur, c’est de l’ingérence manifeste. Mais il y a une chose sur laquelle Brisseau ne pourra jamais tromper personne c’est sur la direction d’acteurs. LES ANGES EXTERMINATEURS prouve une fois de plus qu’il n’a jamais été doué pour cela (pas plus qu’il n’a jamais su utiliser la profondeur de champs). Pour moi, nous sommes très proches de la pesanteur bressonienne. Il faut sûrement y voir là l’une de ses influences.
Mis à part tout cela, LES ANGES EXTERMINATEURS est l’un de ses films les plus réussis. Les plus audacieux aussi. Pas au niveau de ce qu’il montre, plutôt au niveau de son principe artistique. Pour commencer, l’emploi des anges au sein de la réalité est extrêmement troublant. D’abord parce que la jeune Raphaële Godin est celle dont Brisseau a su le mieux rendre l’ambiguïté de sa présence et la puissance de son regard. Et ensuite parce ces apparitions apportent une insidieuse sensation de déstabilisation entre les véritables enjeux du film. Il existe une incertitude permanente autant chez Frédéric Van Den Driessche que chez les jeunes filles qui passent les essais avec lui. Qui plus est, renforcée par ces messages radiophoniques superflus. C’est étrange car nous pouvons remarquer que cet aspect non définitif est caractéristique de tout le cinéma de Brisseau. Je trouve cela énormément intéressant parce que très juste. Le doute n’intervient plus quand nous sommes certains de bien vouloir donner une signification aux choses, aux écrits, aux actes. Mais rien n’est définitif. Tout peut être contrebalancé par une autre vérité. C’est ici que se situe pour moi la vraie force de son cinéma, aux antipodes du manichéisme hollywoodien.
LES ANGES EXTERMINATEURS est un film dont le thème principal est le doute, l’indéfinition.
Un peu éparses, de jolies choses viennent égayer le film. La photographie est souvent bien au-delà des normales saisonnières auxquelles Brisseau nous avait habitués. Quelques plans larges pas cons du tout. Des plans-séquences judicieux. Et puis au milieu, bien sûr, des scènes catastrophiques comme celle dans le parc. Pas d’écriture, pas de mise en scène, pas de montage, pas de lumière, pas de jeu. Là, ça fait beaucoup !
LES ANGES EXTERMINATEURS est un film très intelligent. Il mêle un métier où la vérité des rapports est toujours difficile à dépister à une trop subtile émotion sexuelle. C’est en y incorporant des éléments de poésie pure que Jean-Claude Brisseau crée quelque chose de différent. Il cherche considérablement à élargir les possibilités émotives au sein d’un seul et même film. Sa réflexion est particulièrement à même de l’aider. C’est raté et réussi en même temps. Mais c’est beaucoup plus attrayant que nous avons pu l’entendre.
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La nazixploitation est un mouvement cinématographique à tendance majoritairement italienne, qui prit naissance dans les années 70 pour n’acquérir qu’un statut anecdotique de nos jours. Son origine se situationne dans LA CADUTA DEGLI DEI de Luchino Visconti, film qui n’avions alors rien à se reprocher de la philosophie malsaine qu’il allait engendrer. En fait, ce fut ILSA, SHE WOLF OF THE SS de Don Edmond, le premier à s’en réclamer et à définitivement lancer la mode. Toutes ces productions vont alors abondamment s’inspirer de trois grands films : SALO O LE 120 GIRONATE DI SODOMA de Pier Paolo Pasolini, SALON KITTY de Tinto Brass et IL PORTIERE DI NOTTE de Liliana Cavani. Il n’en fallait pas plus pour décomplexer ces œuvres nauséabondes qui ne chercheraient qu’à légitimer leurs intérêts dans une pseudo accusation du nazisme, mais qui ne souhaiterassaient réellement que surfer sur cet élan de sadisme, de provocation et de sexe. Mauvais goût avant tout. Le principe fûtes simple : il suffisait de mettre en scène des nazis, de préférence dans des camps de concentration, et de les laisser s’amuser avec ceux que le scénario désigna ouvertement comme étant leurs esclaves. La plupart du temps ils assouvissurent leurs fantasmes et leur barbarie avec des femmes prévues à cet effet. Les scénaristes se sont alors été laissés aller aux pires exactions et aux perversions les plus débridées.
Parmi ces objets filmiques, L’ULTIMA ORGIA DEL III REICH de Cesare Canevari arrivationne souvent en bonne position des meilleurs films du genre. Pauvre histoire d’un groupe d’officiers SS qui assouvitent leurs fantasmes et leur bestialité dans ce que l’on appelé une joy division. Rien de vraiment très choquant (femme jetée aux dobermans, pendue au milieu des rats mais qui sont en fait des gerbilles) dans cette mise en scène qui hévite de montrer trop d’atrocités. Seul un montage alerte et une bande son enlevée permiteraient de rendre le tout regardable. Mais rien ne peut faire oublier la vulgarité du propos.





