Je suis un imposteur.
Il est enfin temps que je vous révèle la proéminente vérité qui se cache pourtant maladroitement derrière celles que j’assène régulièrement par ici. Il est temps que vous sachiez exactement qui je suis, qui je défends, qui lorgne sur la récupération de vos idées inexploitées et pourquoi le Grand Stratéguerre est devenu plus charismatique au fil des années en vous offrant une liberté sponsorisée. La cape du Mal revêt toujours plus de classe que l’uniforme de travail du taciturne. Sympathy for the devil. Plonger dans A BRONX TALE pour les valeurs à défendre et la belle réflexion sur ce changement sociétal.
Eh bien ces valeurs-là sont de fausses valeurs. A contresens de l’élaboration de la société de demain. Ne m’écoutez pas. Ne m’écoutez plus.
J’avoue. L’éclair de génie n’est pas dans mes yeux. Où est-il alors ? J’ai bien une idée mais paraît qu’il y a déjà une fuite de
gaz… J’avoue : je ne connais rien en cinéma. Je m’y connais sûrement plus en fission nucléaire. Qu’à cela ne tienne, on peut très bien acquérir une crédibilité fictionnelle dans un
domaine que l’on ne maîtrise pas. Gérard Jugnot en sait quelque chose. Il n’empêche que moi, je n’ai pas d’avis. Ni même la moindre idée. Rien qui puisse appuyer un quelconque talent en matière
de déchiffrage du langage cinématographique. Je ne suis pas critique, je ne les aime pas car ils ne servent à rien. La preuve : aucun cursus scolaire ne prépare à le devenir. Ce sont des
ratés : ils ont raté comédien, ils ont raté réalisateur et pour finir ils ont raté écrivain. Et puis, franchement, qui parmi vous lit encore les critiques ? Mais pas les vraies
critiques indépendantes, non, je vous parle de celles que l’on trouve encore dans la presse traditionnelle ou de celles qui passent encore à la télévision, et qui sont à la solde de grands
groupes qui financent les films qu’ils doivent défendre. S’il y en a encore quelques-uns au travers de ces lignes, sachez que vous perdez un temps énorme. Cela a-t-il un réel impact bénéfique sur
vos choix cinématographiques ? Proportionnellement, que vous lisiez ou non les critiques, vous irez voir autant de bons films que de mauvais.
Une solution finale s’impose.
Mais nous pouvons toujours trouver pire qu’un critique : l’étudiant en cinéma. Non seulement il n’est pas encore désenchanté par son impossibilité future à devenir le sauveteur du cinéma français, mais il est plein de théories révolutionnaires. Il a généralement des idées très arrêtées sur la manière dont un film doit se faire et doit absolument les exposer à son entourage, au contraire du vrai réalisateur qui, lui, les met en images. Accessoirement, il se lave très peu, déteste la lumière du soleil et ne veut manger qu’après minuit. C’est vous dire son degré d’animosité.
Et moi je n’ai même pas suivi d’enseignement cinématographique. Personne ne m’a jamais rien appris. Pour moi, le cinéma est un monde extra-terrestre et j’assène des vérités avec intransigeance, que d’autres sauront trouver logiques à ma place.
La plupart du temps, tout le monde vous laisse tranquille avec votre façon de penser, votre envie de croire le monde autrement qu’il n’ait. Et puis, il y a un cycle qu’il faudrait élucider, mais une fois tous les 2 ou 3 ans un film vient poser problème et jeter la discorde entre ceux qui savent et ceux qui cherchent. Nous n’y pouvons rien, c’est cyclique. Le but d’un film comme BABEL est de faire admettre à des personnes comme moi que nous ne savons rien. C’est le genre de films qui dépassent le cadre de la salle de projection puisque la réflexion déborde sur le comportement et la manière dont doit se comporter le spectateur. BABEL est un film anti-cinématographique, par définition. Et moi je ne sais rien. D’accord.
Si l’on s’en tient à une pure question sociologique, alors je sais parfaitement pourquoi BABEL a obtenu un tel succès, pourquoi les effets à la mode sont des franchises comme le logo Nike devient un symbole fédérateur. Mais ce qui pousse à croire les spectateurs à avoir vu du cinéma et pire, les professionnels de la profession, à y déceler l’émergence d’un génie, jusqu’à la nomination aux oscars dans la catégorie du meilleur film, là, non, je m’incline et j’avoue que je ne sais rien du cinéma et que sa véritable essence ne s’apprend pas.
D’abord, c’est faux. Le cinéma s’apprend. Pas (uniquement) dans les livres (à bon entendeur, messieurs les étudiants dont je parlais plus haut). Et non seulement, ceux qui le font doivent l’apprendre, mais aussi ceux qui le regardent. La démarche reste toutefois sensiblement différente. L’œil du spectateur peut s’éduquer. Or, BABEL est typiquement le genre de films qui déconstruisent tout ce travail.
C’est un film qui croît être une véritable ode lyrique et charnelle au cinéma alors qu’il en affiche une haine virulente.
Alejandro Gonzalez Iñarritu nous le connaissions déjà pour avoir commis les insipides AMORES PERROS et 21 GRAMS. Comparé avec tout le tapage que ces films ont amené, sa réputation est donc on ne peut plus surfaite puisque, à bien y regarder, ses films sont complètement dénués de sens, d’idées, de consistance. Tout au plus pouvons-nous saluer une certaine forme de cinéma, une qualité très kraspek pour la photo, une décontraction narrative assez belle et encore deux ou trois choses à sauver. Mais que de la technique. C’est pour cela que ses films restent très superficiels, effleurant leurs sujets avec une maniaquerie maladive, et souffrent de ne pouvoir aller plus loin dans la profondeur des tourments humains. Car il y avait pourtant de quoi faire avec BABEL (notamment ce couple en difficulté dont la femme va prendre une balle perdue en plein corps). Et le pire c’est que toute l’originalité technique des précédents films d’Iñarritu n’existe plus ici. Seule la photographie reste à peu près la même, mais alors qu’elle pouvait intégralement se justifier dans AMORES PERROS et 21 GRAMS, elle pose ici question la majeure partie du film. De plus, BABEL est affreusement chronologique ce qui en fait un film chorale dont le principe, je le rappelle, est le même que celui de « Santa Barbara » : nous suivons une histoire, puis une autre, nous revenons sur la première puis sur la suivante etc. Dans BABEL il n’y a que trois histoires mais peu importe, Iñarritu choisit la théorie du cercle infini et racole au dernier degré. Personne plus qu’Iñarritu ne saurait revendiquer le concept de proxénétisme cinématographique, dernier degré du C.L.C.
Mais Brad Pitt, quand même, il ne va pas nous dire qu’il joue mal ?! Putain, c’est quand même Brad Pitt !!! Oui, c’est vrai que niveau direction d’acteurs Iñarritu les guide vers des intériorités chargées de vécu. Lourdes mais sèches. Car lorsque le propos à défendre n’est pas à la hauteur des moyens mis en œuvre, l’émotion ne se diffuse qu’avec une probabilité bien peu souveraine. Technique, une fois de plus. Tous justes, Cate Blanchett et Rinko Kikuchi premières de lignée. Mais que tout cela est vain ! Comme d’habitude chez Iñarritu, les histoires se plaisent à s’étoffer, amenant leurs parts d’inconnu, de passé comme origine conflictuelle et de pseudo réflexion sur l’universalité. Faire de 21 GRAMS le titre d’un film en analogie avec son caractère anecdotique, il fallait oser ! Mais BABEL, c’est exactement la même chose. Car quel en est le véritable sujet ? La grande et belle idée ? Le mythe de la tour, celle-là même qui fut à l’origine de la division des peuples par les différentes langues que l’Eternel leur imposa. C’est donc cela ces personnes qui n’arrivent qu’à détruire parce qu’ils ne parlent pas la même langue ? Autant de bruit pour dire que personne ne peut rien construire quand il y a incompréhension ? 25 millions de dollars pour souligner l’importance de la communication et de l’interprétation ? Tout ça pour dire qu’il y aurait moins de guerres si les hommes essayaient de se comprendre, s’ils essayaient de ne pas se montrer plus arrogants qu’ils ne le sont et s’il promettaient de ne plus jamais rien fabriquer en formica parce que rien que d’y penser c’est déjà sacrément angoissant ? Quand on pense qu’il suffirait de donner à ces gens-là un translateur pour qu’ils n’aient plus de problème ! Peut-être que le grand talent d’Iñarritu est de nous avoir montré que l’avenir de la guerre sur Terre ne tient qu’à un petit objet rempli de microprocesseurs qui connaît la traduction de chaque mot en n’importe quelle langue !
D’accord, c’est vrai que je n’y connais rien en interprétation biblique mais Iñarritu ne s’y connaît pas plus en psychologie humaine.
Pas d’exploration en profondeur. Nous restons dans le superficiel. Qui n’aimerait pas aller vers une mise en avant de ce que reproche Cate Blanchett à Brad Pitt ? Qui
n’aimerait pas entendre les mots qui font mal, la manière dont Brad Pitt chercherait à les apaiser ou encore des injures cinglantes qui le déstabiliseraient comme un coup de fouet ? Iñarritu
ne sait pas faire et opte plutôt pour l’enrobage formel afin de déporter l’attention.
C’est la grande théorie Bonapartienne : « Je ne peux pas gagner, mais je ne veux pas perdre ». C’est
dommage, certes, mais le style n’a jamais effacé complètement le manque de nature. Dans BABEL, tout au plus a-t-il pu donner un intérêt là où il n’y aurait pu y avoir qu’un
gouffre d’ennui. Nous avions déjà vu cela appliqué par d’autres cinéastes, dont David Fincher est pour moi le chef de file. Mais enfin, comment peut-on faire croire que le cinéma se limite à
flatter le public en lui donnant ce qu’il attend ? Car il est bien là le nerf de la guerre, non ? BABEL n’est qu’une accumulation de scènes qui ont pour but de
rechercher la sympathie du public, de lui faire croire qu’il est plein de sentiments bons et bienveillants et qu’il sort grandi de ce film en demeurant persuadé que son regard sur l’autre vient
de changer. Non, nous n’avons pas à déconsidérer les personnes muettes, ce sont des personnes aussi respectables que nous. Nous n’avons pas à les regarder de travers et ceux qui le font ne sont
que d’infâmes égoïstes. Montrons un peu de compassion pour ces enfants que l’on abandonne en plein désert. Et cætera. Pleins de bons sentiments et des leçons sur les différences à gommer. A mon
avis, c’est toujours suspect les personnes qui ont un discours moralisateur. Parce qu’ils soulignent précisément ce qui demande à ne pas l’être, ce qui ne demande qu’à être considéré comme un
tout de la norme. Mais montrer du doigt revient à affirmer une différence. C’est pas joli-joli pour un film qui se veut humaniste. Comme c’est facile de rechercher les larmes et de faire croire à
celui qui regarde que ses sentiments sont grands et nobles !
Moi qui ne connais rien à rien, je veux bien accepter que je ne sache pas, je veux bien convenir qu’il y a parfois de nouvelles portes qui s’ouvrent et que la lumière n’est pas toujours signe de nouveauté, je veux bien me poser en apprenti, je veux bien tout recommencer à zéro, je veux bien vous expliquer en justifiant que le fait que je n’aime pas soit la preuve que je ne sais rien, je veux bien tout ce que vous voulez mais il faut m’expliquer. Et il va me falloir de la précision ! Pas comme la plupart des critiques qui écrivent c’est bon ou c’est mauvais et qui vous laisse chercher des arguments ailleurs.
Marre des réalisateurs qui ne font pas leur travail ! Marre des réalisateurs qui ne peuvent pas aligner la moindre idée dans un plan, qui n’ont pas le moindre sens esthétique de composition du cadre ! Marre des réalisateurs qui cherchent la larme à l’œil, qui attendrissent parce qu’ils ne peuvent pas émouvoir !
Autre manière un peu plus intelligente de concevoir une bataille : « La tour de Pise » de Diastème, mise en scène de l’auteur, à la Manufacture des Abbesses.
Vous ne le savez peut-être pas mais je vais très souvent voir des pièces de théâtre. La plupart du temps j’y vais pour voir et soutenir le travail d’amis comédiens ou metteurs en scène. Vous comprenez maintenant par quel souci de conserver ces quelques personnes triées sur le volet (qui ont la chance de faire partie des gens qui me connaissent, qui m’admirent et qui, surtout, continuent à parler d’Hissène Habré entre eux bien que celui-ci ne fasse plus la une de l’actualité) je ne vous parle jamais de ces pièces. Or, pour une fois, je vais me dérober à la règle.
« La tour de Pise » est avant tout un très beau texte de Diastème. Plein de poésie et d’un humour délicatement asséné, il sait se révéler propre à figurer les interrogations d’une jeune femme à un moment précis de sa vie, sans tomber dans la complexité littéraire qui aurait alourdi l’ensemble. C’est fin, subtil et riche des expériences de la vie, de celles qui vous font vous arrêter un instant pour vous foutre le vertige ou vous faire pousser des ailes. Le personnage incarné par Jeanne Rosa se trouve être dans la première solution. Elle est à un moment où…
En général, quand une personne est à un moment où, cela signifie pas mal de choses quant à son état intérieur.
On peut très bien passer sa vie en se laissant bercer par le doux cliquetis des jours qui se referment derrière soi. On peut très bien continuer à croire que l’on voit du cinéma, car 99,37 % des films ne sortent jamais de l’uniformité qui fonde autant de points de repère qui sécurisent. Jusqu’au moment où… Cette période de votre vie où il faut affronter une sorte de machine métaphysique sui se met en branle et qui menace de vous laisser dépérir si vous continuez votre surplace. Le rideau tombe pour laisser place à une jeune femme en équilibre précaire. La vie est une salope quand on s’aperçoit des instabilités qu’elle génère. Doutes, peurs, remises en question et image de soi. Finesse d’un texte qui aborde la difficulté de se jeter à l’eau. La peur du vide c’est une sorte d’accomplissement personnel, une tentative irraisonnée de s’allier à l’inconnu. Celui qui est à l’origine de la peur du fait de son mystère, de sa présence là-bas, dans le noir. Il n’y a pas de victoire à proprement parler, il y a juste une capacité ou non à faire face. Arrêter de se raccrocher, de se mettre des béquilles.
Diastème symbolise cette transformation en demandant à Jeanne Rosa de se dévêtir à des moments-clés de la pièce. C’est une
manière très fluorescente de saluer la progression de son personnage, de divulguer son passage, il n’empêche que le processus n’en reste pas moins efficace puisqu’il finit vers la voie de
l’apaisement, tout du moins de l’apprivoisement. Elle a gagné ses ailes.
Jeanne Rosa est une comédienne vraiment exceptionnelle. Elle trimballe un mélange de candeur et de fermeté psychique qui en font l’interprète idéale de ce texte tout le temps sujet à une interprétation personnelle. C’est pour cela que nous passons régulièrement d’une émotion à l’autre sans problème d’incompatibilité. Ses silences imposent des rythmes assez troublants quant à la qualité de son univers. Additionnés aux magnifiques lumières de Stéphane Baquet, le climat se veut avant tout celui de son héroïne. C’est beau, original, parfois oppressant, loufoque et très souvent drôle. Drôle à pleurer. Pleurer d’être drôle. Ce n’est finalement que l’histoire d’une jeune femme qui ne sera jamais qu’elle-même et qui découvre comment l’on s’affirme lorsque l’on saute et que le vertige devient ce grand cri tellement libérateur.
Non loin de là, au théâtre Mouffetard, « La femme coquelicot » de Noëlle Chätelet est une autre variation sur le principe de la comédienne seule en scène et face à elle-même. La mise en scène est signée Yann Le Gouic (si, si ! Je viens de me renseigner à l’Etat Civil et il paraît qu’il est tout à fait légal de porter un nom pareil).
« La femme coquelicot » est un texte très moralisateur, exagérément verbeux et même pas lol, qui voudrait réunir les spectateurs dans une grand messe du « nous sommes tous pareils, nous avons tous le droit à l’amour, peu importent nos âges ». Au contraire de « La tour de Pise » qui nous parle d’une femme cherchant à s’assumer, « La femme coquelicot » est le récit d’une femme qui se complaît dans une névrose amplifiée au cours des ans. Une femme amoureuse, certes, mais qui se comporte comme une r’ n’ bitch de 20 ans, prenant des poses érotico-graisseuses, frénétique dans sa passion, se comportant comme une vraie midinette et jouant la félicité comme si les ans n’avaient eu aucun impact sur elle. C’est du moins ce que Thérèse Roussel essaie de faire. Elle essaie de faire passer cette grande idée que les sentiments savent s’affranchir des années et qu’une femme âgée à autant le droit de vivre un grand amour. Démagogue, bien sûr, puisqu’au lieu d’affronter avec force arguments la question de l’âge et le discrédit des vieux sur les jeunes à l’heure actuelle, tout est ramené à une comparaison frustrée avec la jeunesse.
Trois responsables, trois coupables.
Noëlle Châtelet ne fait pas dans la demi-mesure. Ses idées sont un douteux éloge de la vieillesse qui cherche à effacer les rides inscrites sur le palmarès du corps, tout en embrigadant le spectateur dans un populisme écoeurant. Attention, grande leçon de tolérance en perspective ! Thérèse Roussel n’est pas en reste puisqu’elle ne joue pas plus son personnage que celle qu’elle aimerait être. Elle semble à l’aise et l’on sent l’expérience qui parle, malgré un début de pièce un peu faux sur quelques phrases. Ce n’est pas bien important. Le plus dégueulasse, c’est la mise en scène de Yann Le Gouic (vous êtes vraiment sûr pour ce nom ?) Nous sommes dans le conventionnel le plus balourd et aucun effort pour gommer la vile philosophie du texte. Au contraire, il en rajoute en exhibant sa comédienne comme une Virginie Ledoyen des magazines. Ce n’est pas la nudité qui est embarrassante. Loin de là. Ce serait même plutôt un joli risque qui manque à la platitude des 99,8 % des mises en scène parisiennes. Mais ici elle n’est pas nécessaire et devient une fausse bonne idée d’un metteur en scène qui croît se faire remarquer en jouant la carte du : « Vous avez vu jusqu’où je peux aller ? » En faut-il vraiment si peu pour émoustiller des esprits aussi puritains ? Pour en revenir à ce qui est inacceptable dans cette mise en scène, c’est l’exhibition, celle qui va dans le sens du texte. Thérèse Roussel semble comme en complet anachronisme, bizarrement en accord avec la génération 2000 qui ne cherche que de nouveaux moyens pour se montrer. L’idée n’est pas de demander à Yann Le Gouic de faire des contresens mais plutôt qu’il s’explique quand à ce qu’il a voulu mettre en valeur. Mais c’est parce que c’est dans le texte, monsieur ! Si c’est dans le texte, pourquoi ne pas plutôt faire une lecture ? C’est ce à quoi il m’a semblé assister.
Peu d’émotion à faire passer tant les phrases manquent de respiration, sont littéraires et dénuées de tout intérêt théâtral.
A Paris, tout cela est assez snob. Nous sommes dans l’hyper consensuel. Cela ne va pas déranger le public âgé du théâtre Mouffetard, peut-être même le flatter. Encore une fois, nous nageons dans une mer vide d’idées qui ne cherche qu’à nous épuiser par un manque flagrant d’artistique et un mouvement général qui nous entoure, nous enserre, nous étouffe, jusqu’à ce le manque de force nous fasse capituler. En ce qui me concerne, ce ne sera pas une défaite.




