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Les Américains c’est comme ça. Faut toujours qu’ils trouvent des ennemis planqués quelque part. Et même quand il n’y en a pas, ils trouvent toujours un pauvre pakistanais pour lui faire avouer qu’il était en fait un sale fourbe de taliban démuni à la solde du Grand Timonnier du IIIème Reich et frappez-le avant qu’il ait le temps d’ouvrir sa babouche.
Avant, c’était pratique. Il y avait la Guerre Froide. On l’appelait comme ça parce que les soviétiques voulaient d’abord la faire chez eux, là où il y a de la glace et une pelouse qu’ils appellent la toundra tellement on peut plus appeler ça de l’herbe. Avant tout, sachez qu’il y a trois règles à respecter si vous possédez un communiste chez vous :
1. Ne jamais lui faire fumer la toundra. C’est une sorte de beu qu’ils font pousser en l’arrosant avec de la vodka. Il devient alors sanguinaire et ne pense plus qu’à assassiner des projectionnistes avec force faucille et marteau.
2. Ne jamais lui verser de la vodka dessus. Sinon il active sa fonction « Boggle » et inverse automatiquement l’ordre des lettres qui composent les mots qu’il prononce ou écrit, se prenant par exemple pour un tsar au lieu d’une star. Fonction diablement difficile à déjouer au scrabble. Heureusement tout le monde sait que « tsar » c’est comme « wzurgx », ça débarrasse mais ça n’existe pas. Occasionnellement, il peut croire qu’il a déjà vu un film se passant il y a bien longtemps, dans une contrée lointaine, ou des rebelles cherchent à vaincre un dictateur puissant et cruel. Il essaiera de vous convaincre que le film s’appelle TSAR WARS.
3. Ne jamais lui donner à manger après minuit. Si vous passez outre cette règle, il peut arriver qu’il se transforme en soviétique qui doit placer « plan quinquennal » dans toutes ses phrases.
Les Américains pesèrent le pour et le contre : « -Oui, mais la glace c’est quand même confort pour les apéricubes. -D’accord, mais les hivers c’est plus vraiment des hivers chez les russes. Ca s’apparente plutôt à des glaciations post-jurassiques. » Finalement, jamais ils ne se déplacèrent si ce n’est pour voler un avion furtif nommé Firefox, dont ils ne purent jamais se servir puisque le nom était déjà déposé par un navigateur web. Et en Word, tu excelles ?
Donc, la Guerre Froide s’est bornée à cela : d’un côté les bons, de l’autre les méchants (faciles à reconnaître parce que tout rouges, et ayant un nom de famille se terminant par « -ine » tels Joseph Staline, Youri Gagarine, Vladimir Poutine, John Lénine, Ernest Borgnine, Renault Alpine…).
On rigolait bien et tout le monde disait : « Laisse tomber la neige, on fera les boules demain. » Et puis, quand tout le monde en a eu marre d’attendre que les autres viennent faire la guerre, les Américains décidèrent d’effacer l’éponge. En vrai, c’est surtout qu’ils étaient pas sûrs de pouvoir les péta, les soviets. Parce que là-bas, ils n’ont pas besoin de bombe à neutrons. Ils ont le gaz. Il leur suffisait d’ouvrir une vanne pour faire sauter la planète entière. En Irak, ils n’ont pas de gaz mais du pétrole. S’ils y foutaient le feu, les Ricains ne risquaient pas grand-chose. D’autant plus que le petit moustachu les narguait depuis un petit moment : « Les Russkoffs ils sont plus forts que vous ! Les Russkoffs ils sont plus forts que vous ! » Il n’en fallait pas moins pour qu’ils aillent lui faire tâter de la soupe de phalanges. Seulement après être allés vérifier en Irak que la véritable arme de destruction massive se trouvait plutôt chez eux (le tyran GWB se reconnaîtra), ils n’avaient plus personne à terrorifier.
Ce furent les Chinois qui leur causèrent leur nouvelle montée de grenadine (ce qui, combiné chez les femmes enceintes peut provoquer un cocktail assez savoureux). Juste avant les soviets, il y avait eu leurs voisins, les niakoués, qui leur avaient mis la carotte pas possible. Du coup, ils avaient une revanche à prendre avec les asiatiques.
Donc, dès le début, les Américains ils ne les aimaient pas les Chinois.
C’est normal, c’est parce qu’ils ne comprennent rien à leur langue. Essayez, vous verrez : il n’y a pas un seul mot de français ! Alors pour un Américain… Pire que tout, ces Chinois ils écrivent en codé avec pas des lettres de notre alphabet qu’on connaît. Non, non ! Des putains de sigles d’un autre temps qui rendaient déjà fous les égyptiens. Quand ils ont essayé de les déchiffrer ça les a rendu complètement déglingués de la tête. C’est pour cela qu’ils se sont mis à marcher de traviole. Ils sont forts ces putains de chinetoques ! Mais les Américains, on ne peut pas leur dissimuler trop longtemps que ce sont des cons. Parfois, il y en a un qui s’élève du lot, comme celui, il y a des années, qui avait révélé au peuple entier que les Chinois étaient en fait des espions communistes qui avaient trouvé le moyen ultime de paraître inaperçu en se faisant passer pour un peuple qui écrit d’abord et qui cherche une signification ensuite. Le bonhomme s’appelait Champollion. Il avait déjà fait le coup avec les hiéroglyphes, qu’il avait pu décrypter grâce à de la charcuterie. La rosette, qu’elle disait la maîtresse. Ce qui m’a toujours paru bizarre, mais comme c’était la maîtresse et qu’elle disait qu’elle continuerait à me caresser entre les jambes si je ne disais rien à personne… Quand ils ont compris ça, les Américains, nous nous sommes tous dit que pour les Chinois ça allait être carnaval dans leur slip. Et ça n’a pas tardé :
THE DEPARTED de Martin Scorsese.

« Quand on est cantonnais, on rit. Jaune » disait Lao Tseu lors de sa dernière interview accordée à Première (ou Psychologies, enfin un magazine qu’à des trucs à dire en tout cas). Et pour rire jaune, les Chinois ils en sont devenus tout en liège ! Le film l’annonce clairement : les prochains ennemis ce sont eux. Pourquoi ? Qu’ont-ils fait d’aussi terrible ? Réponse : ce sont des niakoués déguisés, on vient de vous le dire !!! Et puis les Américains vont quand même pas aller s’agiter le scud en Corée du Nord !
Amusons-nous donc à atomiser encore et toujours du rouge. THE DEPARTED rejoint directement MARNIE du gros Alfred. Marnie qui a peur du rouge c’est la morbidité psychique qui affecte Matt Damon et Leonardo Di Caprio. Les microprocesseurs sont ici substitués à la couleur. Le microprocesseur c’est le composant qui infiltre et grippe le système (Actifed se nomme ici Mark Wahlberg). Dérèglement de l’organisme. Décidément, nous retombons dans le cliché du petit asiatique sournois et pervers, qui semble dire oui à tout mais qui prépare silencieusement la révolution dans sa cave. C’est la même vision d’esprit étriquée qui fait que les Américains nous voient (nous, Français) comme des félons pro-musulmans. Exemples caractéristiques des idées qu’une nation tente d’imposer par sa culture, comme une seconde peau que l’on revêt pour partir au combat. Et se battre pour des idées est une vertu difficilement attaquable car premier degré. Il n’empêche que quand les choses sont si fortement ancrées chez un peuple, le raisonnement devient unilatéral. Pernicieux. Surtout lorsque la culture dudit peuple bénéficie d’un rayonnement international.
THE DEPARTED film de propagande comme l’était MARNIE ?
A vrai dire, non. Ici, ce n’est qu’anecdotique alors que c’était le principal thème sous-jacent dans le film d’Hitchcock. Toute cette introduction pour ça ! Parce qu’avant d’aller presser du chinetoque agrumeux, les Américains ont décidé de s’entretuer. Si THE DEPARTED se situe dans la continuité prosélytiste de MARNIE, il poursuit chronologiquement la vision pessimiste amorcée dès la fin de CIDADE DE DEUS. C’est le grand jeu du rapport coûte que coûte si j’ai bien compris ? Et le rapport avec MISS CONGENIALITY ?
Voilà pour le point de départ. Constat : tous les ingrédients de base sont réunis pour développer les thèmes chers à notre bon Martin. Ce qui va l’amener à se transcender car il faut bien dire que depuis CASINO, le père Scorsese ne forçait pas beaucoup son talent. Manque d’inspiration. Il est surtout un thème particulier que chérit Scorsese et qui peut faire assimiler THE DEPARTED à CASINO ou GOODFELLAS. Il s’agit de la dualité. La Mafia n’est qu’une vérité apparente. Mais le véritable lien est bel et bien la dualité. Et si vous comparez THE DEPARTED à CASINO ou GOODFELLAS, il doit en être de même pour d’autres films de sa filmographie tels AFTER HOURS, RAGING BULL ou encore CAPE FEAR. Et là où Scorsese s’est cette fois-ci surpassé c’est qu’il envisage la dualité de manière plus élargie. Il l’aborde par la thématique du mimétisme. Voilà le cœur du film. Scorsese parle de la même chose, mais différemment. Il se renouvelle.
D’un point de vue de la mise en scène, c’est clair comme du pipi de jeune fille.
D’abord par son casting. Il a réussi le tour de force de rendre Leonardo DiCaprio, Matt Damon et Mark Wahlberg totalement semblables physiquement. Le dernier aurait pu l’être encore plus si la coiffeuse ne l’avait pas affublé d’une coiffure ringarde à souhait. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. D’abord parce que je dis ce que je veux et que je vous emmerde, et d’autre part car je ne trouve pas que le différencier par la coiffure soit une mauvaise idée. Au contraire, Wahlberg étant le lien final entre les deux premiers, il était donc nécessaire que les DiCaprio et Damon soient plus proches encore. Juste que cette coiffure est en complète inadéquation avec le personnage. Oui, mais cela ne vaudra jamais ce que l’on trouve à cette adresse :
http://www.cled17.com/phpBB2/ftopic429.php
Puisque nous avons commencé à parler de Leonardo, ouvrons une parenthèse pour souligner que les mauvais jeux de mots eu égard son nom sont revenus en force, ornant les diverses critiques se prévalant d’une certaine forme d’humour. C’est en tout bien tout honneur, de la manière la plus décente et faisant preuve d’un peu de pitié à leur égard que je leur demande d’arrêter, que je leur demande d’arrêter, comme disait le poète. Comprendront-ils un jour qu’il n’y a rien de plus bête qu’un calembour ?! Quand on sait ce qui s’est passé en 1924... Fermons la parenthèse et revenons-en à Leonardo DiCaprio. Encore une fois impeccable et bien sûr exceptionnel. Il joue avec une vérité qui fait rendre la douleur sienne. Il joue tout ce qu’il y a à jouer sans en rajouter, et sa plus grande qualité est de pouvoir faire passer tout ce qu’il ne joue pas. Je parle ici des sentiments que ses mots ne peuvent trahir, comme lors de son premier entretien avec Martin Sheen et Mark Wahlberg, ou encore lorsqu’il se fait poser un plâtre et qu’il regarde l’infirmière de manière pluvieuse. Jack Nicholson est flamboyant, à l’instar de Daniel Day-Lewis dans GANGS OF NEW YORK, la comparaison étant inévitable tant ils semblent animés plus par des flammes que par des caractères humains. Et finalement, même Jacques Nicholson a une ressemblance avec le trio. Une ressemblance ultime, exagérée par l’âge (corroborée par la première métaphore mimétique du film : première scène où il usurpe la figure du père, autre thématique chère à Scorsese). Or, si Nicholson vit dans les flammes, Matt Damon y brûle. C’est le gros point négatif du film. Nous l’avions vu pas trop mal dans GOOD WILL HUNTING et puis c’est tout. L’avantage avec ce comédien c’est que si vous allez voir le film pour Noël, vous avez déjà la bûche. Nous avons beau essayer de chercher ce qu’il joue, nous nous heurtons toujours à une véritable non-compréhensite aigüe. Heureusement il ne déroge pas au théorême du comédien du bas de l’échelle, qui veut que tout mauvais comédien est un leurre. Un mauvais comédien, cela n’existe pas. Il n’y a que des comédiens mal dirigés. Et bien dirigé comme il l’a été sur le plateau de THE DEPARTED, Matt Damon s’en tire plutôt bien. Justesse mais grosses ficelles d’acting comparé à Leonardo DiCaprio. Passons maintenant à Mark Wahlberg. Alors là, je suis bien emmerdé. Ce genre de comédien boursouflé m’énerve au plus haut point. Je l’ai toujours vu dans des personnages arrogants, prétentieux et immoraux. Même si cela contredisait le script de départ (puisque je parle de son jeu évidemment). Rien de nouveau, vous l’aurez compris. Je viens de vous décrire son personnage, ce qu’il joue et ce que l’on ressent. Oui, ce que l’on ressent, tel un négatif de la fadeur Damonienne, il révèle une propension immense à mettre en évidence tous ses traits de caractére. Ils sont grossièrement dessinés, peu nombreux et point de subtilités. Passage en force, personnage entièrement cohérent, très drôle et très précis dans son anima. Et tout cela fonctionne, bien sûr ! L’harmonie du réalisateur, du film, de l’originalité stylistique et du comédien. D’ailleurs, il faut bien avouer que l’on se demande tout au long de THE DEPARTED pourquoi ce personnage est aussi poussé dans ses délires verbaux et ses confrontations physiques avec les autres protagonistes, et plus particulièrement Matt Damon et Leonardo DiCaprio. Tout simplement parce que son rôle est le plus ingrat du film. C’est évidemment la dernière scène du film qui nous révèle le mystère, et fait de Wahlberg le chaînon manquant qui confirme que le système est plus que pourri, mais cette fois-ci sur trois niveaux. Le parti et les flics, nous le savions, mais, tertio, voici l’homme qui agit, ce qui est pire que tout. Car si la distinction entre flics et mafieux tend à s’estomper tout au long du film, Mark Wahlberg clôt le discours de Scorsese par une figure encore plus immorale, encore plus pessimiste, encore plus définitive que tous les rebondissements. Quand chacun perd son identité et qu’il n’y a plus personne pour revendiquer et imposer légitimement les codes d’un groupe, il ne reste plus que l’homme face à sa petitesse et à ce qu’il croît juste. Mark Wahlberg sait que rien n’y personne n’endigue et ne pourra endiguer le fléau qu’il poursuit. Sa légitimité c’est la vérité qu’il a éprouvée à travers son métier. Il décide d’éliminer Matt Damon non pas parce que la justice n’a aucune preuve contre lui, encore moins parce que c’est un infiltré, mais parce qu’il est le seul à connaître et à pouvoir appliquer un simili de justice. Son rôle est donc bien le plus ingrat du film. C’est pour cela qu’il a été rehaussé par un caractère spécifique et des dialogues chiadés. Achèvement du mimétisme final où Mark Wahlberg reproduit ce en quoi il a toujours crû et qui ne peut lui donner raison par voie légale. DEATH WISH. Immoralité ? Etes-vous bien sûrs ? Scorsese n’est pas très sûr non plus, c’est pour cela que la question reste en suspend. D’ailleurs cette séquence de fin est propre à nous égarer. Nous pourrions effectivement croire que Wahlberg est (lui-aussi !) un infiltré, sentiment encore accrû par le rat final, image symbolique aussi maladroite qu’inutile car bis repetita. Oui, Scorsese nous balade volontairement sur la fin, mais (et c’est l’apanage des grands auteurs) il nous avait pourtant présenté la solution précédemment. Rappelez-vous cette réunion dans le bureau avec tous les flics qui préparent le grand coup qui verra (ou plutôt « devrait voir ») la chute de Nicholson. Mark Wahlberg est à côté d’Alec Baldwin. Voici que s’amène la mise en scène Scorsesienne dans ce qu’elle a de plus bluffant. Les plans isolent ces deux chefs qui font un énoncé de la situation, tout en usant de mots charmants alliés à une répartie dont chacun a le secret. Mimétisme ? Come again ! Par des mouvements circulaires transversaux en habile jeu de miroir, Scorsese notifie déjà qu’Alec Baldwin et Mark Wahlberg ne font qu’un. L’intégrité de Baldwin ne sera jamais mise en doute jusqu’à la fin (si toutefois personne n’a THE CAT IN THE HAT en tête !), ce qui justifie l’appartenance de Wahlberg. D’autant plus que ces mouvements de caméra n’ont d’existence que s’ils justifient les deux hommes qui se fondent l’un dans l’autre. Sinon cette figure de style n’aurait aucune raison d’être, sauf en tant que figure de style, qu’objet visuel, ce qui rendrait la mise en scène complètement artificielle.
A travers cet amalgame visuel, Scorsese cherche à créer un malaise dans l’indéfinition des rôles de chacun. Nous sommes constamment le cul entre deux chaises, en train de se demander quel est celui qui vaut mieux que l’autre. Scorsese joue avec notre confusion, aussi bien visuelle qu’intellectuelle.
Mimétisme et confusion.
Voilà les deux grands thèmes sur lesquels repose THE DEPARTED. Sans vouloir réduire le film à cela (THE DEPARTED est quand même riche de plein d’autres choses), Scorsese nous démontre que le cinéma ne tient pas à grand-chose, finalement. Deux grands thèmes qu’il met en scène de façon outrageusement lyrique, et puis c’est tout. C’est tout mais il faut tout de même parler du montage absolument virtuose, que l’on doit à Thelma Schoonmaker (ex-compagne du réalisateur Michael Powell et monteuse attitrée de Scorsese depuis RAGING BULL). Il est concis, abrupt, inattendu, armé de sous-entendus, imaginatif, tendu, haletant et sa plus grande qualité est d’anticiper constamment nos réactions. A une exception près : lorsque Leonardo DiCaprio menotte Matt Damon et qu’ils descendent en ascenseur, les plans insistants sur les numéros d’étages annoncent qu’il va se passer quelque chose à l’ouverture des portes. Téléphoné. Nous noterons aussi une scène d’interrogatoire aux champs/contrechamps un peu faibles. Mais tout cela se fond dans l’immense tourbillon de ces images qui crée un vertige pathologique aussi bien de beauté que de malaise. Exemple frappant : lorsque Jack Nicholson remet un dessin au prêtre qu’il accuse de pédophilie. Cut anticipé sur le dessin. C’est d’une beauté tellement excitante qu’elle nous donne envie de crier de rage. Cela contribue à cette impression constante d’avoir affaire à un film animal, et plus particulièrement félin à l’image des parties de cache-cache auxquelles se livrent Matt Damon et Leonardo DiCaprio.
La photographie de Michael Ballhaus renforce cette vague de lyrisme. Remarquez aussi les subtilités des costumes, mention spéciale à ceux de Jack Nicholson, caïd à l’aura démesurée mais adepte du mauvais goût. Et puis un peu de son aussi (ce qui est assez rare pour être souligné) avec des efforts particulièrement audibles concernant les bruits d’armes et de coups de feu, habituellement difficiles à contraster. Quand tous se liguent pour sublimer le film…
Note amusante : notre œil finement affûté aura remarqué qu’Alec Baldwin joue très mal au golf.
Si les règles du Kamoulox sont pour vous un jeu d’enfant et que vous vous sentez une âme de pédophile, ou que, plus humblement, vous aimez affronter ceux qui n’hésitent pas à donner des coups en dessous de la syntaxe, le magazine Panic est une nouvelle revue de cinéma bimestrielle que je vous recommande chaudement. D’abord car la publication a choisi un papier d’impression absolument sublime au toucher, et ensuite parce que l’on peut y trouver cette lumière dans le numéro d’octobre/novembre 2006 :
« Quand j’ai vu pour la première fois KIYOKO’S SITUATION de Mako Idemitsu, un film par une cinéaste japonaise (1989, 25 minutes), j’étais encore jeune et je pensais que ce film est un peu caricature la réalité d’une vie d’une femme. Mais après la marriage, j’ai tout à fait changé ce que je pensais avant. Car ce film raconte la vérité vraie. On pourra trouver Kiyoko dans le monde entier, une héroïne de ce film qui renonce son rêve de devenirune peintre a cause de la pression de marriage même encore aujourd‘hui. KIYOKO’S SITUATION, c’est mon histoire, peut-être votre histoire. »
J’ai volontairement retranscrit l’article à la faute près (sans corriger mais sans en rajouter) pour volontairement mettre en relief la phrase qui le suit et que je vous livre : « Ecrit en français ». Il y a une erreur de tricot dans le bonnet, vous l’aurez remarqué !
Vous pouvez aussi y trouver une analyse très précise (donc fabuleusement intéressante) sur un film qui n’en méritait pas tant : MIAMI VICE, et puis surtout un article de Jean-Baptiste Thoret, qui vous explique par A + B pourquoi INDIGENES est un film démagogue. Personne n’en a jamais aussi bien parlé. En tout cas, il révèle exactement tout ce que je pense du film et que j’aurais pu retranscrire par ici à la virgule près. Voilà ! Nous avons fini par trouver un critique qui n’a pas que des cheveux, là-haut !
Enfin, Panic nous révèle que le cinéma n’est « grand qu’à condition de rester populaire ». On applaudit le myopathe ! Myopathe, oui, mais des Panzani !
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