Novembre 2006
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Vendredi 3 novembre 2006

PERFUME : THE STORY OF A MURDERER            Je me suis décidé à aller voir PERFUME : THE STORY OF A MURDERER de Tom Tykwer un peu par hasard. A cause de cette irrépressible envie de voir du cinéma. Débarquer devant le cinéma le plus proche (la joie de ne pas avoir de carte illimitée !) et se laisser guider par l’affiche qui exquise le plus vos pupilles. Tu peux me rappeler quel dictionnaire donne une définition précise du verbe « exquiser » ? Après tout, pourquoi ne pas décider d’aller voir un film de cette façon ? Ce n’est pas plus bête que d’aller voir INDIGENES parce qu’il paraît que c’est un film utile. D’ailleurs, il n’existe pas vraiment de recette infaillible pour bien choisir un film. La plus viable reste encore de choisir en fonction du réalisateur (quoique… Gageons qu’il y a fort à perdre à donner son pécule pour le prochain Brian de Palma : THE BLACK DAHLIA). Et ça tombe bien parce que Tom Tykwer est dans mes petits papiers. Certes pas depuis le surestimé LOLA RENNT, mais plutôt grâce à son suivant : DER KRIEGER UND DIE KAISERIN. J’aime beaucoup certains de ses effets de style, notamment lorsqu’ils abuse de longs travellings afin de souligner ce qui se trame. Il a la qualité de savoir les accompagner d’une tension régulière qui emporte notre attention au sein d’un suspense marqué. Cela tient à l’accaparement du public comme Kubrick savait le faire. Chez Tom Tykwer la fonction est beaucoup plus hypnotique. C’est difficile à percevoir si vous n’avez que LOLA RENNT en tête. On le retrouve aussi chez Sergio Leone.

La distension du temps comme héritage du cinéma japonais.

Dans PERFUME : THE STORY OF A MURDERER Tykwer utilise encore ses recettes pour mettre en scène cette singulière histoire. Et c’est tant mieux car, connaissant la légende qui entoure le film, ce qu’il pouvait y avoir de pire c’est qu’un petit réalisateur (ou Ridley Scott) reprenne les rênes du roi Süskind et s’attelle à la tâche. Mot judicieux vu le réalisateur que l’on vient de citer. En effet, avec un tel matériau il fallait quelqu’un qui puisse apporter autre chose qu’une simple resucée visuelle du roman. Au cinéma le plus grand danger pour une adaptation est de rester fidèle à la forme littéraire de base. Même si cela est bien fait, ce n’est jamais vraiment très intéressant. L’exemple le plus populaire en est GONE WITH THE WIND. A ce moment, je préfère lire le bouquin. Euh… Moi, si j’ai le choix, je préfère quand même jouer aux Hippos Gloutons. Pour moi, une bonne adaptation cinématographique est une histoire qui part de l’essence même du livre, qui en élague tous les détails inutiles, refond la mise en scène dans une épopée picturale aussi riche que les possibilités imaginatives qu’offre le roman, et aboutit sur une nouvelle œuvre indépendante. C’est pour cela que je trouve toujours plus que stupides les comparaisons « livre et film ». Un film doit pouvoir fonctionner sans que l’on ait lu le livre ! Il n’y a bien qu’en cinéma que l’on fait cela. Est-ce que l’on juge une sculpture d’après son modèle ? Comme on dit chez moi : « On ne juge pas Fontaine d’après Bataille ».

A l’occasion de la sortie de PERFUME : A STORY OF A MURDERER, ce fut exactement la même chose que d’habitude. Toutes les critiques que j’ai lues ont invariablement ramené le film au livre. Moi, j’ai un gros avantage, c’est que je n’ai pas lu le roman original. Et ça, ça a une valeur énorme. Quand il s’agit d’un chef-d’œuvre s’entend. Quand il ne s’agit que d’un vulgaire roman de gare comme le « Tell no one » d’Harlan Coben (que Guillaume Canet a adapté au cinéma, et qui est sorti avant-hier), c’est plutôt un privilège que de connaître cette histoire même pas bien écrite, où l’on tourne la dernière page en sachant qu’on n’ira jamais dépenser un seul dollar d’euro si un idiot se charge d’en faire un film. En même temps, nous savons déjà que c’est Marie-Josée Croze qui a refroidi Guillaume Canet, d’où l’inutilité de se rendre en salles.

Parlons un peu du film. Qui est assez réussi, d’ailleurs. Assez réussi (dans le sens où il est vraiment très plaisant à suivre) car Tykwer arrive doucement à imposer son style, à coups de détails sans effets, d’univers où l’agencement des couleurs forme des compositions picturales élaborées, et puis de longues scènes hypnotiques. Et plus c’est long, plus c’est bon, comme dirait la jeune mariée. J’ai employé l’adverbe « doucement » car vous remarquerez comme il arrive à insinuer tout cela petit à petit. D’abord il faut dire que la reconstitution historique est vraiment superbe. La saleté, la puanteur, le climat, la pauvreté, les sentiments bêtes et méchants, tout contribue à donner une image assez crédible de ce qu’a pu être Paris à cette époque. La représentation des immondices est particulièrement édifiante tant l’hygiène semble être un mot qui n’a pas encore été inventé. - Quand on pense que le TOP 50, le questionnaire de Pivot et Larusso n’existaient pas encore ! - Oui, mais en même temps, ils ne connaissaient pas le fist-fucking ! - C’est vrai. La mise en scène de la misère est un peu plus simpliste. Cela se remarque à chaque fois que le propos s’installe dans une démonstration outrancière. Telle en est la naissance de Jean-Baptiste Grenouille. Le film n’a pas besoin de ces spectacles outrés qui cherchent à aller au plus profond de l’infect, du nauséabond, du dégueulasse, dans une recherche de heurt qui ne cherche qu’à préparer le terrain pour mieux nous attendrir. C’est ce qu’il se passe lorsque le bébé paraît et que sa mère l’abandonne au milieu des détritus. Si on ne cherche pas les pleurs, on dira qu’on ne l’a pas fait exprès ! On dirait du Lars Von Trier tellement la manipulation est grossière dans tout ce qu’elle a de plus putassier. Seulement il n’y a pas d’idée derrière cela. Je veux dire qu’à ce moment-là, la description est déjà figée. Le spectateur s’est déjà fait son impression sur Paris. Rien ne justifie l’ignominie de cette naissance. C’est un peu comme la scène de cannibalisme à la fin. Ratée, mais pour d’autres raisons. Elle ne repose effectivement que sur un choc narratif que Süskind a sûrement voulu encore plus élevé sur son échelle graduelle du sensationnel. Le problème vient en fait de la mise en scène. Nous avons beau nous repasser la scène dans tous les sens (soupirs exquis de la jeune mariée), elle ne fonctionne vraiment sous aucun point de vue. Je pense qu’elle doit déjà pas mal peiner dans le bouquin, mais ici Tom Tykwer ne prend même pas le soin de jouer la vérité finale. Ce geste que va avoir Jean-Baptiste Grenouille, ce n’est pas avec lui que nous avons le plus de mal, après tout, il n’y a pas d’idées stupides au cinéma, comme disait la jeune mariée. Euh, non ! C’est Kubrick cette fois-ci. Mais dans la cohésion fictive du réalisateur au public, personne ne marche car nous ne disposons pas de suffisamment d’éléments pour parvenir à recréer la justesse de la situation. Du cannibalisme ? Pourquoi pas ! Je ne vois pas pourquoi l’idée serait grotesque. La scène le devient car Tom Tykwer n’a pas réussi à nous montrer la fin de Jean-Baptiste Grenouille. Les sales charclos de l’époque se jettent sur lui. Plaquage. Mêlée. Et puis tout le monde se relève. Sauf JBG. Mangé ! Happé ! Oui, seulement au rugby, il y a de l’action, du mouvement, et à la fin le ballon sort de la mêlée. On a envie de voir la chair déchiquetée (alors, mon gars, tu voulais nous en montrer du bien dégueu tout à l’heure, voici l’occasion maintenant et tu n’y sautes même pas dessus ?), des cris de gens affamés, un corps qui se disloque et puis par-dessus tout : des os. Des vestiges. Cannibales, d’accord, mais les os ? Le détail qui tue. La cohésion fictive, bordel ! Le spectateur est prêt à tout croire, mais au final la vérité est dans son œil. Ce qui est rageant c’est que Tykwer s’ingénue à mettre en place son histoire pendant plus de deux heures et, au final, il semble caler sur une faute d’inattention, il détruit tout son film d’un simple claquement de doigts. Nous sommes en plein David Fincher, lui qui fait la même chose à la fin de quasiment tous ses films.

Tous les films de Fincher passent à un Twix d’être des chefs-d’œuvre.

Un peu plus tôt dans PERFUME : THE STORY OF A MURDERER, nous avions été heurtés par la scène d’orgie, sensiblement la même chose que celle dont nous venons de discourir. Scène très étrange qui ne fonctionne absolument pas. Et si je dis « étrange », c’est parce qu’elle est pourtant fort réussie, mais elle ne passe pas le support visuel. Là encore, le film souffre de tous les excès du livre. Ce n’est pas ce qui s’y passe qui me dérange. J’ai pour habitude croire que la vie est toujours plus horrible que tout ce que l’on pourrait nous faire croire au cinéma. Il n’y a qu’à regarder la rubrique « faits divers » et vous verrez que les scénaristes sont encore loin du compte. Mais le problème, c’est aussi beaucoup le spectateur, celui qui lit le journal en se disant : « Non, ce n’est pas possible ! Ce serait dans un film on n’y croirait pas ! ». Il est bien là le nerf de la guerre : quand c’est dans un film vous n’y croyez pas. La scène d’orgie dans PERFUME : THE STORY OF A MURDERER, je n’y crois pas, pas parce qu’elle n’est pas plausible (je rappelle que le cinéma n’est pas une histoire de crédibilité ; il y a bien des films avec des vampires, qui marchent à 100% !), non, je n’y crois pas car elle est hors du domaine narratif qui nous a été proposé jusque-là. Et cette fois-ci je ne pense pas que ce soit la faute de Süskind mais plus celle de Tykwer. Après tout, je me dis qu’avec tous ces éléments nous ne sommes plus dans quelque chose de très réaliste, mais aux portes d’un monde un peu plus étrange, peut-être plus caricatural, en tout cas certainement plus mystérieux, globalement fantastique. Fantastique, voilà. C’est exactement ce qu’aurait dû être PERFUME : THE STORY OF A MURDERER, une transposition d’une réalité un brin déformée où les bébés survivent au milieu des détritus, où les morts inexpliquées surgissent chez chaque personne que Jean-Baptiste Grenouille quitte, un don pour ce dernier qui est dans la veine de tout ce qu’il y a de plus fantastique, le même don qui va lui conférer un pouvoir fascinant capable de faire tout ce qui ne peut pas arriver dans une réalité connue, et enfin une mort aussi fantasque que l’aura été son destin. Jean-Baptiste Grenouille est d’ailleurs lui-même complètement en dehors de cette réalité du quotidien. Il vit dans le silence, la nuit, la nature, l’isolement, le mutisme. C’est un être qui n’a pas grand-chose d’humain. Aussi amoral que la nature, qui semble être sa vraie famille. Contraste étonnant avec le monde des humains où ce qu’il recherche (le parfum) est tout le contraire de quelque chose de naturel. Lorsque les deux mondes se confrontent… Exactement comme dans un film fantastique, donc. Il est ici possible de mentionner le LADYHAWKE de Richard Donner, exemple de script mélangeant avec beaucoup d’efficacité ces deux univers, sans jamais paraître grotesque. Et pour avoir recours au fantastique dans la mise en scène, pourquoi ne pas aller chercher vers quelque chose de plus baroque, voire de carrément abstrait (ce qui pouvait être sûrement plus efficace pour essayer de rendre les odeurs que le livre essaie de décrire. Cela étant dit, le parti pris de Tykwer, sur ce point, est plutôt assez intelligent. Malheureusement intellectuel aussi). Je tempèrerai toutefois mon discours en vous assurant que la scène est pourtant extrêmement bien réalisée par Tom Tykwer. C’est un délice d’épanchement des pulsions dans une douce folie où les dizaines de corps s’entremêlent (ainsi que ceux des plus hautes instances, tiens pourquoi pas Alan Rickman ?), filmés sans voyeurisme et avec juste ce qu’il faut de nudité. A ce titre, je voudrais vous renvoyer à TORREMOLINOS 73, qui a tout compris à ce qu’il faut montrer et jusqu’où aller quand on doit exposer des corps face à la caméra. Et enfin, une dernière parenthèse, puisque nous en parlions, pour décerner une mention spéciale aux figurants de ce film, bien sûr pour cette scène (regardez-les tous et voyez jusqu’où ils vont !) mais aussi pour certaines scènes bien antérieures, notamment lorsque le peuple veut se faire justice au tout début du film. C’est rare de voir des figurants jouer comme des premiers rôles. En tout cas, cela est forcément dû à une volonté de direction d’acteurs qu’il convient de saluer car c’est vraiment grâce à ce genre de petits détails que la différence s’effectue.

Terminons donc sur les comédiens puisqu’il y a beaucoup à dire.

Commençons par la révélation Ben Whishaw. La seule chose que je savais en allant voir le film c’est que, dans le livre, le héros est laid. Mais vraiment laid. Le genre qui fait décoller la rétine. Du coup (si on n’a plus envie de parler de cinéma) on peut toujours se demander pourquoi le réalisateur a choisi quelqu’un de franchement pas repoussant, à part le critère marketing que l’on peut comprendre). Mais la question est un peu sans intérêt. Beau ou pas beau, le livre le requiert peut-être, mais dans le film, tout passe. Et puis il y a de charmantes jeunes filles aux cheveux délicieusement teintés. Et puis il y a Alan Rickman, sublime quand il est en sobriété et guidé de main de maître. Et puis… Et puis, au détour d’une scène, il y a la surprise. Il y a l’ange qui se cache derrière un film au titre trop évocateur. Il y a celle qui relance l’intérêt du film, là où une petite longueur commençait à s’installer. La longueur se déporte. Sara Forestier. Divin rayon de soleil. Sublime vivacité de la jeunesse. Un peu d’astuce, beaucoup d’espièglerie. Une scène où elle est à nouveau incandescente. Eau froide. Eau froide. Pense à de l’eau froide. Enfin, un petit mot sur Dustin Hoffman, l’une des carrières les plus surfaites d’Hollywood, avec Harrison Ford. C’était quand la dernière fois que vous l’avez vu faire le comédien, le Dustin ? Pas dans PERFUME : THE STORY OF A MURDERER. Assurément. Il nous refait le coup du gars pas mature pour deux sous, veule et gentiment maladroit, juste ce qu’il faut pour s’assurer les faveurs féminines. Il n’a jamais joué autre chose. Dans PAPILLON ou LE LAUREAT, cela peut passer, évidemment. Ici, c’est une erreur de casting évidente, et qui plus est risible. La touche du pauvre Hoffman, maquillé et perruqué ! Ca, c’est grotesque. Sortir les vieux pour vous faire rire. Le dernier ? Ca ne vous rappelle pas quelqu’un ?... Paul Préboist !

Le film a certainement déçu cette grande majorité de critiques qui ont lu le roman original et qui ne savent pas faire la part des choses. Ce n’est pas une raison pour ne pas faire la part de son métier qui devait être consacrée à PERFUME : THE STORY OF A MURDERER. Non seulement le film n’a que très peu de lignes pour presque chaque critique (je le redis, je ne les ai pas toutes lues), mais ce qui est un peu plus abject et vulgaire (et qui m’aurait profondément plu si j’y avais trouvé un semblant de finesse et d’esprit) c’est que chacun y va gaiement de sa petite cocasserie en rapport avec le titre du film (« LE PARFUM, un film qui pue » etc.)

            Nous n’allons pas médire du film de Danièle Thompson : FAUTEUILS D’ORCHESTRE. C’est sûrement une réalisatrice fort peu compétente, mais LA BUCHE avait un peu de gueule. FAUTEUILS D’ORCHESTRE guère plus. Le montage n’est pas trop con, ce qui lui confère un rythme un peu moins ventripotent que la plupart des films français. Mais côté mise en scène, c’est quand même très plat. Elle aurait pu diriger les comédiens, quand même ! En plus, quand on réunit ce casting, il n’y a quasiment plus rien à faire ! Et puis le scénario, niveau émotions, faut quand même creuser profond pour trouver du pétrole. Oui, mais tout à coup, il y a la petite perle. Dupontel qui commence son récital. Il s’arrête. S’adresse au public. Enlève ses vêtements parce qu’il a chaud (moi, je l’aurais fait mettre complètement à oilpé, tant qu’on y était, mais bon, le film doit être tous publics, tu comprends). Et là, avant d’aller se rasseoir, il y a ce moment. Le plus beau du film. Un moment d’une rare intensité. Ca y est, nous sommes partis, nous sommes ailleurs. Cela ne rattrape pas tout, mais rien que pour ça, je continue à être persuadé qu’il y a toujours quelque chose à sauver, même dans les pires bouses.

            2005. L’ICEBERG est un drôle de film drôle. Belge. Réalisé par Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy. Un humour fait de petits riens et de non-sens que les français, évidemment, ne veulent pas dans leurs produits. « Chez les autres, d’accord. Mais chez nous, jamais. Trop casse-gueule. » Quelle bêtise ! C’est à pleurer. Quand on voit L’ICEBERG, on se dit que tout reste à faire, en France. Et une nouvelle fois, preuve est faite qu’il n’y a pas besoin de beaucoup de mots pour amener une salle à s’esclaffer de rire. C’est universel.

La scène du début est absolument hilarante.

La surprise, bien sûr. Ensuite ce sera encore l’occasion de faire face à de grands moments humoristiques. Et puis après, cela se calme un petit peu. On va sûrement dire que le film flirte avec le cinéma de Tati, mais attention, Tati c’est tout sauf L’ICEBERG. Tati, c’est la nostalgie comme critique du monde moderne. L’ICEBERG c’est un comique de situation et que très rarement de gestuelle. C’est un vrai film iconoclaste, indéniablement. Avec un vrai charme naïf et un brin suranné. Alors, bien sûr, nous pouvons y déceler quelques longueurs, mais que cela fait du bien de voir enfin un film qui sort des sentiers battus, qui ne joue pas avec l’académisme cinématographique ambiant et qui souhaite nous faire rentrer dans une forme d’humour qui ne cherche rien d’autre qu’à avoir l’impact qu’on lui suppose. Et c’est déjà beaucoup quand on pense à tous les MEAN GIRLS, ESPACE DETENTE, THE 40 YEAR OLD VIRGIN et autres IZNOGOUD qui nous ont emmerdé l’année dernière.

            Cette année, par contre, nous allons nous faire emmerder par Woody Allen.

Encore ? Mais c’est tous les ans, alors ? Sauf qu’en 2005, il nous offre MATCH POINT et là, il surprend tout le monde au lieu de faire son bon petit film pépère de l’année. Eh bien en 2006, c’est reparti comme au bon vieux temps. Monsieur Allen, que vraimentSCOOP j’aime beaucoup (mais pas tout, c’est normal, un par an ça ne peut pas être tout le temps le rendez-vous du label qualité), nous la refait réalisateur de brasserie avec son dernier opus : SCOOP. Gentille petite comédie qui ne décevra personne, donc qui décevra tout le monde, tant l’intrigue est convenue, le dénouement attendu et puis vous n’aurez rien de plus. Même pas de vrais bons dialogues comme lui seul sait s’en écrire. A peine 3 ou 4 répliques drôles. Trois petits tours et puis s’en vont.

C’est un peu toujours la même chose dans ces cas-là. La mise en scène est inexistante. Mais rien de chez rien. Même pas un iota de début d’embryon de molécule. C’est le Ténéré. Soit le personnage tripote quelque chose dont on ne sait pas à quoi cela va lui servir, soit il est en train de se faire à manger, s’il ne mange pas déjà. Le placebo à toute mise en scène aux Etats-Unis : la boustifaille. Je crois que le pire c’est dans A PERFECT WORLD de Clint Eastwood, qui a toujours eu des problèmes de ce côté-là, lui aussi. Je pense que l’équipe à dû finir obèse à la fin du tournage car ils sont tout le temps en train de manger ou de boire un truc pour combler le vide qui enduit leurs mains. Mais qu’ils passent plutôt leur temps à se peloter ! Des mains sur des seins et des pantalons déformés, voilà qui serait conceptuel ! Et en plus, il y aurait du public dans la salle ! Chez Woody Allen, c’est pareil. Personne ne se touche suffisamment. En plus, il commet la même erreur que pour la bague dans MATCH POINT, et dont je vous avais livré le secret, petits veinards que vous êtes ! Pareil, donc : tant qu’il ne nous a pas montré que ce qui devrait arriver, arrive, la porte reste ouverte aux suppositions, et il devient donc facile de deviner comment le film va se terminer.

Du bon petit travail d’honnête gars qui ne force pas son talent. Ca fait passer le temps en bonne compagnie. Mais, une nouvelle fois, Woody Allen ne fait plus de cinéma. En même temps, nous serons moins tristes le jour de sa mort puisque nous serons préparés.

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Vendredi 3 novembre 2006
CLASSEMENT
129 points ODOMAR   SYSTOOL
63 points LEF'   DIRTYDIETZ
54 points WEPETE PRIEST   LOMOK
41 points MOVIE   DICK LAURENT IS DEAD
39 points LE SEB   M
37 points GREG   MESS
36 points COLUMBOY 9 points DR DEVO
30 points HARVEY BOLLOCKS 8 points NINA KCK
27 points GUCHO   AL
22 points SEB 7 points  TWIG
21 points MONSIEUR CRE   CHRIS
20 points UN VISITEUR   MALTASARD
19 points YANN KERBEC 6 points SIMON
15 points DEAD[OR]ALIVE 5 points FABIUSLEGITIMUS
13 points ALAN SMITHEE 1 point DON LOPE
10 points BUDD!    

 

 

Allez, nous y retournons :


par MAYDRICK publié dans : LANTERNE MAGIQUE
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