QUESTION : Dans SHINE, quel morceau David Helfgott interprète-t-il avant de subir son accident cérébral ?
QUESTION : Dans SHINE, quel morceau David Helfgott interprète-t-il avant de subir son accident cérébral ?
QUESTION : L’ASSASSIN HABITE AU 21. Mais dans quelle rue ?
QUESTION : Dans quel film une femme peut-elle faire s’épanouir les fleurs en dehors des saisons et faire remonter les poissons de la mer à la rivière, grâce à l’eau qu’elle sécrète lorsqu’elle éprouve un plaisir charnel ?
Question de rapidité...
QUESTION : Dans quel film un ordinateur dit-il : « I’m sorry, Dave. I’m afraid I can’t do that » ?
Plein de bonnes choses cette semaine et encore plus si l’on se réfère aux prochaines sorties cinéma qui nous attendent jusqu’à la fin de l’année. Du bon, du grand et du très grand même.
Tony Scott ne joue pas encore dans la cour des grands mais
n’a de cesse d’espérer… Il ne fera jamais mieux que de rester un éternel espoir. Jusqu’au jour où il redescendra réaliser des films aussi indigents que ceux par lesquels il avait commencé. Pour
l’instant il essaie de construire sa légende, il est donc assez créatif pour que l’on s’intéresse à lui. Et un réalisateur de son statut qui continue à réaliser des courts métrages ne peut pas
être foncièrement indigne de nos regards…
DOMINO, son prochain film, est un exposé assez rébarbatif de ses possibilités. Depuis que nous avions vu le film publicitaire qu’il avait réalisé pour B.M.W. nous l’attendions avec impatience, surtout que le casting nous promettait Mena Suvari et Keira Knightley. Ah ! La divine Keira !!! Enfin un film qui tourne autour d’elle. On ne la glorifiera jamais assez. Alors qu’il tenait un personnage en or, Tony Scott la délaisse et s’intéresse plus aux détails de la vie des autres personnages (faute de ne pas savoir construire leurs complexités psychologiques) et aux divers procédés stylistiques. Le film est d’une beauté visuelle que seuls quelques réalisateurs peuvent se permettre d’atteindre. Félicitons pour cela le directeur de la photo Daniel Mindel et les monteurs Tony Ciccone, William Goldenberg et Christian Wagner. Ce style particulier du film nous convie à une ambiance survoltée. Remplie aussi. Remplie de détails, d’anecdotes, de souvenirs, de moments importants dans une vie. La vie de Domino. Personnage extraordinaire complètement inexploité. C’est un peu normal quand on sait le peu d’importance que Tony Scott apporte à ses personnages. Cela devient on ne peut plus normal quand on sait aussi qu’il est le frère de Ridley Scott.
L’histoire s’amoindrit lorsque son personnage central s’efface au profit du show auquel Domino participe. Les acteurs font alors ce qu’ils peuvent. Pas franchement mauvais. Mais pas grande matière à exploiter. Mickey Rourke passe inaperçu une fois de plus. Ne sera-t-il plus jamais capable de jouer la comédie ? Tant qu’il continuera à faire ce métier pour l’argent, certainement pas. Bernard Tapie non plus. La différence étant que Bernard Tapie n’a jamais été un acteur. Pas sur un écran en tout cas.
Film bourrin, DOMINO nous rebute vite par le manque de renouvellement dont il fait preuve. Si extraordinaires que soient les effets visuels et le montage dont nous avons parlés plus haut, ils ne se diversifient jamais et font entrer le film dans une monotonie que rien ne parvient à briser. Sur le scénario pour B.M.W. c’était brillant et efficace d’un bout à l’autre. Ici c’est toujours brillant mais sans relief. La diversité d’un film comme KILL BILL VOL. 1 fait cruellement défaut.
Préférons définitivement Bertrand Blier, bien plus à l’aise quand il s’agit de jouer avec toutes les composantes du cinématographe. Et pourtant, il nous avait déçu à plusieurs reprises, notre génie français. Il nous avait laissé avec LES COTELETTES, qui ne nous avait pas plus emballé que cela, si ce n’est la scène de fin, délicieusement irrévérencieuse. C’était digne de ses meilleurs moments. Il faut dire que depuis qu’il a perdu sa muse, Blier n’a pas arrêté d’errer, à la recherche de l’inspiration. Il a bien été tenté d’aller voir du côté des Objets Perdus mais cela n’a donné qu’une perte évidente de temps, telle PEDALE DURE. De nombreuses années auront été nécessaires à son renouveau. Nous ferons une parenthèse (enchantée) en classant à part la seule œuvre digne d’intérêt qu’il a signée durant ces années : « Existe en blanc ». Roman daté de 1998, absolument éblouissant et d’une poésie sensuelle et émouvante. Récit sublime de délicatesse dont je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi il ne l’a pas encore porté à l’écran. Chose qu’il devrait s’empresser de faire avant que ce ne soit moi qui m’y attelle. Qu’est-ce que c’est encore que ces velléités cinématographiques ?
Bien que LES ACTEURS ou LES COTELETTES ne soient pas aussi percutants que des œuvres comme BUFFET FROID ou MERCI LA VIE, ce sont tout de même des films importants car le moins bon de Blier reste toujours au-dessus du lot de nos productions hexagonales. Je pensais qu’il était moins pertinent du fait qu’on ne peut plus être aussi provocateur que dans les années 70, mais c’était faux. Ce n’est d’ailleurs plus le credo de Blier. Ou alors juste par plaisir. Aujourd’hui, alors que nous sommes en train de perdre nos libertés individuelles, on censure par la même occasion toute forme d’expression différente, choquante ou subversive. On peut alors donc se permettre de provoquer. Toujours plus haut, toujours plus fort. Comme disait la jeune mariée. La forme a cependant changé. Par exemple, on ne choque plus de la même manière avec le sexe. On ne voit plus LES VALSEUSES de la même façon qu’il y a 30 ans. C’est aussi une belle occasion de s’assurer que les films ont une vie puisqu’ils évoluent.
N’épiloguons pas là-dessus. Le fait est que COMBIEN TU M’AIMES ? est désormais sur nos écrans et que l’on se doit d’aller le voir. Bon ou mauvais soit-il. On se le doit car Blier est un de nos rares
auteurs cinématographiques fascinants par leurs univers très marqués. Il est important pour ce qu’il a apporté à la culture française. Il a des choses à dire et ne se permet jamais de flatter le
spectateur. C’est à chaque fois créatif, ingénieux, pertinent et animé d’une petite touche personnelle en constant décalage. Voici le plus grand réalisateur français en activité, ne boudez pas
votre plaisir. En France on ne reconnaît la valeur de nos auteurs que lorsqu’ils sont décédés. Allez vite au cinéma, bientôt il sera trop tard et vous ne connaîtrez plus la satisfaction
d’attendre et d’assister à la sortie du nouveau Blier.
Ses films sont des déclarations. L’amour, la vie, la mort, le sexe, le cinéma, les acteurs etc. Les thèmes sont vastes et peuvent parfois s’entremêler. Dans COMBIEN TU M’AIMES ? la déclaration s’adresse à la Femme. Blier a donc choisi celle qui l’incarne le mieux à l’heure actuelle aux yeux des français. Pas qu’elle sache jouer comme Isabelle Huppert mais elle sait se laisser photographier et se taire quand il faut. Le rôle de la Femme peut se limiter à ça chez Blier. En apparence. Car les rôles de femmes sont toujours plus complexes. C’est ce qui va nous apparaître au fur et à mesure du film. Ce qui fait figure de machisme ou de misogynie aux yeux de certains n’est en fait qu’une façon de considérer la Femme en dehors de tous les concepts et les stéréotypes importés de notre conscience sociale. D’ailleurs, l’image de l’Homme n’en est pas pour autant épargnée. Que ce soit le Depardieu des VALSEUSES ou encore le Delon de NOTRE HISTOIRE. Mais Blier considère ses personnages comme des archétypes qui se débattent dans leurs fantasmes. Les femmes souhaitent que les hommes se comportent comme des hommes et vice versa. C’est pour cela qu’il faut plus considérer ses films comme des comédies psychanalytiques plutôt que psychologiques.
COMBIEN TU M’AIMES ? est avant tout une réussite sur le plan de la direction d’acteurs. C’est une constante chez Blier mais il ne faut pas cesser de le souligner. D’abord parce que ce n’est pas un auteur facile à jouer. Il y a une métrique particulière et un sens de la distanciation primordiaux pour bien rentrer dans son univers. Gérard Depardieu est celui qui s’en est toujours le mieux sorti. Là encore, il est celui qui colle le mieux au microcosme Blier. Lorsqu’il se donne la peine de dévoiler son talent, Depardieu arrive encore à nous toucher. La dernière fois c’était pour ASTERIX & OBELIX : MISSION CLEOPATRE. Il a quand même tourné 19 films depuis ! Faut le comprendre : il a des frais, le pauvre homme !!! Même s’il ne l’est plus trop... Bernard Campan est moins à l’aise que dans sa sublime composition dans SE SOUVENIR DES BELLES CHOSES, film touché par la grâce. Il s’en tire plutôt bien mais il incarne un personnage trop ancré dans la réalité. C’est suffisamment étonnant pour se demander si Blier ne l’a pas fait exprès. Si le film est une piste d’envol pour le personnage de la Femme, incarné par Monica Bellucci, c’est un conte qui la glorifie en lui faisant pousser ses ailes grâce au personnage de Bernard Campan. Lui-même devient alors l’homme de nos sociétés contemporaines, épuisé par le poids que les femmes font peser sur ses épaules. Dans leur conception de l’homme idéal, les femmes répondent qu’elles attendent avant tout d’un homme qu’il soit tendre et les fasse rire. C’est faux, évidemment. Elles veulent d’abord qu’il assure dans sa fonction sociale, qu’il soit un bon amant, qu’il soit spirituel au contact de leurs ami(e)s, et après qu’il soit tendre et les fasse rire. Campan est alors cet homme anéanti par la pression qui l’empêche de devenir un Homme. Il a besoin de se voir dans les yeux d’une femme pour pouvoir voler de ses propres ailes lui aussi. C’est ce qu’il faut voir dans ce final, mis en scène comme un duel ou aucun des deux ne dégainera jamais. Monica Bellucci et Bernard Campan vont se regarder dans les yeux jusqu’à la fin de leur vie.
Contrairement à Depardieu, je trouve que Jean-Pierre Darroussin est celui qui s’éloigne le plus du jeu à la Blier. Cependant, son personnage (pas celui du film, l’autre) est suffisamment décalé qu’il rejoint les autres en empruntant un chemin parallèle. C’est comme s’ils ne jouaient pas la même partition et que l’ensemble donnait corps à une composition étrange, dissonante mais qui fonctionne parfaitement. Parlons enfin de Sara Forestier. Celle qui fut l’éblouissante révélation du trop couvert de prix L’ESQUIVE, confirme tout ce que nous avions déjà vu chez elle. Après avoir vu ce film elle m’était apparue comme une future grande comédienne française, affichant un talent brut qu’il fallait exploiter immédiatement. Dotée d’une beauté exceptionnelle et d’un comportement à la ville que je chéris plus que tout, je la considère comme la plus belle perle que le cinéma français renferme. Les plus beaux yeux remplis des plus belles couleurs de la vie sont ceux de Sara Forestier. Dans COMBIEN TU M’AIMES ? elle est de nouveau éblouissante dans une scène où elle joue tout en économie et en douceur calculée. Rôle difficile où elle joue la vulgarité sans jamais être vulgaire. C’est du grand art. Une grande envie de la prendre dans ses bras.
Arrêtons-nous un peu sur Edouard Baer et François Rollin. Deux comédiens excellents qui connaissent des fortunes diverses. Le premier est toujours à la recherche du rôle qui s’avèrera à la mesure de son talent. Jamais il n’a été aussi bon au cinéma qu’il ne l’était sur Canal +. C’est un comble. François Rollin, lui, est un formidable acteur doublé d’un auteur extraordinairement fin et drôle. Il colle à l’univers Blier comme aucun autre acteur (à part Depardieu) ne parvient à le faire. Drôle, pince-sans-rire, constamment décalé dans l’intonation et sous-tendu par une interrogation qui nous fait nous demander si ce personnage n’a pas une autre idée derrière la tête. Voilà le secret des personnages chez Blier : il faut les interpréter comme s’ils avaient une autre idée en tête. Il est à souhaiter que l’on revoie François Rollin dans les prochains Blier, ce serait un atout formidable.
Je garde le meilleur pour la fin : Farida Rahouadj. Rôle extraordinaire. Présence indéniable. Composition fine et très détaillée en si peu de répliques. Prise de risques maximum. Chacune de ses apparitions est un vrai bonheur. Parfaite. Vous venez de voir le prochain César du meilleur second rôle féminin.
D’un point de vue pictural, COMBIEN TU M’AIMES ? est encore une réussite indéniable. La magnifique photographie de François Catonné y est pour beaucoup. Les différents partis pris de lumière créent des univers très démarqués les uns des autres, qui ramènent les personnages dans des réalités ou qui les en éloignent par une fadeur synonyme de vérité humaine, ou par une élégance de couleurs porteuse d’illusions. On pense très souvent à la photo de Philippe Rousselot dans MERCI LA VIE. C’est tout dire…
Le dernier Blier est un spectacle de tous les instants. J’ai lu je ne sais plus trop où (sans quoi je me serais fait un plaisir de le citer, pensez bien) que COMBIEN TU M’AIMES ? ne valait pas le coup car il était trop théâtral. Tiens donc ! Je ne savais pas que ce mot là était péjoratif. Cela viendrait à disqualifier, juste sous ce prétexte, toutes les pièces de théâtre qui, par essence, sont théâtrales. La théâtralité n’a-t-elle pas pour but de nous accompagner dans notre imagination par les sujets qu’elle aborde ?
Le 7 décembre prochain sortira THE
EXORCISM OF EMILY ROSE de Scott Derrickson. Autant vous le dire tout de suite, ce film n’est pas une éternelle resucée de THE EXORCIST, film terrible de et pour
William Friedkin, mais un film de procès comme les Etats-Unis les affectionnent tant, et que Sidney Lumet sait si bien réaliser. Pour mettre en scène ce procès de la manière la moins sèche
possible, Derrickson nous offre quelques scènes un peu spectaculaires où l’on apprend à connaître le personnage central du film. Flashbacks délaissant les effets spéciaux pour notre plus grand
plaisir, le scénario ne nécessitant pas nécessairement leur usage. La véritable originalité de ce film est qu’il place la question de l’exorcisme, de la possession, du Diable et de la religion au
sein d’un débat où le réalisateur n’impose rien. En exposant uniquement des faits, il laisse chacun libre de débattre avec ses croyances et la logique qu’il choisit d’appliquer à ce qu’il voit ou
qu’il comprend.
Le débat qu’il se permet d’ouvrir est un élément plus intéressant que le cadre du procès dans lequel il s’inscrit. Le film s’enlise donc lors ces retours au sein du tribunal. Même s’il est prenant par sa manière d’envisager les croyances, le discours est un peu trop ascétique pour donner un second souffle au film. Soulignons la sublime interprétation de Jennifer Carpenter, plus que convaincante, dans un rôle difficile et ingrat.
Dans le rôle du réalisateur décevant dans presque tous les cas, Tim Burton tient la corde. Alors que certains de ses films sont de vrais enchantements qui nous promettaient d’immenses moments de surprises récréatives, il s’est constamment échiné à faire mourir tous ces espoirs dans d’aussi mauvais films que MARS ATTACKS !, SLEEPY HOLLOW ou PLANET OF THE APES. BIG FISH l’avait réhabilité de la plus belle des manières. Mais le voilà qui retombe dans ses pires excès. La carrière de cet homme est décidemment très fluctuante.
CORPSE BRIDE est d’une débilité navrante. Mièvrerie sucrée. Inconsistance des personnages, réactions puériles et sensibilités affectées. Tout ce qui nous avait séduit dans THE NIGHTMARE BEFORE CHRISTMAS semble s’être évanoui au profit d’une énième production aseptisée pour gamins décervelés. Nous baignons en plein chamallow. C’est doux, confortable et insonorisé.
Tim Burton est un artiste doté d’une imagination débordante et parfois extrêmement séduisante par sa folie doucereuse. Mais je vais finir par croire que tout son talent se résume à ça.
Nous terminerons par du très grand. Encore. Et plutôt deux fois qu’une. Ca fait beaucoup en même temps. Comme disait la jeune mariée. Cette semaine sortent les derniers opus de David Cronenberg et Cameron Crowe. Que du bonheur !!!
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A HISTORY OF VIOLENCE est assez déroutant. Pas aussi violent qu’on nous l’a présenté, ce film traite de l’instauration de la violence en milieu sauf. Cronenberg revient nous faire du cinéma plus commercial. L’intrigue première se laisse donc suivre, car plus classique. Mais ce qui importe vraiment est ce qui se trame derrière toutes ces façades. Selon Cronenberg la violence serait ancrée dans les gênes de l’Homme et présente sous la forme d’un animal domestique. Le maître éduque l’animal à son image. Ce que l’on peut reprocher à Cronenberg c’est qu’il ne se soucie guère de développer les théories qu’il se contente de présenter. Il reste de façon presque obsessionnelle dans cette histoire première comme si faire un succès public lui importait plus que la relation qu’il a avec son art. Il est par conséquent très difficile pour un public non averti de déceler ses véritables intentions. Dans FUNNY GAMES le procédé était beaucoup plus explicite et avait le mérite de poser les questions plus franchement par l’avènement de postulats clairement définis.
Le film de David Cronenberg n’en reste pas moins passionnant par les complexités que ses personnages ont établies face à la violence. Il explore l’attrait qu’elle exerce, ses conséquences psychologiques, la morale qu’elle bâtit et l’exploitation qui en est faite dans son héritage.
Un peu léger et pas vraiment abouti. On préfèrera revoir THE DEAD ZONE ou autre SPIDER en attendant son LONDON FIELDS.
Lorsque vous avez vu un chef-d’œuvre vous attendez avec impatience le prochain film de son réalisateur. Il y a des chances pour que vous soyez déçus. En général. C’est pour cela que Claude Lelouch ne vous décevra jamais, puisqu’il n’a jamais fait de chef-d’œuvre. ALMOST FAMOUS est une pure merveille. L’un des plus grands films au monde. Juste après, Cameron Crowe a réalisé le remake VANILLA SKY. Assez plaisant mais nettement moins touchant. Nous attendions donc ELIZABETHTOWN avec une certaine appréhension. Ca commence plutôt mal puisque je décide d’aller faire contrôler mon angoisse au Pathé Wépler. Et devinez où ils m’ont mis ? Dans cette fameuse salle 10 ! Je crois que je suis victime d’une malédiction. Déjà, la semaine dernière, je n’avais rien dit, mais j’avais déjà eu droit au même châtiment pour CACHE. Je pénètre donc dans la salle, mon angoisse s’étant déportée légitimement. Miracle ! Je m’aperçois qu’une personne pleine de bon sens a fait un tour sur ce blog et a décidé de faire régler la clim’ suite à mes plaintes. Malheureusement, je crois qu’ils emploient encore l’ouvrier polonais. Pire encore, je les soupçonne de louer la cabine de projection à toute sa famille durant l’hiver, vu le nombre de passages incessants à travers la salle, et ce même durant la projection. L’image accroche toujours le plafond et se trouve désormais encadrée d’une bande sombre tout du long. Quelle honte ce cinéma ! Que les spectateurs se lèvent et partent pendant le générique de fin, à la limite je peux comprendre, mais qu’une abrutie du Wépler se permette à ce moment-là de passer dans les rangs avec son sac poubelle pour faire collection de leurs déchets, là non. Je suis désolé mais pour une fois je vais être grossier. Vous n’êtes qu’une bande de sales cons, vous qui dirigez ce Pathé Wépler que j’invite le peuple parisien à boycotter. Vous n’avez aucun respect pour les amateurs de cinéma qui vous font vivre. Vous ne méritez pas cet argent.
Voilà, ça, c'est fait. Comme dirait Terry Kevin. Passons maintenant à ELIZABETHTOWN. Le film démarre tout doucement. Lorsqu'Orlando Bloom met en scène son suicide nous frôlons même le pitoyable. La scène n’est absolument pas crédible. Rien ne marche. C’est une horreur. Heureusement le meilleur reste à venir. Sur une bande son flamboyante, Cameron Crowe nous entraîne dans un périple fait de sentiments simples et de détails devenus matière première pour un Orlando Bloom qui s’est oublié en chemin et est en train de se récupérer. C’est ce qui avait fait le succès de GARDEN STATE. Le film marchait cependant sur une corde plus sensible car plus désespérée, voire dépressive. Dans ELIZABETHTOWN on pense que l’histoire va s’axer sur le décès du père d’Orlando afin de mieux nous tirer les larmes, mais il dévie très vite sur un retour émotionnel dans la vie du prodige de la chaussure. Il va devenir plus sensible aux choses et aux personnes qui l’entourent. Cela va se symboliser de manière plus flagrante lors de son voyage retour. De cette logique émane le fait que les personnages principaux des films de Crowe ne sont jamais les personnages les plus importants. Ils ne le deviennent qu’à la fin du film, lorsque la dernière image a disparu et qu’ils peuvent finalement vivre au rythme de leur propre moi. Il est délicieux de noter par quelle manière Kirsten Dunst arrive à rentrer dans la vie d'Orlando Bloom. La relation qu’ils tissent est fabuleusement décrite à travers de simples conversations et un partage d’instants uniques. La belle Kirsten est un peu moins juste quand elle essaie de composer son personnage, mais tellement désarmante lorsqu‘elle paraît directe et sans masques. Ah, Kirsten ! Pas de fantasmes sur les filles qui te rappellent tes ex !!! Bon, disons que ce film est sublime. La photo est d’une classe folle. La musique est toujours d’un choix judicieux et qu’on ne vienne pas me parler de son omniprésence ! Le film nous touche par la chaleur des rapports humains qu’il décrit, la simplicité des petites choses et la difficulté de savoir se trouver. ELIZABETHTOWN est un film sur le rassemblement. Un rassemblement qui permet à des êtres de se retrouver malgré tout ce qui les sépare (kilomètres, disputes, rancoeurs, amours impossibles etc.) mais aussi un rassemblement intérieur qui provoque chez Orlando Bloom le raccordement entre certaines parties de son être qui n’auraient jamais dû cesser de vivre ensemble.
Si nous récapitulons un peu tout cela, voici le programme de la semaine :
- aller voir BATALLA EN EL CIELO (je n’en ai pas parlé mais il faut que j’y aille quand même)
- dire à Keira Knightley que je l’aime
- jouer dans le prochain Blier
- donner une Palme d’or à David Cronenberg
- épouser Sara Forestier
- enfermer Georges Moustaki dans la salle 10 du Pathé Wépler
- courir dans les cimetières avec Kirsten Dunst.
Inutile de reprendre le titre de cet article pour le clore.