Octobre 2006
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Lundi 2 octobre 2006

            Comme s’interrogeait Jean-Pierre Pernaut avant de refermer son journal, le 04 avril dernier : « Pourquoi y a-t-il écrit « fin » à la fin d’un film alors qu’il n’y a pas marqué « début » au début ? », nous sommes en droit de nous demander pourquoi Jean-Jacques Annaud ne met-il pas définitivement fin à une carrière qu’il n’a jamais débutée ? Car autant la fin permet de se rendre compte des intentions premières, autant Jean-Jacques Annaud n’a jamais eu d’intentions premières, alors que les premières intentions de Jean-Pierre Pernaut auraient déjà dû être de remercier ses parents pour lui avoir donner ce prénom. Avaient-ils déjà compris qu’il n’y a qu’un Jean-Pierre de possible pour présenter des métiers vermoulus du Moyen Age qui ne peuvent s’exercer que par des paysan(ne)s à moustache, qui portent de la laine qui pique et qui mangent avec des couverts en bois ? Un Gérard, aussi, aurait pu faire ça. Ou un Didier. En tout cas un prénom qui se gueule. Pas un Denis, par exemple. Denis, ça ne se gueule pas. Ca s’expire, ça s’époumone, ça se laisse quémander, ça se lascive de toutes ses lettres. Essayez : « Deniiiiiiiiiiiis ! » Alors que : « Géraaard ! » Je suis désolé, ça, ça se gueule. Pire, ça s’éructe ! Et c’est important d’éructer quand on regarde le Journal de 13 heures. Surtout que c’est l’heure où l’on a la bouche pleine. Je ne conçois pas pouvoir regarder ce programme sans s’indigner, sans vociférer, sans éructer ! Moi, je ne conçois pas de le regarder, tout court. Ne perdez jamais une occasion d’éructer. Envers Jean-Pierre Pernaut, envers Mathilde Seigner, envers Alain Finkielkraut, envers les coiffeurs à leur compte, les gosses de riches, les marchands de verre filé de Murano, les bibliothèques Elsa Triolet ou encore ceux qui se rappellent les paroles de la chanson « Le géant de papier » de Jean-Jacques Lafon.

AARON ECKHARTDans le dernier film de Jason Reitman, Aaron Eckhart ne cesse d’éructer un « Thank you for smoking » qui ne veut surtout pas s’en prendre à quiconque, mais qui se laisse plutôt entendre comme une ode au capitalisme pur et dur. Indéfendable, à priori. La cause, forcément. Mais ce n’est pas le sujet du film. Il faut d’abord dire que THANK YOU FOR SMOKING s’appuie sur son comédien principal, comme une sorte de pivot qui décide, expérimente, argumente, prouve, synthétise et conclut avec une force de percussion étonnante. C’est l’homme qui conçoit la société dans laquelle il vit, mais aussi (et c’est encore plus terrible) celle dans laquelle il souhaite vivre. Jason Reitman choisit de mettre le personnage dans une position active. Numéro propice à la preuve démonstrative de l’acteur. Car s’il ne promet pas à chaque fois un oscar, le procédé révèle en tout cas le bon comédien du mauvais. C’est ainsi qu’à l’heure actuelle, il est tout à fait possible de faire la comparaison, dans nos salles, entre la sublime composition d’Aaron Eckhart et, par exemple, celle de Steve Carell dans LITTLE MISS SUNSHINE. Cela devient absolument exécrable de lire un peu partout qu’un comédien étiqueté « comique » devient très bon à partir du moment où on commence à le voir jouer dans des rôles dramatiques. Que cela soir étonnant, d’accord, c’est une des multiples qualités de ces types d’acteurs qui peuvent passer d’un genre à un autre avec une facilité déconcertante. Mais pourquoi cet engouement soudain pour un acteur que ces personnes semblent vouloir ériger en nouvel héros ? C’est à celui qui s’accordera le droit aux honneurs pour avoir mis le premier en évidence les qualités du comédien en question. Premièrement, les honneurs ne reviennent qu’à lui seul. Et ensuite, il n’est pas plus à féliciter qu’à hauteur de ce qu’il nous a fait ressentir, qu’il sache passer du comique au tragique ou pas.

STEVE CARELLEncore une fois, donc, les éloges sont dithyrambiques à propos de Steve Carell, petit acteur comique qui n’a pas la trempe d’un Jim Carrey, la subtilité d’un Adam Sandler ou la diversité d’un Mike Myers. Précédemment, il ne nous avait fait que passablement sourire, et maintenant, une horde déchaînée s’extasie devant cet acteur peu inspiré. Mais, d’abord, le rôle est peu étoffé. Esquissé dès le départ, mais finalement juste prétexte à une situation décalée. Dans LITTLE MISS SUNSHINE Frank Ginsburg est un personnage passif (comme la plupart de ceux mis en place par le scénariste Michael Arndt). Et quand je dis passif, je ne fais pas l’apologie de propos homophobes, je constate juste que c’est une solution de facilité qui consiste à faire de ses personnages des victimes, bien plus simple pour être en réponse, bien plus à l’aise pour acquérir notre sympathie de cette manière. Or, il existe plein de personnages cinématographiques passifs bien plus intéressants. Ce n’est donc pas incompatible avec la recherche de qualité. Or, cela s’accompagne souvent d’un jeu d’acteur inhibé. Le personnage doit paraître inhibé, pas le comédien. Nous démontrons donc la différence entre Steve Carell et un grand comédien qui aurait ajouté au personnage une autre dimension. Steve Carell se laisse porter par ce qui écrit. C’est un choix juste, mais assez scolaire. Et tout ce qu’il fait nous semble suivre la même mesure. C’est juste. Juste un peu vide. Tout cela est bien entendu corollaire au script qui ne fait que se servir des comédiens pour amener des touches drôles et non pas bâtir une harmonie familiale drôle (se conférer une fois de plus au magnifique HAPPINESS de Todd Solondz et la manière dont la pédophilie du père se mêle aux relations qu’il entretient avec son fils). Ici, le côté dépressif ne se met en scène que pour l’avènement du gag pour le gag. C’est juste, c’est drôle. D’accord. Ensuite ?

Steve Carell n’a pas grand-chose de difficile à jouer : un homme au cœur blessé dont la dépression a tué toute forme de cohésion interne. Il fait le renfrogné, l’anti-démonstratif et les yeux de cocker battus. Sans problème. Même Frédéric Diefenthal aurait pu le faire. En aucun cas, il ne faut souligner la prestation de Steve Carell. Celle de Greg Kinnear serait bien plus propre à être mise au premier plan. Mais que voulez-vous… Ce sont les mêmes gens sans imagination qui font et défont les réputations médiatiques d’aujourd’hui. De même qu’hier ils s’extasiaient pour Benoît Poelvoorde dans ENTRE SES MAINS. Un cas légèrement différent toutefois, puisque Poelvoorde est un excellent comédien que nous connaissons depuis longtemps, et qui aurait dû faire un changement de genre très remarqué si le film ne s’était pas plus intéressé à Isabelle Carré. Le personnage campé par Poelvoorde manquait de richesse intérieure. Le comédien était à la peine. Peut-être mal dirigé aussi, par Anne Fontaine, qui semblait avoir une vision un peu clichée de son tueur…

Quelques beaux exemples de comédiens qui alternent avec brio les différents genres : Daniel Auteuil, Bourvil, Jim Carrey, Gérard Depardieu, Cary Grant, Raimu etc.

Le pire dans tout cela reste la déviance. Le comique qui veut passer à des rôles plus dramatiques pour changer son image (encore une ineptie qui veut que l’on accorde moins de crédit à celui qui fait rire qu’à celui qui nous émeut !). Le désastre Muriel Robin ou le piètre Jamel Debbouzze qui ne cesse de surfer sur son capital crédit pour oser tout ce dont il n’est pas à la hauteur. Moignon. Moi ?... Non ! Dit-il.

Et voilà ! Nous avions plein de choses intéressantes à dire à propos de THANK YOU FOR SMOKING et, une fois de plus, que ce sont toujours les mêmes qui perturbent notre concentration. Choisissez votre camp et reprenons notre occupation. Nous disions donc qu’Aaron Eckhart est une vraie satisfaction de comédien au sein du film. Il expose sa force de conviction à travers un charisme et un usage de la parole qui lui confèrent une aura d’homme politique. Car c’est de pouvoir que traite le film. Le pouvoir en tant qu’organe qui génère l’arrogance par sa non remise en cause. Parce que le véritable piège du film était de tomber dans une morale qui aurait asséné des réponses populistes face à l’image que nous avons des fabricants de tabac, THANK YOU FOR SMOKING nous plaît parce qu’il prend le parti de l’humour cynique. Et c’est tout. Fin du film. Le reste n’est que de l’ennui à 24 images/seconde. THANK YOU FOR SMOKING continue sur un rythme présomptueux, comme si cette grande idée allait suffire à faire passer un scénario, lui non plus, pas si alerte qu’il y paraît. Pauvre antienne qui joue la carte du politiquement incorrect, mais qui ne ressemble qu’à un cierge magique, c'est-à-dire avec beaucoup d’étincelles et finalement peu de bruit.

L’image est assez quelconque, le cadre est inconnu en termes techniques, la mise en scène est plus une mise en espace et le montage fait la part belle aux effets comiques un peu trop évidents. Par conséquent, le film est extrêmement mollasson, pas forcément très drôle (c’est toujours pareil, quand on vous force la main…) et ne repose que sur l’intérêt que met le réalisateur à accroître le rôle complexe d’Aaron Eckhart. Et sa plus grande réussite viendra de la mise en avant du sophisme. Procédé par lequel Aaron Eckhart construit son personnage irréfragable. Voilà une vraie difficulté à mettre en scène que ce côté d’une personnalité atypique. A vrai dire aucun exemple ne me vient pour comparer deux compositions cinématographiques. C’est la grande idée du film. En opposition avec toute morale. Car si le film avait été une affaire de morale, il n’aurait pas tenu le coup longtemps puisqu’il n’aurait été assujetti qu’à une seule cause. En lui faisant prendre le chemin du sophisme, le réalisateur peut mieux attaquer sur le thème de l’hypocrisie du pouvoir. Aaron Eckhart devient alors plus juste dans sa vérité (où chacun jugera sa position morale), et le vecteur d’un discours propre à faire prendre conscience de certains faits. Mais toujours par le mensonge. Car s’il est un élément réducteur qui se révèle constamment chez lui, c’est qu’il n’en reste pas moins un menteur. Et tout son sophisme ne tient que par le mensonge. Prenons l’exemple où, à table, il demande pourquoi personne n’attaque Ford lorsqu’un particulier a un accident de voiture alors que les consommateurs se retournent contre les marques de cigarettes. D’où la réaction recherchée : acharnement, complot, hypocrisie ? Sophisme. Or, il associe au départ deux choses qui ne sont pas comparables : conduire une voiture, qui n’est techniquement pas une atteinte à la santé de chacun, et fumer une cigarette, qui a l’effet que chacun connaît. Mais c’est le propos du personnage. Celui que veut défendre le réalisateur. Et tenter ainsi de comprendre comment le pouvoir s’accommode du pouvoir par les profits qu’il fait du système déjà en place. « Si je ne la fais pas, quelqu’un le fera à ma place. » Faux. Du mensonge au sophisme…

WILLIAM H. MACYAu final, THANK YOU FOR SMOKING est un film dont l’opiniâtreté à demeurer consubstantiel est assez phénoménale. Nous cherchons toujours de quoi assouvir notre soif cinématographique, nous nous rattachons au jeu d’Aaron Eckhart (William H. Macy est aussi fabuleux, même si très loin de PANIC d’Henry Bromell, qui reste son meilleur rôle), aux différents signes humoristiques, à un semblant de relance scénaristique, mais rien n’y fait. Le film est boursouflé et se traîne. Exactement ce que se disaient Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri lorsque que je tombai sur eux, en sortant de la salle :

Jean-Pierre Bacri : « C’est boursouflé, non ? »

Agnès Jaoui : « Et ça se traîne ! »

Jean-Pierre Bacri : « Tu sais, Agnès. Ca m’a donné une super idée. Si on écrivait un film qui s’appellerait THANK YOU FOR NO SMOKING ? »

Agnès Jaoui : « Sortons, Jean-Pierre. Je suis une femme d’extérieur. »

            Dehors, le concept de réalité fait rage. Violence du concept de la personne qui passe son après-midi à choisir des doubles rideaux. Incrédulité face au fait journalistique qui m’apprend que des personnes vivraient dans la Creuse. L’été, d’accord. Mais l’hiver ? Ils hibernent ou ils transhument ?

Le cinématographe commence à perturber sérieusement mes synapses pulpo-tectoniques. Je décide de m’arrêter consciencieusement au Petit Gymnase. Arno Duteil y joue son one-man-show : « Aaarrg ! J'ai honte !! » Nous attendions effectivement des excuses d’un des membres de la famille Duteil, mais assurément pas Arno. Il a au moins le courage d’assumer la honte avant que l’on s’en aperçoive, c’est tout à son honneur. Ce qui l’est moins c’est la piètre performance à laquelle il nous convie sur la scène de cette salle assez sympathique. La grosse erreur commise lors de sa construction est de n’avoir songé à aucune surélèvation du premier au dernier rang. Tous les sièges sont au même niveau. Sûrement l’architecte polonais de la salle 10 du Pathé Wépler qui officie une nouvelle fois dans Paris. Alors si vous n’êtes pas au premier rang et qu’un abruti s’assied devant vous, il ne vous reste plus qu’à regretter les temps guillotins. Toutefois, si vous arrivez à voir le spectacle, ce sera votre argent que vous regretterez, car Arno Duteil à beaucoup de mal à donner du souffle à un vrai faux-solo. D’abord par la qualité des textes. Je devrais dire des quelques idées disséminées sur papier, autour desquelles il brode, pour parvenir la plupart du temps à un humour convenu et franchement pas souriant. C’est de toute façon le gros problème des comiques seuls en scène à l’heure actuelle. D’ailleurs, pour faire une parenthèse, je trouve que, depuis quelques années, la scène parisienne se remplit de plus en plus de ces solitaires du rire. Paris commence de plus en plus à ressembler à Hollywood, où beaucoup de comédiens ont leur show. Après le cinéma, le théâtre comme aux Etats-Unis. C’est aussi ce que semble nous montrer le nombre trop conséquent de comédies musicales toutes plus crétines les unes que les autres. C’est une conception de la forme artistique. Heureusement il y en a d’autres, si l’on se donne la peine de chercher d’autres manières de se confronter à la création. Arno Duteil ne semble pourtant pas l’avoir compris. Outre ses textes indigents, ses personnages sont à peine esquissés, stéréotypés et sans vérité intérieure. Seul le vieux pervers sort du lot, car plus complet dans ses attitudes, plus délicieux dans la rupture et plus jouissif à jouer pour le comédien, ce qui ne passe pas inaperçu. Cependant, je n’en veux pas tant au comédien qu’à la mise en scène. Sur le plateau, Arno Duteil semble à l’aise et ne montre que les limites d’un comédien qui doit aller « chercher sa salle » car le metteur en scène n’a pas fait son boulot. A cause de cela, Arno Duteil a énormément de mal à faire vivre ses personnages en coulisses et lorsqu’ils entrent en scène, ils sont un peu trop statiques pour ne pas nous confronter à la monotonie que le texte charrie. En fait, Arno Duteil nous a même semblé bon comédien, mais beaucoup trop réduit à user de la panoplie classique du one-man-show. Horrible, la façon dont il a de souligner les gags, d’attendre les rires, de marquer des temps en regardant le public pour bien lui faire comprendre que c’est à ce moment-là qu’il doit s’exprimer, et puis surtout de rire à ses blagues. Tout ce qui enlève de la sincérité aux personnages. Il semblerait que tous les comiques se copient pour obtenir la même intonation lorsqu’ils cherchent à faire un effet comique. Je trouve cela assez triste ce manque d’univers personnel.

MIKE MYERS            Par opposition, WAYNE’S WORLD est un film comique à l’univers bien plus marqué. C’est notamment l’occasion de s’apercevoir du talent imaginatif de Mike Myers (surtout) et Dana Carvey. On y trouve des choses très très drôles, et d’autres qui peuvent paraître un peu lourdes. En fait, elles n’ont pas été écrites comme cela. Juste que pendant les trois quarts du film nous avons continuellement cette envie irrépressible de crier : « Montage ! » Je visionne alors la suite : WAYNE’S WORLD 2, et je m’aperçois que Penelope Spheeris ou Stephen Surjik, même combat. On ne cherche ici que l’avènement du rire. Pas vraiment fin, pas vraiment intelligent, mais loin d’être ringard, il s’adresse avant tout à un public jeune, celui des Nuls de l’époque. Les réalisateurs ne s’embarrassent donc pas d’une quelconque mise en avant des profondeurs psychologiques des personnages et encore moins d’une mise en scène chiadée. Cette dernière est d’ailleurs absolument effroyable : sorties de champ de protagonistes par : « J’ai quelque chose à te dire » pour laisser la place aux comédiens qui ont du texte, comédiens qui se déportent sur le côté pour que la caméra filme de manière frontale les comédiens (mise en scène très théâtrale, comme si, sur une scène de théâtre, les comédiens jouaient tout face public) etc.

Et tout cela est très rageant car, même si l’humour est la mire première avouée, nous nous demandons encore pourquoi la grande majorité des comédies se soucie si peu de cet aspect. Comme si le gag était roi. Oui, c’est un composant majeur, mais il n’a pas à éluder l’importance du cadre, de la photographie, du montage ou du principe narratif, pour ne citer qu’eux. Une comédie a aussi le droit à autant de fantaisie artistique qu’il y en a dans le délire textuel. Je crois pertinemment à la comédie comme cinéma d’auteur.

LE GOUT DES AUTRES d’Agnès Jaoui en est un fort mauvais exemple, mais il prouve cependant que la cohabitation peut ne pas être antagoniste. Certes, le style est plus fin dans l’écriture, donc le label « auteur » est plus facile à faire passer. Il n’en reste pas moins que c’est un film qui bénéficie d’une classe folle car il se révèle tour à tour pudique, simple, attentif, surprenant et précis dans la mise en scène. Pas de grand effets visuels mais, au moins, une atmosphère qui colle de très près aux personnages et à leur vision des choses. C’est complexe, raffiné et tellement juste ! Du grand art.

BROOKE SHIELDS            Vu PRETTY BABY de Louis Malle, qui nous rappelle combien Brooke Shields était une jeune fille extrêmement séduisante. Il s’agit en fait d’un film en costumes et, malheureusement, le réalisateur n’arrive pas à s’affranchir du caractère sacré que l’on a toujours plaqué sur ce genre cinématographique. C’est guindé, ampoulé et lourd. Comme disait la jeune mariée. Louis Malle accepte occasionnellement de rompre cette monotonie en allant chercher des sentiments profonds chez ses comédiens. Brooke Shields et Susan Sarandon sublimes. Et le caractère original du monde dans lequel évolue cette jeune fille, et la manière dont il influe sur sa vie et la pervertie est assez sublime dans le propos que Louis Malle tente de mener le plus loin qu’il le peut. Pas de morale et aucune inhibition dans la démonstration. Un bien bel exemple que l’on peut parler de la sexualité enfantine, et surtout la montrer, de la même manière que l’on montre la violence, c'est-à-dire dans un unique but esthétique.

Je ne connais pas très bien l’histoire du film, mais j’imagine qu’à l’époque on a énormément dû saluer la prestation de Brooke Shields. Qu’elle soit admirable, cela est sûrement à souligner. Mais que cela soit surprenant, rien ne permet de l’avancer. Cela tombe sous le sens que les enfants soient justes. Jouer est une seconde nature pour eux puisqu’ils passent leur temps à cela dans les cours de récréation. D’ailleurs, beaucoup de réalisateurs disent que c’est un immense plaisir de travailler avec des enfants, malgré les nombreuses difficultés que cela comporte. Le problème est que l’on n’en trouve pas souvent des biens, mais lorsqu’ils le sont, ils deviennent incroyables. C’est un problème de casting. Comme ils sont incapables de composition (du fait de la jeunesse de leur œil), la véritable difficulté est de déceler l’élément  qui prouve que l’enfant est le rôle. Il l’est déjà lorsqu’il est engagé. Le metteur en scène n’a plus qu’à canaliser. Où se situe le travail d’acteur ici ? Vous comprenez donc pourquoi nous réclamons que Victoire Thivisol rende sa récompense imméritée au plus vite.

Dans PRETTY BABY, c’est pourtant vrai que Brooke Shields est assez stupéfiante en jeune prostituée qui vit la vente de son corps comme une étape naturelle de son évolution physiologique. Elle joue sur beaucoup de registres sensuels et émotionnels, et contribue plus que quiconque à rendre ce film beau, triste, révoltant, et donc particulièrement émouvant.

            « Quand je la regarde, moi l’homme loup au cœur d’acier… »

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Lundi 2 octobre 2006

QUESTION : Dans quel film Charles Chaplin exerce t-il la fameuse danse des petits pains ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Lundi 2 octobre 2006

Admirez. Jouez. Gagnez.


par MAYDRICK publié dans : LANTERNE MAGIQUE
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