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Lundi 17 octobre 2005

QUESTION : Dans REGLEMENTS DE COMPTES de Fritz Lang, comment Lee Marvin défigure-t-il sa maîtresse ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Lundi 17 octobre 2005

QUESTION : Dans UN APRES-MIDI DE CHIEN, quel pays John Cazale aimerait-il visiter si les policiers acceptent ses exigences ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Lundi 17 octobre 2005

REVOLVER            Une personne adulte normale ne consacre que 12 minutes d’attention à un film. Après c’est comme à Euro-Disney : mieux vaut qu’il n’y ait pas trop de choses à comprendre. La véritable interrogation scellée au sein de cette information est bien évidemment : qu’est-ce qu’une personne normale ? Rappelons la règle édictée par « Le petit guide universel du savoir-vivre à l’usage de la brillante personne que vous désirez être » : est considérée comme normale toute personne qui se défend en toutes circonstances d’écouter du Georges Moustaki ou autre musique inaboutie. D’ailleurs, on n’écoute jamais du Georges Moustaki, on le subit. De la même manière nous avions subi douloureusement le dernier film de Guy Ritchie (à vos souhaits !) : SWEPT AWAY. Petit film qui se prenait les pieds dans ses clichés (goût mièvre), nous pensions qu’il devait clore la carrière de Guy Ritchie (à vos souhaits !) qui n’avait pas montré grand-chose de bandant jusqu’ici, si ce n’est l’épisode qu’il avait réalisé pour BMW, avec de vrais morceaux de Madonna dedans. Cette fois-ci il allège la sauce et nous livre REVOLVER, film diablement prétentieux, hors normes, novateur et profondément inspiré. Comme quoi, des erreurs de parcours peuvent parfois naître des fleurs aux parfums délicieusement suaves. Allez, laissons une nouvelle chance à Ridley Scott. A Lars Von Trier aussi ? A Lars Von Trier aussi ! Pas à Renny Harlin quand même ? Si, si. A condition qu’il ne mêle plus Geena Davis à ses élucubrations. Et Coline Serreau ? Non, faut pas déconner, non plus ! D’ailleurs, je vous rappelle, vous qui alliez commettre votre bévue hebdomadaire, que mercredi dernier est sortie sa nouvelle choucroute intitulée : SAINT JACQUES… LA MECQUE. Je sais, personne n’était au courant. Mais regardez bien l’affiche à l’endroit qui devrait vous renseigner sur l’utilité d’aller voir un film, c'est-à-dire le nom du réalisateur et non pas celui des comédiens, vous verrez qu’il y a d’écrit : « Un film de Coline Serreau ». En laissant cela visible aux yeux de tous, de deux choses l’une : soit l’imprimeur ne se rend pas compte qu’il est coupable de non assistance à personnes en danger soit il touche la Coterep. Dans tous les cas, on ne peut cautionner ; et voici un exemple plus qu’approprié de juger un film sans l’avoir vu. Sans l’avoir « subi », je ne vais pas le répéter jusqu’à la fin de l’article !

Pour en revenir à notre gars Ritchie (à vos souhaits !), son dernier opus demande beaucoup plus d’attention que 12 pauvres petites minutes et s’adresse donc à un public élitiste composé de personnes supérieures à la moyenne sur bien des points de vue. Ouf ! Heureusement pour vous je vais pouvoir vous en parler. REVOLVER est un film revigorant car il est conçu d’une manière très différente des sempiternels principes narratifs battus et rabattus, tout cela secondé par un patchwork d’images qui se mêlent à chaque situation principale en y apportant un contrepoint qui l’enrichit d’idées, d’émotions et d’enjeux complexes que tisse Guy Ritchie (à vos souhaits !). Ici le montage fait le film en multipliant les visions des personnages et de leurs vérités intrinsèques. Pénible à suivre ? Non. Tout au plus fatigant. L’acuité dont le spectateur doit faire preuve n’est certes pas celle qui s’apparente à la vision de GODZILLA, mais la richesse de cette œuvre ne signifie pas forcément la compréhension de toutes les références et autres liens secrets. Très intrigant dans sa forme, REVOLVER réussit une démonstration flagrante du pouvoir des images, des différentes versions que l’on peut y greffer et de l’impact émotionnel qu’elles provoquent en fonction de leur emplacement final. Le principe est utilisé de manière tout à fait brillante, même s’il reste parfois obscur, n’altérant cependant en rien le scénario.

Guy Ritchie (à vos souhaits !) se montre là plus « technique » qu’à son habitude, empruntant une voie faussement moins commerciale et que l’on espère devenir sa marque de fabrique. Il y fait preuve d’une maîtrise qu’il n’avait su montrer jusqu’alors, mettant en scène des rouages d’une redoutable variété.

Le titre du film ne reflète pas l’action que ce genre d’arme pourrait créer. Le fil du film est plutôt lent, ce qui nous laisse pénétrer dans des mécanismes d’une autre teneur, ceux de la psychologie labyrinthique de Jason Statham. C’est ainsi que Guy Ritchie (à vos souhaits !) se permet de coller à son personnage par cette identification cathartique. Il nous perd autant que l’est son personnage principal et met un réel plaisir à revenir sans cesse sur ce qui est imposé comme vérité vraie. Le doute s’installe. Enfin un réalisateur qui joue avec le spectateur sans imposer sa manipulation. Jouer avec nous, faire passer un maximum d’émotions, ne pas hésiter à nous déstabiliser. Glorifions les réalisateurs qui ne caressent pas les spectateurs dans le sens du poil ! Et encore merci à Guy Ritchie (à vos souhaits !).

Normal donc que le public ne se soit pas précipité sur REVOLVER. Espérons qu’il le découvrira en DVD. Attention néanmoins : réservé à un public averti ! « Averti » dans le sens où il n’aura pas de repères à sa vision et qu’il doit accepter de ne pas être passif cette fois-ci. Et non pas ce genre d’avertissement débile que l’on affiche à l’entrée des salles de cinéma pour vous dire que THE TEXAS CHAIN SAW MASSACRE est interdit aux moins de 16 ans. Quel est le crétin qui vient voir ça en famille le week-end ? N’oubliez pas aussi de regarder avant de traverser la route…

            Coupables de publicité mensongère, les flingues de REVOLVER ne se cachent plus dans FOUR BROTHERS. John Singleton avait enchanté nos passions adolescentes avec le pétaradant BOYZ N THE HOOD qu’il nous faudra revoir très bientôt, car c’est un souvenir assez réjouissant qui nous hante. Ce film très réussi ouvrait les portes hollywoodiennes à Singleton où il s’engouffra sans jamais vraiment exploiter ce qu’il avait entrepris. THREESOMEIl alla même à sombrer là où la lumière du jour ne parvient plus : 2 FAST 2 FURIOUS ou BABY BOY pour ceux qui ont encore du temps à perdre. Là où un Spike Lee s’engage sur certaines considérations sociales, Singleton se comporte plus en irresponsable qui ne prône aucune mesure mais seulement l’assouvissement personnel. FOUR BROTHERS ne relate qu’une simple histoire de quatre petites frappes assez minables qui n’ont de cesse de retrouver les véritables tueurs de leur mère adoptive. Présentés dès le départ comme de vrais caïds auxquels il ne fait pas bon se frotter, ils ne se présenteront jamais que sous le jour de simples truands qui ne vivent que par les règles qu’ils édictent, sans montrer tous les aspects négatifs des hommes impitoyables qu’ils sont censés être. Cohérence oblige pour garder un minimum vital au capital sympathie qu’ils sont obligés de dégager. Et encore… Mark Walhberg, cet ersatz de sous comédien gominé, joue tout en froncement de sourcil et en démarche dégingandée qui en font une caricature grotesque de lascar. Sombrement ridicule. A cela rajoutez la constante prétention qu’il balade de rôle en rôle et vous ne vous attacherez qu’aux autres comédiens, bien plus sobres, mais pas pour autant plus imaginatifs. Même Josh Charles, qui restera à jamais l’ambivalent Eddy de THREESOME, n’arrive pas à se dépêtrer de cet excès d’outrecuidance. La faute principalement à un scénario qui emprunte beaucoup à la bonté humaine pour mieux rassembler, mais qui se permet par la suite de développer une philosophie malsaine qui se mord la queue. Ainsi voudrait-on nous faire croire par la scène prégénérique du film que la mère de nos quatre Dalton est la plus parfaite des mamans pour ce qui est de ramener les jeunes des quartiers dans le droit chemin, alors qu’elle n’a jamais réussi à faire de ses enfants de bons petits gars loyaux, honnêtes et droits ! Un peu comme si Georges Moustaki donnait des leçons de musique.

Le thème de la vengeance n’a jamais vraiment été bien exploité au cinéma. La haine est un sentiment très sous-estimé. Dans FOUR BROTHERS on sort son flingue comme on dit bonjour et on évite tout respect de la personne que l’on a en face de soi. L’essentiel est de parvenir au but que l’on s’est fixé. Rien ne peut excuser ces comportements. Tout cela est bien sombre et ne laisse supposer aucune perspective de rédemption de la part de Singleton.

Le coup fatal : Singleton n’aime pas les flics. Ca, on avait compris depuis un moment. Maintenant nous savons pourquoi : il ne connaît pas la définition du mot. Nous passons les trois quarts du film à nous demander ce que fait notre bonne servante Sarkozienne. Ca flingue dans tous les sens, ça rentre par effraction, ça menace, ça tue et nos Pieds Nickelés ne sont jamais inquiétés par la moindre sirène ou un quelconque policier qui viendrait faire son enquête sur les exactions perpétrées. La seule fois qu’elle s’en mêle c’est pour qu’un flic ripou les laisse rentrer chez eux, prétextant une légitime défense abusive. On pense alors que le meurtre final va définitivement les laisser derrière les barreaux dès lors qu’ils sont arrêtés par la police, mais Singleton conçoit nos amis les flics comme de simples brutes qui se plaisent à torturer nos héros aux grands cœurs. Après s’être repus d’une bonne bastonnade, les flics laissent partir nos coupables et tout cela semble très logique puisque John Singleton n’a pas cessé de nous abrutir du théorème qui dit qu’une personne a le droit de tuer quiconque aura tué une personne de sa famille ou une personne qu’il aimait bien à la télévision.

THE BROTHERS GRIMMFilm pas très mathématique et bien plus antisocial, FOUR BROTHERS est une apologie de la méchanceté, de la violence et d’une impossible cohésion sociale. C’est très limité. Le cinéma est souvent une affaire de morale. Plus précisément, la technique du cinéma est une affaire de morale. C’est pour cela que nous ne pouvons pas dire de FOUR BROTHERS que c’est un mauvais film. C’est une vision du monde qu’il faut respecter. Pour moi, elle est suicidaire et pousse un cri d’aide qu’elle n’est pas prête à recevoir. La morale permet d’exposer des idées. Ce qui est d’autant plus intéressant c’est ce qu’elle arrive à imposer. L’établissement de limites, de cadres, est une composante élémentaire de la morale. Celle de John Singleton n’est pas la mienne. Il est maintenant temps qu’il aille au coin et qu’il réfléchisse à ce qu’il a fait.

            Toujours dans les salles : THE BROTHERS GRIMM de Terry Gilliam. Ce cinéaste surdoué est à ranger dans la même catégorie que John Singleton, et que nous appellerons les cinéastes de brasserie. Tout comme on demande au cours d’un repas à un comédien de nous faire rire, on demande parfois à des cinéastes de nous faire ce qu’il savent si bien faire. Singleton sait filmer des acteurs qui tirent sans regarder où, et Gilliam sait mettre en œuvre des aventures rocambolesques baignées de surréalisme et d’une composition visuelle très riche. Dans le même ordre d’idée, la prochaine fois que j’irai à la banque je demanderai à mon banquier de me faire un chèque.

Gilliam nous gratifie encore une fois d’aventures foisonnantes, de trouvailles, qui mettent en branle tout un système complexe. Une certaine dose de poésie vient s’ajouter à des créations picturales somptueuses. L’univers de Gilliam est au menu de cette brasserie qui nous régale depuis des années de la virtuosité de cet artiste qui n’avait pourtant plus réalisé depuis le déjanté FEAR AND LOATHING IN LAS VEGAS.

On regrettera cependant que ce soit lui-même qui serve les plats, entretenant une routine qui engendre une certaine âpreté dans THE BROTHERS GRIMM. Sec. C’est très bien fait mais il n’y a pas la grâce d’un BRAZIL ou d’un TWELVE MONKEYS. Et ce n’est pas le regard vide de Matt Damon qui amènera la cerise sur le cadeau. C’est une sorte de folie à prix discount. Ca en a le goût mais… On ressort de là pas tout à fait changé, pas tout à fait diverti, pas tout à fait sous le charme. On peut se consoler en se disant qu’il a fait ça pour gagner un peu d’argent en vue de racheter les droits de son Don Quichotte. Si j’avais assez d’argent pour acheter les droits des films de Lars Von Trier et tous les brûler !!!

            Derrière le même comptoir, Steven Spielberg fait ses continuels aller et retour. Aujourd’hui le chef nous recommande WAR OF THE WORLDS. On lui a demandé de nous sortir le grand jeu, comme il sait le faire, alors cela ne lui a pas causé trop de problèmes. C’est qu’il est bien sympathique le petit Spielberg. Il fait plaisir au plus grand nombre, il prend les plus bankables du moment et nous concocte des effets spéciaux savoureux. Quel intelligence et quel talent ! Il y a pourtant plus de personnalité qu’on ne le croit, dans ses films. Mais les concessions qu’il s’oblige à faire ne lui laissent que des bribes à exploiter. En fin observateur il se sert des dernières techniques à la mode et s’amuse beaucoup avec elles. C’est plaisant car bien fait, mais totalement dépourvu de prises de risques. Le classique des réalisateurs de brasserie. Et pourtant il ne le dirige pas mal le jeune Cruise en adolescent attardé qui joue les jeunes cons au réveil, et la chevronnée Dakota Fanning en machine à sanglots bruyante mais trop mignonne pour qu’on lui en veuille. Sale coup du vieux briscard !

Mais Spielberg n’a pas retenu la leçon de CLOSE ENCOUNTERS OF THE THIRD KIND. Il continue à nous montrer ses E.T. plus ridicules les uns que les autres. Et comme les tripodes sont moins impressionnants que les colossaux vaisseaux de l’original, avec leurs rayons foudroyants, on a un peu de mal à trembler. Heureusement, ce n’est pas n’importe qui derrière la caméra et la mise en scène touchant un formalisme réaliste, parvient plus à nous. La fin reste malheureusement un Deus Ex Machina improbable et sans grand intérêt si ce n’est une happy end qui arrive à point nommé parce qu’autrement il aurait fallut détruire la planète entière. Vu que Bruce Willis n’était pas disponible, que la mission n’était pas assez impossible pour Tom, et qu’en la regardant bien vous comprendrez aisément que Dakota Fanning ne pouvait pas grand-chose, finalement tout est bien qui finit bien.WAR OF THE WORLDS

            Un petit café avant de partir ?

            Oui, cela nous permettra de nous réjouir que Bart Freundlich fasse des films où il fait travailler sa charmante femme, et c’est bien. J’aime les réalisateurs sociaux et Julianne Moore n’est jamais assez présente sur les écrans.

WORLD TRAVELER part d’une manière assez incompréhensible. Le montage permet des inserts qui ne racontent pas des évènements antérieurs ou postérieurs à ce que vit Billy Crudup, mais met en scène les différentes pistes où s’égare son imagination lorsqu’il repense à sa femme et à son fils qu’il a laissés. C’est absolument prodigieux et émotionnellement très porteur. Vive et précise, cette approche installe un mystère autour de cet acteur dont on sent que le personnage se trouve à tournant de sa vie, que Bart Freundlich nous a donné très envie de suivre. Mais Freundlich n’est qu’un séducteur. Et conquérir n’est pas acquérir. Cette première partie dénote avec le reste du film qui s’enfonce petit à petit dans une lourdeur où le propos stagne et ne parvient plus à assumer le sublime rythme fondateur. La fin du film devient même complètement ratée à partir du moment où Julianne Moore disparaît. Et même si le message simpliste du film manque de subtilité, il ne parvient pas à effacer le souvenir d’un début exceptionnel où la douleur émotionnelle du personnage appelle chez nous des sentiments variés. Etonnant comme Bart Freundlich se perd…

            Oups ! Je me dois d’arrêter promptement cette nouvelle performance littéraire, nous avons atteint les 12 minutes fatales.

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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