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Jeudi 12 octobre 2006

            Ce blog vit ses dernières heures. Ces mots qui résonnent en vous comme des prophéties explosives font partie des ultimes messages que chacun peut y voir. Je pourrais très bien évoquer plusieurs raisons qui justifieraient la fermeture de cet espace, je pourrais vous dire que je ne supporte plus les claviers AZERTY et pourtant il était si simple de faire en sorte que les lettres de l’alphabet se suivent, que des ponts d’or me sont faits pour que j’aille écrire ailleurs mais que je préfère rester sur mon petit pont de bois (en évitant la compagnie d’Yves Duteil, de préférence) à attendre que ce soit l’or qui coule dessous, qu’il faudrait foutre une honte publique aux hommes qui portent des slips en lycra, que je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi mon facteur s’obstine à sonner furieusement chez moi à 08 heures du matin, et qu’il doit être sacrément seul dans sa vie pour n’avoir que La Poste de si bonne heure, que je n’arrive pas à me faire à l’idée que la girafe n’aura jamais le pelage de la panthère, qu’on ne parle plus de Margaret Thatcher alors qu’elle a plusieurs morts sur la conscience, que jamais personne n’a pensé à appeler son groupe de rock : Tite, pour pouvoir faire un album live dont le titre aurait été : « Tite : live », et que je suis persuadé qu’il y a des extra-terrestres parmi nous et qui si vous arriverez à lire entièrement cette phrase sans reprendre votre souffle, vous en êtes sûrement un. Et le pire c’est que vous ne nous donnerez jamais la formule du vaccin contre le S.I.D.A. Putain ! Dire que vous aviez abandonné l’un des vôtres dans E.T. THE EXTRA-TERRESTRIAL ! Peuple de dégénérés qui se croit supérieur, tout ça parce que ses excréments s’illuminent. Si, c’est vrai ! D’ailleurs, on le voit bien quand E.T. se sort le doigt et qu’il en a encore plein au bout.

Oui, je pourrais trouver tout un tas de bonnes raisons qui légitimeraient mon acte, mais il n’est qu’une seule et bonne raison à tout cela : la lassitude. Entendons-nous bien : je ne suis pas du tout lassé par la tenue de ce blog. Pas même fatigué. Même pas ennuyé. Même pas morose. Même pas gloomy. Même pas mal ! Même pas touché ! Même pas là ! Même pas invité ! M.P.E.R. ! Non, c’est juste qu’il faut être lucide face au monde virtuel. La relation qu’entretien un utilisateur régulier avec son blog est en moyenne de deux ans. Après quoi. Voilà la vraie raison. Et puis aussi parce que, cette nuit, j’ai été visité par un messager de Dieu, vêtu d’une burka en or, qui s’exprimait dans un waray-waray approximatif, et qui ressemblait à Edouard Balladur. Alors, me direz-vous, comment puis-je savoir qu’il s’agissait d’Edouard Balladur, puisque le spectre se cachait sous un tel déguisement et qu’il parlait une langue que seulement 5 millions de personnes peuvent décrypter ? Je vous l’ai dit, c’était un spectre, il ne faut pas chercher de logique dans tout cela. Tout ce que je sais c’est que j’ai toujours pensé que la bourka ferait un très bon costume d’assassin dans une nouvelle série à slasher. C’est un vêtement très agressif lorsqu’on l’a en face de soi. Il crée tout de suite une panique suffocante. Malheureusement, et vous comprendrez aisément pourquoi, aucun producteur ne prendra le risque de développer un tel projet. Dommage. Edouard Balladur aurait été très bien. Toujours est-il que j’ai très distinctement entendu ses paroles. Sur le sol, il a d’abord jeté son bâton, qui s’est transformé en serpent, puis, il a levé les bras vers le ciel, il y eut un grand bruit comme des éclairs qui frappent un clodo un soir de pluie, et tout à coup ces quelques paroles : « Je vous demande de vous arrêter. Je vous demande de vous arrêter ». Je ne sais pas pourquoi, mais c’est à ce moment précis que j’ai reconnu notre ancien Premier Ministre.

Lorsque vous êtes sujet à ce genre de vision, le monde vous apparaît tout à coup nettement différent. Ces paroles ont été lourdes de sens pour moi. Quel oracle ! Il fallait absolument que je mette en œuvre la mission qui m’avait été ordonnée.

En y réfléchissant, j’aurais de toute façon clôt ce blog d’ici quelques années par manque de motivation, écrivant quelques vagues articles d’une dizaine de lignes une fois par mois, mettant à jour les lanternes magiques lorsque j’y aurais pensé, ne répondant plus à vos commentaires, bref, cela aurait été plus un boulet qu’autre chose. Alors qu’en choisissant dès aujourd’hui la date de péremption de ce blog, je vous assure jusque-là une continuité dans votre quête d’idées précieuses, et une absence de déception le jour où la date fatidique arrivera. Quoi de plus beau que de fêter une mort annoncée, alors que nous aurons profité au maximum de chaque moment passé ensemble ?

Je lance donc dès aujourd’hui la grande autodestruction de ce blog. Que résonnent cloches au son lourd, qu’explosent feux d’artifices festifs et que se jettent sur moi de jeunes femmes dénudées et perverses !

Ce blog s’autodétruira dans 1310 jours, dans un fracas webesque infernal. Préparez vos bougies, la lumière va s’éteindre.

JUAN CARLOS CREMATA MALBERTI            D’ici là, nous allons continuer à nous passionner pour toutes choses artistiques ou culturelles, à commencer par VIVA CUBA, le second film de Juan Carlos Cremata Malberti. Gros succès dans son pays d’origine, ce film est avant tout destiné aux adultes accompagnés d’enfants, selon son auteur. Mais c’est un vrai film d’enfants et quand même destiné prioritairement à ces derniers. Ce n’est pas une raison pour se permettre tout et n’importe quoi. Un film a beau être destiné à une certaine catégorie, il a beau développer une idéologie, véhiculer des sentiments, mettre en scène un scénario implacable, il n’en reste pas moins de l’art avant tout.

Juan Carlos Cremata Malberti est né à Cuba. Une chance en soi, puisque l’île bénéficie de l’extraordinaire caractère naturel qu’on lui connaît. Malheureusement, il a choisi de devenir réalisateur. Or, à Cuba, on manque d’argent. Le film a été fortement soutenu, mais cela n’a manifestement pas suffit pour l’acquisition de pellicule. VIVA CUBA a donc été tourné en digital. Bon, jusqu’ici rien de très scandaleux (on ne pourra jamais faire pire que l’abject DANCER IN THE DARK) quand on sait les derniers progrès qui ont été faits en ce domaine, et qui ont permis à certains films de devenir regardables. Mais VIVA CUBA n’aura pas connu ce succès. La post-production n’a pas jugé utile de lui donner un caractère cinématographique, ce qui le confine honteusement au rang de vidéo de nos dernières vacances. Il faut aussi dire que l’on peut difficilement transformer une matière brute qui manque singulièrement de classe. Je veux parler ici de la photographie. Détestable. Du digital, d’accord, mais un travail spécifique. Il n’est pas fait, ici. Ce qui aurait pu être passable devient alors très laid. Cela se voit notamment lorsque les flux lumineux sont trop intenses, comme en témoigne le passage où Jorge Milo dirige le rayon lumineux d’une lampe torche sur son visage. Je m’attache à des détails importants et je n’oublie pas pour autant de parler de l’émotion que le film cherche à véhiculer. C’est son but premier. La relation d’amitié entre les deux gamins est bien définie, même si sans grande originalité. Et pourtant nous sommes loin du compte à cause d’un jeu en dents de scie. Il est dans un premier temps déstabilisant, autant du point de vue des enfants que des adultes. Très souvent, les expressions sont outrées et exagérées. Je trouve malgré tout que c’est une des réussites du film car cela compose un monde en manque d’apaisement, très contrasté dans ses caractères, et qui fera négatif avec l’échappée des enfants (moment, d’ailleurs, qui sera propice à plus d’intériorité et de justesse (même si tout est assez inégal) de la part des enfants). C’est fait dans l’esprit d’un conte. L’histoire elle-même s’en rapproche effrontément : le milieu qui empêche l’épanouissement des enfants, la fuite, la quête d’un monde meilleur, la rencontre de plusieurs personnages sur leur chemin, les enfants que l’on retrouve, le retour dans leur milieu originel. C’est assez simple et assumé comme tel par le réalisateur. Oui, mais qui dit simple ne dit pas forcément simpliste, et ce n’est pas ce que nous propose Juan Carlos Cremata Malberti. L’amitié est plus forte que tout est un propos limité, qui ne trouve pas sa véritable exploitation au sein du film. Je crois pourtant sincèrement que l’on peut faire des films avec un discours tout aussi simple que celui-là, que l’on peut encore réaliser de bons films sans scénarii sophistiqués, encore faut-il savoir comme mettre le tout en images. Et l’un des gros défauts de VIVA CUBA est qu’il manque continuellement de mise en scène. Juan Carlos Cremata Malberti s’amuse sans discontinuer à filmer en plans rapprochés et gros plans, ce qui empêche de donner de l’espace à l’action et pallie à l’absence de mise en scène. Et lorsque la caméra s’éloigne un peu, le défaut est flagrant, à l’image de la scène où les deux gamins s’insultent : plan large, profils, statisme. Il y avait sûrement autre chose à trouver, au-delà de la composition picturale.

A contrario, la scène d’ouverture est à la fois drôle et terrible, lorsque les enfants, jouant à la guerre, sont filmés comme un jour de mission spéciale. Pour une fois, la mise en scène est très présente. Elle autorise un jeu de commando comme l’on en voit dans les films provenant des Etats-Unis. Cela participe au style non réaliste que le réalisateur imprime à VIVA CUBA et qui nous fait rentrer de la meilleure des manières dans le monde de l’enfance, qui n’a pas les mêmes priorités que par lesquelles le duo enfantin va être rattrapé.

C’est le découpage qui est une véritable surprise, dans VIVA CUBA. Il favorise un rythme assez soutenu et avec des ellipses évocatrices.

Le réalisateur utilise beaucoup le montage alterné, avec plus ou moins de réussite. Lorsqu’il tient à opposer les deux familles par leurs travers, le procédé fonctionne plutôt bien, alors que lorsqu’il met en avant l’angoisse des familles pendant que les enfants sont à l’autre bout de l’île, nous tombons dans le cliché manichéen du film hollywoodien par excellence.

Nous noterons aussi les petits moments de poésie (les fleurs qui poussent sur la plante, les étoiles qui dansent, les lucioles et le guije…) qui se trouvent disséminés tout au long du film, et qui sont particulièrement révélateurs de l’univers magiques que se créent les enfants. Ces rares moments sont comme de petites billes de velours sur lesquelles se laisse glisser le spectateur.

Au final, VIVA CUBA est un film assez sommaire dans sa conception, dans son message et dans sa concrétisation visuelle. Il a cependant remporté nombre de prix dont le Grand Prix Ecrans Juniors du Festival de Cannes 2005. Oui, mais attention, même si le jury l’a attribué à l’unanimité, il n’était composé que d’enfants. Et pourquoi pas un jury composé de serial killers pour élire le meilleur thriller, tant qu’on y est ? Je n’ai rien contre les jurys d’enfants et les festivals qui remettent ce genre de prix. Au contraire. Ce que je trouve un peu plus putassier c’est l’amalgame qui est établi avec les jurys de professionnels. On vend un film avec des prix qui ont la même valeur. Mais quel est l’intérêt marketing de mettre en avant une récompense qui n’a pas été décernée par des professionnels ? D’autant plus que je comprends parfaitement pourquoi ce jury a été aussi touché par ce film, tout comme l’immense majorité des enfants qui le visionnent. VIVA CUBA est recouvert d’une épaisse couche de consensualisme qui se retrouve jusque dans son titre. C’est un film qui été fait pour les enfants tout comme un blockbuster est calibré pour assouvir une soif de spectaculaire.

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            D’un extrême à l’autre, passons à HARD CANDY de David Slade, pas franchement fait pour les enfants et à l’origine de grosses sueurs chez la gent masculine.

Tout d’abord, je voudrais féliciter les concepteurs de l’affiche. On parle rarement des affiches de cinéma et pourtant, c’est l’un des premiers éléments marketing du film. Tout comme les bandes-annonces, ce n’est pas souvent que l’une d’entre elles sort du lot. Pour les bandes annonces, nous avions dernièrement pu apprécier celle de THE HITCHHIKER’S GUIDE TO THE GALAXY (bien plus efficace que le film en lui-même), alors que les dernières grandes affiches sont à chercher du côté d’ASSASSIN(S) ou de KIDS (affiche française). HARD CANDY c’est un concept simple, une évocation rapide de ce que présente le film, une seule et grande idée visuelle et le mystère que suscite l’attrait du film en rapport avec les interrogations nées de l’affiche.

Le film est assez flippant quant aux zones d’ombre qui révèlent peu à peu le personnage interprété par la jeune Ellen Page. Jeune fille à peine majeure et qui doit composer un personnage bien plus jeune. Difficile de trouver une actrice qui convienne aussi bien et qui combine un faciès plus juvénile, ce qui aurait encore apporté un caractère dérangeant, voire perturbant et malsain, encore plus marqué. Mais l’actrice est absolument prodigieuse de folie et de maturité. Le rôle est bien évidemment écrit pour (cela aide), mais elle amène en plus une assise qui ne trompe pas la caméra.

Difficile, en tout cas, de parler du film sans en dénaturer toutes les surprises et le leit-motiv, mais ce qu’il est possible de dire c’est qu’HARD CANDY est joue avec l’ambiguïté pédophile, qu’elle soit placée du côté d’une jeune fille dont on est en droit de se demander ce qu’elle cherche d’une relation avec un photographe bien plus âgé qu’elle, et, bien sûr, la limite floue qui nous permet de juger un homme de pédophile. Car Patrick Wilson n’est jamais dans une démarche qui tend à affirmer un quelconque penchant. Il n’existe aucune preuve flagrante qui puisse le rendre coupable. D’un autre côté, ce n’est pas parce que l’on n’est pas coupable que l’on est innocent. Le film s’acharne sur cette zone nébuleuse.

ELLEN PAGENéanmoins, HARD CANDY n’est pas totalement réussi car il y manque un certain aboutissement. Pas dans son scénario (quoiqu’un certain passage aurait pu se contenter de ne pas faire de retour en arrière ; si tu as vu le film, tu sais de quoi je parle et que je ne peux nommer) mais plutôt dans son abomination des caractères des personnages principaux. Un film comme FUNNY GAMES a au moins l’honnêteté d’être glacial, pervers et implacable dans le moindre de ses recoins. HARD CANDY n’est pas aussi retors que son sujet l’est. Même si certains moments sont de véritables épreuves pour le spectateur (au niveau du ressenti visuel ou de la prise de position), le film se dilue dans un systématisme artistique qui ne trouve d’évolution que dans le scénario. Prenons le cas de la mise en scène. David Slade choisit, comme bon nombre de metteurs en scène à l’heure actuelle, de filmer en plans rapprochés. Aberration filmique. Il choisit aussi de ne jamais faire d’explication des situations par des plans généraux. Soit. Ce peu de mise en scène (il choisit de préférence d’écrire la mise en espace dès le scénario) semble pourtant être ici un vrai choix, une vraie manière de filmer, avec un impact précis sur le public. David Slade choisit de ne rien montrer des situations environnementales pour garder son spectateur dans un vide qui s’apparente à une neutralité. Gardons les yeux ouverts sur ce qui se joue et n’ayons aucun recours intelligent de ce que l’on pourrait déduire. Gros plan, donc, sur l’ordinateur. Plans rapprochés sur les visages qui se découvrent. Qui plus est, l’effet va devenir encore plus saisissant les rares fois où il se permettra d’élargir ses plans, comme le moment où Patrick Wison accompagne Ellen Page à sa voiture, afin de l’emmener chez lui. Le cadre est magnifique. L’isolement total. Car si le plan général rend les protagonistes moins présents, il les montre encore une fois seuls, et en milieu urbain. C’est la vision du prédateur qui fond sur sa proie. Rien n’existe alentour. Lien. La tragédie peut avoir lieu.

Par ce qu’il donne à voir et par son caractère décalé, HARD CANDY est vraiment un film très excitant, et qui bénéficie d’une photo sublime que l’on doit à Jo Willems. De beaux inserts de couleurs en milieu quotidien et des choix très osés de lumières qui s’affaiblissent à des endroits précis du film, comme des évènements semi-conscients annonciateurs de revirements sombres.

Si j’avais un conseil à donner, ce serait d’aller voir le film sans rien en lire auparavant. Vous devriez d’ailleurs toujours vous comporter de la sorte. Pourquoi donc continuez-vous à prendre en compte les critiques ou à aller voir les films dont on parle le plus ? Seul le réalisateur devrait être un facteur déterminant dans ce choix. En ce qui concerne HARD CANDY, ce serait dénaturer l’essence même du film que de connaître plus que les dix premières minutes. Sachez juste qu’il est interdit aux moins de 16 ans, mais que si vous aimez les expériences extrêmes il est fait pour vous. Je citais plus haut FUNNY GAMES, voilà non pas un bon élément de comparaison mais plutôt d’association.

            Qu’on se le dise, le « Cinéma de minuit » de France 3 n’est plus ce qu’il était. Déjà qu’Arte diffuse de moins en moins de films en version originale et que T.F.1 vient de supprimer le film du dimanche soir en première partie de soirée (voilà exactement le genre de décisions qui devraient être prises par référendum), voici donc que notre rendez-vous hebdomadaire prend une forme cauchemardesque qui ne me plaît absolument pas. Figurez-vous que dimanche dernier, il nous offrait la diffusion du trop rare A HIGH WIND IN JAMAICA d’Alexander Mackendrick, réalisateur qui gagnerait beaucoup à ce que l’on se replonge dans son œuvre. Ce film est d’ailleurs un bel exemple de film d’aventures riche en émotions. Puisque nous parlions tout à l’heure de VIVA CUBA, A HIGH WIND IN JAMAICA prouve que l’on peut faire des films avec des enfants et pour les enfants tout en faisant appel à une palette de sentiments que l’on tend aujourd’hui à exclure de ces productions. Mais SNOW WHITE AND THE SEVEN DWARFS et BAMBI sont aussi des films cruels, brutaux et tristes. Et pourtant quelle richesse pour un enfant de le découvrir à travers eux !

Dans A HIGH WIND IN JAMAICA, que vous soyez enfant ou non, vous pouvez découvrir de magnifiques cadres composés au ras du sol, que vous kifferez encore plus si vous ne visionnez pas une copie en pan & scan. Car, et c’est la première fois que je vois cela au « Cinéma de minuit », ils n’ont rien trouvé de mieux que d’éliminer ces bandes noires qu’ils ont jugées disgracieuses, et de recadrer ce film (qui bénéficie de compositions de cadre abouties, avec de formidables prises de vues de la Jamaïque) pour ne laisser place qu’à un tronçon de film inintéressant et granuleux. Je n’aurais jamais cru pouvoir dire cela un jour envers l’émission de Patrick Brion, mais suite à cette pratique je crie : « Honteux ! »

GARDE A VUE            Dans la série « Honteux mais juste », je vais vous conter le dernier projet que j’ai essayé de mener à bien.

En revoyant GARDE A VUE de Claude Miller, me vient à l’idée de mettre en scène au théâtre le scénario de Michel Audiard, après une adaptation que j’aurais entrepris moi-même. Je me renseigne donc auprès de la S.A.C.D. où je tombe sur une dame charmante qui m’explique que pour toute adaptation d’une œuvre cinématographique, c’est le producteur qui détient les droits, et que je dois en premier lieu lui adresser une demande pour obtenir une autorisation de sa part. Après quelques recherches, je trouve le nom de la production : les Films Ariane. Il s’agit d’une société de production qui a à son actif des films tels que FANFAN LA TULIPE, L’HOMME DE RIO, L’EMMERDEUR, ADIEU, POULET, LA BALANCE ou encore GINGER E FRED. Grosse boîte, donc, qui ne serait pas difficile à contacter. Seulement là où l’affaire se complique c’est au moment où je commence à chercher son adresse. Après maintes pérégrinations, je finis par m’apercevoir que les Films Ariane a été dissoute à la fin du siècle dernier, et les droits d’exploitation de son catalogue rachetés par T.F.1 International. Aïe ! Je vous passe les diverses manigances pour rentrer en relation avec une personne qui puisse me renseigner, et j’obtiens enfin les précisions qui décideront de mon adaptation future. Chez T.F.1 International, une autre charmante personne finira par lâcher quelques éclaircissements précieux. Figurez-vous qu’à sa mort, Michel Audiard a laissé un testament dans lequel il stipulait qu’il ne voulait en aucun cas que GARDE A VUE soit adapté au théâtre. Il doit y avoir une petite subtilité puisque la seule possibilité qui pourrait outrepasser cette ordonnance serait que les ayants droits soient tous d’accord face à la proposition qui leur serait amenée. Ces ayants droits, ils sont une dizaine, parmi lesquels Claude Miller et le producteur du film. Autant dire que les satisfaire tous est une mission quasiment impossible, voire une galère innommable. Cerise sur le gâteau, il y a environ six mois, une grosse boîte de production, dont je tairai le nom, s’est aventurée à proposer un projet équivalent. Jean Reno devait tenir le rôle de Lino Ventura (pourquoi pas ? Ils ont bien essayé de monter A STREETCAR NAMED DESIRE avec Eric Cantona !) et Jacques Gamblin celui de Michel Serrault. Le nom de Stéphane Freiss était avancé pour le rôle de Guy Marchand. Eh bien cette production fut tout simplement refoulée, les ayants droits n’étant pas satisfaits.

Donc, pour une adaptation de GARDE A VUE au théâtre ce ne sera pas sous notre règne, mes chers amis. Honteux, mais juste. Qu’à cela ne tienne, il existe tant d’autres projets à entreprendre, tout aussi excitants. Mais cela passe par la destruction de ce blog. « La destruction est une forme de création », entend-on dans DONNIE DARKO. Probablement. Première étape : l’autodestruction de « La lumière vient du fond ». Mais rassurez-vous, cela est tout sauf une fin. C’est une étape. Et puis la mort du virtuel, après tout, cela n’existe pas vraiment.

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Jeudi 12 octobre 2006

QUESTION : Dans SIMETIERRE comment s’appelle le chat ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Jeudi 12 octobre 2006

4 / 10 :


par MAYDRICK publié dans : LANTERNE MAGIQUE
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