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Lundi 25 septembre 2006

QUESTION : Sur les 750 000 dollars du budget d’AMERICAN GRAFFITI, combien étaient affectés au paiement des droits des 35 chansons de la bande sonore du film ? [Il s'agit d'un chiffre approximatif]


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Lundi 25 septembre 2006

            Lorsque j’en ai assez de fréquenter cinémas, théâtres, musées et autres bars à putes, je m’en vais passer quelques heures dans La Poste de mon quartier. Elle concentre les plus minables fonctionnaires qu’il m’ait été donné de voir, regroupés au mètre carré. Sortes de trolls vivants dont le charisme affiche autant de glamour qu’une page de catalogue pour accessoires de bureau. Du moins c’est ce que je croyais jusqu’à la semaine dernière. Jusqu’à ce que je découvre… [Mode roulements de tambour on]. Jusqu’à ce que je découvre les A.S.S.E.D.I.C. !!! Dire que j’ai vécu autant d’années en croyant que le cinéma me contait les plus belles histoires ! Quel gâchis ! Pour ceux qui le croiraient toujours, arrêtez tout. Allez de ce pas dans votre A.S.S.E.D.I.C. assister à ce qui se fait de mieux en la matière. En plus, c’est gratuit. Les cons !

Dans l’A.S.S.E.D.I.C. de mon quartier, il y a des gueules d’acteurs. C’est vrai, quand on y pense, le cinéma d’aujourd’hui ne veut plus de « gueules » pour premiers rôles. Les Michel Simon, Fernandel et autres Bernard Ménez sont aujourd’hui remplacés par Johnny Depp, Keanu Reeves ou Vincent Cassel, esthétiquement plus attractifs. Paraît-il. Il a donc fallu que les curiosités contemporaines trouvent à se reclasser. Et ce sont la S.N.C.F., La Poste et les A.S.S.E.D.I.C. qui ont eu la bonne idée de les centraliser. Je reviendrai avec plaisir dans mon A.S.S.E.D.I.C. car y travaille le sosie de Michel Simon jeune. C’est assez stupéfiant ! Et je n’avais rien pris ce jour-là, sans faire de vilain jeu de mots. Je suis quasiment sûr qu’il s’agit d’un de ses descendants. Mêmes bajoues tombantes, yeux de bassets, désinvolture dans la démarche et articulation difficile. A moins que ce ne soit un chien…

Et j’ai eu beaucoup de chance le jour où j’y suis allé, car vu la file d’attente qui se traînait jusqu’au dehors, la séance avait démarré depuis un bon moment. Heureusement, ce n’était pas trop compliqué, j’ai réussi à tout comprendre. J’ai bien saisi, à la longueur de la queue, que le spectacle était un de leurs plus grands succès. Toujours cette histoire de proportionnalité en rapport avec la queue ! Tu parles, personne ne voulait le louper. Il paraît même qu’il y en a qui revenaient pour la cinquième semaine consécutive !

Que je vous raconte l’histoire. L’homme, que nous appellerons Youki, est à l’accueil. A côté de lui, une jeune maghrébine s’occupe du bureau A. Elle passera sa journée devant l’ordinateur. Pour que ce soit aussi prenant, j’imagine qu’elle devait jouer à W.O.W. En attendant, Youki se tape toute la sale besogne. Et il a convié plein de personnes pour le regarder travailler. Apparemment, il a l’air de faire du super boulot. Une fois toutes les demi-heures environ, une personne passe la zone de confidentialité et s’avance à son bureau, pour le féliciter. Une demi-heure ! Je trouve le temps un peu long tout de même ! Qu’ont-ils de si intime à se dire ? Je comprends soudainement qu’il a invité des membres de sa famille !!! Le coup bas ! C’est Hiroshima dans mon ventre. Mon tour arrive, tant pis pour lui, je ne lui ferai pas le moindre compliment. Je me présente face à lui. Je ne lui parle que de mon dossier. Il fait semblant de ne pas être affecté, comme si de rien n’était, mais je sens bien qu’au fond il le prend très mal. Du coup, il ne veut même pas discuter avec moi. Il me donne un ticket avec un nombre écrit dessus. Une personne va me recevoir dans son bureau. Je commence à regretter. J’aurai dû lui dire un petit mot gentil quand même, juste que j’ai beaucoup apprécié la délicatesse avec laquelle il m’avait adressé le ticket ou plutôt qu’il manie la souris comme aucun employé de bureau. Je me retourne mais il est déjà trop tard. Un autre membre de sa famille s’est approché de l’accueil et commence déjà à le complimenter. J’attends donc qu’un bureau m’appelle. Heureusement il y en a plein, cela devrait aller vite et aucun de ceux qui y travaillent n’a invité sa famille aujourd’hui. Tout à coup, une panne informatique survient. La directrice du pôle cherche dans les différents bureaux quelqu’un pour l’aider. Ca à l’air mal barré, personne ne fait la chirurgie esthétique. Enfer et dame Nation ! Un calembour qui n’a l’air de rien, mais qui fait très mal à la qualité humoristique de ce blog. Elle s’aperçoit qu’il n’y a plus personne dans les bureaux. Je regarde ma montre. 15 heures 35. Cela me paraît normal. Il faut bien s’affairer maintenant pour fermer à 18 heures. Il reste tout de même une personne, dans un bureau. C’est mon tour. Visiblement, Youki a dû lui dire de s’occuper de moi. La personne ne veut pas refaire mon dossier. Elle décide de me faire envoyer un courrier pour convenir d’un prochain rendez-vous à l’agence. « - Et si on décidait maintenant ? - Maintenant ? Non mais, vous ne vous rendez pas compte ! Vous croyez qu’il suffit que chacun soit disponible pour prendre un rendez-vous ? - Ben, oui… » Regards. Silence. « Ce n’est pas un secrétariat, ici. »

Une autre forme de culture.

            Au rayon des bacs, pas de grand choc depuis la découverte d’Arcade Fire et de leur premier album. M’enfin c’était l’année dernière tout de même ! En tout cas, ce fut un vrai choc musical que ce groupe canadien, aux puissantes mélodies enivrantes. Et donc, depuis, pas grand-chose. En ce moment, j’écoute pas mal Black Mountain et leur album homonyme. Un peu austère au premier abord, mais huit chansons finalement prenantes, superbement arrangées, se terminant par le grandiose « Faulty times ».

Et puis il y a le premier album solo de Leigh Nash. La chanteuse a perdu l’extraordinaire allant romantique du groupe Sixpence None The Richer en entamant une carrière solo, mais nous retrouvons toute la grâce d’une voix qui caresse les mots comme des morceaux d’étoffe effleurent votre peau. Très bel album pop, parfois un peu trop au goût de la mode.

            La rentrée théâtrale bat son plein sur Paris. Au contraire de l’Olympique de Marseille, qui ne bat personne. Une pièce qui bat des records d’immondices : « L’importance d’être constant » au théâtre Antoine, 14 boulevard de Strasbourg 75010 Paris. Il s’agit d’une nouvelle version et mise en scène de Pierre Laville, qui, après avoir bien réfléchi, s’est dit que sa précédente version c’était quand même de la merde et qu’il valait mieux en refaire une pour que l’on se souvienne bien qu’avant c’était vraiment mauvais et que la prochaine ne pourra qu’être meilleure. Pour cela, il décide de monter la pièce avec plusieurs comédiens, mais aussi Frédéric Diefenthal. Nous le savons, depuis longtemps, le théâtre Antoine ne cherche plus qu’à rameuter par une politique basée sur une affiche de noms. Et souvent concomitante avec une perte flagrante de qualité. Lorant Deutsch, passe encore. Ce n’est pas un mauvais comédien. Juste limité, en grande partie à cause de sa voix. Mais Frédéric Diefenthal ? L’un des pires comédiens français actuels ! Il y en a quand même pas mal de bankables avant lui… Quel désarroi intérieur lorsque le public verra qu’il joue comme une espadrille ! Je souffre déjà pour lui. C’est moche ce que fait Pierre Laville.

En fait, des mauvais comédiens, il y en a toujours eu au théâtre, et il y en aura toujours. Mais le théâtre parisien est en train d’être colonisé comme l’a été le cinéma français avant lui. Monter des pièces sur la popularité de certains noms. Là où autrefois le premier nom suffisait, aujourd’hui les producteurs veulent des seconds et des troisièmes noms en tête d’affiche. Et pas question de ces brillants comédiens de théâtre que le grand pouvoir médiatique n’a pas élevé au pinacle. En leur prenant leur travail, Frédéric Diefenthal est à l’origine de l’accélération de la mort des intermittents du spectacle. Rappelons qu’il avait aussi été à l’origine des vocations d’abrutis réactionnaires conducteurs de taxis dès la saga des TAXI, et qu’il sera prochainement l’instigateur de la dégénérescence du conflit au Moyen-Orient en Troisième Guerre Mondiale. Et en plus il a une haleine de supporter.LITTLE MISS SUNSHINE

            Petit film que ce LITTLE MISS SUNSHINE de Jonathan Dayton et Valérie Faris. Faut quand même dire ce qui est : quand on décide de vous dire que vous êtes des cons, vous en redemandez. C’est ce que je trouve un peu facile dans ce film. La vie est difficile, les méchants sont superficiels, la cruauté c’est pas beau, on porte tous nos blessures, finalement c’est pas gagner qu’est important, c’est essayer, parce qu’on a droit à l’erreur, et blablabla et blablabla. Rien que des mots pour nous faire croire que nous avons tout compris de l’essence de la vie, et que nous sommes tous pareils mais que personne ne le dira à personne. Parce que la société nous cloisonne. Manipulateur. Univoque. Pervers. Réactionnaire. Comme la jeune comédienne qui prétend : « Moi, ce qui m’intéresse, c’est travailler sur l’humain. » (Ah bon ? Moi c’est les tortues.) Que voulez-vous répondre à cela ?

D’abord, techniquement, c’est assez faible. Juste du cadre. Il est vrai qu’il y a des compositions absolument magnifiques. Mais, d’une part, elles ne suivent aucunement la mise en scène et, d’autre part, elles n’existent qu’en plan fixe. Les réalisateurs ne paraissent pas savoir que l’on peut aussi mettre du relief et de l’émotion quand une caméra se déplace. Même quand elle est en mouvement (John Cassavetes faisait cela admirablement ; Thomas Vinterberg avec nettement moins de talent dans FESTEN). C’est donc assez déprimant de s’en tenir là. D’autant qu’il n’y a rien dans la mise en scène qui permet d’amener un quelconque sentiment plus exacerbé que ce que nous offre le scénario. Et il ne nous offre pas grand-chose. C’est lui-même qui a fait du jeune garçon, un adolescent qui se renferme dans un mutisme plus pathétique que drôle. Justesse de la composition de Paul Dano. Erreur de scénario lorsqu’il demande à sa sœur d’aller enlacer leur mère. Le personnage aurait été moins artificiel s’il était allé au bout de sa haine, mais il annonce déjà son revirement de situation. Problème de déjà-vu. Pas que l’on soit absolument obligé de bâtir des personnages qui sortent de l’ordinaire, mais son exploitation est un énorme cliché crispant. Il était évident depuis le début que le personnage allait se mettre à parler à un moment ou à un autre, et qu’il révèlerait ainsi qu’il hait moins sa famille qu’il ose le prétendre. Bon gars avec de bons sentiments, va ! Un exemple au milieu de tant d’autres, qui prouve que le film n’est pas ce qu’il prétend être. On pense souvent à du Todd Solondz pour le côté Amérique profonde où crapahutent les désabusés du système qui ne correspondent pas aux critères de normalité que l’idéal way of life leur impose comme miroir déformant. Oui, seulement chez Solondz, tout est organisé de manière hiérarchique. Certains prennent l’ascendant sur d’autres. Nous ne sommes pas tous frères. Un adolescent qui n’aime pas sa famille peut aller jusqu’à la tuer. Le quotidien est horrible (mais n’empêche pas l’humour, désabusé certes). Il est plus proche de la réalité que cette vision fantasmée des relations humaines qu’est LITTLE MISS SUNSHINE, qui fait plus de bien au cœur qu’au cinéma. En fait, nous avons beau nous référer à Todd Solondz, le véritable point de ralliement, ce n’est finalement que le dégueulasse AMERICAN BEAUTY, film très excitant, mais qui ne faisait déjà que véhiculer la même vision chimérique de nos liens. Le film avait au moins l’honnêteté de ne pas se rallier à un happy end consensuel. Comme s’il fallait absolument qu’une comédie se termine bien, LITTLE MISS SUNSHINE choisit, pour sa fin, d’avoir un coeur gros comme ça, et de montrer que le monde du superficiel n’est pas celui de la vraie vie. Faux. Ce n’est juste pas le monde de tous. Et puis une comédie avec une fin dévastatrice, voilà qui serait vraiment risqué et jubilatoire. Mais c’est un autre problème. La scène finale a beau être moulé comme un cake hollywoodien, c’est pourtant la plus surprenante du film. Pour d’autres raisons. Il faut examiner précisément la manière dont elle est amenée. C’est, depuis le début, le Mac Guffin du film. A ce titre, il faut bien noter que le film est construit sur le même concept du flash-back, à savoir l’élément de départ laissé de côté en attendant d’explorer d’autres enjeux. Lorsqu’il fonctionne comme un aparté, il freine inlassablement le bon fonctionnement du film, puisque l’on reste figé sur le principe annonciateur premier. Poussé à l’extrême, c’était le cas de l’abominable CHAOS de Coline Serreau, où Rachida Brakni amenait un flash-back qui tronçonnait le film de manière grossière (au sens péjoratif ; d’ailleurs comment parler autrement de Coline Serreau que de manière péjorative ?). Quand il est nécessaire de revenir en arrière afin d’introduire un élément constitutif et capital d’une action qui vient de se dérouler, le flash-back devient nécessaire à l’explication et est alors conçu par le spectateur comme un élément participant de l’action. C’est le cas lors de la scène claustrophobique où Uma Thurman se trouve enterrée vivante dans KILL BILL VOL. 2. Dans LITTLE MISS SUNSHINE, c’est un peu le même principe car le concours de beauté est mis de côté pendant toute la majeure partie du film, alors que le road movie nous rappelle constamment le but commun. Il aurait pu être moins pénalisant si l’objectif s’était annulé en cours de route, toute comme la culpabilité de Janet Leigh s’évanouit dès qu’elle s’arrête au motel de Norman Bates. Donc, ce procédé qui ralentit la force de progression scénaristique (pas narrative), impose d’avoir toujours en vue la compétition en question. Et dès que la petite famille arrive à destination, il est significatif de noter le peu de précipitation de la mise en scène. Les réalisateurs prennent le temps de faire déambuler la troupe au sein du show. Ils prennent leurs marques en même temps que le spectateur, petit à petit, s’aperçoit de ce qu’est véritablement l’élection, qui lui a longuement été évoquée. Lorsque les allées et venues incessantes entre le show et la petite fille sont suffisamment distillées, nous n’avons plus qu’une seule requête à établir, que les réalisateurs nous épargnent le spectacle de la petite Abigail Breslin. Nous souhaitons nous épargner non pas l’humiliation qu’elle va subir (au contraire, cela pourrait être formidable de cruauté), mais plutôt l’avènement d’une scène au contenu annoncé. Or, le tour de force scénaristique est de prendre le contre-pied de tout cela. Le spectacle aura bien lieu, mais pas celui auquel nous pensions. Humour irrévérencieux de la chorégraphie. Cette scène en rattrape beaucoup d’autres. Un humour comme tout le film aurait dû en faire preuve car LITTLE MISS SUNSHINE n’est pas le film drôle que l’on nous avait promis.

            Je n’entends déjà plus parler que du prochain film de Guillaume Canet en tant que réalisateur. MON IDOLE est un véritable petit bijou de réalisation, même s’il est vrai qu’il était complètement calqué sur ses inspirations égériques. Cela laissait espérer un beau talent à éclore. Dommage que Canet ait décidé d’adapter « Ne le dis à personne » de Harlan Coben, petit thriller assez prenant mais sans style, où l’intrigue repose sur le fait que le narrateur est aussi l’assassin de Brandon Scope. Ce que l’auteur s’est, bien sûr, retenu de nous dévoiler dès le départ, afin de mieux nous surprendre pour des cons. Futur gros effet médiatique et malheureusement futur succès en salles dès le 01 novembre 2006.

            Et pour les artistes qui aiment la peinture mais qui n’ont jamais voulu s’y mettre pour ne pas en avoir plein les doigts, voici un site internet absolument inutile mais qui va vous permettre de créer de la beauté en laissant coulant l’encre au travers de votre souris. C’est de la peinture virtuelle néo-psychédélique de stade anale, apaisante et parfois longuement fascinante. Cela se passe par ici : http://www.jacksonpollock.org. Une belle preuve que le talent n’est pas à la portée de tous mais que, cette fois-ci, c’est à nous qu’appartient de pouvoir fixer les règles du jeu.

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Lundi 25 septembre 2006

Pomme pomme pomme pomme... Comme dirait Ludwig van.


par MAYDRICK publié dans : LANTERNE MAGIQUE
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