
Mettre des mots. Il est toujours question d’être maître des mots. Toujours
coller une appréciation. Quelques lettres formant un assortiment de sonorités censées vous révéler l’excellence d’un intellect. Taisez-vous ; le temps s’arrête ; la critique a compris.
Compris quoi ? A quoi servent les mots de la critique sinon à nous faire savoir la particularité de ceux qui la rédigent ? Des personnes capables de lire dans l’obscurité de la salle de
cinéma, dans l’obscurité du film. Nous ne comprenons jamais vraiment un film. J’en suis intimement persuadé. C’est pour cela qu’il n’est rien de plus faux dans tout ce verbiage acidulé que son
caractère définitif.
Toujours compliqué de mettre des mots, de bien les choisir. Mettre des mots sur des émotions, n’y a-t-il rien de plus absurde ? Un film qui se limite à quelques mots comme des mois de travail se limitent à un film. On ne parle jamais mieux d’une œuvre qu’en l’écoutant, la lisant, la regardant. J’ai toujours pensé qu’il y avait quelque chose de vain à écrire sur. L’acte a une valeur psychanalytique, à n’en pas douter. C’est aussi une résurgence d’envies refoulées. On devient critique de cinéma parce qu’on a raté cinéma, parce qu’on a raté acteur, parce qu’on a raté écrivain et parce qu’on a tout raté. Paradoxalement, on peut réussir en compilant tout ce qu’on a raté. On peut même en faire de l’art.
Ainsi, critique de cinéma est le seul métier où l’on peut faire de l’art avec sa propre merde mais aussi avec celle(s) des autres.
Quand la force de l’œuvre devient plus fulgurante que les mots, il faut savoir s’incliner, révérer la hiérarchie, sans toutefois accepter de ramasser la savonnette. Il est impossible de parler de manière aussi éblouissante de 4 LUNI, 3 SAPTAMINI SI 2 ZILE que le film ne l’est lui-même. Surtout avec une tartine de Nutella dans la bouche ! Son excellence vous bouscule et vous tord les tripes jusqu’à en extraire la sève qui va irriguer l’empathie que le film transmet. C’est dur comme du Pialat, et en même temps ça n’a jamais été écrit pour être complaisant. C’est sombre comme du Schubert, et en même temps ça n’a jamais été écrit pour être festif.
Je suis allé voir 4 LUNI, 3 SAPTAMINI SI 2 ZILE par curiosité. Parce que ce fut la dernière Palme d’or et cela me sembla une bonne unique raison. Je savais seulement qu’il s’agissait d’un film sur l’avortement, difficile d’y échapper. Je n’ai lu aucune critique et aucun résumé du film, ce qui devrait être le cas pour chaque film que l’on va voir au cinéma. La critique ne sert qu’à empêcher certaines personnes de bénéficier du R.M.I. et le résumé est fait pour ceux qui ont peur de ne rien comprendre, ne vont rien comprendre et reviendront lire qu’ils n’ont rien compris. Je pensais aller voir un film sur l’avortement, absolument pas. Il va quand même pas nous dire que c’est l’histoire de rastafarians qui, en fumant du double zéro, ont l’idée d’organiser des combats de pride sur terrain ombragé, pour financer leur voyage en pédalo dans une île des Moluques où Bob Marley finit des jours paisibles en compagnie de Jim Morrison, Kurt Cobain et Jacques Martin ? Absolument pas ! Mais avant tout, outre ses qualités artistiques, 4 LUNI, 3 SAPTAMINI SI 2 ZILE est surtout la première Palme d’or incontestable depuis PULP FICTION. Nous commencions à désespérer que les jurés fassent leur travail ! Il faut dire qu’avec un sujet pareil le pire était à craindre. J’y allais moi-même à reculons (et jusqu’au cinéma un kilomètre sans rien voir derrière soi c’est vraiment galère !) J’imaginais une Palme acquise au chantage émotionnel. Un peu comme l’infâme Nanni Moretti avait opéré lorsqu’il avait volé la récompense suprême de l’année 2001. Cela arrive quelquefois. Un film semble l’emporter et dans les derniers jours on en présente un qui fait pleurer tous les jurés, et l’affaire est emballée avant d’être pesée. C’était le scandale de l’insipide LA STANZA DEL FIGLIO. Vous pensez, avec un film sur l’avortement c’était pratiquement dans la poche ! Or, cette année, 4 LUNI, 3 SAPTAMINI SI 2 ZILE fut présenté le lendemain de l’ouverture du festival. Heureusement qu’il précise, je croyais que c’était l’ouverture des boîtes de sardines ! Ce petit détail devait nous mettre sur la voie.
N’y allons pas par quatre chemins, 4 LUNI, 3 SAPTAMINI SI 2 ZILE est une œuvre résolument moderne. Nous sommes face à un film très dur, pas forcément difficile d’accès, mais plus abscons dans la perméabilité aux émotions qu’il suscite.
Du point de vue de ses recherches esthétiques, Cristian Mungiu opte pour une épure quasi totale.
Son intention ne se réduit pas à faire beaucoup avec peu, il a d’autres ambitions. En fait, il essaie de condamner une partie du cinéma qu’il considère comme trop conventionnelle. Son but à lui va être de sortir le spectateur du film. Là où la plupart recherchent l’identification, la catharsis, c’est-à-dire faire en sorte d’attirer le spectateur dans la projection comme s’il était question de le faire participer au film, Cristian Mungiu opte pour une réappropriation du regard du spectateur. Tout au long de son film, il va le pousser à se questionner sur ce qu’il regarde, et à ce qu’il est face à ce qu’il vient regarder. Nous pouvons dire qu’il milite pour un cinéma qui accepte consciemment de lâcher la main du public, pour lui dire qu’à partir de maintenant il l’accompagne, mais qu’il n’a plus besoin de lui. C’est le cinéma de la responsabilité. D’ailleurs, c’est l’un des thèmes premiers du film puisque le cinéaste choisit de s’attarder sur Anamaria Marinca (plutôt que sur son amie qui va se faire avorter, nouvelle preuve que l’avortement n’est qu’un vecteur et non un composant) à travers un parcours continuellement tendu par l’énergie de la survie. Le film traite de ces personnes en état de survie permanente. Cela amène une comparaison fort pertinente avec le ROSETTA des sinistres frères Dardenne. Et c’est vrai que l’on y retrouve le même dynamisme, le même entêtement à parvenir à tirer son épingle du jeu, à défaut de pouvoir choisir le jeu. Comme dans ROSETTA, quasiment chacun des actes de l’actrice principale est sous-tendu par la notion de réussite. Aussi terribles que soient les épreuves par lesquelles elle doit passer, elle n’a pas d’autre choix que d’arriver au but qu’elle s’est fixé. Et ce but c’est la survie. La morale n’a pas sa place ici. (Ici s’arrête la comparaison avec ROSETTA ou le cinéma des frères Dardenne, trop limité à l’importance de l’illustratif et rarement pertinent). Pour Laura Vasiliu, l’avortement c’est la survie. Pour Anamaria Marinca, aider son amie c’est la survie. Pour les deux filles, ne plus parler de cette histoire, c’est aussi la survie. Attention, ce n’est pas une survie face aux horreurs qu’une loi roumaine les aurait amené à commettre. La loi n’a rien à voir là-dedans. A cette époque, c’était illégal en Roumanie. Ce l’est tout autant de nos jours en France. Après 12 semaines de grossesse, l’avortement devient illégal. Ce qui clôt définitivement les spéculations quant à connaître le point de vue du film face à cet acte. 4 LUNI, 3 SAPTAMINI SI 2 ZILE ne traite à aucun moment du débat sur l’avortement. Même lorsque Cristian Mungiu appuie le plan sur le fœtus, ce n’est pas pour nous renvoyer cette question en pleine face. S’il nous renvoie quelque chose c’est bien à la place que nous occupons face à ce que nous acceptons de regarder. Le terrible côté des choses qui a conduit deux jeunes filles à se débarrasser d’un fœtus de quatre mois. Sous cet aspect des choses, il s’agit de l’unique moment où il n’est plus question de la Roumanie. Cela aurait très bien pu se passer en France, comme je le disais précédemment. Ou en Afrique, pour faire plaisir à Pascal Sevran.
Reprenons le fil de notre discours sur la modernité.
Cristian Mungiu utilise l’adresse caméra, procédé qui a déjà fait se preuves, notamment chez Bergman où tout le monde se rappelle ce fameux plan dans SOMMAREN MED MONIKA. Nous pourrions aussi citer Stanley Kubrick dans A CLOCKWORK ORANGE (et dans une toute autre mesure dans BARRY LYNDON avec la parole !) et, plus proche de nous, Michael Haneke dans le très dérangeant (donc très réussi de ce point de vue là) FUNNY GAMES. Dans le film de Cristian Mungiu, nous retrouvons cette façon de faire évidemment avec le regard de fin qui vient clore tout ce qui a été vécu dans le film (avec cet élan d’ambiguïté qui nous permet de lire l’intention sur deux niveaux, puisque les phares des voitures qui se reflètent dans la vitre peuvent aussi indiquer le regard de la comédienne qui se déporte par détournement d’attention). Un regard qui interroge sur ce qu’elles ont fait, sur qui nous sommes pour les juger, sur ce qu’il y a de plus terrible entre être la victime d’atrocités ou être poussé à les commettre, sur la quête (impossible ?) d’être maître de ses propres actes, de ses propres mots etc. Même procédé aussi avec, nous en avons parlé plus haut, le visage du fœtus tourné vers nous. Là encore, double niveau : ce n’est pas véritablement une personne et nous ne pouvons pas dire non plus qu’il s’agit d’un regard. Enfin, bel exemple de mise en scène qui montre une excellence dans la diversité d’un même effet : le regard qu’Anamaria Marinca s’adresse dans le miroir de la salle de bains. Son reflet la dévisage et nous fixe dans les mêmes proportions. Je suis stupéfait qu’aucun critique ne l’ai remarqué. Oups ! Autant pour moi, c’est de la mise en scène, j’avais oublié qu’ils ne touchent jamais à cette bête féroce. Emettrai-je l’hypothèse que leur Petit Larousse date d’avant l’invention du cinématographe ?
En s’appuyant sur ce concept, Mungiu est obligé d’accorder une place prépondérante à la théâtralité et donc d’œuvrer dans le sens de ses comédiens. Il va alors développer de longs plans séquences, figure de style chérie des comédiens mais largement casse-gueule. Tous les comédiens sont impeccablement dirigés. Dans l’écriture, les deux comédiennes principales sont parfaitement dessinées dans la complémentarité qu’elles tirent de leurs oppositions. Là encore, la modernité de leur jeu est bluffante. Impressions d’improvisations, justesse impeccable, profondeur de la sincérité, incapacité à deviner leurs réactions, simplicité de l’acte physique etc. Jusqu’aux plus petits rôles Cristian Mungiu nous prépare face à une société roumaine ou la crédibilité de l’oppression et de la neurasthénie ambiantes semble être palpables.
Nous avons cité précédemment Bergman, Kubrick et Haneke, mais lorsque Mungiu combine la longueur du plan et l’atrocité du fœtus qu’il montre, le choc devient processus de déstabilisation face à la cruauté de l’environnant, puis, dans un second temps, le temps devient élément d’appropriation de son propre être face au caractère réactif puis intelligible de ce qui est donné à voir. Il se rapproche ainsi beaucoup plus du cinéma de Gaspar Noé, et particulièrement d’IRREVERSIBLE.
4 LUNI, 3 SAPTAMINI SI 2 ZILE trouve sa libération dans son absence d’intention de provoquer les pleurs, tout en conférant une tristesse diffuse à sa vision. C’est parce que le film véhicule une tristesse de dureté et non pas une tristesse de chagrin.
Alors d’autres ont fait tout cela avant lui, certes, mais nous vous l’avons vendu comme un film moderne et non pas novateur. Et puis on adhère si aisément aux thèses de ceux qu’on admire.

Pourtant, il persiste une entrave à l’appréciation définitive de ce film. Dans ce que nous
venons d’énoncer, la mise en scène de Cristian Mungiu n’accorde pas de place aux jugements de valeurs du spectateur. Soit ce dernier ne participe pas au film et alors il se retrouve en position
de donneur de leçons, pouvant considérer que le film va de sordide en sordide, soit il s’engouffre totalement dans ce que lui propose le réalisateur et alors il ne peut être juge puisqu’il prend
part à l’action. Si l’on s’en tient uniquement à ce qui est montré, le film ne porte jamais de jugement moral. Et sa construction narrative ne jongle jamais avec le sordide, au contraire d’un
Lars Von Trier (nom de virus très tendance) qui accentue ce genre de plongée pour assouvir un concept assez malsain de satisfaction primaire. En acceptant les postulats du réalisateur
nous sommes dans l’interrogation de notre propre distance, de la signification de notre sensibilité. Dans le cas contraire, intervient le rejet des émotions qui ne correspondent pas à celles que
nous souhaitons avoir en nous. C’est ainsi qu’en lisant la grande majorité des critiques qui n’ont pas aimé le film, vous pourrez remarquer qu’il est toujours question d’impressions négatives, de
sentiments peu agréables, rejetés en bloc. Comme si un film ne pouvait être un bon film que parce qu’il nous met dans un état agréable, accort, gracieux. Ne pas apprécier 4 LUNI, 3
SAPTAMINI SI 2 ZILE revient à avouer l’absence d’une mise en relation avec une partie de ses émotions. Il montre bien qu’être en lien avec un ressenti rebutant voire insupportable n’est
pas une chose que beaucoup de spectateurs sont prêts à accepter. Leur réaction première sera de rejeter le film alors qu’en fait c’est leur propre impossibilité à faire face à de telles réactions
qu’ils repoussent. Résolument moderne.
Bientôt au cinéma : SUPERBAD de Greg Mottola.
Anthologie du film débile, nouveau chapitre.
Et moi j’aime bien ce genre de films un peu losers où la stupidité s’enfonce à chaque instant un cran en dessous. Sortie chez nous le 31 octobre prochain de
SUPERBAD ou les nouvelles aventures des spéléologues de la déficience mentale. Dans la série « J’ai dans ma tête un ami imaginaire qui me fait faire n’importe nawak »,
je vous propose l’exemple type de Greg Mottola. SUPERBAD retranscrit parfaitement les signes qu’une puissance surnaturelle semble lui envoyer. Si, comme moi, vous êtes chez
Numéricable et que le seul haut débit que vous avez c’est le débit de conneries de la hot line, avec 
SUPERBAD vous ne serez pas dépaysé. Film inepte,
sans aucune idée de mise en scène, qui se contente de suivre les élucubrations d’ados anémiés du bulbe rachidien, puceaux des deux côtés et qui n’arrêtent pas de parler sexe (disons plutôt
« cul » pour être en accord avec le film). Comme point de départ cela promettait de belles joutes. Malheureusement tout tombe à plat car le film reste premier degré du début à la fin.
Ce n’est qu’une succession de scènes potaches, vulgaires, incohérentes, abrutissantes et même pas drôles (si ce n’est les deux flics). Futur gros succès chez les jeunes, mais vous voilà
prévenus : il y a le vernis qui se décolle !
Remettons-nous l’eau à la bouche. SHAUN OF THE DEAD nous avait procuré un immense plaisir niveau rencontre des genres. L’équipe promettait de remettre le couvert avec HOT FUZZ, ce qui nous faisait rageusement miauler d’impatience.
L’épopée commence plutôt pas mal. Très beau travail durant la scène où l’on apprend à Simon Pegg qu’il va être muté. En arrière plan, les bruits de bureau ponctuent les réflexes visuels du comédien et, bien plus fort, son drame intérieur. Très ingénieux. Belle chorégraphie qui ressemble à de la pantomime et mise en scène qui démarre fort.
Le film continuera à accumuler de belles qualités. Les flashes après sa rencontre avec Cate Blanchett. Le photographe, qui est vraiment très drôle. Les plans courts qui nous font croire à une course poursuite alors qu’Edgar Wright ne la filme pas. Quelques liaisons pertinentes. Notamment celle du « s » avec le « e » dans « faibles étoiles », quoiqu’assez dangereuse.
Malgré toutes ces gourmandises terriblement tata chiante attachantes (ne pas faire la liaison finalement), le film ne rééditera pas l’exploit de SHAUN OF THE
DEAD, même s’il en photocopie le principe même.
HOT FUZZ s’essouffle très vite dans son aptitude à jongler entre les genres.
Il bute à plusieurs reprises sur la réappropriation des codes du film d’action. Il tombe dans l’explication conventionnelle lorsque chacun explique pourquoi il est devenu flic. Au niveau de l’écriture c’est du vu et revu, qui plus est avec une musique additionnelle absolument écoeurante. Au lieu de détourner les conventions, HOT FUZZ en rajoute. Dans WILD AT HEART, Sailor ne chantera « Love me tender » qu’à la femme de sa vie. Résolution du problème à la fin du film. Dans DIE HARD, Reginald VelJohnson vaincra sa difficulté à tirer sur quelqu’un à la fin du film. Dans HOT FUZZ, même schéma. Tirer en l’air avec une arme à feu semble être une des grandes préoccupations de Nick Frost, suite à ce qu’il a vu faire dans POINT BREAK. Nous nous disons que les scénaristes nous ont donc réservé un épisode spécial quant à la résolution de ce problème si métaphysique. Lorsque le moment arrive rien, nada, peanuts. Le comédien se contente juste de tirer en l’air pour résoudre son obsession. Ce n’est ni plus ni moins la même chose que dans les films précités. Là où le film appelait une poursuite du gag ou un changement de valeur de sa signification, HOT FUZZ peine à trouver son originalité. C’est l’histoire du joueur de football qui remonte tout le terrain, effectue quelques jolis passements de jambes, dribble ses adversaires et manque finalement de souffle devant le gardien pour propulser le ballon dans la cage.

Terminons
par un film passé complètement inaperçu. THE ABANDONED de Nacho Cerdà est sorti chez nous le 30 mai 2007 et a connu une carrière en salles
plus que courte. Nouvelle victime de la monstrueuse logique de la distribution. D’autant que le film fut servi par une affiche absolument hideuse qui laissait plutôt présager un mauvais film
d’horreur parmi tant d’autres.
THE ABANDONED vaut beaucoup mieux que cela. Nacho Cerdà est un très très bon réalisateur qui prouve que le cinéma espagnol est plus dense que ce que les fades Almodovar érigent comme devanture. THE ABANDONED joue beaucoup sur l’effet claustrophobique, sur l’isolement et l’agression par le vide. Le vide c’est l’inconnu qui prendra forme comme toute maison hantée fera surgir ses fantômes. Les cadres sont absolument sublimes et peignent une angoisse latente et inéluctable. Mais le plus admirable c’est la patience avec laquelle Nacho Cerdà met en place les divers éléments qui constituent petit à petit un puzzle étrange dans son agencement, mais aux frissons extrêmement délicieux.
Travail tout aussi sublime sur quelque chose qui l’est moins : la crasse, la décrépitude, l’insalubrité. Nous n’avions pas vu cela depuis BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA de Sam Peckinpah. C’est du propre !
THE ABANDONED est évidemment un film qui se regarde la nuit et dans le noir, car il fait bien flipper. Il fait bien Skippy aussi.






