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Vendredi 17 août 2007
Question de rapidité...

 

QUESTION : Quelle est la marque de la voiture CHRISTINE ?

 

par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Vendredi 17 août 2007

            Les chiens adorent dormir la tête dans leur cul. Il est comme ça des spécificités de nos amis canidés qui échappent parfois au bon fonctionnement de notre cerveau. Et c’est ici que je m’écris : « Refusons le port du tchador ! » Ou, en d’autres termes plus politiquement corrects : « Ne nous voilons pas la face, mes amis musulmans. » Car l’animal n’a de musulman que ce que son maître lui suppose. Et s’il suppose… C’est encore une histoire de cul ! CQFD. J’ai vécu quelques temps avec une jeune femme qui s’écriait souvent au réveil : « Ouah ! J’ai la tête dans le cul ! » Faut-il en conclure pour autant que c’était une chienne ?

Toujours est-il que dormir la tête dans son cul, c’est quand même un peu comme apprendre des verbes irréguliers. Faut être passablement pervers pour passer son temps à ces prévarications contre nature. Moi qui suis d’une nature complexe, mais d’une composition ordinaire, j’aime les choses simples, Burt Reynolds dans STRIPTEASE, les soldats de plomb de la guerre 14-18 des éditions Atlas, et le prénom Chochana. Et j’abhorre la trivialité, Emma Thompson, le coleslaw, les tests scientifiques qui nous forcent à acheter des crèmes antirides et les fèves de collection des éditions Atlas. Bon, c’est vrai, en leur temps, j’adorais Gérard Lenorman et Nicolas Peyrac, mais j’ai maintenant renié ces années noires de mon passé. Je suis dans ma période rouge.

Vu comme cela, nous pourrions très bien nous interroger sur l’utilité de cet animal parmi la faune terrestre. Et pourtant, l’animal de compagnie qu’est le chien a beaucoup plus à nous apprendre qu’un film de Jean-Jacques Annaud. Incroyable le plaisir qu’il met à essayer de tourner sur lui-même de plus en plus vite ! Pas Jean-Jacques Annaud ! L’admiration que je développe envers nos meilleurs amis me plonge dans l’interrogation la plus complète. La création de cette sous-espèce fut-elle un acte primesautier ?

Si l’on en croit pourtant la légende, le chien serait toutefois très utile pour savoir quand la caravane passe.

Cette oisiveté bestiale ne manquera certainement pas de vous rappeler un célèbre personnage de dessin animé : Homer Simpson. L’une des rares personnes que je connaisse (avec Katsuni) à se contorsionner avec autant d’animalité. Du fait de cette corrélation l’image d’Homer Simpson dans notre société devient le symbole d’un mouvement trop méconnu : le situationnisme.

L’actualité d’Homer Simpson c’est une série télévisée qui compte un peu plus de 400 épisodes depuis 1989. Pour prolonger son succès, les créateurs de la série ont eu très tôt l’idée d’en faire un long métrage. Le procédé pourrait paraître uniquement mercantile, mais s’il découle d’une telle logique il sert avant tout de témoin aux saisons à venir. Les années ont érodé l’effet de la nouveauté et contribué à donner aux « Simpsons » une place dorée dans notre univers quotidien, celui qui conjugue nos gestes téléguidés. Pour les plus grands fans, la question ne se pose même pas. C’est un public acquis. C’est lui qui rentabilise les coffrets DVD et qui continuera encore à jurer fidélité une fois que la série sera terminée. Mais en ce qui concerne les pourceaux télézappeurs, ils ne constituent plus une manne assez stable pouvant servir les intérêts de la théorie de la propagation de l’écho. De par sa longévité, « The Simpsons » fait désormais partie du paysage audiovisuel au même titre que « Des chiffres et des lettres », « Envoyé spécial » ou encore « Le jour du seigneur ». Son excès de présence nous fait parfois oublier sa diffusion, tout comme à force de répéter un mot, sa sonorité devient si familière qu’elle devient une bouillie inaudible dépourvue de sens. La nouveauté est plus médiatique et nous parlons plus volontiers de l’actualité plutôt que de rabâcher dans chaque conversation que « The Simpsons » ça claque quand même sa race ! Le problème c’est que la propagation de l’écho n’apparaît en rien tributaire du coefficient d’appréciation. De temps en temps, nous tombons par hasard sur un épisode des « Simpsons » et nous regardons parce que, finalement, c’est quand même plutôt drôle. Et c’est vrai que l’on retrouve toujours cette famille avec plaisir. Nous nous remémorons que sa diffusion continue et nous nous flagellons 3 minutes et 28 secondes avec des barbelés rouillés en nous exhortant à la regarder plus souvent. « The Simpsons » est devenu le tableau que vous avez accroché chez vous et que vous ne prenez plus la peine de regarder, le cerisier du Japon que vous redécouvrez lorsqu’un ami de Montbéliard vous dit qu’il le trouve magnifique, le goût d’un cachou Lajaunie, le trajet que vous effectuez tous les jours pour aller travailler, les enfants que vous avez oubliés au rayon en faisant les courses etc. Pour pallier ces errements accoutumés du temps, les créateurs des « Simpsons » ont eu l’épatante idée de remettre leurs personnages au premier plan, comme s’ils redécouvraient la propagation de l’écho.

Deuxième souffle. Deuxième jeunesse.

Et comme ce sont des créateurs fort ingénieux, ils décidèrent de frapper un grand coup. Comme ils ne savaient pas trop quel titre choisir, ils préférèrent jouer la sécurité et opter pour : THE SIMPSONS MOVIE. Après tout, d’autres films n’auraient peut-être pas connu le même succès s’ils avaient eu pour titre :

- DOUZE HOMMES PAS CONTENTS

- IL ETAIT UNE FOIS DANS LA SARTHE

- MALFAISANTS MAIS PAS TROP

- PAMPLEMOUSSE MECANIQUE

- UN POISSON NOMME PATRICK

- IL FAUT METTRE EN SURETE LE SOLDAT RYAN

- LE MIROIR A DEUX FESSES

- TRAQUENARD DE CRISTAL

- L’ARMEE DES ONZE SINGES

- INSTINCT DE BASE

- L’EXPERIENCE PAS PERMISE

- PAS TOUT A FAIT CELEBRE

- DANS LA PEAU DE CATHERINE LABORDE

- LE GRAND CHATAIN AVEC UNE CHAUSSURE ROUGE

- UN TRAMWAY NOMME SACHA

- SEJOUR A LA FIN DE L’ENFER

- NEW ZEALAND HISTORY X

- PAS CEUX-CI

- DANSE AVEC LES GNOUS

- LUKE LES PIEDS FROIDS

Là où le film est terriblement sympathique c’est qu’il ne cherche jamais à être autre chose qu’une énième aventure de nos amis jaunes. Le passage au long métrage est invariablement une catastrophe lorsque les concepteurs cherchent à créer quelque chose de nouveau, à contrebalancer l’image de la série télévisée. Non. Laissons-la telle quelle puisque le but avoué n’est autre que de prolonger un épisode en terme de durée. Bien sûr, toute la difficulté de ce transfuge ne se limite pas à cela. Encore faut-il que la démarche s’accompagne d’une réappropriation et d’une réévaluation du médium cinématographique. Nouveau bon point. Nous nous disons que cela part plutôt bien puisque les animateurs jouent avec les codes imposés d’entrée. Belle idée, même si elle n’est pas nouvelle, de jouer avec le cadre et de repousser les bords de l’écran afin de profiter du 16/9. Nous nous disons alors qu’ils ont parfaitement compris où se situent les enjeux et que l’esprit Simpson va mettre à mal la machine à faire du cinéma. L’espoir est de courte durée. Car c’est à peu près la seule fantaisie qu’ils se sont permise. Tout le reste est à peu près du même acabit que la série télévisée. Seul le passage de Bart qui fait du skate en tenue d’Adam est une belle séquence qui multiplie les effets de cache-sexe pour finir par un pied de nez libérateur. Nous sommes littéralement dans l’humour le plus irrévérencieux auquel nous ont habitués les meilleurs épisodes des « Simpsons ». C’est une satisfaction que nous allons retrouver à peu près tout le long du film, avec des succès plus flagrants (toutes les scènes avec le cochon) que d’autres (les apparitions de Milhouse). Là où le manque d’impact de certains épisodes pouvait s’occulter, le long métrage ne pardonne pas les montagnes russes des ressorts comiques. C’est exactement le même principe qui sous-tend l’envie de David Silverman à vouloir faire du cinéma. Rien de bien excitant à se mettre sous la dent. Qualité télévision brandie par la franchise « Simpsons », incapacité à construire le moins cadre, volonté narrative ultra-classique, scénario délavé etc. Passés par le filtre du cinéma, les Simpson ne brillent guère par leur quête du signifiant. Il faut alors se raccrocher à ce qui a fait l’intérêt du dessin animé. C’est évidemment parce que « The Simpsons » est une élastification de nos mœurs que le rire devient une échappatoire. Nous en revenons toujours à l’humour et à ce qu’il met au pilori. La bêtise fait ici figure de menottes qui enchaînent son double : l’ignorance. C’est ainsi que nombre de situations du dessin animé découlent de l’inconscience pure et simple. THE SIMPSONS MOVIE ne déroge pas à la règle. Le personnage emblématique est Homer mais, au final, il n’est jamais montré moins inconscient que d’autres, jusqu’au président des Etats-Unis.

C’est la conjonction d’autres facteurs de son no man’s land métaphysique qui crée les catastrophes.

Concernant ce qui a été colporté à propos de cet humour, il convient d’en rectifier la vraie portée. La plupart du temps axé sur les situations et les personnages, il ne se veut certainement pas politiquement incorrect comme nous avons pu le lire de-ci de-là. A titre de comparaison « South Park » est politiquement bien plus incorrect. Finalement, dans THE SIMPSONS MOVIE, l’élément central du film est la lutte pour le triomphe de l’écologie, préoccupation actuellement très rock n’ roll. Même Bart Simpson a beaucoup perdu de son pouvoir subversif. Aujourd’hui il ne pense plus qu’à faire partie d’une famille modèle, cherchant caresses et réconfort chez un père attentionné (et non pas pédophile comme l’a écrit dans « Libération » cet inconscient de Gilles Renault. Mais c’est pour vous que sont faits ce genre de films, monsieur ! N’en avez-vous pas été informé ? Tiens, voilà justement un bel exemple sur lequel je saute à poings fermés. Par exemple, si j’avais écrit : « ce débris de prépuce de Gilles Renault », cela aurait-il été politiquement incorrect ? Vous avez quatre heures.) D’écologie, donc, nous parle-t-on. D’ailleurs l’origine de la série est à rallier à un réel acte de militantisme écologique, Matt Groening ne s’en est jamais caché. Mais, rappelez-vous… Dans SOUTH PARK : BIGGER LONGER & UNCUT il était question de détruire le Canada. Voilà qui me semble politiquement bien plus incorrect ! Qui plus est, comme si cela ne suffisait pas, la morale n’est jamais absente dans THE SIMPSONS MOVIE. Elle vient clore chaque mauvaise action pour finir sur la note optimiste du comportement exemplaire et du petit citoyen modèle, qui se retrouvera certainement confinée avec les autres notes du petit livre rouge. Il y a des chances que rien ne bouge, comme disait le poète emprisonné.

Nous parlons ici de terrains que le politiquement correct s’est réappropriés. Là où il était courant de déranger voire de scandaliser, nous nous sommes installés dans une standardisation de l’encanaillement, du choquant, de l’insolence. Là où Disney fixait jadis les règles de la bienséance, des dessins animés comme « The Simpsons », « South Park » ou SHREK en long métrage, ont décalé la norme. Ce n’est pas une question d’escalade puisqu’il existe des limites à ce qu’il est possible de montrer. Aujourd’hui nous pouvons entendre roter chez Disney, chose impensable avant le déferlement du néo-dessin animé. Roter est devenu une fantaisie très politiquement correct. Finalement, dans THE SIMPSONS MOVIE, pêcher des poissons avec une grenade ou frapper avec un marteau les doigts de son fils qui s’agrippe à la gouttière d’un toit, cela l’est tout autant. A un degré ultime, nous pourrions dire que même le marché de la pornographie est devenu politiquement correct. Mais nous pénétrons sur un terrain glissant…

Autre difficulté de transposition au cinéma : les personnages. La série regorge d’individus tous aussi pittoresques les uns que les autres. Ne voulant flouer personne, les scénaristes ont mis un soin particulier à donner une apparition à un maximum de caractères. Ils ont, par là, réussi à flouer tout le monde. Etrange choix de la part de ceux qui souhaitaient faire du film un prolongement des épisodes. En donnant la chance d’exister à un maximum de protagonistes, ils n’ont réalisé qu’une revue d’effectif où aucun n’a véritablement de rôle si ce n’est celui de contenter ses fans. C’est aussi une manière de ne pas perturber le public qui n’est pas habitué à la série, en lui communiquant informations et private jokes uniquement compréhensibles par les inconditionnels. Nous sommes dans le pur consensuel.

Nous parlions de politiquement incorrect, c’est bien cela ?

Si le personnage de Bart a énormément perdu dans cet épisode cinématographique, celui d’Homer Simpson reste fidèle à lui-même. Consacré comme l’un des personnages télévisuels les plus marquants, les scénaristes ont décidé de baser l’intrigue principale sur sa seule personnalité. On ne peut leur en vouloir d’exploiter un bonhomme aux particularités si théâtrales. A y regarder de plus près, sa philosophie de la vie est bien plus passionnante que les conséquences de ses actes. Dans tout ce qu’il entreprend, Homer essaie de tirer un profit récréatif maximum. Même un exercice contraignant est toujours sujet à une réharmonisation ludique et amusante. C’est ce que nous pouvons constater dans THE SIMPSONS MOVIE lorsqu’il ébauche de réparer la toiture en compagnie de son fils. Dès lors, nous pourrions nous dire qu’une personne qui cherche avant tout à se distraire et à passer du bon temps, ne concevrait même pas l’idée d’aller travailler dans une centrale nucléaire. En fait, pour Homer Simpson, le travail n’existe pas. Du moins il ne le considère pas comme tout un chacun. Toujours sous le signe d’un passe-temps ludique, il change sa fonction en passant du stade d’organe de production à celui d’être humain cherchant à dégager une satisfaction personnelle de l’activité qu’il exerce. C’est ce qui va constamment l’amener à multiplier les catastrophes car il expérimente sans cesse une nouvelle forme qui pourrait lui permettre de faire autre chose en même temps, qui serait plus pratique, qui le fatiguerait moins, qui lui rappellerait ce qu’il a vu faire dans un film, qui le ferait bien voir par ses amis ou sa famille etc. Grâce à son imagination il est tout le temps en train d’échafauder des solutions à tout ce dont il ne tire aucune jouissance. C’est en quelque sorte un artiste du quotidien. Cela porte un nom : le situationnisme. Dès lors, tout devient très clair et explique notamment qu’il puisse s’adresser à n’importe qui sans établir la moindre distinction hiérarchique. Ce n’est pas une vision du monde simpliste mais plutôt dégagée : il n’y a plus de classes, il ne reste que des hommes qui communiquent. Une société égalitaire basée sur l’épanouissement personnel, car c’est bien là le fond originel du personnage. Homer Simpson est un homme très épanoui. Un peu jaune, certes, mais épanoui tout de même.

L’idéologie individuelle, voilà peut-être le seul thème vraiment politiquement incorrect de THE SIMPSONS MOVIE.

            Je pourrais parler un peu plus longuement d’Homer Simpson mais Matt Groening le fait mieux que moi. Et puis mes véritables héros sont tout autres. Dans la vie réelle, moi, mon héros de parmi ceux qui n’ont pas de super pouvoirs mais pour qui la vie est si dure qu’ils ne peuvent que gagner mon estime, c’est John Turmel. Ce nom ne vous dit peut-être rien et pourtant il mériterait d’être aussi tendance que ces écrans LCD que l’on trouve sur les tombes et qui diffusent en continu les vidéos des défunts. John Turmel figure dans le livre Guinness des records. C’est le recordman du nombre d’élections perdues. 64 en date du 08 février 2007. C’est la beauté du monde qui s’expose devant vous. C’est beau à en pleurer.

Vous pensiez que votre vie n’était qu’une longue suite ininterrompue d’évènements méprisables et sans intérêt ?

            J’ai beau me dire qu’il n’y a pas que THE SIMPSONS MOVIE dans la vie, j’y reviens toujours. Quelque chose me chagrine. Je me dis que ces deux tours qui s’écroulent à quelques minutes d’intervalle… A mon avis il y aurait quelque chose de plus qu’une coïncidence que ça ne m’étonnerait pas… Je me dis aussi que le passage d’Homer avec son nouvel animal de compagnie est aussi l’un des plus drôles du film. C’est l’élément déclencheur de la réaction en chaîne, aussi est-il normal qu’ils aient beaucoup insisté sur sa présence. Oui, mais… Pourquoi le faire disparaître tout à coup de l’intrigue sans explication ? Je sens monter l’angoissante question qui va m’empêcher de dormir cette nuit : qu’est devenu le cochon ?

 

HOMER SIMPSON - SES CHOIX POUR LES OSCARS

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Vendredi 17 août 2007
Et de cinq :


par MAYDRICK publié dans : LANTERNE MAGIQUE
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