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Lundi 14 août 2006

            L’été et son cortège de productions réchauffées. Décidément nous ne voyons plus la différence avec le reste de l’année ! Ca, c’est la grande nouveauté.

C’est d’une constance millimétrique. Chaque saison estivale voit invariablement débouler sur nos écrans maculés de blanc le pire de ce que l’on n’a pas osé sortir tout au long de l’année. Et pourtant ça ose pas mal ! Depuis le début de l’année, déjà :

REBOUND

BAD NEW BEAR

THE MAN

DUNGEONS & DRAGONS : WRATH OF THE DRAGON GOD

INCONTROLABLE

THE PINK PANTHER

LAST HOLIDAY

FAILURE TO LAUNCH

BIG MOMMA’S HOUSE 2

BASIC INSTINCT 2 : RISK ADDICTION

LES BRIGADES DU TIGRE

V FOR VENDETTA

DA VINCI CODE

THE SHAGGY DOG

L’ENTENTE CORDIALE

THE HILLS HAVE EYES

BOOGEYMAN

LA JUNGLE

THE FAST AND THE FURIOUS : TOKYO DRIFT

INTO THE BLUE

LITTLE MAN.

J’en passe et pas forcément à juste titre. Or les choses ont cela de bien fait que pour nous éviter les navets de l’été, le président de la République a eu la bonne idée de placer les vacances à ce moment de l’année. - Le président de la République ? T’es sûr de ça ? - Faut bien qu’il serve à quelque chose, non ? - C’est surtout lui qui se sert en attendant !

Il est donc judicieux d’attendre les 20, 21 et 22 août puisque la place de cinéma sera à 3 euros. Et c’est déjà cher payé. Une très bonne opération que l’on doit à la Mairie de Paris. Putain de blog parisien et élitiste !!! 3 euros pour voir une grosse merde, si ce n’est pas de la vente forcée en tout cas cela devient du cinéma Leader Price.

Discount toujours, une autre solution consiste à ce que vous gardiez votre maigre pécule afin d’en profiter dès la rentrée pour l’opération : « Une pute, un euro ». En effet, dès la reprise du chemin de l’école, le long de la chaussée la prostituée sera à un euro partout en France et pour une durée indéterminée. Interdiction de donner plus sous peine de sanctions très lourdes. Une nouvelle mesure signée par notre trop imaginatif Nicolas Sarkozy, visant à appauvrir les péripatéticiennes de France et de Navarre.

            L’été n’est pas encore terminé et je continue à dire oui aux jeunes filles qui entendent en profiter jusqu’au bout.

ETE            Géla Babluani a réalisé 13 TZAMETI. Film sorti en salles françaises le 08 février 2006. Depuis, beaucoup d’éloges pour ce film remarqué, qui en ont fait une petite merveille à sortir des eaux troubles du cinéma français. Beaucoup trop d’éloges. Cela est très énervant. Le film aussi. Le remue-ménage autour du film encore plus.

Beaucoup de critiques dithyrambiques pour un film qui ne mérite pas autant de superlatifs. Un gros problème de la vision étriquée des critiques (il faudra bien ouvrir un jour ou l’autre un débat pour savoir s’ils bénéficient d’une crédible raison d’être) est de réduire un film à son histoire. 13 TZAMETI en développe une très originale. Il est de bon ton de s’extasier. C’est assez mérité. Déroutant comme j’aime. Comme notre cinéma hexagonal est assez frileux et statique, il est normal que l’on souligne une œuvre qui sorte des sentiers battus par le caractère excentrique qu’elle peut revêtir. Là où les critiques font mal leur boulot c’est lorsqu’ils n’y voient qu’un scénario non-conformiste qui prime sur tous les facteurs de création. Ils ne discourent que de l’univers atypique qu’a su créer Géla Babluani. Comme des papillons de nuit attirés par la lumière, ils se vautrent de manière indécente dans cette histoire qu’ils portent aux nues. Aveugles. Un indice : le noir et blanc du film ne semble pas les avoir inspirés plus que cela. Lorsqu’ils en discourent c’est pour le trouver magnifique, sans autre forme d’argument. Je veux bien qu’ils soient habitués à être concis, mais c’est ce qui s’appelle une faute professionnelle par manque de compétence (le manque de compétence plutôt que la subjectivité : voilà bien un combat moins douteux pour Patrice Leconte ou Luc Besson). Personne, je dis bien personne, parmi les critiques actuels ne se risque à démontrer le mauvais emploi du noir et blanc au sein d’un film contemporain. L’inverse étant moins vrai puisque tout un chacun est capable de se rendre compte qu’un noir et blanc le touche, esthétiquement parlant. Se conférer à LA FILLE SUR LE PONT. Désolé (enfin, non, après tout je n’ai pas à l’être) mais ce noir et blanc n’a rien de magnifique. D’abord son emploi nous interpelle par une non évidence caractérisée. Moi-même je m’interroge. J’arrive souvent à la conclusion qui est de renforcer l’impact douloureux, souffreteux (et par-delà dramatique) du film. De deux choses l’une : ou je fais fausse route (et dans ce cas nous sommes face à un noir et blanc conflictuel puisqu’il ne trouve pas de justification première, donc de raison d’être) soit c’est effectivement l’idée du siècle car cela n’a jamais (ô grand jamais !) été fait, et les critiques ont mille fois raison de s’enthousiasmer [mode ironique ON]. Et puis la gamme chromatique est sinistrement pauvre. C’est un noir et blanc assez fadasse du côté de la personnalité qu’il essaie de dégager. Il aurait peut-être été judicieux d’y mêler des contrastes plus profonds, ou peut-être de jouer avec des blancs éclatants, c’était pertinent avec l’emploi de l’ampoule qui s’allume de la même manière que surgissent les coups de feu. La mise en scène permettait sûrement des utilisations plus typées que ce noir et blanc qui n’agit sur aucun registre.

Pour revenir sur l’histoire même de 13 TZAMETI, il n’y a vraiment pas de quoi se branler ! Ce n’est pas le scénario qui est bon, c’est l’idée. Au moins il y en a une. Note, Ridley, note. Et une idée dans un film cela fait peu. J’ai l’impression que la lecture de « Cyrano de Bergerac » a échappé à Géla Babluani. Je me remémore la scène où le rôle-titre visait un vicomte en lui faisant remarquer que « c’est un peu court, jeune homme » (remarque tout aussi appropriée de la jeune mariée à la découverte de ce que vous savez), et je me dis que le réalisateur n’a pas pu en tirer les enseignements. « En variant le ton », disait-il. Ici point de variations du postulat de départ. Le film prend donc trop son temps pour amener la grande révélation du jeu de roulette russe et ne cesse de broder sur du vide tout autour. Une fois révélée pas de nouvelle grande idée salvatrice. Où sont donc passés les éléments insubmersibles ? Dans un film comme NOTHING de Vincenzo Natali l’idée majeure se voyait exploitée sous tous ses angles jusqu’à l’épuisement. Dans 13 TZAMETI, Géla Babluani se contente d’un déroulé facile. Ainsi, lorsque le jeu débute toute cette séquence de découverte est la plus passionnante par l’intrigue qui se lie autour de ces personnages, puis par la brisure intérieure qui se crée chez le personnage principal. Une fois terminée, les autres séquence ne sont qu’un recopiage de ce qui nous a été proposé. C’était à ce moment-là qu’il fallait rebondir sur quelque chose. Mais plus rien n’évoluera. On glissera lentement vers une fin inutile (limite clichée) digne du SALAIRE DE LA PEUR.

Alors bien sûr, Géla Babluani sait composer du cadre. Il y a suffisamment de recherche dans ce qu’il nous propose mais nous avons constamment l’impression que tout cela passe à côté du but avoué. C’est une question de mise en scène. Babluani confond mise en scène et cadre. Ce que sa caméra explore est visuellement très intéressant mais jamais en rapport avec son sujet. Prenons l’exemple des concurrents en cercle. La forme géométrique est déjà la pire qu’il est possible de mettre en scène. Mais dans l’échelle des plans, nous manquons terriblement de vues d’ensemble. Pourquoi privilégier les gros plans ? C’est une vision étriquée de l’action qui nous est proposée.

Enfin, un des gros défauts du film réside dans l’interprétation. Autant George Babluani est juste, varié et désarmant par ses expressions physiques (et notamment en période de crise), autant dès qu’il se met à parler on a peine à croire que le comédien ne récite pas son texte. Inégal. L’accord de la tête et du pied, bon sang !!! La plupart des autres rôles ne valent guère mieux, exception faite toutefois d’une vraie bonne surprise : Pascal Bongard. SE REALISERIl campe un maître de cérémonie sous produits, continuellement border line (sa voix saturée trahit ce caractère) et précisément en accord avec le caractère décalé du film.

Nous passerons sur les petits défauts d’un premier film (ombres de la perche, personnages trop maquillés…) pour replacer ce film à sa juste valeur, ce que le temps ne manquera pas de justifier. Finalement : Géla Babluani est passé à côté d’un excellent court métrage.

            Toujours aspirer à trouver ce qui nous ravit. Exiger. En toutes choses. Partout. Chez quiconque. Ne jamais lâcher prise. Difficulté de ne pas vouloir faire de concessions. Me voir considéré dans les yeux de mon entourage simplement par le fait que je sache dire non. Atteindre ses buts. Petit à petit. Enfin. Se réaliser.

            Vincent Cassel dans SHEITAN de Kim Chapiron. Comme tout le monde le sait, le fils est loin d’avoir le talent du père. Dans sa carrière certains mauvais choix de films (LES RIVIERES POURPRES, LE PACTE DES LOUPS) cohabitent avec des risques plus flagrants (IRREVERSIBLE, L’APPARTEMENT), mais il est une donnée quasiment invariable : l’effet médiatique. Les risques précités s’en trouvent amoindris. Dans son jeu de comédien, il faut surtout retenir le délirant DOBERMANN. Ce film en dit beaucoup sur ce que Vincent aimerait que l’on voit de son image, et ce qu’il arrive réellement à faire passer. Dans le film de Jan Kounen, la réalisation impose dès les premières secondes où Cassel apparaît à l’écran, un personnage inébranlable, solide et fort d’un charisme fédérateur. Mais dès qu’il ouvre la bouche, c’en est fini du cinéma. Le timbre de voix est fluet et à peine imposé. Du gros œuvre de démolition. Et à chaque fois que Vincent Cassel essaie d’imposer ce genre de caractère il se vautre lamentablement. Il vaut mieux chercher dans des personnages fragiles pour lui accorder une légitimité en tant que comédien. SUR MES LEVRES en sera une belle concrétisation. Rare.

SHEITAN était un pari difficile duquel il ressort encore tout aussi peu convaincant. Nous retiendrons sa composition de redneck sans finesse (et ce n’est pas un argument négatif). Le côté stéréotypé et limité neurologiquement du personnage ne pouvant lui être reproché puisque cela réside dans le scénario. A moins qu’il ne se soit inspiré de Steevy… BLISSLe dossier de presse ne le stipule pas. En tout cas, dès qu’il s’agit de faire appel à quelques finesses d’interprétation, les limites du gars Cassel apparaissent puisque son personnage se compose tout dans l’apparence et l’extériorité. Cependant, on peut toujours trouver pire si l’on s’en va flâner du côté de ce que nous propose Marie-Julie Parmentier. Je l’ai toujours trouvé faiblarde et insipide. Dans SHEITAN elle est à peine exploitée pour autre chose que son physique. Difficile pour elle de montrer quoi que ce soit. En tout cas pas avec ce qu’elle n’a pas appris en cours d’art dramatique. Gaffe au premier qui dit qu’elle est hachis…

Tout cela est de toute façon imputable à un scénario et à une direction d’acteurs misérables. C’est voulu le double emploi de l’adjectif ? Il y avait peut-être plus intelligent à montrer que de faire jouer une bande de dégénérés comme des gamins d’à peine plus de sheitan d’âge mental. Et voilà ! Des jeux de mots avec le titre du film maintenant ! Tu vas bientôt pouvoir devenir critique. L’ensemble est donc peu cohérent, manque de vision artistique et agrémenté d’une laideur de cadre absolument repoussante. Et justement, comme il ne faut pas trop me pousser, je terminerai en espérant que le peu d’intérêt que suscite son film permettra à Kim Chapiron d’en tirer les conséquences durant un minimum de sheitan de réflexion. Ca y est, t’es bien mûr, là !

            Ma vie est formidable. Je n’ai pas à me lever tous les matins pour gagner de l’argent qui me servira à me demander lors de mes rares vacances ce que j’aurais pu faire au lieu de dilapider mes heures au bureau. Chaque jour est plein, et source de tellement de joies ! Je suis un privilégié. Bliss.

            Les 9 et 10 septembre prochains reprendra le championnat de football d’Italie. Suite aux affaires de matchs truqués, la Juventus de Turin évoluera cette année en Série B. L’occasion pour « La lumière vient du fond » de vous dévoiler en avant-première les nouveaux maillots du club :

JUVENTUS DE TURIN

            Et Dorothée qui veut encore de la cocaïne

COCAINE            Pour ceux qui ne sont jamais allés à Milan, merci de prendre note que Scala sera en concert au Café de la Danse (à qui l’on ne pardonnera jamais d’avoir programmé l’infâme mise en scène de TRAINSPOTTING de Derek Goldby, en 1997) le 12 octobre prochain, et ça c’est quand même la bonne grande nouvelle de la rentrée. Troisième passage parisien pour cette chorale qui s’était précédemment illustrée par deux fois à la Cigale. Si les frères Kolacny ne sont pas accompagnés d’un comité réduit (ce qui était le cas lors de leur seconde performance ; problème de cachets ?) la pureté des mélodies vocales couplée à l’originalité des arrangements pourraient nous valoir un concert sensible et d’une beauté dépouillée aux antipodes des grands shows à l’américaine, trop tape à l’œil pour être honnêtes. Je pense ici à des personnes comme Nadiya et non pas Madonna, cette dernière étant trop dépendante des modes pour rester artistiquement performante mais elle a au moins le mérite de croire en ce qu’elle fait comme le prouve la générosité envers son public qu’avait immortalisée le fabuleux documentaire MADONNA : TRUTH OR DARE). Vous n’avez donc aucune bonne raison de ne pas être là.

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Lundi 14 août 2006

Classement :

22 points : MONSIEUR CRE
19 points : LE SEB - ODOMAR
18 points : MOVIE
12 points : SIMON
11 points : DON LOPE
10 points : MANUE LA CLOCHARDE
6 points : HARVEY BOLLOCKS - TWIG - DIRTYDIETZ
4 points : LOMOK - NADINE - WEPETE PRIEST - GUCHO
3 points : CHRIS - LEF' - GREG - UN VISITEUR
2 points : SEB
1 point : DR. DEVO - WAKINOURS - GRIBOUILLE - LARCHANGE - MOULINVERT - JUL13N - ALEX - MIMI - AGNES - LA SINGLA


QUESTION : Dans un éditorial de quel journal pouvait-on lire que LE PARRAIN (1 et 2) « bat une sorte de record pour la pornographie et la violence » ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Lundi 14 août 2006
CLASSEMENT
100 points ODOMAR   SYSTOOL
54 points LEF'   ALAN SMITHEE
41 points MOVIE   DIRTYDIETZ
37 points GREG   LOMOK
34 points LE SEB   DICK LAURENT IS DEAD
27 points COLUMBOY   M
26 points HARVEY BOLLOCKS 9 points DR DEVO
22 points SEB 8 points NINA KCK
20 points MONSIEUR CRE 7 points TWIG
  UN VISITEUR   CHRIS
19 points GUCHO 6 points SIMON
16 points WEPETE PRIEST 5 points FABIUSLEGITIMUS
15 points DEAD[OR]ALIVE 1 point DON LOPE
10 points BUDD!    

 

 

 De la lumière !


par MAYDRICK publié dans : LANTERNE MAGIQUE
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