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Lundi 4 février 2008

            Attendre un enfant comme une réplique de soi-même. Une œuvre artistique en quelque sorte. Mais une création qui nous échappe. Sommes-nous en droit de considérer les allocations familiales comme des droits d’auteur ?

Perpétuer l’espèce. Passage de témoin. Déclinaison.

JUNO (qui n’est pas un biopic sur l’un des comédiens de la troupe du Splendid) est une déesse américaine qui répond au doux pseudonyme d’Ellen Page, et très connue pour les symboles de mariage et de fécondité qu’elle entoure de son aura. Exactement le contraire de ce qu’elle faisait circuler sous le manteau du film de David Slade : HARD CANDY (qui n’est pas un biopic sur une héroïne de dessin animé reconvertie dans le cinéma de genre). Très aguichant comme elle joue ces opposés d’une manière aussi résolument dégagée, la seconde étant plus calculée mais tout aussi désinvolte. C’est une marque de l’immense talent que nous dévoile cette toute jeune comédienne que nous n’avions pas manqué de célébrer à l’époque.

Si nous trouvons de quoi s’extasier sur JUNO c’est qu’il propose des angles d’attaque non conventionnels. Là où toute autre petite production biodégradable nous aurait conté l’histoire d’un couple qui va apprendre à vivre avec l’arrivée d’un bébé, la scénariste a préféré aborder le problème en désaxant les postulats de départ. En fait, le film évoque d’autres enjeux que les soucis de la maternité.

Ici, Michael Cera (au jeu très téléguidé, un peu synonyme de ce qu’il nous avait déjà montré dans le navrant SUPERBAD, et pourtant il s’agit là de l’une des coqueluches du moment ; de la même génération, je préfère très nettement Shia LaBeouf, vu dans le distrayant DISTURBIA et dans le moins mauvais qu’il n’y paraissait : TRANSFORMERS) et Ellen Page font l’amour pour la première fois ensemble, et la jeune fille tombe enceinte (des suites de ses blessures). Or, il s’agit d’un couple qui n’en est pas vraiment un. Deux jeunes peu expérimentés qui ont saisi l’occasion quand elle s’est présentée. Il n’est pas question d’amour entre eux. Ils ne relèvent donc pas de cette image du couple qui attend de nouer une relation amoureuse sérieuse avant de songer à la conception d’un enfant. Tiens, tiens ! Cela ne nous rappelle-t-il pas un film assez récent réalisé par Judd Apatow et répondant au doux titre de KNOCKED UP ? Là, tout était moins complexe : les deux personnes en cause décidaient d’affronter ensemble le principe de maternité et c’est ainsi qu’ils allaient apprendre à s’aimer. Il y a décidément quelque chose de pourri dans le royaume d’Amérique !

Dans JUNO, Michael Cera est beaucoup plus indécis et ne sait pas trop quelle position adopter. Tout le contraire d’Ellen Page qui, elle, est déterminée à trouver une famille d’accueil à son enfant. Notez tout ce qui fait la richesse d’un personnage, comme cette paradoxale maturité dont son personnage fait preuve, associée aux comportements d’une enfant un peu paumée (comme c’est trognon !) encore sous la dépendance de ses parents et à la provocation ouverte d’une adolescente mal dans son âge plus que dans sa peau. Cela nous change de ces personnages à une seule couleur. Généralement délavée.

Elle se nomme Diablo Cody et c’est son premier scénario.

Sensible et délicieusement envoûtant, le film de Jason Reitman flirte avec la même mélancolie qui se dégage d’un film comme GARDEN STATE. Si JUNO est une vraie comédie (et, puisque l’opération marketing consiste à le comparer à LITTLE MISS SUNSHINE, précisons qu’il est plus fouillé et moins premier degré) c’est aussi un film parfois un peu triste. Et ça tombe bien, ici nous adorons les films tristes. Une atmosphère lancinante sur ces personnes à part, qui n’ont d’autre compagnie que leur originalité. D’ailleurs, dans la mise en scène, Ellen Page est très souvent isolée.

C’est très bien dit lorsqu’elle parle de ce garçon très populaire qui la rabaisse mais ne désire en fait qu’une seule chose : se retrouver seul avec elle (dans la même logique où « seul » fait référence à un concept d’enclave hermétique). Cette impression d’être seul(e) au monde que véhicule le film, se voit renforcée par cette petite forme qu’Ellen Page porte pourtant en elle. Comme quoi nous pouvons bien être deux, mais seul. Nous sommes tous seuls. Tout le temps. La vie est dure. C’est tout.

Dans la manière d’affronter ces neuf mois de gestation, nous l’avons dit, ce n’est pas le devenir d’une mère qui interroge le réalisateur. C’est bien plus une interrogation métaphysique. Non pas le sens de la vie. Plutôt le sens de ce qu’est « donner la vie ». Et c’est là que nous retrouvons le lien avec les dieux, en l’occurrence la déesse Junon. Ce sont eux qui donnent la vie et ce miracle est au centre des différentes approches psychologiques que le film tente de révéler. Par le rapport avec le couple Jennifer Garner / Jason Bateman, Ellen Page interfère de manière à rééquilibrer le mariage (par le divorce ! Belle idée à laquelle nous ne pouvons que souscrire).

Ce faisant elle redonne leur liberté naturelle aux deux époux. C’est ce que l’on appelle « donner la vie ». Voilà bien le thème principal du film. S’il est vrai que l’actrice principale va donner naissance à son premier enfant, par ses déambulations elle est tout simplement en train de donner vie autour d’elle. Il en est de même en ce qui concerne Michael Cera. C’est en faisant la part des choses (et là encore merci la scénariste, puisqu’Ellen Page finit aussi par se rendre compte de sa part de responsabilité dans sa relation avec celui qu’elle découvre aimer) que tout prend une forme d’espoir, seule fin possible pour cette ode qui distribue la vie.

            Drôle de philosophie qui semble totalement étrangère au HITMAN de Xavier Gens. Petite chose anonyme, assez laide à regarder et intégralement malhonnête. Toute l’action n’est qu’esbroufe et les actes physiques ne semblent pas avoir d’incidences sur les corps engagés. Traverser une porte vitrée paraît aussi simple que décrocher un téléphone ou s’ouvrir une Vache Qui Rit. Toute est dans la débauche de surenchère et ne semble pas se soucier de toutes les incohérences scénaristiques dressées éhontément à la vue du spectateur. Aucune psychologie, pas de relief, pas de rythme et beaucoup de bruit. Xavier Gens fait une entrée fracassante dans le Consortium des Laxatifs du Cinéma grâce à un savoir faire où tout n’est qu’enjolivure, comme une prostituée abuse du maquillage pour appâter le client. C’est un cinéma de pornographie technique, c’est-à-dire que Xavier Gens utilise les mêmes procédés que ce genre de cinéma. Montrer d’une manière ostentatoire ce qu’il ne peut pas raconter autrement. Satisfaction primaire.

Mais ce qui est encore plus dégueulasse de sa part c’est d’essayer d’enrober le tout dans un habillage prétendument artistique. En fait, cela ne fait que corroborer une tendance actuelle d’un cinéma qui se vend par l’apparence qu’il cherche à se donner. Ce n’est pas une allure qui accompagne le sens du scénario et de la mise en scène, qui est dans la ligne droite de ce que le réalisateur cherche à raconter, mais juste un élément plastique supplémentaire qu’il colle sur le film pour lui donner un côté plus tendance. Une certaine d’idée d’être dans la mouvance cinéma. Finalement, le manque de sensibilité est le principal élément d’une grande majorité de la nouvelle génération de cinéastes.

            S’il est des choses à ne pas faire, comme jouer à saute-mouton avec une licorne ou chercher « furoncle » dans Images Google, on peut aussi très bien se passer de films comme 30 DAYS OF NIGHT, dernier en date du David Slade dont nous avons parlé plus haut. Le réalisateur semble bien loin de ce qu’il nous avait proposé dans HARD CANDY. La mise en scène est sans relief. Seul le scénario a été filmé et les plans sont tellement peu construits que l’on se croirait dans un téléfilm. Les dialogues y mènent tout droit et l’histoire est soumise à la rectitude du genre. C’est énorme, mal dégrossi et peu convaincant. En témoigne la fin du film où le chef des vampires se jette sur Josh Hartnett la tête en avant, mais ce dernier est plus prompt et lui enfonce son poing par la bouche et lui traverse la tête de cette manière. Ca, c’est fait. Comme dirait Terry Kevin.

            J’ai été très agréablement surpris par le nouveau film de Joe Wright, tout comme je l’avais été par son premier : PRIDE & PREJUDICE. Si je trouve que ATONEMENT est beaucoup plus bancal, force est de constater que la première partie est proprement éblouisssante.

Joe Wright utilise avec beaucoup de goût un processus narratif que l’on pourrait assimiler à du flash-back. Je dirais qu’il s’agit d’un compromis avec le montage parallèle. Sa volonté est de nous raconter ATONEMENT selon des points de vue. Exemple : lorsque Saoirse Ronan voit Keira Knightley plonger dans la fontaine et en ressortir, nous comprenons ce qu’elle ressent et nous en déduisons ce qu’elle comprend de cette action. Précisons qu’elle la voit de derrière une fenêtre et qu’elle n’entend pas ce que James McAvoy et Keira Knightley se disent devant la fontaine. La brillante idée est de nous dévoiler cette scène un peu plus tard, où la caméra sera cette fois-ci proche des deux comédiens et nous dévoilera la nature de leur échange. Evidemment, l’intérêt demeure sur ces éclaircissements qui apportent un jour nouveau sur ce que nous croyions savoir, et nourrit l’écheveau des actes de ces trois personnages.

ATONEMENT est basé sur ce trio. Quelle belle forme le triangle ! Scénaristiquement la plus intéressante. Joe Wright décide même de découper son film en trois parties en dédiant chacune d’elles à un des personnages. La première pour Keira Knightley, la seconde pour James McAvoy et la dernière pour Saoirse Ronan. Chose plus troublante : la place que tient cette dernière au sein de cette histoire. Dès le début, nous comprenons assez vite que les deux adultes vont être les principaux protagonistes (et ne serait-ce que si on a vu l’affiche on le sait même avant que le film commence !) C’est aussi une belle trouvaille (qui vient du roman ?) que de ne pas commencer au début de leur relation mais en plein milieu, lorsque le temps a déjà permis aux cœurs de s’envoyer des wizzs et aux problèmes de s’installer. Par contre, nous sentons bien que Saoirse Ronan va jouer un rôle important mais il va nous falloir attendre la fin pour comprendre que son personnage n’a pas seulement un rôle d’incidence mais aussi un rôle de complémentarité. Nous sommes bel et bien là dans le ménage à trois, où chacun ne peut être dissocié des deux autres.

D’un point de vue scénaristique, l’ensemble est parfois très excitant même si le dénouement peut nous paraître naïf. Comme il n’existe pas d’idée stupide au cinéma, ce qui me chiffonne le plus vient en fait de la mise en scène. Autant elle est prodigieuse dans la première partie (avec un montage exquis par endroits ; notez les relances de rythme notamment quand nous retrouvons Saoirse Ronan derrière la fenêtre après la scène de la fontaine. Voilà ce qu’est le cinéma ! Des plans qui ne figurent même pas dans le scénario et qui nous en apprennent bien plus que tout ce qui est prononcé), autant elle se perd jusqu’à disparaître dans la troisième partie. Et c’est là que je revêt ma polaire pour crier bien fort : «  Je suis en polaire ! » Etant donné toutes les belles figures de style dont nous avait faire part Joe Wright jusque-là, nous sommes forcément déçus de le voir se désengager si abruptement. Cela se résume à un gros plan sur Vanessa Redgrave qui nous livre l’origine du titre du film, entrecoupée de flash-back où nous revenons sur les actions de l’époque. Tout cela est tellement maigre que tout le souffle épique du film s’étiole et se retourne contre lui. Ou comment faire pipi contre le vent.

Parmi toutes les jolies choses que le film nous propose dans cette première partie, je tenais à souligner la beauté particulière d’un plan, la pétillance d’une telle mise en scène. Cela se passe dans la pièce où James McAvoy et Keira Knightley font l’amour. Lorsque l’étreinte commence, Joe Wright nous livre le plus beau plan du film : le pied de la jeune femme qui sort de sa chaussure et s’élève lentement. A travers un plan extrêmement bref, le réalisateur esquisse l’érotisme sous-jacent retenu jusqu’ici et qui s’exprime enfin dans une folle ardeur. Persistance rétinienne. Le pied qui se libère de son enveloppe c’est l’image de la souplesse, du lâcher prise où le sentiment l’emporte sur la raison. C’est aussi une belle leçon de tendresse, où la délicatesse des corps s’exprime dans ce moment où l’homme (et donc la femme) est le plus vulnérable.

Nous parlerons aussi des décors et des costumes d’ATONEMENT puisqu’il s’agit tout de même de ce que certains nomment : un film à costumes. Une magnifique harmonie se dégage de tous ces ensembles, orchestrés sans fausse note et sans délire ostentatoire. En général, c’est le plus gros défaut. Ces comédiens qui semblent porter leur costume pour la première fois ! Cela concorde avec un côté ampoulé que le film à costumes croit judicieux d’adopter. C’est alors l’occasion de s’exercer plus à un défilé de mode qu’à un exercice cinématographique (et même pour des catégories sociales qui ne requièrent pas forcément d’étiquette. C’était le cas dans le OLIVER TWIST de Roman Polanski). Cet état de fait correspond à l’image que l’on se fait d’une époque plus qu’à un réel souci d’acquérir la fluidité des mouvements qu’à n’importe quelle époque chaque individu a recherché. Vous pouvez faire l’expérience en comparant THE HONEYMOON KILLERS de Leonard Kastle et LONELY HEARTS de Todd Robinson, deux versions d’un même fait divers dont la première ferait croire qu’elle a été tournée au moment des faits alors que la seconde semble tout droit sortie d’années 40-50 complètement factices.

Mais en ce qui concerne ATONEMENT, il y a une concordance vraiment sublime, quasiment virtuose, entre l’époque et l’insertion des personnages dans les costumes et les décors. Finalement, cela reste encore la même chose que le sujet abordé à propos de HITMAN. Costumes et décors sont trop souvent un look que l’on donne au film, un maquillage un peu trop prononcé.

Enfin, parmi les quelques gâteries qui parsèment le film, Joe Wright utilise les sons d’une manière musicalement inattendue. Je pense ici précisément aux frappes sur la machine à écrire qui servent de transition. Le futur métier de Bryoni Tallis nous est délicatement annoncé dès le début puisqu’à 13 ans elle écrit déjà beaucoup. Cela la tiendra tout le film, jusqu’à la fin où nous apprenons son métier d’écrivain. Annoncé sans nous être imposé, le lien se fait par ces petites frappes qui suivent les ellipses comme la mélodie des secondes rythme le temps.

            Théâtre. Au Petit Montparnasse, Ged Marlon joue jusqu’au 29 février 2008 dans son one man show : « Solo ».

Pour ceux qui ne se rappelleraient pas de lui, Ged Marlon faisait le barman dans « Palace ». Mais c’est surtout un auteur de talent et un comédien hors pair. Il a souvent fait de petits rôles au cinéma et fait partie de ces acteurs sous-employés qui apportent tout de suite un bonus incontestable aux films qu’il traverse. Il y a 30 ou 40 ans il aurait été un second rôle incontestable du cinéma français. En Angleterre, il aurait sûrement éclaté. Son univers est assez proche du non-sens des Monty Python. Absurde, délicatesse, de l’esprit, raffinement, décalage, finesse, comique silencieux, burlesque etc.

« Solo » révèle tous les aspects de son comique de la plus belle des manières. C’est-à-dire que le comédien sert le texte et l’approfondi de toute sa folie. Car cet homme est fou, il faut le savoir ! C’est un personnage vraiment à part, ce qui explique le peu de projets (au vu de son immense talent) qui lui ont été proposés. La plupart des personnes ne savent pas comment le classifier où que faire de lui. C’est toujours la même rengaine : un grand avantage passe pour un inconvénient majeur pour ceux qui n’ont pas d’imagination.

L’univers de Ged Marlon est constitué de jeux sur les mots, d’absurde a logique interne, de simplicité dans l’approche des situations et d’une vraie poésie qui enrobe le tout. Bénéficiant d’un immense capital sympathie, Ged Marlon n’a pas besoin de forcer les choses dès son entrée en scène. Il laisse aussi libre cours à sa fantaisie gestuelle, souvent inattendue mais sans cesse désopilante. Cela crée donc un spectacle qui ne ressemble à rien d’autre et c’est pour cela qu’il nous est absolument essentiel.

Un de ses grands avantages est de se démarquer des autres one man show qui cherchent le rire, qui appuient les effets et avec des auteurs qui rient à leurs blagues. Surtout, il évite la facilité. Là où des Danny Boon, des Florence Foresti, des Jamel Debbouze et autres Eric & Ramzy caricaturent des individus en chute de vitesse neuronale, Ged Marlon préfère l’intelligence du texte. Recourir à un rire de complaisance et faire du comique avec des personnages demeurés est une activité que j’ai toujours trouvée facile et à laquelle je n’accorde que très peu de crédit (il y en a qui se donnent tout de même la peine d’être assez bons dans ce domaine). Mais considérer le public comme quelqu’un d’actif, chose que nous prônons depuis l’ouverture de cet espace, et le faire accéder à un rire de compréhension, ça, ça n’a pas de prix. Comme dirait Jérôme Kerviel.

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Lundi 4 février 2008
CLASSEMENT
240 points ODOMAR   SADMAN
144 points KENNEBUNKT 14 points RAYMONDE
111 points TOUTDU 12 points MC MURPHY
96 points LEF' 10 points BUDD!
69 points MOVIE   SYSTOOL
68 points COLUMBOY   DICK LAURENT IS DEAD
64 points YANN KERBEC   M
61 points WEPETE PRIEST   MESS
  GUCHO   NADINE
57 points SEB   LIMBO
55 points SAMOM   ROBERT PLANT JUNIOR
46 points HARVEY BOLLOCKS   KINGDOM HOSPITAL
  AKARIZA 9 points DR DEVO
39 points LE SEB   TONTON BDM
37 points GREG   TITINE
35 points MONSIEUR CRE 8 points NINA KCK
31 points CHRIS   AL
27 points LOMOK   TWIG
21 points ALAN SMITHEE   RIDDICK
20 points UN VISITEUR   BILLY
19 points MALTASARD 6 points SIMON
  ABORIGINAL   FLESH GORDON
17 points DIRTYDIETZ   ANNE
15 points DEAD[OR]ALIVE 5 points FABIUSLEGITIMUS
  MISS_PAPATTE 1 point DON LOPE

 

 

Aujourd'hui, question de géographie :


par MAYDRICK publié dans : LANTERNE MAGIQUE
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