Autant vous prévenir tout de suite, cette fois-ci c'est très difficile :
Autant vous prévenir tout de suite, cette fois-ci c'est très difficile :
Autant vous prévenir tout de suite, cette fois-ci c'est très difficile :
Voilà. Ca, c’est fait. Comme dirait Terry Kevin. Nous sommes tranquilles pour une année. La 31ème cérémonie des César aura tenu toutes ses promesses et nous aura gratifié de quelques moments particulièrement croustillants voire de quelques scènes d’anthologie que tout le monde aura préféré oublier l’année prochaine.
Beaucoup contestent cette appellation de « grande famille du cinéma » qui caractérise ceux qui affichent un sourire hypocrite lors de ce genre de soirée et passent le reste de l’année à lamentablement dénigrer la majorité de leurs concurrents. Ton univers impitoyable (air connu). Et pourtant cette grande famille du cinéma correspond bien à l’idée que l’on pourrait se faire d’une famille où se cachent des secrets que l’on n’avoue pas (surtout devant les médias), où se jouent des querelles incessantes qui ne trouveront jamais d’apaisement entre les différents protagonistes, où l’on se chamaille, où l’on se fâche pour des choses sans importance, où l’on prétend aimer tous ses frères et ses sœurs (parce que ce sont ses frères et ses sœurs après tout), mais aussi une famille où chacun se retrouve uni par un lien majeur qui fait le bonheur de tous et qui s’érige en symbole déiforme comme celui qui se dressait au milieu de la scène hier soir. Elle est parfaite cette famille qui devrait célébrer le septième art et qui fait la gueule car elle n’a pas laissé de côté ses rancoeurs lorsqu’elle a passé la porte du Châtelet. Comment faire la fête au milieu d’un parterre soumis à une pression telle que chacun aura beau dire qu’il n’y a pas de concurrence entre eux et que tout le monde a quand même gagné, cela ne trompe personne. Comment pourrait-il en être autrement ? Ces acteurs là sont les victimes du Dieu qui avait décidé de les regarder du haut du symbole élevé sur cette scène. Cette récompense revêt une telle importance que cette lutte fratricide fait plus de déçus que d’heureux, et quand il y a plus de démunis que d’honorés les regards se remplissent de décharges électrifiantes.
Oui elle fait vraiment plaisir cette famille réunie pour prendre l’annuelle photo de groupe.
Belle entrée en matière, tout d’abord, par une Carole Bouquet qui a choisi de parler d’elle plutôt que de cinéma. En général ça casse. Merci, c’était le début de la soirée, Valérie Lemercier ne s’en relèvera jamais. Il faut dire qu’oser jouer du Shakespeare comme on jouerait du Guy Foissy, il fallait toute la délicatesse de Mademoiselle Bouquet. Attention ! Les choses bien quand même, minimum annoncé, les frissons et tout ! Mais que voulez-vous je suis un grand sensible et j’avais vraiment pitié de voir cette femme se ridiculiser aux yeux de tous. Elle a eu raison de dire que l’on aime ce métier pour la beauté de ce genre de texte et pour les raisons les plus nobles. Elle aurait dû rajouter qu’apprendre à dire les vers s’apprend et que c’est un métier. C’est le sien. Contractuellement.
Valérie Lemercier, elle, n’est pas présentatrice de télévision. Et c’est tant mieux. J’ai beaucoup trop d’estime pour cette personne que je juge honnête et sincère dans son travail pour la voir se rabaisser à ce niveau intellectuel. Ce fut donc très laborieux pour elle de rendre cette cérémonie moins solennelle qu’à son habitude. Il faut dire qu’à peu près seul Edouard Baer avait réussi à donner un ton convivial et euphorique à cette remise de prix. On retiendra d’autres qui furent très drôles (Alain Chabat) ou catastrophiques (Antoine de Caunes), mais aucun n’est jamais parvenu à faire un show de cette émission guindée.
On va pouvoir enfin reparler des américains, car dans quelques jours aura lieu la remise des oscars et en matière de spectacle ils ont encore beaucoup de leçons à nous donner. Nous
sommes ici dans une autre culture, certes, mais ce n’est pas seulement cela qui change la donne. Rappelons-nous Billy Crystal en maître de cérémonie alliant un humour toujours percutant à une
mise en spectacle rythmée, folle et qui célébrait la communion de cette autre grande famille. Car si les querelles ne changent pas vraiment d’une famille à l’autre, chez les américains il y a
cependant la volonté de ne pas prendre cette cérémonie au sérieux, du moins la volonté de ne pas rattacher cet évènement avec la gravité que nous connaissons. Ils ont depuis longtemps dépassé ce
stade (la culture, le passé des oscars etc.) En France, quel acteur pourrait faire ce qu’osent les animateurs de ces soirées ? Personne (peut-être Michaël Youn, mais nous plus alors dans le
ton approprié). Car chacun pense (à tort) que ce serait la fin de sa carrière, ou parce que certains organisateurs croient (à tort) que le public ne comprendrait pas cette démesure pour une
cérémonie de ce rang.
Alors commençons par enlever le mot de cérémonie. Son officialisation (toujours en quête d’une reconnaissance internationale, mais ne rêvons pas elle n’est pas encore prête d’y prétendre) n’est plus à promulguer. Arrêtons ensuite de considérer le César comme le but ou l’aboutissement d’une reconnaissance. Ce n’est qu’une récompense. Et détrompons-nous, le talent ce n’est pas des médailles et des podiums. Enfin, et ceci constitue sûrement le plus important et le plus radical des changements, virons les vieilles figures qui sont à la tête de cette remise de prix et qui la dirigent comme à sa création. Les gardiens du temple, gardiens d’une certaine idéologie, ne sont plus en accord avec nos mœurs. D’abord parce que les mœurs ont bien évidemment évoluées et puis surtout parce que les comédiens et les comédiennes ne se comportent plus comme des stars (il n’y a qu’à voir le nombre de beaufs qui composaient le parterre de cette soirée). Cela signifierait concrètement un changement radical dans l’élaboration de cette soirée avec une conception artistique qui laisserait la place à une véritable mise en scène. Un spectacle. Vous voulez dire comme les américains ? Voilà. En plus ce serait très simple il n’y aurait qu’à s’inspirer. On sait le faire d’habitude, bon sang !
Désolé de le rappeler à Valérie Lemercier mais ce n’est pas la star de la soirée. D’ailleurs le public ne s’est pas trompé sur ses effets humoristiques en ne réagissant que très froidement voire pas du tout. Et ce malgré quelques petites perles (la petite vanne pour Vahina). Mais que tout cela manquait de rythme et de folie ! Son univers était présent mais bloqué par le protocole cérémonial. Elle n’allait jamais au bout dans le côté décalé. Hésitante, jouant sur deux tableaux, utilisant le compromis, elle ne pouvait que se vautrer dans le plus gros danger de ce genre de défi : faire figure de maître de cérémonie. Nous l’avons déjà dit plus haut, tant que le terme de « cérémonie » ne sera pas aboli, les « maîtres de cérémonie » continueront à se succéder et à créer la même platitude.
Déstructurer, dépoussiérer. Ne pas rayer.
Mais dans son rôle Valérie Lemercier s’en est plutôt bien tirée. D’autres n’ont pas eu cette chance. Cécile de France a appris à ses dépens qu’il vaut mieux s’en tenir aux clichés remerciatifs (il est pas content Word quand je tape ce mot !) lorsque l’on n’a rien préparé plutôt que de se lancer dans un enthousiasme arrogant qui a brisé une partie de l’image de la comédienne sympathique que nous avions d’elle. Kad et Olivier ont frisé une nouvelle fois le ridicule dans une intervention qui manquait d’humour, et qui plus est ratée ! Je passerai très vite sur Niels Arestrup et son festival d’égocentrisme puisqu’il a osé adresser ses remerciements à lui-même ! Aure Atika et Bruno Todeschini ont formé un duo où chacun avait une phrase à dire, sans comprendre que ce procédé n’a jamais marché et ne marchera jamais ! Il va falloir vous le dire combien de fois. Je les vois déjà rentrant en coulisses :
- Bon. Ca s’est plutôt pas mal passé, non ?
- Oui. Je crois qu’on n'était pas mal.
- Oui. C’est dommage que ce soit si court.
Non, non, non, cent fois non ! Ce n’était pas bien ! Nous sommes cependant loin du trait d’esprit dont Emmanuelle Devos nous a régalé en se demandant si nous étions trop peu intelligents pour comprendre la finesse de son intervention où si sa petite expérience pratique était vaine et finalement assez bête. La réponse est visuelle .Mais la palme (il avait dû se tromper de cérémonie) revenait à Clovis Cornillac qui s’est payé le bide le plus magnifique de la soirée en faisant le pire des gags éculés : la fausse chute. Les obsèques auront lieu mardi après-midi au cimetière du Père-Lachaise.
A l’opposé, il y a la simplicité, ceux qui préfèrent une intervention fine, courte mais efficace, et ceux qui viennent chercher leur prix avec l’humilité de l’émotion. Denis Podalydès nous a beaucoup amusé en étant le personnage touchant, drôle, fin et superbement naturel qu’il sait être, face à l’insipide Chiara Mastroianni. Radu Mihaileanu était troublant d’intensité émotionnelle et d’amour pour les personnes qu’il remerciait. J’ai toujours trouvé que les personnes qui s’épanchaient en remerciements racontaient beaucoup plus d’histoires que ceux qui cherchent l’originalité pour légitimer la valeur de leur prix. Bravo aussi à Linh Dan Pham qui a réussi à faire passer tout ce qu’elle éprouvait à travers ce que certains qualifieront de laborieux. Qu’ils écoutent un album de Georges Moustaki s’ils veulent avoir une idée de la définition de ce mot. Quant à Nathalie Baye, c’est encore une grande leçon de simplicité sur toute la longueur. Mais c’est une grande actrice et son prix le confirme, alors n’y aurait-il pas à lire entre les lignes ? Enfin, un grand bravo aux seules personnes qui ont eu le courage de parler du problème des intermittents du spectacle. Car le véritable cœur du problème résidait là hier soir. Alors que des intermittents du spectacle avaient envahi le plateau, l’émission se voyait retardée de plusieurs minutes. Quelle honte que la télévision française n’ait pas retransmis cet imprévu de qualité ! Pensez donc, des priviligiés venus dénoncer l’éradication de leur statut par le MEDEF et le soutien du gouvernement, il y avait de quoi faire un grand moment télévisuel si l’on cadrait le ministre de la culture. On m’a rapporté qu’il serait allé changer de sous-vêtements discrètement. Information à vérifier. Et Laurent Veil qui annonçait l’impossibilité de rentrer dans la salle pour des raisons de sécurité !!! Là ça va un peu trop loin dans le foutage de gueule quand même ! Et si l’on décidait de nous montrer les images de ces intermittents qui se sont faits refoulés par l’emploi de la force, qui est-ce qui se serait le moins en sécurité ? Scandale d’autant plus accentué que cette année ils n’ont pas eu recours à leur traditionnel message adressé au ministre. Bel exemple de la démocratie qui fait taire !
Toujours est-il que ce problème d’intermittence dure maintenant depuis plusieurs années et qu’à chaque évènement artistique revoici ces gros militants péruviens (clichés, quand tu nous tiens !) qui débarquent et crachent leur venin. Oui, mais ne vous y trompez pas car le fond du problème n’est absolument pas celui que les médias véhiculent. On parle aujourd’hui de privilégiés. Alors que la majorité d’entre eux touchent environ 1000 euros par mois, à quel seuil estime-t-on le privilège au MEDEF ?
Non monsieur le ministre, vous n’avez pas raison lorsque vous dites en interview pré-émission que vous êtes proches de cette catégorie et que vous vous battez pour eux afin qu’ils vivent dans les meilleures conditions. Vous avez tort car le protocole du 26 juin 2003 a commencé à exclure un grand nombre d’artistes qui ne peuvent plus prétendre aux Assedic et qui se retrouvent aujourd’hui au RMI pour survivre. Mais c’est peut-être ce que vous appelez de meilleures conditions. Vous avez tort car chacune des propositions faites pour essayer de rétablir plus de justice dans le fonctionnement de l’allocation chômage a systématiquement été rejetée par le MEDEF. Vous avez tort une nouvelle fois car vous ne vous attaquez pas aux vrais problèmes qui ont gonflé les abus du système. Vous avez enfin tort en présentant les intermittents du spectacle comme des personnes qui touchent les Assedic après avoir travaillé seulement 507 heures. C’est faux. Ces personnes là travaillent parfois beaucoup plus que certains hommes politiques mais sont parfois payées uniquement pour 507 heures de travail effectuées.
Je pense que la volonté politique est aujourd’hui de faire en sorte que seules les personnes rapportant de l’argent à l’Etat aient une place dans votre société. De ce fait le protocole mis en place se charge chaque jour un peu plus d’extraire ces artistes d’un système qui n’aura bientôt plus aucune raison d’exister puisqu’il n’englobera personne. A défaut d’éliminer ces personnes de manière physique, voilà ce qui s’appelle une extermination sociale. Rien que pour cela j’ai envie de soutenir ces personnes, de combattre à leurs côtés pour que leur statut continue d’exister. Et pourtant je sais que c’est peine perdue. Cette éradication a été programmée et aujourd’hui rien n’est fait en vue d’apaiser le bras de fer que vous avez provoqué. J’ai alors envie de crier, et si cela ne suffit pas de hurler, hurler à qui veut l’entendre qu’il faut mener des actions d’éclat, qu’il faut aller démanteler les locaux du MEDEF, qu’il faut aller perturber vos séances parlementaires jusqu’à tant que vous vous décidiez non pas à nous écouter mais à nous entendre, qu’il faut aller démanteler vos bureaux si cela ne suffit pas, qu’il ne faut faire de mal à personne, et par-dessus tout qu’il faut dire des horreurs ! J’ai envie de hurler tout cela mais je ne le ferai pas car la loi me l’interdit. Mais si vous saviez combien j’ai envie de le faire !
Regardez la rage issue de l’injustice que vous avez fait naître chez nous… Regardez avant qu’il ne soit trop tard. Car il arrive le jour où plus personne ne pourra faire marche arrière. Vous êtes en train de mettre en œuvre ce que l’on appelle « la bombe humaine ». En attendant qu’elle explose nous avons les larmes aux yeux, la rage au ventre et toujours le besoin vital de dire des horreurs !
Autant vous prévenir tout de suite, cette fois-ci c'est très difficile :
C’est avec insistance que je vous ai déjà parlé à maintes
reprises de l’exquise Keira Knightley. D’abord parce qu’elle est une référence intime à un pan de ma vie privée mais ensuite parce que c’est à l’heure actuelle
l’actrice qui me fascine le plus. Une fascination née de l’expression physique, corporelle et esthétique qu’elle entretient avec la caméra. Il serait possible de le quantifier par un sourire
insolemment érotique de par son caractère unique, un regard qui se porte haut et qui défie effrontément tout argument, différentes postures physiques qui mettent en valeur sa féminité, une
attitude souple, classieuse et parfois sèche dans les arrêts, ce qui imprègne les personnalités exceptionnelles qu’elle compose, et puis la douceur du visage, le caractère atypique de ses
réactions faciales, l’intransigeance vis à vis de ce qu’elle est et qu’elle entend affirmer. La frêle déambulation qui n’espère qu’à se lover près du corps chéri. La crinière rétive qui prolonge
toute la dualité d’un caractère à la fois généreux et autoritaire. L’envolée charnelle, la sensualité qui se cache derrière l’espièglerie du regard et les gestes mélodieux. Je ne voudrais par
rompre le charme mais si je pouvais exaucer un souhait j’aimerais bien être l’élastique de sa petite culotte pour pouvoir craquer quand elle l’enfile.
Pas forcément besoin d’être une grande actrice pour trouver la mesure d’un rôle. Cependant il en est qui méritent une certaine technique pour pouvoir alimenter toutes les nuances qu’ils recèlent. C’est l’apanage des grands auteurs de les écrire. C’est l’apanage des grands comédiens de pouvoir les interpréter. On pouvait donc légitimement s’interroger sur la nomination de Keira pour les prochains Oscars (bof, plus rien ne m’étonne depuis que l’inexpressif Richard Gere a remporté le Golden Globe du meilleur acteur pour CHICAGO). C’est avec ce genre de préjugés que compose le film de Joe Wright. Car la jusqu’à présent justesse de Keira Knightley s’est convertie en un jeu plus étoffé, riches en émotions variées et d’une vie intérieure foisonnante qui conditionne son personnage par plus de jeu que de paroles prononcées. Et il en fallait pour ce rôle d’Elizabeth Bennet, jeune fille que la mère ne cesse de vouloir marier, et qui se trouve singulièrement attirée par Mr. Darcy, ce que les conventions d’usage ne permettent guère. Les conventions, les préjugés, l’orgueil, beaucoup de thèmes qui inondent les relations amoureuses et qui falsifient les rapports voire qui arrivent parfois à les compromettre. Le chemin qui mène à les surpasser peut relever du cliché, mais chaque histoire d’amour l’est plus ou moins. Dis cela à ta copine tu vas voir ce qu’elle en pense ! C’est en cela que cette histoire n’est foncièrement ni surprenante ni révolutionnaire. Il n’empêche que pour mettre en avant ces sentiments qui ne peuvent que se lire sur les visages il fallait calibrer un jeu d’acteur fin et aiguisé. De ce côté, l’interprétation de Keira Knightley est une vraie révélation. Matthew Macfadyen lui donne le change de la plus belle des façons. Son personnage impose une image publique qui annonce l’aspect raisonnable du monde dans lequel il évolue et qui doit faire figure d’exemple. C’est ce qui complique les rapports, amène les préjugés, et subséquemment l’orgueil. Mais la seconde facette de son personnage va finalement se révéler très éloignée de l’image qu’il représente et dont il souffre. Il exploite cette dualité par une torture mentale introvertie qui glace par le manque d’émotion que lui impose son rang. La difficulté d’exprimer une émotion est toujours redoutable pour un acteur car l’extraversion est toujours plus facile qu’une expression que l’on ne doit pas jouer mais qui doit être ressentie par le spectateur. C’est en cela que le jeu de ce comédien est saisissant.
PRIDE &
PREJUDICE est aussi un film qui se démarque par sa mise en scène. La plupart des films à costumes me laissent toujours insatisfait car ils baignent dans une atmosphère guindée due
à la sacralisation de l’époque. Dès l’écriture (première étape de la mise en scène, suivez un peu je ne vais le répéter à chaque fois !) cette rigidité laisse la place à des dialogues où les
personnages se permettent de réfléchir et d’agir selon des motivations issues d’enjeux personnels et non pas conditionnées par un pseudo rang social protocolaire. Concrètement, l’influence
sociale et tout ce qu’elle comporte de solennité agissent à travers les mœurs mais les personnages ne se contentent pas d’exister sur une valeur égale. Nous pouvons notamment apprécier les
valeurs de modernité et de liberté du personnage interprété par Keira Knightley. Ses rapports avec Matthew Macfadyen sont eux aussi d’un confondant réalisme
contemporain.
Pour mettre cela en valeur Joe Wright travaille sur les espaces. Ses mouvements de caméra définissent les lieux de l’action par les différents enjeux qui s’y cumulent. Par exemple, le cadre permet de suivre un personnage puis de passer à un autre et enfin de revenir au personnage de départ en montrant ce qui se trame autour de chacun. L’écho que cela produit résonne comme un plan qui se situe sur différents niveaux. Ce sont ceux des orgueils et des préjugés, c'est-à-dire ce qui importe dans l’action qui se joue empiriquement au niveau des relations directes, mais aussi ce qui n’est pas dit, toujours sous-jacent et qui joue un rôle tout aussi prépondérant sans que personne ne le sache. La profondeur de champ est ici employée comme un espace où toutes les réalités se côtoient sans pour autant que la proximité rapprochent. La globalité de leurs interactions permet d’être ainsi mieux comprise. Les corps se croisent, se rapprochent, se rencontrent dans une danse où la caméra explore les distances pour mieux les réduire. Réduire les préjugés. Explorer les préjugés c’est démontrer leur inconsistance.
Evolué sans être anachronique, PRIDE & PREJUDICE se démarque par une adaptation dégagée de toute lourdeur, mise en relief sans le pompeux que requièrent les films en costumes traditionnels et nourri par des acteurs particulièrement fins Un adjectif qui se permet d’exister ici sans faire référence à un classicisme souvent raté.
Revu LE TRIPORTEUR de Jack Pinoteau sur France
3, en hommage à Darry Cowl. C’était l’avant-dernier grand comique du cinéma français. Il reste encore Pierre Richard. Unique, son personnage définit ici les bases de
ce qu’il ne cessera de développer. C’était aussi l’occasion de redécouvrir comment se construisait la comédie française à cette époque. Folie que l’on ne retrouve plus maintenant. L’absurde y
était exploité dans un délire visuel qui ne se souciait pas du réalisme mais de la réalité. Aujourd’hui le premier élément a pris le dessus et quelle est la dernière comédie qui peut se vanter ne
pas y avoir fait appel ? Je dirais SERIAL LOVER, avec une belle réussite. Mais c’était déjà en 1998. Le peu de crédit accordé à la comédie l’a amenée à rechercher une
légitimité artistique. Elle s’est alors uniformisée, oubliant en chemin ses principes fondateurs et participant à un mélange des genres qui diluait ses principes comiques. A ce titre LE
TRIPORTEUR est un vrai plaisir de nostalgique où l’humour pouvait révéler plusieurs formes.
Si l’on revoit LE DINER DE CONS par exemple (exemple tout à fait choisi car autant parler de l’une des dernières comédies françaises les plus réussies), le comique se contente de fonctionner sur un seul et même mode. On pourrait parler de comique de situation. Mais dans ce qui le compose, outre les regards vides du génial Jacques Villeret, l’humour ne fait mouche que par l’insertion d’un élément perturbateur dans un milieu qui se fissurait par avance. Le millimètre de l’écriture fonctionne à cent pour cent mais toujours dans le même sens, c'est-à-dire ce qui répond à la question : « Qu’adviendrait-il si un con se mêlait des affaires d’un homme qui l’avait préalablement invité à un repas au cours duquel il comptait se payer sa tête ? ». Le « mais » n’est pas ici péjoratif. Il intervient juste pour marquer que le gag ne découle que d’un seul principe, celui qui se retrouve dans la comédie française actuelle. LE DINER DE CONS bénéficie de l’écriture absolument prodigieuse de Francis Veber. Une virtuosité qu’il n’a toujours pas retrouvée. Quand on pense que Georges Moustaki ne l’a même pas connue !
A contrario prenons l’exemple de la grande époque où Louis de Funès donnait le la en matière de comique. Au cours des films qu’il a tournés nous
pouvons noter une déclinaison assez impressionnante des modes humoristiques : absurde, burlesque, non-sens, clown, mime, humour potache, humour raciste, humour noir etc. L’HOMME ORCHESTRE de Serge Korber est pour moi l’une des plus belles réussites de cet âge d’or. Pour commencer on y trouve cette scène qui ne sert à rien dans l’histoire
du film où Louis de Funès fait la course dans les rues de Monaco et impose sa supériorité aux personnes qui cherchent à le dépasser. C’est du cinéma muet. Louis de
Funès appartient beaucoup plus au cinéma d’expression corporelle qu’aux acteurs de sa génération qui font passer l’idée par les mots. L’incongruité du personnage et de son rapport aux autres fait
naître le rire et nous fait part du ton dans lequel le film va se dérouler. Bien que L’HOMME ORCHESTRE s’appuie sur des éléments de vie quotidienne (un danseur qui fait répéter
sa troupe, des bébés dont il faut trouver les parents) nous sommes dans un style qui n’a pourtant rien de réaliste et ce seront les scènes comiques qui vont dicter cette appartenance. On se
souvient de l’hilarante scène où les jeunes filles sont partagées en deux groupes : celles qui sont à table et à côté celles qui font du vélo d’appartement parce que trop grosses.
Différentes figures humoristiques : Olivier de Funès qui parle par onomatopées (absurdité marquée par le fait que son père ne le comprend pas, mais aucunement justifiée par une valeur de
crédibilité réaliste), l’audition des danseuses où de
Funès vire derechef une jeune fille en surpoids (humour impossible à faire passer aujourd’hui sans être attaqué pour atteinte à
une minorité qui n’a rien d’autre à faire que d’emmerder les artistes en leur faisant des procès débiles), l’extraordinaire séquence avec Paul Préboist et le pot de chambre où ils l’inspectent
dans un silence absolu (petit bijou de non-sens qui atterrera ceux qui ne comprendront pas qu’il n’y a rien à comprendre), la manière grotesque dont Louis de Funès touche le premier bébé qu’il
découvre (c’est du surréalisme !) ou encore ce qui constitue le chef-d’œuvre comique de ce film : la scène où il raconte en une délicieuse pantomime la fameuse fable « Le loup et
l’agneau » et qui se prolonge en une folie démesurée jusqu’au contrôle des chambres et l’alerte qu’il porte chez son fils (une scène propre à provoquer des crises d’incontinence avant
l’heure !). Alors bien sûr on ne croit pas du tout en un de Funès danseur, les carabiniers lèvent un peu trop haut les genoux et donnent plutôt l’impression de faire de l’exercice que de
poursuivre des individus et enfin nous pouvons déplorer une réalisation exécrable de la part de Serge Korber (splendides effets psychédéliques en fausses bonnes idées, mais les fausses bonnes
idées c’est un peu ce qui caractérise son cinéma ; fausse bonne idée qu’eut Georges Moustaki d’adapter le concept de la fausse bonne idée à la musique), le film demeure tout de même
un exemple de rythmique terriblement efficace. Le montage y est pour beaucoup. Mais encore faut-il comprendre les effets ! Cela fait actuellement défaut aux prétendues comédies que nous
produisons.
La véritable intelligence se situe ici dans la part surdimensionnée que le film accorde à Louis de Funès. Il se termine d’ailleurs comme une sorte de culte de la personnalité tout-puissant au vu
d’un Louis de Funès bien plus grand au milieu de ses danseuses. Le film doit tourner autour de lui ou ne pas être. On doit accepter qu’il vampirise le comique et que les autres soient des
faire-valoir. Ce qui n’empêche pas quelques touches drôles externes (mais qui ne doivent pas empiéter sur le premier effet comique : de Funès) comme le « se va casar »,
comique de répétition qui n’est pas sans rappeler le fameux « Tut-tut pouet-pouet » de JO. Je n’arrive pas à croire que je viens d’écrire ce que je viens
d’écrire ! On notera au passage que L’HOMME ORCHESTRE a sûrement inspiré une scène de PODIUM puisque la petite troupe en train de jogger trouve une
correspondance assez similaire dans les tenues arborées.
LE GENTLEMAN D’EPSOM illustre de belle manière cette façon d’employer de Funès. Gilles Grangier a compris qu’il fallait lui laisser l’espace de jeu qu’il nécessite quitte à ce que ce soit tout l’espace. La première scène où on l’aperçoit en est le parfait exemple. Derrière la vitre de son restaurant, Jean Gabin et Jean Lefebvre le regardent diriger ses employés d’une main de fer en un ballet visuel et une nouvelle fois autoritaire. La dimension de son talent peut trouver toute sa mesure à travers ce rôle prépondérant, qui attire l’attention car il s’agit d’une véritable victime. Il existe alors plusieurs niveaux de compréhension des situations dans lesquelles il se retrouve.
Dans le même ordre d’idée que L’HOMME ORCHESTRE, HIBERNATUS
est le parfait archétype de ce que représente la comédie avec Louis de Funès. Partant d’une histoire absolument abracadabrante,
Edouard Molinaro élabore des situations plus invraisemblables les unes que les autres qui ne sont que des prétextes à gags. D’ailleurs la réalisation est souvent épouvantables (inserts rires
kitschs ou le léger mouvement involontaire de caméra lorsque Bernard Alane découvre Claude Gensac pour la première fois) alors que se dévoilent pourtant un sens du rythme obligatoire pour cet
exercice et quelques plans assez originaux (notamment le plan du faux moine qui avoue : « J’ai craqué ! »). De Funès y est là au summum de son personnage tyrannique et
sournois. Exemple : le croche-pied hilarant qu’il adresse à l’encontre de Paul Préboist au cours de la réception de début du film. Ce dernier est par ailleurs parfaitement hilarant, comme en
témoigne toute la gêne de la réponse qu’il ne peut exprimer quand Louis de Funès lui demande comment il le trouve. Tout comme dans L’HOMME ORCHESTRE ce couple fonctionne à
merveille. C’est intéressant de s’apercevoir à quel point les deux hommes ont des univers personnels marqués et que la complémentarité s’accorde pleinement dans un rapport d’Auguste et de clown blanc que l’on peut retrouver dans le duo Bourvil - de Funès. Cela nous vaudra notamment un dialogue doté de mauvaise foi et
d’absurde parmi les plus brillants du film :
- Ah, monsieur ! Monsieur, il y a un monsieur qui vous attend.
- Pourquoi vous ne me le dites pas ?
- Eh bien je vous le dis.
- Quand ?
- Maintenant.
- Vous êtes un menteur !
En ce qui concerne le principe humoristique, Louis de Funès a rarement eu l’occasion de s’attaquer à la mort. Dans COMME UN CHEVEU SUR LA SOUPE de Maurice Régamey elle est abordée avec une insolence qui peut étonner de nos jours. C’est une nouvelle preuve que l’on peut bien sûr rire de tout et (écoutez bien messieurs les producteurs) qu’aucun sujet n’est assez grave pour ne pas être abordé sous la coupe de l’humour (à part la biographie de Georges Moustaki, qui n’a jamais fait rire personne au demeurant).
Pour en finir avec cette comédie d’un autre temps, n’hésitons pas à nous replonger dans ce qui reste le chef-d’œuvre de Jean-Marie Poiré (si, si, il
en a fait un !) : MES MEILLEURS COPAINS. Rien de mieux qu’un film de potes pour être en accord avec soi-même ! Dans ce genre de films les critiques sont toujours
stupéfaits de la complicité qui transparaît à travers ce type de relation. Ce fut aussi le cas pour THE BIG CHILL de Lawrence Kasdan, LE CŒUR DES HOMMES de Marc
Esposito et bien d’autres. Mais c’est tellement inhérent au travail à effectuer sur ce genre de films qu’il faut vraiment être un mauvais critique pour ne voir que cela. Il n’empêche que
MES MEILLEURS COPAINS est une grande réussite y compris dans la mise en scène.
Ici à la simplicité de sentiments ne rend pas compte de la complexité des liens. L’écriture participe donc d’une
grande finesse dans l’analyse des rapports et de ce que sont devenus ces copains avec les années. MES MEILLEURS COPAINS c’est avant tout une ode aux personnes qui nous
accompagnent et qui nous constituent. Une oeuvre qui nous ramène à des émotions anciennes et qui perdurent comme les noms de certaines femmes s’inscrivent sur nos peaux.
SYRIANA n’est pas le brûlot que l’on nous avait promis. Marre des films qui prétendent surfer sur la vague du politiquement incorrect alors qu’ils se rangent plutôt vers une démagogie de revendication populaire qui manque d’impact. C’est le cinéma de Sam Mendes, un AMERICAN BEAUTY qui prétendait parler de la difficulté de vivre en milieu bourgeois à travers des revendications qui se voulaient un reflet des problèmes intérieurs du pays. Démago. SYRIANA c’est du même ordre. A voir cependant pour un George Clooney pour une fois très intérieur, complet dans la construction de son personnage et surtout moins démonstratif que dans le pitoyable O BROTHER, WHERE ART THOU ? (ce qu’il faut surtout imputer aux imposteurs frères Coen).
Revu REPO MAN d’Alex Cox. Essentiellement parce qu’Emilio Estevez nous manque. Il continue toujours à tourner mais cela reste occasionnel (5 longs métrages sur les dix dernières années) et ne concerne que des productions artistiquement pauvres. Et pourtant il méritait plus le qualificatif de comédien que son frère. Dans REPO MAN il montre un étonnant sens de la gravité intérieure que sa propre personnalité décuple à l’écran. On avait déjà pu s’en apercevoir dans THE BREAKFAST CLUB, film génial, meilleurs rôles pour beaucoup. REPO MAN, lui, est un vrai film des années 80 où les dollars et la coke semblent être les buts suprêmes. Il est très drôle à ce propos de voir Emilio sniffer quelques rails. On est à peu près sûr qu’il n’en avait jamais pris auparavant. Renifler n’est pas sniffer, dixit Diego Armando.
CREMASTER 1 de Matthew Barney est un film expérimental qui refuse le spectateur comme élément externe à son affirmation identitaire. En lui-même le film expérimental ne cherche qu’à explorer des chemins qui s’inscrivent au fur et à mesure, mais sa légitimité proviendrait de la résultante à la question : « Dans quel but ce que je recherche pourrait se conjuguer au matériel cinématographique ? ». Une question que Barney ne semble pas se poser tant il semble concevoir son film pour lui-même. C’est cependant le même fondement qui formulerait la question : « Suis-je drôle à partir du moment où je suffis à me faire rire où à partir du moment où quelqu’un vient me le dire ? ». Le plus difficile dans le cinéma expérimental est de donner suffisamment de clés pour favoriser la même introspection qu’un long métrage plus classique.
Pour toutes ces raisons CREMASTER 1 n’est ni passionnant ni beau à regarder. L’expérience consisterait
à regarder un enfant jouer tout seul avec ses
jouets. Sociologiquement intéressant, mais cinématographiquement pauvre.
Restons dans la médiocrité cinématographique. Outre quelques aspects visuels réjouissants, AEON FLUX n’est qu’une suite pitoyable de clichés du genre où Karyn Kusama cherche à nous faire croire à ce qu’il n’est pas possible d’agréer. Une sale manipulation du regard porté à travers les prismes qu’elle définit et qui ne tromperont jamais les plus vigilants. Soyez exigeants, restez vigilants.
J’avais lu, je ne sais plus très bien où, un
article où la personne osait comparer Marguerite Duras à Quentin Tarantino, ou plus précisément dire que ce dernier était un des rares à avoir été influencé par la dame. A priori cela semblait
plutôt singulier comme raisonnement. Mais après avoir visionné quelques films de celle que je n’appellerai pas une réalisatrice (INDIA SONG, LE CAMION,
AURELIA STEINER (MELBOURNE) et LES MAINS NEGATIVES) cela m’est revenu subitement à l’esprit en signification du procédé qu’elle utilise. En fait je crois que
chaque film de Tarantino est un pan du cinéma mondial et que PULP FICTION était son hommage au cinéma français. On y retrouve donc du Duras (mais qui l’a donc émis ?), du
Godard (c’est lui qui l’avoue), du Truffaut (c’est moi qui l’affirme) et beaucoup d’autres influences qu’il serait trop rébarbatif d’énumérer. Pour Marguerite Duras c’est évidemment la connexion
la plus inattendue. On pourrait dire que de la discussion naît l’action. Chez Tarantino et Duras là où les scénarios semblent être des faiblesses et que l’attention du spectateur se relâche (en
apparence), nous sommes la plupart du temps dans des scènes où la parole prime. Elle s’étire et ne trouve sa concrétisation formelle que dans la durée. Alors que les comédiens ne participent pas
d’un effort physique, l’action surgit tout à coup si l’on a bien prêté l’oreille. Ce serait envisager l’action sans la considérer comme elle a l’habitude de s’imposer. On remarquera que dans sa
concrétisation ce procédé se trouve alourdi chez Marguerite Dura
s alors que Tarantino le sublime par la mise en scène, la plupart du temps en
l’agrémentant de petites perles humoristiques. Tellement jaurais jamais crû cela possible, je serais même capable de vous prouver l’influence de Tarantino sur Marguerite
Duras…
Un dernier petit tour du côté des bons films avant de prendre votre verveine et d’aller vous coucher ? N’oubliez pas la claque sur les fesses ! Intéressez-vous à THE WOODSMAN de Nicole Kassell. Partie d’un sujet douloureux puisqu’il s’attarde sur un homme condamné pour attouchements sur fillettes, la réalisatrice ne cherche pas à s’intéresser à ce problème mais au retour de cet homme qui essaie de se réintégrer dans la société d’aujourd’hui, à travers le regard des autres qui le considèrent comme ce que qu’il y a de plus abject à l’heure actuelle. D’ailleurs Kevin Bacon ne campe pas le pédophile qui ne cherche qu’à abuser de jeunes filles. Ce qui se joue chez lui importe finalement plus. Ce n’est pas le pédophile, comme on peut se le définir, cela est sûr. Il a été condamné pour attouchements mais il ne « s’est rien passé » avec les adolescentes. Or il est attiré par leur présence, leur compagnie. Il recherche cette proximité. Il est plus question de sensibilité que de sexe. Lui-même s’interroge toujours sur cet état qui le conditionne, qu’il ne peut réprimer mais qu’il sait interdit même si les années de prison lui ont fait connaître ses fautes et accepter les limites à ne pas dépasser.
Nicole Kassell pose donc des questions pertinentes. Où commence la pédophilie ? Un adulte ne peut-il pas avoir de relation d’intimité avec un enfant ? La prison joue-t-elle son rôle dans le recadrage des pédophiles ? A travers cet homme qui essaie de se reconstruire et de trouver en lui ce qui détermine véritablement ses désirs et sa nature d’être humain, THE WOODSMAN suit un itinéraire douloureux où l’intolérance face aux actes expiés engendre deux poids, deux mesures. Kevin Bacon exploite toute la déchirure de cet homme touchant malgré ses actes. Il s’agit d’une nouvelle composition éclatante de sa part, qui aurait enfin mérité une nomination aux Oscars. Très grand comédien pas assez reconnu.
THE WOODSMAN est un film courageux, qui ne prend pas le parti d’exploiter un sujet qui pourrait bâtir la controverse, mais qui a le mérite de son honnêteté comme le personnage de Kevin Bacon nous prouve la sienne vis à vis de lui-même.
Autant vous prévenir tout de suite, cette fois-ci c'est très difficile :
Autant vous prévenir tout de suite, cette fois-ci c'est très difficile :
La 78ème cérémonie des oscars aura lieu le 5 mars 2006. Pire que les César, seulement 9 films trustent la majorité des nominations pour quelques 30 films en compétition. Il y a vraiment de quoi avoir pitié d’un cinéma dont cette remise de prix ne reflète pas la diversité.
Toujours les mêmes considérations sur les catégories « techniques ». On échappe cependant aux espoirs et au meilleur premier film. Mais les scénarios originaux et adaptés continuent à former deux catégories séparées. Pourquoi les César s'inspirent-ils de cet exemple alors qu'ils ne suppriment pas les catégories précitées ?
Et puis toujours un cinéma cloisonné pour le documentaire et l’animation, ce qui se retrouve pour les courts métrages. Soit on décide d’inclure les courts métrages dans une remise de prix qui regroupe toutes les formes cinématographiques, soit on crée une remise de prix à part. Mais de cette manière on dénigre tout de même une grande partie des talents de cet art.
J'ai à nouveau classé les vainqueurs de chaque catégorie selon 3 principes :
- en noir, le nominé pour lequel j’aurais voté parmi ceux proposés
- en bleu, ce qu’aurait été mon vote si j’avais tenu compte de tous les films sortis en 2005 et que j’ai vus
- en vert, mon pronostic (n’étant pas très fort à ce jeu là, je vous déconseille toujours de vous laisser influencer si vous êtes amis avec les bookmakers).
MEILLEUR FILM (pas vus : Capote et Good night, and good luck)
CRASH
THE NEW WORLD
BROKEBACK MOUNTAIN
MEILLEUR ACTEUR (pas vus : Capote, Good night, and good luck et Hustle & flow)
JOAQUIN PHOENIX Walk the line
BARRY PEPPER The three burials of Melquiades Estrada
PHILIP SEYMOUR HOFFMAN Capote
MEILLEURE ACTRICE (pas vus : Mrs. Henderson presents et Transamerica)
CHARLIZE THERON North country
CHARLIZE THERON North country
FELICITY HUFFMAN Transamerica
MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND ROLE
MATT DILLON Crash
MATT DILLON Crash
GEORGE CLOONEY Syriana
MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND ROLE (pas vu : Capote)
RACHEL WEISZ The constant gardener
JENNIFER JASON LEIGH The jacket
FRANCES MCDORMAND North country
MEILLEUR REALISATEUR (pas vus : Capote et Good night, and good luck)
PAUL HAGGIS Crash
GREGG ARAKI Mysterious skin
ANG LEE Brokeback mountain
MEILLEUR SCENARIO ORIGINAL (pas vus : Good night, and good luck et The squid and the whale)
PAUL HAGGIS & ROBERT MORESCO Crash
MIRANDA JULY Me and you and everyone we know
PAUL HAGGIS & ROBERT MORESCO Crash
MEILLEUR SCENARIO ADAPTE (pas vu : CAPOTE)
JOSH OLSON A history of violence
ATOM EGOYAN Where the truth lies
LARRY MCMURTRY & DIANA OSSANA Brokeback mountain
MEILLEURE PHOTOGRAPHIE (pas vu : Good night, and good luck)
WALLY PFISTER Batman begins
ROBERTO SCHAEFER Stay
RODRIGO PRIETO Brokeback mountain
MEILLEUR MONTAGE
CLAIRE SIMPSON The constant gardener
RICHARD CHEW / HANK CORWIN / SAAR KLEIN / MARK YOSHIKAWA The new world
HUGHES WINBORNE Crash
MEILLEURS DECORS (pas vus : GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK et HARRY POTTER AND THE GOBLET OF FIRE)
GRANT MAJOR, DAN HENNAH & SIMON BRIGHT King Kong
GRANT MAJOR, DAN HENNAH & SIMON BRIGHT King Kong
JAMES D. BISSELL & JAN PASCALE Good night, and good luck
MEILLEURS COSTUMES (pas vu : MRS. HENDERSON PRESENTS)
JACQUELINE DURRAN Pride & prejudice
ALIX HESTER Mysterious skin
COLLEEN ATWOOD Memoirs of a geisha
MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE
DARIO MARIANELLI Pride & prejudice
DARIO MARIANELLI Pride & prejudice
GUSTAVO SANTAOLALLA Brokeback mountain
MEILLEURE CHANSON (pas vus : HUSTLE & FLOW et TRANSAMERICA)
MICHAEL BECKER & KATHLEEN YORK (In the deep) Crash
MICHAEL BECKER & KATHLEEN YORK (In the deep) Crash
DOLLY PARTON (Travelin’ thru) Transamerica
MEILLEURS MAQUILLAGES
DAVID LEROY ANDERSON & LANCE ANDERSON Cinderella man
LOIS BURWELL & KENNY MYERS War of the worlds
HOWARD BERGER & TAMI LANE The chronicles of Narnia : the lion, the witch and the wardrobe
MEILLEUR SON
ANDY NELSON, ANNA BEHLMER & RON JUDKINS The war of worlds
PAUL DAVIES & COLIN NICOLSON The jacket
PAUL MASSEY, DOUG HEMPHILL & PETER F. KURLAND Walk the line
MEILLEUR MONTAGE SONORE
WYLIE STATEMAN Memoirs of a geisha
WYLIE STATEMAN Memoirs of a geisha
WYLIE STATEMAN Memoirs of a geisha
MEILLEURS EFFETS VISUELS
PABLO HELMAN, DENNIS MUREN, RANDY DUTRA & DANIEL SUDICK War of the worlds
ALEX TOADER & RICHARD MARTIN Sin city
PABLO HELMAN, DENNIS MUREN, RANDY DUTRA & DANIEL SUDICK War of the worlds
MEILLEUR FILM D’ANIMATION
WALLACE & GROMIT IN THE CURSE OF THE WERE-RABBIT
WALLACE & GROMIT IN THE CURSE OF THE WERE-RABBIT
WALLACE & GROMIT IN THE CURSE OF THE WERE-RABBIT
MEILLEUR FILM ETRANGER (pas vus : LA BESTIA NEL CUORE, PARADISE NOW et TSOTSI)
SOPHIE SCHOLL - DIE LETZEN TAGE
INNOCENCE
TSOTSI
MEILLEUR FILM DOCUMENTAIRE (pas vu : STREET FIGHT)
MURDERBALL
INSIDE DEEP THROAT
LA MARCHE DE L’EMPEREUR
MEILLEUR COURT METRAGE DOCUMENTAIRE (pas vus)
MEILLEUR COURT METRAGE D’ANIMATION (pas vus)
MEILLEUR COURT METRAGE (pas vus)
Autant vous prévenir tout de suite, cette fois-ci c'est très difficile :
Autant vous prévenir tout de suite, cette fois-ci c'est très difficile :