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Mercredi 1 février 2006

Comme je ne donne aucun indice et qu'il faut bien déroger à la règle, sachez que ces jambes appartiennent à la dame de la 23.01 :


par MAYDRICK publié dans : LANTERNE MAGIQUE
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Mardi 31 janvier 2006
CLASSEMENT
37 points GREG
28 points LEF'
23 points LE SEB
16 points MOVIE
15 points MONSIEUR CRE
10 points BUDD!
  SYSTOOL
  UN VISITEUR
8 points HARVEY BOLLOCKS
6 points SIMON
5 points FABIUSLEGITIMUS
1 point DON LOPE 

 

Aujourd'hui c'est 10 points :


par MAYDRICK publié dans : LANTERNE MAGIQUE
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Lundi 30 janvier 2006

            Donc Warner fait dans l’indépendant maintenant. Et l’affiche via sa filiale Warner Independent Pictures. Plus un critère de qualité que d’aide à des cinéastes qui recherchent une réelle indépendance. Et quand je dis « qualité » j’entends une recherche de parts de marché qui échappent à Warner. La qualité indépendance. Or, par définition Warner et l’indépendance cinématographique sont deux termes antinomiques. Les indépendants ne sont pas si farouchement attachés à la notion commerciale telle que la définit Warner. Il est d’ailleurs assez significatif de s’apercevoir qu’à travers les films qu’elle produit Warner Independent Pictures cherche invariablement les têtes d’affiche. On cherche à s’attacher les services de scénaristes ou de jeunes réalisateurs en leur permettant de concrétiser leurs idées grâce à des budgets moins serrés. Concessions, concessions… C’est aussi l’occasion de marquer de ce sceau des films destinés à un public moins large mais pas forcément privilégiant les films d’art et d’essai. C’est le cas notamment du dernier film de George Clooney : GOOD NIGHT, WE DON'T LIVE HERE ANYMOREAND GOOD LUCK. C’est une sorte de label que Warner est en train de mettre en place mais qui ne colle pas vraiment avec l’esprit de la véritable indépendance. Je dis bien un label car c’est une cible que Warner cherche à atteindre en classifiant les films qu’elle produit. Jadis toutes ces productions étaient mélangées. On trouvait effectivement les mêmes démarches cinématographiques mais aucune différenciation n’était faite.

Le résultat peut toutefois surprendre. WE DON’T LIVE HERE ANYMORE se targue de cette indépendance. Il l’est autant que peut l’être BULLITT (à ne pas confondre avec BULLSHIT, je l’aime bien celle-là). Je choisis ce film pour exemple car il traduit autant les enjeux à l’intérieur d’un couple par l’intimité des rapports et le comportement des protagonistes sur leur entourage social. Le film de John Curran joue énormément sur la contemporanéité des relations homme-femme. C’est donc avant tout sur son scénario que ce film se distingue, abordant des situations d’une très grande justesse, doublées d’une intensité dramatique pouvant aller jusqu’à la cruauté. Il faut souligner l’importance des comédiens Mark Ruffalo, Naomi Watts, Peter Krause et surtout Laura Dern. La Lula de Lynch a bien changé ! Elle a perdu sa beauté mais a énormément gagné à prendre des cours d’art dramatique. Son jeu est bien plus affirmé. Nuances, sentiments complexes et composition élaborée. C’est une surprise très agréable de la voir évoluer avec ces autres comédiens tous aussi justes et parfaits dans leurs rôles.

Le film est assez triste dans sa conception du couple et de l’affirmation personnelle au sein du mariage et de la vie de famille. Parfois angoissant. Malgré de superbes extérieurs on a parfois l’impression d’assister à un huis clos tellement John Curran arrive à nous faire croire à la prison intérieure où se trouve piégé ce quatuor. Les scènes prennent le temps de se mettre en place. Le réalisateur insiste sur les silences, les non-dits et le temps qui prend possession des lieux et des corps. Chacun s’enfonce et se laisse enfoncer dans une réalité qu’il croit (qu’il souhaite ?) inéluctable. La lenteur du propos sert ces glissements progressifs. Ah ! Quand parlera t-on enfin de la délicieuse Anicée Alvina ??? Lorsque les situations changent à la fin du film et que les prises de conscience amorcent un changement radical, cette lenteur ne participe plus au conditionnement des corps. Elle se trouve même en opposition ce qui cause un faux rythme au film. Les histoires se diluent, entraînant l’attention du spectateur.

Là où nous n’allons pas bouder notre plaisir c’est du côté du montage. Le film se bâtit d’ailleurs par le montage. Fin et intelligent, il dit autant de choses si ce n’est plus que les comédiens. On se délectera de montages parallèles égrenés tout au long du film ainsi que de certaines ellipses qui jouent sur l’effet de surprise.

            Autre surprise : THE CAT AND THE CANARY de Paul Leni. Curiosité et surprise. Joli film qui met en lumière l’influence de l’expressionnisme allemand sur le cinéma américain. Leni travaille depuis quelques années sur un style visuel très élaboré lorsqu’il entreprend THE CAT AND THE CANARY. Il s’agit du courant précité bien entendu, mais il faut ajouter à cela une rigueur de mise en scène que l’on retrouve de manière assez convaincante ici. Le jeu outré des comédiens peut aujourd’hui prêter à rire mais c’est une constante du cinéma muet. Dans un film d’épouvante c’est plus que regrettable. Cependant Paul Leni met vraiment du cœur à l’ouvrage. On retrouve ce genre de grande bâtisse gothique qui impressionne au premier coup d’œil et qui faisait le charme des films de maisons hantées de cette époque. Les formes sont légèrement irréelles et tendent à nous faire sombrer dans un monde d’angoisses. Lorsque Leni y parvient le mieux ce sont les moments où il emploie les ruptures de rythme comme éléments foudroyants et déclencheurs de tensions. C’est ce qu’il manque à ces films de genre actuels qui n’ont tiré de leçons de cette technique qu’une recherche d’impact complètement désolidarisé de l’ambiance ou du sujet. RINGU est le dernier à avoir su exploiter magnifiquement ce procédé de ruptures. A ce titre on pourrait dire qu’un film d’épouvante se construit comme une comédie. C’est un autre registre mais Louis de Funès emploie cependant les mêmes techniques.

GREGG ARAKI            Question technique Gregg Araki en connaît un rayon lui aussi. En revoyant THE DOOM GENERATION je m’aperçois que le film reste toujours aussi intéressant des années plus tard. Ce qui n’est pas le cas de son NOWHERE, plus clinquant et moins préoccupé des drames intérieurs adolescents que du paraître valorisant de ces derniers. Enorme film formel, THE DOOM GENERATION confirme bien qu’Araki filme non pas le monde qui entoure les adolescents mais le monde tel qu’il transparaît à leurs yeux. D’où cette impression de légère irréalité, de décalage constant qu’instaurent ces couleurs artificielles. Araki c’est la couleur. A croire qu’on ne voyait qu’en noir et blanc avant son arrivée. Magnificence des couleurs. Grandiloquence esthétique.

THE DOOM GENERATION est un grand film qui parle de l’irrésolution adolescente, qui rêve de concrétiser sa soif d’absolu. Araki a surtout compris qu’on ne pouvait parler de ce monde qu’en s’appuyant sur un langage commun et non pas en jugeant ces comportements à travers un regard d’adulte. L’adulte juge et condamne. Il condamne forcément car l’importance ne se situe pas au même niveau chez un adolescent. On parle de jeunes adultes mais ce n’est certainement pas eux qui ont élaboré cette dénomination.

Les rêves, les espérances de cet âge-là. Serrer au plus près ce qui nous constituait. L’adulte juge ce qu’il a été contraint à ne pas être. Araki parle utopie. Il parle jeunesse. Une jeunesse moins violente que la société adulte qui la réprime. A défaut d’expérience elle ne peut répondre que par sa fougue. C’est triste et beau. Romantique donc.

            Le romantisme est une vertu qui accompagne souvent un cinéma qui faisait l’éloge de certaines valeurs. Le cinéma de John Ford. MY DARLING CLEMENTINE met en scène deux hommes qui respecteront les règles de l’amitié et JOHN FORDde l’inimitié dans un combat qui ne sera pas caution à trahison. On peut parler de temps révolu mais Ford ne s’embarrasse jamais de nostalgie. Ce n’est pas ce qui l’intéresse. Traiter de la noblesse de ce respect a plus d’importance pour lui.

Il y a bien sûr ces grands espaces filmés avec une somptuosité à nulle autre pareille (les espaces naturels sont tout aussi magistraux chez Terrence Malick, Ford étant cependant une référence avouée) et qui témoigne d’un sens évident pour le visuel. Dans le même ordre d’idée on prendra pour exemple Henry Fonda s’appuyant à un poteau avec son pied, figurant l’autorité qui veille au respect de la loi. Comme tous les genres le western s’appuie sur certaines règles. C’est aussi très agréable de pouvoir s’en défaire pour renouveler le genre. A ce titre, MY DARLING CLEMENTINE est une figure un peu désuète face aux vertus modernes. CIDADE DE DEUS prend la suite, western contemporain assez nostalgique pour le coup.

            Les vrais nostalgiques se souviendront de ce western réalisé par Alejandro Jodorowsky en 1970 : EL TOPO. Enorme allégorie qui finit par se perdre dans un intellectualisme un peu trop sauvage, quasiment élitiste. Jodorowsky est une mine de trouvailles esthétiques, délirantes et surréalistes. C’est la résurgence d’une liberté made in les années 70 qui provoque chez nous un plaisir maximum. Une époque où l’on pouvait encore montrer un enfant nu sans penser à autre chose qu’à du visuel (pareil quand je feuillette Playboy : je pense qu’à du visuel). La beauté de l’enfant nu. Rien de plus. Se rapporter au clip de Renaud : « Morgane de toi » pour un complément de programme.

EL TOPO se noie dans sa forme et, très vite, ne passionne plus.

            Un peu plus passionnant est le travail de Marco Bechis (touché ! A moi : Dechinq ?) se rapportant aux séquelles de la dictature qui a secoué l’Argentine de 1976 à 1983. Nous avions déjà parlé de son dernier film FIGLI/HIJOS qui établissait un état des lieux assez douloureux des années plus tard. Précédemment il était revenu sur ladite période en plaçant son film GARAGE OLIMPO durant cette époque.

Provoquer un véritable choc, porter un coup de poing, c’est ce dont il est question avec ce film qui montre ouvertement pour la première fois les tortures commises et les exactions du Garage Olimpo où le réalisateur fut torturé à l’électricité à plus de cinquante reprises. L’horreur et la cruauté proviennent de la simplicité de la mise en scène. GARAGE OLIMPOParfois juste frontale, froide. Une simplicité renforcée par le comportement des tortionnaires (pour une fois montrés sous un angle objectif, avec leurs qualités et parfois leur beauté) qui arrivent et pointent comme à un travail normal.

L’avilissement relègue les personnes à des niveaux d’insignifiance. Marco Bechis nous parle de la négation de la personne humaine comme les nazis la pratiquaient bien avant. Il emploie d’ailleurs des analogies avec ce régime. Seul le pouvoir en place impose une manière de penser. Tout opposant est irrémédiablement maîtrisé. Bechis entreprend alors de placer la personne au centre du propos. C’est pour cela qu’il essaie par-dessus tout de retranscrire la souffrance qu’il a vécue.

Cette énergie porte le récit. Elle trouve ses limites dans un certain égocentrisme qui stoppe la progression narrative mais l’impact est toujours aussi fulgurant lorsqu’il nous laisse sur ces quelques mots qui nous annoncent que ces tortionnaires se baladent aujourd’hui librement dans les rues argentines.

GARAGE OLIMPO est une belle leçon de cinéma contestataire. Ce dernier se convulse encore dans sa forme classique. On peut toutefois célébrer son renouveau grâce à Michael Moore…

            Il y a du renouveau côté animation aussi. Cela va faire une bonne dizaine d’années maintenant mais le genre continue toujours à être aussi inventif. ROBOTS de Chris Wedge et Carlos Saldanha fait figure de blockbuster tant le sensationnel et l’efficacité semblent autant d’esbroufe si l’on se réfère à la situation de départ. De biens belles idées, certes, mais trop démonstratives. On se croirait chez les frères Coen où toutes les scènes fonctionnent indépendamment les unes des autres, mais regroupées elles n’amènent qu’une insatisfaction qui nous faire : « Tout ça pour ça ? ». Comme disait la jeune mariée devenue vieille mariée.

Jetons-nous plutôt sur SHREK et sa suite. Dessin animé pour petits et grands parfois très drôle, et qui joue avec les codes des contes de fées d’une façon dérisoire et gentiment irrévérencieuse. Mais ne nous y trompons pas, tout cela ne prend la forme que d’une horrible farce plus consensuelle que jubilatoire. L’ogre n’est pas la figure hirsute et endiablée que nous connaissons. Cela aurait été plus drôle d’imposer un ogre méchant et affublé de défauts sincères qui jouent contre lui. Au lieu de cela, les personnes contre lesquelles il se trouve confronté se trouvent toujours être placées du côté des « méchants », si bien que notre assentiment ne peut se ranger que du côté de Shrek. Pourquoi ne pas en avoir fait un véritable monstre et qui plus est méchant, mal élevé et irrespectueux ? Ils ont bien gardé la beauté de la princesse ! SHREK 2 est tout aussi emprunté sous son faux humour grinçant. La déstructuration des codes fonctionne toujours à merveille et les scénaristes agrémentent la sauce d’idées toujours aussi plaisantes et drôles. Bref, le second vaut le premier.

            Par contre Georges Moustaki ne vaut rien du tout. Sur quoi peut-on se baser pour affirmer cela ? Des années d’expérience à la RATP nous ont permis de faire toute la différence entre la grande musique, le divertissement primaire et le harcèlement acoustique. Vous aurez sûrement compris que je veux parler de ces hâbleurs métropolitains qui pensent vous égayer vos journées au son de la « Lettre à Elise » version flûte de pan ou « Girl from Ipanema » version ukulélé. C’est en ces occasions qu’on s’aperçoit qu’il n’y a pas grande différence avec les beugleries de Moustaki. Mes préférés sont les joueurs de guitare. Car lorsqu’ils ouvrent les portes du wagon et commencent à faire des fautes d’orthographe rien qu’en chantant, dans mon for intérieur je me réjouis quand je les imagine grattant un instrument où les cordes seraient remplacées par des fils de fer barbelés. Je donne toujours quelques pièces à ces gens-là. C’est pour asseoir la supériorité de leur talent face à Georges Moustaki. Le son de leur guitare est toujours plus doux à mes oreilles. Ce qui est normal : Georges Moustaki joue déjà avec des barbelés. Et si vous écoutez bien ses vociférations (sadique que je suis !) vous entendrez qu’il les électrifie quand il joue en live.

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Lundi 30 janvier 2006

Désolé pour ceux qui ne savent pas lire :


par MAYDRICK publié dans : LANTERNE MAGIQUE
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Dimanche 29 janvier 2006

L'homme à la coiffure improbable :


par MAYDRICK publié dans : LANTERNE MAGIQUE
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Samedi 28 janvier 2006

Et voici la seconde image de la lanterne 22 :


par MAYDRICK publié dans : LANTERNE MAGIQUE
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Vendredi 27 janvier 2006
CLASSEMENT
30 points GREG
28 points LEF'
23 points LE SEB
16 points MOVIE
15 points MONSIEUR CRE
10 points BUDD!
  SYSTOOL
  UN VISITEUR
8 points HARVEY BOLLOCKS
6 points SIMON
5 points FABIUSLEGITIMUS
1 point DON LOPE 

 

Pour qui les 10 points ?


par MAYDRICK publié dans : LANTERNE MAGIQUE
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Jeudi 26 janvier 2006
CLASSEMENT
30 points GREG
28 points LEF'
23 points LE SEB
15 points MONSIEUR CRE
10 points BUDD!
  SYSTOOL
  UN VISITEUR
8 points HARVEY BOLLOCKS
6 points MOVIE
  SIMON
5 points FABIUSLEGITIMUS
1 point DON LOPE 

 

Voilà la nouvelle lanterne magique tant attendue :


par MAYDRICK publié dans : LANTERNE MAGIQUE
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Mercredi 25 janvier 2006

QUESTION : Dans LES BRONZES FONT DU SKI, comment s’appelle la monitrice de ski avec qui Michel Blanc veut prendre un cours ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Mardi 24 janvier 2006

            A quel moment les choses se mettent-elles à changer et que le cinéma devient plus une prison qu’une passion ? A quel moment tout a basculé ? OPENING NIGHT de John Cassavetes. A partir de quand peut-on dire que notre liberté s’appuie sur des règles préétablies ? Sommes-nous encore libres de nos attentes cinématographiques et des pseudos espoirs que nous cherchons à rencontrer ? Libres de quoi, d’abord ? Selon le principe de liberté, le spectateur fait ce qu’il veut, le réalisateur non. Un réalisateur ne fait pas le film qu’il souhaite. Ce n’est pas vrai de dire le contraire. S’il arrive déjà à mettre sur pellicule la moitié de ce qu’il avait imaginé alors il peut s’estimer heureux. De cette manière le cinéma peut être considéré comme l’art de savoir faire des concessions. Et pourtant un réalisateur n’est-il pas libre de créer le film qu’il désire ?...

Un réalisateur n’est pas libre de nous montrer tout et n’importe quoi. Ce n’est pas parce que je paie ma place de cinéma pour voir son film que je dois pour autant me faire agresser ou prendre pour un con. Un spectateur payant n’est jamais un spectateur acquis. Le réalisateur n’existe pas durant tout ce qui précède. Son existence débute dès la première vision de son film.

En fait un réalisateur est beaucoup plus libre lorsqu’il use du pouvoir de ne pas faire ce qu’il aimerait bien faire. Par exemple, Stanley Kubrick retire plusieurs minutes à 2001 : A SPACE ODYSSEY après une projection test. Pourquoi ? Ou plutôt pour qui ? La liberté cinématographique serait donc une question de choix ?

RYUHEI KITAMURAEn tout cas, cette liberté obéit à certaines règles. Heureusement car en leur absence cette phrase de Jean de La Fontaine : « La raison du plus fort est toujours la meilleure » serait celle qui prévaudrait. Elle ne s’applique déjà que trop.

            C’est face à ce problème de liberté que se place Ryuhei Kitamura le réalisateur de GOJIRA : FAINARU UOZU. Le Godzilla en plastoc des premières années, entouré de monstres ringards et de maquettes trompe-pas-l’œil, ou celui qui laisse la part belle aux effets spéciaux et aux pires délires visuels ? Entre les deux son cœur balance. Le Godzilla c’est sa culture, on l’a compris et il nous montre qu’il connaît bien son sujet. Ca tombe bien son producteur lui demandait de le développer. Mais on ne fait pas d’hommage en reproduisant ce qui a déjà été fait. Ou alors c’est un hommage stérile car il ne glorifie rien. Un hommage n’est pas un souvenir. Le Godzilla rigide des débuts nous fait bien sourire aujourd’hui. Et pourtant Kitamura n’hésite pas à s’en servir et à nous faire croire que ce monstre au balai dans le cul terrorise toute une planète. Mais où se trouve la liberté d’un réalisateur lorsqu’il se contente de reproduire des scènes déjà existantes et vides de tout propos ? Car ce qui intéresse Kitamura c’est davantage le nombre de combats, d’explosions, de monstres pulvérisés et d’exactions godzilliennes plutôt que de construire une histoire basée sur les peurs de tels ravages. Après tout l’existence de Godzilla n’est-elle pas liée au passé historique du Japon et plus particulièrement aux deux bombes atomiques qui y ont explosées ?

On a donc droit à un défilé de monstres kitsch, de comédiens qui surjouent tellement qu’on se demande avec quoi était coupée la coke qui circulait sur le tournage, et puis un final absolument éblouissant. Il fallait bien ça puisque qu’on se demandait qu’est-ce qui pourrait bien venir à bout de ce bien vilain monstre aux épines dorsales proéminentes. Kitamura nous donne la solution en l’agrémentant d’une morale qui en dit long sur toute la réflexion métaphysique du réalisateur. Après tant d’affrontements ce sera finalement un gentil petit extraterrestre bien niais qui fera comprendre à la grande brute que manger les humains sans baguettes c’est pas très poli. Et Godzilla comme il n’est pas un monstre insensible finalement il finira par comprendre qu’il ne fait pas le poids face à cet avorton crétinoïde, comme dirait mademoiselle Suce-moi/Baise-moi (bravo à ceux qui reconnaîtront la référence). Et au prix où sont les baguettes ce serait une hérésie de s’en priver. On peut d’ores et déjà supposer que le prochain épisode s’intitulera : GODZILLA, LAST ULTIME DERNIER COMBAT : C’EST TELLEMENT MEILLEUR AVEC LES DOIGTS - VRAIMENT LE DERNIER GODZILLA APRES C’EST JURE ON ARRETE CAR ON N’A PLUS D’IDEES. Et de faire une suite (bien évidemment) qui se nommerait : GODZILLA REBIRTH : CA Y EST J’AI TROUVE UNE IDEE DE LA MORT QUI TUE !

Mais là où GOJIRA : FAINARU UOZU reste profondément honnête c’est dans son côté excessif qui ne s’effrite jamais. La carte est jouée à fond. Pas de surprises. Ryuhei Kitamura nous dit dès le début qu’il ne fait pas dans le réalisme, il peut donc se permettre toutes les démesures possibles. Ratées, certes, mais fidèles à l’esprit qu’il essaie de véhiculer. Ratées car l’ensemble manque de finesse, d’intelligence, de talent et d’une vision précise de l’apocalypse que Godzilla apporte avec lui. Ici nous n’avons qu’une suite d’actions où seul compte le spectaculaire et l’effet direct.

Et puisque nous en sommes à parler de films ratés, osons la comparaison avec le KING KONG de Peter Jackson. Ce dernier se trouvant prisonnier de sa propre liberté n’avait pas réussi à imposer toute la rigueur à un film casse-gueule où le danger venait plus de ce qui pouvait être montré que de ce qu’il valait mieux délaisser. ALIEN savait au moins ménager son spectateur. (Tiens, tiens, comme il amusant de s’apercevoir que c’est au moment où Ridley Scott possédait le plus de liberté qu’il était le plus convaincant. Si l’on en croit cette logique il doit finir ses jours en prison actuellement…) Dans son dernier film, Peter Jackson se fait piéger par l’exubérance qu’il a entre les mains. « Suis-je libre de faire ce que j’ai le pouvoir de faire ? » semble t-il se demander. On sent bien que sa réponse est positive. Mais pas tout au long du film. C’est un mélange de pouvoir, d’irrespect et de démonstration de force qui anime KING KONG sans trouver de cohérence entre ces trois termes. Libre de les ajuster le Peter Jackson ? Non, il ne l’était certainement pas. D’où la malhonnêteté.

Vous m’ôtez les mots du clavier en comprenant que GOJIRA : FAINARU UOZU n’est même pas un film que l’on peut regarder entre amis pour s’en payer une bonne tranche (comme dirait Simone Weber) les soirs où de petites bêtes courent sur votre plancher (pour le commun des mortels : les soirs de cafards). Préférons les Godzilla originaux où la vraie naïveté se révèle un atout indéniable du charme de ces films. GOJIRA : FAINARU UOZU c’est un peu la recherche d’une qualité à l’ancienne que l’on retrouve un peu partout aujourd’hui sous l’horrible dénomination : « authentique ». On fait de l’authentique, on donne dans le vintage, on se la joue à l’ancienne, mais tout cela reste une pâle copie d’une saveur impossible à retrouver. C’est le syndrome de THE ATTACK OF THE GIANT MOUSAKA ou du RETURN OF THE KILLER TOMATOES ! qui a encore frappé. Si l’origine de tout cela n’est qu’une recherche de naïveté alors Peter Jackson nous ment lorsqu’il prétend avoir effectué un remake fidèle du KING KONG de 1933. L’original est bel et bien naïf mais le sien est un peu bête. Et terminer sur ce mot c’est du 36ème degré ou de la bêtise un peu naïve ?

MARIE-JOSEE CROZE            Heureusement que nous ne nous fions jamais aux titres des films qui ne nous donnent pas envie de les voir sans quoi je ne me serais pas arrêté deux secondes sur LA PETITE CHARTREUSE, film de Jean-Pierre Denis. Chose que nous ne pouvons pas reprocher à son précédent long métrage : LES BLESSURES ASSASSINES, qui a pourtant beaucoup de choses sur la conscience et pas que par son histoire. LA PETITE CHARTREUSE c’est avant tout la possibilité de voir une nouvelle fois l’une des actrices les plus formidables du moment, je veux parler de la charmante Marie-Josée Croze qui nous avait tant envoûtés dans le pas encore sorti NOTHING de Vincenzo Natali. Elle fait ici preuve d’un grand talent où elle nous offre un personnage rempli de problématiques intérieures que son jeu parvient à faire passer dans une douceur délicate, intime et raffinée. Très touchante. D’une émotion sous-jacente toujours en retenue pour un maximum de vie intérieure.

Le film, quant à lui, aurait mérité un montage un peu plus dynamique par moments, en sachant allier les multiples bouleversements intérieurs des personnages et leurs conséquences. Du coup, notre attention se dissipe parfois. On retiendra cependant quelques séquences où la mise en scène mise brutalement sur la simplicité, s’axant entièrement sur la capacité des comédiens à rendre une situation exceptionnelle par leurs réactions non conventionnelles. Je pense ici notamment à la scène où Olivier Gourmet percute la petite fille avec sa voiture. Ce que filme la caméra est plus précieux que n’importe quels pleurs.

            Un film chiant. Tiens, il y avait longtemps ! Oui mais quand je dis chiant je pèse mes mots. Celui-là m’a plus que profondément plongé dans un abîme de vacuité émotionnelle et intellectuelle. Ce n’était pas forcément inintéressant au départ mais il s’est avéré mauvais et trop complaisant pour réussir à emporter notre adhésion. Titre ? LA BLESSURE de Nicolas Klotz.

Alors ça c’est assez épouvantable dans le genre je filme et je me laisse bercer par le ronron du moteur de la caméra. Le film partait pourtant sur une base où le réalisateur semblait s’intéresser au problème d’étrangers repoussés à la frontière à travers une fiction qu’il perd au profit d’un propos semi documentaire et trop improvisé pour amener le spectateur à avancer avec lui dans l’histoire. On s’écoute parler, on se regarde filmer, on finit par aimer s’aimer tellement on parle et on se filme bien. Travail sur la lumière dégueulasse, rythme décousu et réfractaire en fin de parcours à toute idée cinématographique.

Pas grand-chose à dénoncer en fin de compte. Ce n’est pas encore aujourd’hui qu’on verra le cinéma contestataire renaître de ses cendres. (Je ne suis pas totalement d’accord avec ce que j’écris mais je le laisse quand même pour en faire réagir quelques-uns.)

            Moi qui me vantais il y a peu que Arte continuait à diffuser des films en version originale à 20 heures 30, quelle ne fut pas ma stupéfaction de voir débuter FOR WHOM THE BELL TOLLS en version française ! Ah, si même Arte part en sucette maintenant !!! Toujours est-il que cela faisait des années que j’entendais parler de ce film et je n’avais jamais pu mettre la télécommande dessus jusqu’à présent ; je n’ai pas eu le courage d’éteindre la télévision. Il y a des films comme ça qui ne passent plus à la télévision ou que vous manquez sans cesse à cause de je ne sais quelle vieille tante obscure qui se meurt et qui aimerait bien vous voir avant de trépasser. - Oui mais ce soir il y a FOR WHOM THE BELL TOLLS à la télévision ! - Il repassera bien un jour ton film. Tandis que ta tante, déjà si elle arrive à passer l’hiver…

Eh bien ce film de Sam Wood manque énormément de mise en scène. C’est très convenu et enfermé dans un formalisme bourgeois dans lequel on aurait plaisir à rentrer dedans (au sens figuré s’entend). Il faut signaler des extérieurs très mal filmés et des plans refaits en studio où la lumière dénote particulièrement. On reviendra aussi sur la relation amoureuse entre Gary Cooper et Ingrid Bergman (dont on ne dira jamais assez qu’elle n’est pas la beauté sacrée tant applaudie ; son caractère androgyne le démontrant au sein de ce film) qui se construit sur une attirance dont on se demande ce qui peut bien la nourrir. On attend de l’impulsion, de la fougue, de l’audace, de l’impétuosité, de l’arrogance voire de l’égoïsme mais rien de tout cela ne vient. Pauvres âmes romantiques que nous sommes ! Attendons plutôt le « Cinéma de minuit » qui en est à un sans faute depuis sa création question versions originales. Il nous donne un Robert Siodmak en version française. Quoi ? En version française ? Eh oui, c’est qu’il est allemand le bon Robert ! Et à cette époque on tournait souvent les films en deux versions.

TUMULTES c’est pas si dégueulasse que ça. Le film baigne dans une lumière qui suit les corps au plus près et leur donne à l’écran une densité proéminente. L’histoire est un peu gentille mais bien construite et plutôt bien rythmée. Des comédiens plus spontanés que dans certaines productions de l’époque, ça c’est la grande nouvelle. Mais par-dessus tout il y a ce petit plaisir qui hantait les films policiers jusqu’à il y a pas si longtemps que ça, c'est-à-dire le suprême délice avec lequel les hommes tiennent leur revolver sur le côté. C’est de l’iconographie à la John Woo avant l’heure !

BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA            En matière de liberté, Sam Peckinpah aurait beaucoup à dire, lui à qui l’on a complètement remodelé son PAT GARRETT & BILLY THE KID, alors qu’il s’agit dans sa version originelle du plus beau western crépusculaire jamais réalisé. Sorti l’année d’après, BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA bénéficie encore de cette ambiance funéraire. Tout y sent un peu trop la mort. Pas très étonnant ce final sous les balles et ce canon de revolver pointé vers l’écran comme une mise en garde. C’est que Peckinpah décrit la fin d’un règne. Celui d’El Jefe, bien sûr, mais plus encore celui d’un monde où certaines valeurs faisaient encore office d’armes entre hommes peu recommandables. El Jefe, avec son argent et surtout son pouvoir, a perverti tout cela. Par un ordre lancé aussi sentencieusement c’est toute une toile qui se tisse et toute une organisation qui se met en place pour parvenir à ses fins. Le montage est particulièrement édifiant à ce moment-là puisqu’il signifie exagérément les choses. C’est limite grotesque mais diablement efficace. Qui peut encore oser ce genre de montage à l’heure actuelle ?

Il y a quelque chose que Warren Oates ne souhaite pas voir tout au long du film. Le port de lunettes en dit long sur ce qu’il voit dans le monde qui l’entoure. D’ailleurs c’est durant toute la partie où il se trouve avec la jeune femme qu’il aime qu’il s’en dispense. A partir du moment où le retour s’annonce il les porte de nouveau. Il y a quelque chose qu’il ne veut pas voir et il y fonce droit dedans.

La mort. La mort parce qu’un homme ne peut plus régler ses comptes qu’en donnant ses ordres. La mort encore car ceux qui approchent cet homme ont soit à la subir soit à l’infliger. La mort parce qu’il n’y a plus d’autre solution. Warren Oates le sait bien en pénétrant dans l’hacienda. Mais il est poussé par un sentiment suicidaire. Parce que la mort encore une fois. La mort de sa compagne. Alors plus rien n’a d’importance maintenant. On peut remarquer comment le personnage de Warren Oates change physiquement et psychologiquement après cet épisode. En entrant dans l’hacienda c’est lui-même qui vient régler ses comptes, c’est lui qui vient se salir les mains. Parce que c’est son histoire. C’est à lui de le faire. Et il ne se fait pas trop d’illusions. S’il arrive à sortir vivant ce sera tout bénéfice pour lui. Mais comme l’écrit Jean de La Fontaine : « La raison du plus fort est toujours la meilleure ». Et quand le plus fort est armé jusqu’aux dents, serrer les fesses très fort ne set pas à grand-chose.

Et puis Peckinpah c’est la violence. D’accord. Mais dans BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA elle se fait tout de même discrète. Heureusement qu’il y a de grands moments de mise en scène qui l’esthétisent par à-coups régénérants. Extraordinaire coup de coude donné à une prostituée un peu trop avenante ! Sûrement l’une des plus belles scènes de geste violent accompagnée d’un fou rire vivifiant. Une violence sèche qui en dit long sur le caractère du personnage qui porte le coup. Et puis la fin est d’une violence formidablement réussie sur tous les points de vue. D’abord parce qu’elle concrétise ce que nous pressentions depuis un moment. Ensuite parce qu’elle est vécue sans complaisance, de manière brutale et sans effets rajoutés. C’est bref. C’est direct. Et c’est le montage qui dicte une nouvelles fois ses lois. D’ailleurs si Peckinpah c’est la violence, c’est tout autant les ralentis. On oublie un peu trop souvent que l’usage du ralenti dans tous les films d’actions d’aujourd’hui c’est l’héritage de Peckinpah. Assez mal resservi la plupart du temps. Si l’on s’attache aux ralentis de BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA ils sont d’abord très rares et puis axés sur des actions pas forcément les plus violentes mais qui créent une intensité démultipliée juste au moment propice. On peut dire que le ralenti à une fonction orgasmique chez Peckinpah.

SAM PECKINPAHEt enfin il y a la saleté, la crasse, la misère. Peckinpah l’utilise d’une manière jusqu’au-boutiste qui nous rappelle sans cesse que les personnages que nous suivons sont proches d’une certaine réalité, proches du commun des mortels, qui croit qu’avoir le cafard c’est tenir enfermé une petite bête dans une boîte d’allumettes. L’image se fait crade elle aussi. Point de lumière qui embellit, de pellicule qui explose les couleurs. Tout ce qui peut aider à ancrer un peu plus l’histoire dans une couche sociale où la difficulté se voit à l’écran, Peckinpah l’utilise. Jusqu’à un jeu des comédiens particulièrement spontané, proche de l’improvisation. Ca c’est un ton qui imite la liberté. Une liberté de filmer, de capter une essence rare, puissamment émotionnelle. Et finalement Sam Peckinpah semble nous dire que ce n’est pas vraiment du cinéma, que tout ceci à un énorme accent de vérité. Une simple mise en garde mais qui se tourne vers nous comme le canon d’un revolver.

            Allez savoir pourquoi mais WILD AT HEART de David Lynch ne m’a jamais emballé. De toute façon j’ai toujours du mal avec les films non réalistes qui essaient de s’inscrire dans le concret de nos situations quotidiennes. Je trouve que cela ne marche pas totalement. C’est valable pour WILD AT HEART. Et pourtant je tiens Lynch pour un vrai génie. Force est de constater qu’à la revoyure son film n’a pas trop subi les effets du temps (c’est vraiment le propre des grands réalisateurs, et quoi qu’on en dise A CLOCKWORK ORANGE ne les a pas subis non plus, mais je le démontrerai par A + B un autre jour). Par contre Laura Dern est toujours aussi consternante. Dur dur à côté d’un Nicolas Cage qui n’y va pas avec le dos de la main morte. Mais en même temps le rôle le veut bien… Il reste le talent de Lynch, un savoir-faire magistral, souvent cliché ici, mais d’une beauté enivrante. En fait je trouve que le film est constamment en recherche d’enjeux forts et c’est ce qui crée un décrochement où peu de scènes se permettent de nous accrocher sur la longueur. Plus que cela je trouve que l’histoire d’amour entre Nicolas Cage et Laura Dern est le vrai cœur du film mais Lynch ne nous dit jamais de quoi est composée cette relation, sur quoi elle s’est bâtie. De quel ordre est le lien qui les unit ? Que font-ils pour se prouver leur amour ? Passé le romantisme qu’espèrent-ils dans les yeux de l’autre ? On aurait bien aimé que Lynch s’intéresse plus à leur histoire d’amour comme fonction motrice et non pas comme élément perturbateur.

A CLOCKWORK ORANGE            Et puis si vous circulez un peu dans le métro parisien vous aurez sûrement remarqué les affiches d’A CLOCKWORK ORANGE. Brillante idée de ressortir ce chef-d’œuvre de Kubrick sur grand écran ! Oups ! Je vous arrête tout de suite, il ne s’agit pas de la merveille de maître Kubrick mais d’une adaptation du roman de Burgess au théâtre. Déjà rien que l’idée faut quand même être sacrément culotté, mais en plus proposer à Sami Nacéri de jouer le rôle que tenait Malcolm McDowell là faut quand même pas avoir la lumière à tous les étages ! Heureusement que Nacéri à fait des siennes et se trouve à l’heure actuelle derrière des barreaux à la Santé car je ne sais pas quel pitoyable spectacle il nous aurait proposé. Mais ne critiquons pas avant d’avoir vu. Sagamore Stévenin le remplace et c’est mieux. Mieux ça ne veut pas forcément dire bien, n’est-ce pas ? Mais le plus choquant dans tout cela ce n’est pas qu’ils aient fait une version théâtrale du roman de Burgess, après tout pourquoi pas et ce pourrait être réussi même ; rien n’est sacré. Non ce qui est scandaleux c’est cette campagne d’affichage qui reprend l’iconographie de l’affiche du film allant même jusqu’à plagier la typographie du titre. On nous vend le film de Kubrick sur scène ? Mais c’est de la publicité mensongère alors ! Oui, en tout cas cela s’y apparente puisqu’on cherche avant tout à attirer le chaland par le côté sulfureux du film à travers tout l’esclandre qu’il avait pu provoquer à sa sortie. On met l’accent sur la violence comme d’autres spectacles joue la carte du sexe afin d’attirer un maximum de petits bourgeois désireux de s’encanailler. Non, ils n’iraient pas jusqu’à agir de la sorte quand même ? Bien sûr que non. Ils font pire. Ne voit-on pas écrit en gros, défigurant l’affiche : « Interdit aux moins de 16 ans » ? Alors premièrement, si ce n’est pas une basse manœuvre publicitaire pour créer l’effet de choc recherché, je ne m’y connais pas. Ce qui est d’autant plus absurde car si vous regardez A CLOCKWORK ORANGE aujourd’hui l’ultra-violence paraît bien aseptisée voire gentillette comparée à la violence de NATURAL BORN KILLERS par exemple. C’est aussi stupide que la campagne médiatique qui visait à vendre EYES WIDE SHUT comme un film érotique. Et deuxièmement, j’aimerais bien qu’on me dise qui a interdit ce spectacle aux moins de 16 ans. Je vous rappelle que pour interdire un film il faut le présenter devant une commission qui décidera quel visa il est possible de lui accorder. Interdire une pièce alors qu’elle est en cours de répétition, non mais où avez-vous vu ça ? D’ailleurs je conseille à tous les moins de 16 ans d’aller acheter leurs places de ce pas. Si on vous la refuse vous pourrez toujours vous faire un peu d’argent en leur intentant un procès pour refus de vente. Alors qui décide dans tout ça ? Les producteurs ! Moi j’irai le voir parce que ça sent la liberté à plein nez ce truc.

            L’affiche de BAMBI II n’est pas mal non plus. Je vous livre la phrase d’accroche telle qu’on peut la lire, le sourire en coin : « La suite du plus beau dessin animé de tous les temps ». De tous les temps !!! Rien que ça. Apparemment Disney semble être le dépositaire universel du concept de la beauté. En gros : « N’y allez pas, restez chez vous et regardez le premier opus on vous dit que c’est le plus beau ». Enfin, vous faites comme vous l’voul’ mais on vous aura prévenus. Je ne m’inclus pas dans le lot car en revoyant BAMBI aujourd’hui je m’aperçois que ce qui est beau dans tout cela c’est le souvenir de ce film qui a accompagné mon enfance. En fait BAMBI est une œuvre très inconsistante, très belle certes, mais où il ne se passe pas grand-chose. Même si il y a effectivement quelque chose de beau, de terriblement magnifique dans cette simplicité et cette ode à la vie.

J’ai donc entrepris de multiples recherches à travers quasiment tous les dessins animés existants, et je dois avouer que nous sommes de nouveau face à une publicité mensongère. Et des preuves cette fois-ci j’en ai. Je ne prétend pas connaître parfaitement notre Histoire mais j’ai quand même beaucoup de mal à trouver trace de dessins animés du temps de la Révolution Française et encore moins du temps des dinosaures !

S’il vous plaît, imposons-nous des limites pour que nous puissions enfin être libres.

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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