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----- LES ENFANTS DU PARADIS ----- Jeudi 9 octobre 2025, 19h45 |
Ce qu’il y a de bien à la rédac’ de LA LUMIERE VIENT DU FOND, c’est qu’on nous envoie dans tout plein d’endroits en France pour tester les salles des plexes et écrire de beaux articles qui vous donnent envie de vous y rendre. Ou pas. L’autre jour, ils n’avaient plus trop d’idées alors ils ont pointé leur doigt sur une carte et c’est tombé sur Chartres. Il y a pire. Sauf qu’il n’y a qu’un seul plexe à Chartres. Pas possible de choisir. D’habitude j’ai souvent le choix entre le(s) gros complexe(s) de la ville ou un vrai cinéma qui fait encore de la résistance, et j’opte toujours pour le second. Donc, en fait, je n’ai jamais le choix. Disons qu’en temps normal, ce non choix relève de mon libre arbitre, alors qu’aujourd’hui ce non choix m’est imposé. Je préfère le formuler de la sorte.
Alors voilà, à Chartres il y a donc Les enfants du paradis et cela s’arrête là. Donc, vous n’avez pas le choix. Enfin, un peu quand même. Il y a 11 salles, ce qui permet d’avoir des films très variés. La palette va du blockbuster au film d’art et d’essai. Ça mange à tous les râteliers et ça ratisse large, mais si vous cherchez du pointu, m’est avis que Chartres n’est pas la destination idoine. Est-ce que les deux meilleurs films de l’année (LA TOUR DE GLACE de Lucile Hadzihalilovic et PIGEN MED NALEN de Magnus von Horn) ont été programmés aux Enfants du paradis ? J’en doute…
Bref, me voici devant la magnifique façade du plexe. Toute en résine de béton, à cette heure-ci elle est magnifiquement éclairée de lumières rouges. C’est splendide. M’enfin, sinon on ne connaît pas ce plexe, il faut quand même savoir que c’est ici. Aucune enseigne ou néon ne l’annonce, il faut vraiment lui faire face pour le trouver. Petit détail sans importance car aujourd’hui il suffit d’une application pour se déplacer facilement dans n’importe quelle ville.
J’entre et je constate instantanément ce que je supposais : Les enfants du paradis est un plexe qui n’est pas issu des grandes chaînes que nous connaissons (Gaumont, U.G.C…) mais qui les vaut en tous points. Ou presque.
D’abord le lieu est immense. Sur plusieurs niveaux. Il y a quelques personnes mais il donne très nettement l’impression d’être désertique. Les pertes de place sont phénoménales. Quelques fauteuils parsèment le grand hall d’accueil. Plusieurs bornes pour prendre ses tickets aussi. C’est assez froid et impersonnel même si nous y trouvons encore de grandes affiches papier. Notons qu’à l’entrée, au-dessus des portes, elles ont toutes été remplacées par des écrans LED, mais bon, ça, c’est devenu la norme depuis longtemps. A l’intérieur, nous retrouvons des affiches de films que le plexe diffuse actuellement, mais aussi des affiches de films à venir (le prochain Yorgos Lanthimos, par exemple). Ce qui manque vraiment ce sont les affiches de films anciens. Cela crée tout de même une certaine ambiance, mais peine à cacher le côté désertique du lieu.
Bon, tout le cela ne me dit pas ce que je vais voir. Je suis quand même venu pour ça ! Je n’ai absolument rien décidé à l’avance, je m’appuie au comptoir et cherche le film qui fera mon bonheur. J’ai déjà vu le Farhadi et le P.T.A. je n’ai donc plus le choix. Je serais bien allé voir LEFT-HANDED GIRL, mais ils ne le jouent qu’en journée. J’ai encore moins le choix que quand je n’avais pas le choix. Il va pourtant falloir s’arrêter sur un film. Revoir le P.T.A. ? C’est une solution. Mais cela ne fait pas si longtemps que je viens de le voir et j’aimerais encore le laisser infuser un peu avant de le revoir. Ça y est, je sais ! Je ne l’avais pas vu mais il y a une adaptation de Stephen King : THE LONG WALK. C’est un petit péché mignon, j’aime bien les adaptations de Stephen King même quand elles sont foireuses. J’avais lu le bouquin quand j’étais ado, mais je n’avais pas trouvé cela extraordinaire. Je suis très sceptique sur le rendu cinématographique. Encore plus après avoir vu le nom du réalisateur. Qu’à cela ne tienne, j’opte pour ce film, il y aura toujours quelque chose de pertinent à en tirer. Ma décision est prise, mais… Quoi ? Horreur et dame nation !!! Le film est en version française !!! J’étais prêt à m’y vautrer, mais là… Je crois que c’est au-dessus de mes forces. Suis-je vraiment prêt à rompre ce serment fait à une femme de mauvaise vie lors d’une fête foraine de 1996 ? J’ai tenu bon jusque-là, ce n’est pas pour flancher si lamentablement un soir de dépit en plein Chartres illuminé ! Aaaaargh ! J’ai envie de le voir, quand même ! Ou alors le P.T.A. ? Ou un film français : NINO ? Oh, non, pas ça. Je l’avais mis de côté car il annonçait clairement le type même du film à belle histoire, que tout le monde aime parce que, tu comprends, c’est tellement touchant, tellement humain. « Mes couilles en ski au Zénith ! » J’aime bien répondre cela à ce genre d’argument. D’abord, c’est la meilleure réaction à avoir face à quelqu’un qui affiche son snobisme de manière si décomplexée, et ensuite c’est suffisamment vulgaire pour éloigner les déplaisants tout en gardant l’aura d’un être de mesure, au jugement des plus perspicaces.
Je ne peux décemment pas aller voir ce film français ! J’ai encore un peu de dignité et de respect pour moi-même ! La séance du P.T.A. vient de démarrer. Mince ! Mon non choix se resserre de plus en plus. Le Stephen King en V.F. ? Imaginons le pire. Imaginons que derrière un des panneaux publicitaires du plexe, se cache l’un de mes collègues cinéphiles. Imaginons qu’il surgisse brusquement au moment où je tends mon ticket au jeune ouvreur. Je sais que, parmi vous, la plupart pensent que tout cela est absurde, que cela n’arrive jamais, et que je suis ridicule d’imaginer des situations aussi incongrues. Faux ! Archi faux ! Ce genre de situation embarrassante arrive plus souvent qu’on ne le pense. C’est sûr, ce n’est pas « Le film français » qui va mener une enquête là-dessus ! Mais des milliers de cinéphiles sont chaque année pris au piège de la surveillance impromptue d’un collègue qui ne cherche qu’à leur nuire. Moi, je pense constamment à ce genre de déconvenue. Au moins 3 à 4 fois par heure. Cela me permet de toujours éviter l’erreur qui me ferait perdre instantanément cinquante années de légitimité cinéphile. Jamais je n’ai commis d’erreur de V.F, jamais je n’ai commis d’erreur de Louis Garrel, jamais je n’ai commis d’erreur de mangeage de pop-corn, jamais je n’ai commis d’erreur d’oubli de cravate, jamais je n’ai commis d’erreur de discussion en pleine séance, jamais je n’ai connu d’erreur de téléphone portable non éteint, jamais je n’ai commis d’erreur de toussotement ou d’éternuement inopiné, jamais je n’ai commis d’erreur de sortie avant le générique de fin, et cætera. Mais bon, imaginons qu’un collègue surgisse à ce moment où je tends mon billet à l’ouvreur, et qu’il ait le temps d’apercevoir que je me dirige vers une séance en version française, bafouant ainsi toutes les règles de l’étiquette et de la déontologie la plus basique du cinéphile vertueux, eh bien je pourrais prétendre que, par souci d’expertise journalistique, je me risque à voir mon premier film en V.F. depuis 1996, pour constater si le doublage a évolué depuis tout ce temps ou si cette forme d’hérésie s’est engoncée dans sa propre décadence babylonienne. Cet argument se tient, j’en suis persuadé.
Au contraire, c’est le doublage, quel qu’il soit, qui, par définition, ne tient pas. D’ailleurs, je m’interroge encore sur le fait qu’en 2025 on continue à légaliser cette pratique impie. Dire que ces derniers temps les doubleurs manifestent pour que l’intelligence artificielle ne les remplace pas ! Quelle indignité ! Quand on sait comment son faites les séances d’enregistrement aujourd’hui, et le prix qu’ils sont payés pour faire cela ! Quelle double indignité ! Moi, je suis pour l’intelligence artificielle à 100 %. Si elle permet d’améliorer la qualité des doublages de manière significative, alors je ne vois pas pourquoi il faudrait y faire obstacle. Lorsqu’elle sera tout à fait au point, elle pourrait permettre de trouver les bons mots pour que l’expression labiale soit la plus correcte possible ; aujourd’hui on se contrefiche totalement du respect labial alors que c’était une composante majeure des premiers doublages. Elle pourrait se rapprocher au mieux du véritable timbre de voix des acteurs ; là aussi on ne caste quasiment plus les doubleurs en fonction de leurs similitudes vocales. Elle pourrait recontextualiser au plus proche l’environnement sonore ; aujourd’hui on entend des personnes qui se parlent comme si elles étaient enfermées dans un lieu clos, alors que nous voyons bien à l’écran qu’elles sont au plein air ! Elle pourrait proposer instantanément une multitude d’expressions vocales, quitte à améliorer le jeu du comédien à l’écran ; aujourd’hui on ne prend même plus le temps de faire une deuxième prise en séance de doublage ! Bon, j’exagère, certains directeurs de plateau ont quand même cette souplesse, mais ils sont quasiment tous pris par le temps et l’appât du gain. Je le répète : ils sont bien trop payés pour passer leur temps à parler ! Et ils se permettent de manifester leur mécontentement sur les réseaux sociaux sans avancer de véritable argument, si ce n’est par le slogan : « Touche pas à ma V.F. », comprenez par-là : « Touche pas à mes privilèges ». Ils vous font alors vous apitoyer sur la fin du doublage, et après il sera trop tard, et vous n’aurez plus que vos yeux pour pleurer, et vous serez maudits jusqu’à la dix-huitième génération, et si c’est comme ça on va tous fuguer et vous serez bien contents ! Voilà un bel exemple d’une profession qui prône des valeurs de gauche tout en appliquant des valeurs de droite ! Allez, c’est bon, les doubleurs m’ont saoulé, il n’y a aucune raison que je les soutienne, je file voir NINO.
Le film commence et je suis tout heureux d’entendre des voix qui ne sont pas doublées. Mais je vais vite déchanter. NINO n’est ni plus ni moins qu’un film de maladie, autrement dit un film sans mise en scène, qui ne compte que sur l’empathie du public, car le cancer c’est triste et c’est émouvant, et puis c’est très beau l’acceptation de ce jeune homme ! J’ai fait le mauvais non choix. J’avais le choix entre deux mauvais non choix, je ne pouvais que me tromper, et même en sachant cela je ne peux me résoudre à l’accepter.
Revenons plutôt à ce qui nous intéresse dans ce plexe. Il faut savoir se repérer dans ce petit labyrinthe qu’est ce plexe pour trouver la salle 5. C’est une salle tout à fait modeste qui renferme 115 places. Uniquement des strapontins de velours bleu. Un velours usé, qui plisse énormément, se déchire un peu à quelques coins. Les sièges ont souffert. Le revêtement antidérapant des escaliers aussi.
Je choisis un premier siège. Il grince. J’en choisis un deuxième. Le rembourrage a fait son temps, mon coccyx perçoit nettement la partie rigide que la mousse ne protège plus. J’en essaie un troisième. L’assise est plus supportable mais, très vite, je vais me dandiner de droite à gauche à la recherche d’une position acceptable que jamais il ne trouva. Ces sièges sont définitivement H.S. Il serait grand temps que le plexe se décide à les changer. Et passe définitivement au tout V.O.
Soudain, un collègue cinéphile surgit de derrière un dossier de ma rangée. Je le savais ! Je vous l’avais dit que ça arrive ! Je le reconnais. C’est un de mes meilleurs potes, en plus !
- Mais qu’est-ce que tu fais là ?
- Je suis en mission, chargé par le Haut Bureau d’Ethique à la Plus-Value Cinéphile de te surveiller quant à ton choix de film.
- Eh bien, tu vois, j’avais un superbe non choix et j’ai opté pour NINO, histoire de confirmer ce que je pressentais.
- Toujours au top, à ce que je vois.
- Oui. Par contre, pour le siège je n’ai pas trop eu le choix, ils sont tous défoncés.
- Ce n’est pas une question de choix, c’est une question de chance.
- Je ne te suis pas. Il faudrait que tu m’expliques.
- Quand ça ?
- Un de ces jours, n’importe quand.
- OK. Je te laisse le choix dans la date.
- Très bien. On fait comme ça, je préfère. Parce que là je regarde le film, je ne voudrais pas être pris en flagrant délire de discussion en pleine séance… Aaaaaaaaaaaaaargh !!!
Je me réveille. Ouf ! Le paragraphe précédent n’était qu’un rêve. Dormir au cinéma n’est pas une erreur. (Contrairement à dormir dans un train.) Les gens qui dorment au cinéma sont dans le noir, et le noir est nécessaire pour dormir. Une personne qui dort est une personne qui manifeste son bien être, qui nous fait savoir qu’elle se sent bien avec vous, dans cet environnement. Il est donc tout à fait acceptable de dormir au cinéma. Ce qui ne l’est pas c’est ronfler. De toute façon, tous les bruits de spectateurs sont inacceptables au cinéma. Dormir dans un train, ce n’est pas la même chose. Puisque la différence, on vient de le dire, c’est qu’il n’y a pas d’obscurité. Les gens qui dorment dans un train sont impardonnables car ils le font en toute conscience, au vu et à la barbe de tous. Ils n’ont aucune retenue, aucune impudeur. Le fait de dormir effrontément devant tout le monde n’a plus rien à voir avec une manifestation de sérénité. C’est tout le contraire. C’est une démonstration d’égocentrisme et de narcissisme portée à son paroxysme. Dormir en pleine lumière n’est pas anodin. Qui fait cela ? Ceux qui aiment être vus. Parce que la lumière sert à voir. Elle est utilisée au théâtre comme artifice pour éclairer ce que l’on veut montrer. Dormir dans un train est donc un spectacle en soi. Ceux qui dorment se donnent en spectacle. Ils ne cherchent qu’à focaliser l’attention sur eux, ni plus ni moins. Sinon ils iraient dormir dans un cinéma, comme tout le monde. Et c’est donc pour cela qu’ils ne méritent pas la moindre considération. A la différence des comédiens de théâtre qui, eux, se font payer pour avoir de la considération. Si encore ces gens qui dorment dans le train exigeaient qu’on les paie, alors là oui, ils mériteraient une certaine forme de considération. Mais comme nous n’en sommes pas encore là, je les range dans la même panière que les doubleurs.
Nous étions 5 dans cette salle. 5 pour 115 places, si vous avez bien suivi. Eh bien, il y a quand même des vieux qui trouvent le moyen de parler entre eux, comme chez eux devant Netflix. Le correcteur, qui est très âgé, me dit que les vieux n’ont pas Netflix. Je ne sais pas. Je n’ai pas Netflix. Je n’ai pas de vieux non plus. Il faudra que je fasse sur une étude approfondie sur les vieux et leurs habitudes de vieux, la semaine prochaine. Si vous avez l’âge d’être vieux, n’hésitez pas à laisser un message dans les commentaires, pour que je vienne chez vous vous poser des électrodes et vous poser des questions sur votre sexualité. Oui, je suis persuadé qu’avoir Netflix est synonyme de sexualité défaillante.
Bref, les lumières de la salle se rallument pendant le générique de fin comme dans tout bon plexe qui se respecte. Je vais devoir sortir de la salle mais je m’aperçois que j’ai oublié de vous parler de quelques détails qui ont leur importance.
Tiens, on entre dans la salle par le côté droit de l’écran. Donc, le public vous voir arriver et vous installer. Ce qui est amplement détestable. Toujours à cause de cette idée de se donner en spectacle.
Tiens, l’écran est décalé vers la gauche. C’est normal puisqu’on entre par la droite, je viens de le dire, si vous suiviez au lieu de dormir pendant la lecture de cet article ! Ce que je ne peux d’ailleurs pas cautionner, puisque si vous êtes en train de lire, c’est que votre lumière est allumée, et on ne dort pas la lumière allumée !!! Comment de fois devrais-je le répéter ???
Tiens, il y a deux extincteurs sous l’écran. L’un tout à gauche, l’autre tout à droite. C’est manifestement très laid. D’autant plus que, sous l’écran, ils ont glissé une signalétique de deux panneaux. Le premier désigne l’interdiction de fumer. Le deuxième l’interdiction d’utiliser son téléphone portable. C’est tout à fait louable, mais une nouvelle fois tout à fait inacceptable car indéniablement laid. On ne fait pas ça si on a un peu de goût ou de bon sens.
Tiens, le bloc de sécurité qui indique la sortie de secours est placé au-dessus de la porte par laquelle le public entre. Donc, à la droite de l’écran, si vous dormez toujours. Sa luminosité est assez faible et ne bave donc pas sur l’écran. Néanmoins, on ne voit que ça pendant tout le film. On ne fait pas ça non plus, enfin !!! Les gens s’étonnent après de leur mal être, qu’ils sont fatigués, qu’ils n’ont pas le moral, que leur vie est triste, qu’ils n’ont plus de sens à leur travail… Moi, je dis non, il n’y a pas de quoi s’étonner. Si vous n’envoyez que de la violence autour de vous, vous ne recevrez que de la violence. Vous ne voyez peut-être pas le rapport, mais pour moi ça veut dire beaucoup.
Tiens, les bandes annonces durent plus de vingt minutes et nous gratifient de publicités provinciales particulièrement gratinées. J’aime bien. C’est probablement pendant ces vingt minutes que j’ai vu le plus de cinéma.
Tiens, le volume sonore est un peu trop faible à mon goût. C’est peut-être une question de perception ou de violence ou de violence perceptive. Parce que si j’avais opté pour THE LONG WALK en V.F, à niveau égal, je l’aurais sûrement trouvé beaucoup trop fort.
Tiens, le film est si captivant que mon esprit vagabonde toutes les cinq minutes. Je me demande combien mesure cet écran. A vue de museau, j’opte pour 8 mètres sur 3. Mais je n’ai jamais été trop bon en mathématiques. Je me demande si ça se nettoie régulièrement un écran de cette taille. Ça se dépoussière ? C’est lavable en machine ? Y a-t-il des personnes qui s’accrochent dessus pour le nettoyer comme les laveurs de carreaux sur des immeubles ? Vous vous êtes déjà approchés de très près d’un écran ? Avez-vous remarqué qu’ils sont tous constitués de petits trous ? Qui fait ça ? C’est un boulot ça, perceur d’écrans de cinéma ? Et à quoi servent-ils ces trous ? C’est fou ! Cela veut dire qu’il y a une infime partie du film qui est projetée à travers ces trous, et qu’on ne la voit donc pas ! Un bref calcul commutatif de la somme de la longueur et de la largeur ramenées à l’hypoténuse de la surface totale, et j’en conclus qu’on perd 15 % d’un film en tout et pour tout. Je n’ai pas le choix. Je refais le chemin en sens inverse, bien décidé à demander à ce que l’on me rembourse 15 % de mon billet, preuve à l’appui, mais il n’y a plus personne dans ce plexe. Pour le coup, il est vraiment désert. N’importe qui peut voler des paquets de bonbons sans être vu. Pendant ce temps, « Etre une femme » de Michel Sardou résonne dans le vaste hall d’accueil. Décidément, c’est un drôle de lieu. Un lieu qui ressemble à un ancien cinéma de quartier qui se serait développé en multiplexe en cherchant à garder une identité. Mais son unité s’est probablement délitée à chaque changement de direction. La programmation n’est plus lisible. Ils viennent de supprimer le tarif réduit pour les demandeurs d’emploi. La priorité se faisant économique, le hall d’accueil s’est surtout doté d’un inélégant et très imposant comptoir à sucreries. Le petit billet qui nous est délivré cache parfois en son verso une affiche de film. Ici, c’est une publicité pour McDonald’s. Tout est dit.
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- Toutes les salles par ordre de préférence :
- MAX LINDER
- CINEMA DES CINEASTES - Salle 2 - Salle 3
- STUDIO 28
- LE BALZAC - Salle 2 - Salle 3
- LES FAUVETTES - Salle 1 - Salle 2 - Salle 3 - Salle 5
- L'ASTREE - Salle 2
- 7 BATIGNOLLES - Salle Sphera
- L'ARLEQUIN - Salle 1
- FORUM DES IMAGES - Salle 30 - Salle 100 (I, II) - Salle 300 (I, II) - Salle 500
- LOUXOR - Salle 1
- LA CINEMATHEQUE FRANCAISE - Salle Henri Langlois
- ETOILE SAINT-GERMAIN
- LE GRAND REX - Grande salle (I, II) - Salle 4
- KATORZA - Salle 1
- LE CLUB - Salle 2
- ACCATTONE
- LE COLUCHE - Salle 3
- GAUMONT CHAMPS-ELYSEES MARIGNAN - Salle 1
- LES CINEASTES - Salle 2
- ESPACE 1789 - Salle Floréal
- REFLET MEDICIS - Salle 2
- LE NORMANDIE - Salle 2
- 5 CAUMARTIN - Salle 1
- U.G.C. ODEON - Salle 3
- GAUMONT CHAMPS-ELYSEES AMBASSADE - Salle 6
- LES 3 LUXEMBOURG - Salle 1 (I, II, III)
- LES 400 COUPS - Salle 2
- LE CINEMATOGRAPHE
- 7 PARNASSIENS - Salle 1 - Salle 2
- PATHE LA VILLETTE - Salle 14
- PATHE LEVALLOIS - Salle 1 - Salle 2 - Salle 3 - Salle 4 - Salle 6 - Salle 7 (I, II) - Salle 8
- CINEMAS STUDIO - Salle 4
- PATHE PARNASSE - Salle 4 - Salle 11
- LE RUTEBEUF
- MK2 BEAUBOURG - Salle 1
- U.G.C. NORMANDIE - Salle 1 - Salle 4
- MK2 ODEON (COTE SAINT-GERMAIN) - Salle 1
- MK2 BASTILLE (COTE BEAUMARCHAIS) - Salle 2
- LUCERNAIRE - Salle 2
- LINCOLN - Salle 1
- LES ENFANTS DU PARADIS - Salle 5
- LES 4 VIKINGS - Salle 4
- GAUMONT MISTRAL - Salle 5
- STUDIO GALANDE
- MK2 PARNASSE - Salle 2 - Salle 3
- MK2 QUAI DE LOIRE - Salle 3
- U.G.C. CINE CITE PARIS 19 - Salle 6 - Salle 10
- GAUMONT OPERA FRANCAIS - Salle 9 - Salle 10 - Salle 12
- U.G.C. GEORGE V - Salle 9
- GAUMONT OPERA PREMIER - Salle 1 - Salle 2 - Salle 3 - Salle 4 (I, II) - Salle 5 - Salle 6
- PATHE OPERA PREMIER - Salle 1
- GAUMONT OPERA CAPUCINES - Salle 1 - Salle 5 (I, II) - Salle 7
- U.G.C. MONTPARNASSE - Salle 1 - Salle 7
- U.G.C. CINE CITE LES HALLES - Salle 1 - Salle 2 - Salle 3 - Salle 4 - Salle 6 - Salle 7 - Salle 9 - Salle 10 - Salle 11 - Salle 13 - Salle 14 - Salle 21 - Salle 22 - Salle 30 - Salle 31 - Salle 32 - Salle 33 - Salle 34 - Salle 35 - Salle 36 - Salle 37
- GAUMONT PARNASSE (COTE MONTPARNOS) - Salle 18 - Salle 20
- U.G.C. GOBELINS - Salle 3
- PATHE WEPLER - Salle 1 (I, II) - Salle 2 (I, II) - Salle 3 (I, II) - Salle 4 - Salle 5 dite salle Cyril Hanouna - Salle 7 (I, II) - Salle 8 - Salle 9 - Salle 10 (I, II, III) - Salle 11 - Salle 12
- GAUMONT PARNASSE (COTE PARNASSE) - Salle 3 - Salle 4 - Salle 5 - Salle 7 - Salle 9 - Salle 16 - Les plexes en italique sont désormais fermés.
- Toutes les salles par ordre de préférence :





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