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30 septembre 2025 2 30 /09 /septembre /2025 10:10

-----------------  LE CLUB  -----------------
---------------  SALLE 2  ---------------

Dimanche 28 septembre 2025, 20h15
ONE BATTLE AFTER ANOTHER de Paul Thomas Anderson

 

                C’est dans l’étroite rue du Phalanstère que se cache Le Club, un plexe assez chouette qui propose des tarifs plus que compétitifs. Au Pathé Grenoble, non loin de là, dans un décor bien plus anonyme et complètement désenchanté, on peut voir exactement le même film pour deux fois plus cher !
 

Ici, les murs du hall d’accueil sont peints en jaune, et même si la peinture paraît défraichie à certains endroits, là ne réside pas leur principal intérêt. Ils arborent de nombreuses affiches papier, ce qui ne se fait quasiment plus de nos jours, et qui pourtant est gage de convivialité et d’amour du cinéma. Nous y trouvons bien sûr des affiches des films qui sont diffusés dans le plexe, mais pas que. Il y a aussi des affiches de films plus anciens. C’est à ce prix qu’un plexe mérite l’appellation de cinéma (pas que, mais cela fait partie des critères de l’agence mondiale de notation). Un cinéma a une mission de perpétuation, une sorte de devoir de mémoire. C’est le témoignage d’un esprit, d’une lettre, d’un mouvement. C’est un lieu qui se nourrit et nous nourrit du passé cinématographique ou cinéphilique et qui, par conséquent, fait perdurer la complexité de la conception du septième art. Ce faisant, le cinéma permet à cet art de rester vivant. C’est un lieu de vie. Par opposition au plexe qui prône l’effacement (effacement des films ainsi que de l’idée du cinéma dans tout le décorum, effacement de l’expérience cinématographique, et effacement des films qui partagent, quittent l’affiche à un rythme effréné, et s’auto-remplacent machinalement), et qui est donc un lieu de mort. Même en cas d’affluence, un plexe paraît toujours inerte.
 

Au Club, il y a de la vie. Même si nous ne passons qu’un temps très bref dans le hall et à la caisse, le lieu nous marque très vite de son empreinte. L’amour du cinéma est indéniable. La caissière est fort aimable. Humaine, à l’écoute, accueillante, sans cesser d’être professionnelle. J’ai une manière très particulière de tester ces personnes pour savoir où je mets les pieds : je ne prononce jamais le titre du film que je veux voir. J’annonce : « Une place pour le Paul Thomas Anderson, s’il vous plaît. » Dans plusieurs plexes, rien qu’en prononçant cette simple phrase, j’ai vu certaines personnes (dans leur regard) perdre toute la confiance en elle-même qu’elles avaient accumulée depuis leur naissance. On laisse agir 2-3 secondes, et après on peut voir les personnes se craqueler petit à petit, jusqu’à s’effondrer et ne plus faire qu’un tas de sable. Point de cela ici. Avant même que je fasse mine de chercher le titre au plus profond de moi et de finir par faire semblant de m’en souvenir, la caissière a déjà sorti ledit billet de sa machine. Elle nous remet ainsi un petit sésame carré en papier, avec l’affiche d’un film connu au dos. Pour nous, ce sera LE GRAND BLEU. Voilà comment on peut être certain d’être entre de bonnes mains.
 

Pour nous rendre dans la salle 2, nous devons monter quelques escaliers. Il ne nous a pas semblé que cette salle est accessible aux personnes à mobilité réduite. Mais ne blâmons pas à tort Le Club qui propose pas mal de séances pour les personnes à mobilité réduite, de séances en audiodescription, et de séances sous-titrées pour sourds et malentendants.
 

Qu’à cela ne tienne, ce petit tour dans les escaliers nous permet de remarquer que le lieu est plutôt soigné. Pas de pop-corn ni de papiers gras qui jonchent le sol. Et pourtant nous sommes en fin de journée. A moins… A moins… que cet endroit ne soit que très peu fréquenté.
 

A peine avons-nous ouvert la porte que nous sommes fixés : la salle de 116 places est à moitié pleine. Le public préfère le fond. Les premiers rangs sont libres. Nous nous installons au deuxième. Ce qui n’est pas trop près, même si l’écran est de bonne dimension. C’est même sûrement un emplacement plus agréable qu’au fond. Il s’agit d’un écran incurvé. Parenthèse écran incurvé. Qu’est-ce qu’un écran incurvé ? Tout simplement une coquetterie dont nous peinons encore à comprendre l’intérêt. L’écran incurvé n’a aucune utilité. Aucune ! En tout cas, dans une salle tout en longueur comme ici. Pire, il déforme la perspective et soustrait une partie du film en son centre haut et en son centre bas. L’écran incurvé est une fumisterie, une hérésie, une imposture marketing.
 

Même si les fauteuils sont des strapontins, ils sont d’un confort incomparable. 2 heures 45 sans éprouver la moindre difficulté, sans se tordre dans tous les sens à la recherche de la bonne position. C’est simple, une fois installé, on ne bouge quasiment plus. Très honnêtement, je crois que c’est la première fois que nous nous sentons aussi bien assis dans un cinéma.
 

En revanche, le sol en linoleum est un peu crasseux et mériterait un bon nettoyage.
 

Niveau technique, c’est assez propre. La projection nous offre une très belle image mais qui manque de contraste. Les noirs blanchissent un peu trop (je sais bien que c’est le fléau de nos salles modernes). Le volume, lui, mériterait bien d’être poussé quelque peu. Les basses aussi.
 

A part ça, notre plus grande satisfaction vient du bloc lumineux qui indique la sortie. Il est éteint ! Totalement. Comme quoi, c’est possible. Il se trouve sur la droite de l’écran, et il est vrai que s’il diffusait de la lumière, il exploserait inévitablement sur l’écran. Ils l’ont donc désactivé et là je dis un grand bravo ! Étrangement, un rayon lumineux provient de la porte de sortie, dans le renforcement que surplombe le bloc. Ce rayon tape légèrement sur le côté droit de l’écran. Cela se distingue nettement dans les moments les plus sombres du film. Cela ne gêne pas la vision du film de manière significative, mais quand même. Avoir réussi à éradiquer la lumière du bloc de sécurité pour voir un sale rayon lumineux baver sur l’écran… Il y a de quoi enrager.
 

A la fin du film, les lumières de la salle mettent un bon moment avant de se rallumer. C’est un compromis qui peut encore s’excuser, l’idéal étant de ne les rallumer qu’à la toute fin. Mais bon, nous avons appris une chose, ce soir : une bataille après l’autre.
 

En revanche, le couloir de sortie est glauquissime (il est interdit de sortir par où nous sommes entrés). Effectivement, les murs en ciment sont sinistres au possible et les marches sont maculées de papiers divers et variés. Visiblement, personne ne s’occupe de nettoyer cet endroit. (J’ai remarqué que c’est souvent en province qu’on néglige les sorties.) C’est le talon d’Achille du Club, un lieu pourtant très recommandable.

 


 

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