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26 mars 2022 6 26 /03 /mars /2022 16:31

------------  PATHE WEPLER  ------------
----------------  SALLE 4  ----------------

Jeudi 25 mars 2022, 19h30
AMBULANCE de Michael Bay

 

Tiens, tiens, une salle du Pathé Wepler dans laquelle nous n’avions jamais mis le bout du museau ! Alors, bien sûr, cela fait toujours un peu peur, mais il faut savoir rester honnête et passer outre l’image désastreuse que véhicule ce plexe. Cent fois remettre son ouvrage sur le métier, cent fois tourner sept fois sa langue dans sa bouche, cent fois balayer devant sa porte et cent fois ne pas oublier de mettre les miettes sous le tapis, et surtout cent fois reprendre comme si c’était la première fois que nous pénétrions dans le même plexe. Un sacerdoce, vous l’avez dit, mais que ne ferions-nous pas pour vous contenter, vous qui aimez les jeux, le cirque, les jeux du cirque, et surtout le goût du sang ?
 

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le Pathé Wepler fait des efforts. Les employés arpentent les couloirs avec leur balayette et force est de constater que les sols sont plus propres qu’ils ne l’ont jamais été. Nous avons beau inspecter les moindres recoins, pas un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau à détecter ! Malgré tous ces beaux efforts, certaines taches incrustées sur la moquette semblent ne jamais vouloir partir, et ce côté crasseux casse l’élégance du décorum luxueux de ce plexe. Dans la salle 4, c’est à peu de choses près la même félibrée. Evidemment, si nous nous approchons d’un peu trop près où que nous regardons au pied des fauteuils, la poussière n’est pas faite avec précision, mais l’ensemble reste tout à fait correct. Ça ne sent pas le pin des Landes, mais ça donne l’impression d’être propre, c’est déjà beaucoup. Probablement que la lumière tamisée n’y est pas pour rien.
 

Ici, de vrais fauteuils nous attendent dans cette salle plutôt grande. Elle accueille quasiment 250 places. Certaines rangées bénéficient de fauteuils doubles, pour ceux qui aiment bien se toucher pendant les films (nous ne voyons pas d’autre explication à la présence de ce mobilier, surtout que leur apparition date précisément de la fermeture des derniers cinémas pornographiques parisiens).
 

Confort relatif. Il y a de l’espace mais la mousse peut manquer d’enveloppant. Peut-être que c’est en comparaison des fauteuils de L’Astrée à Chambéry (dernier plexe visité) que nous remarquons cela. D’habitude, nous sommes plutôt bien installés au Pathé Wepler.
 

Le dossier remonte suffisamment haut. Quelques miettes sur les fauteuils. Des accoudoirs en mousse un peu trop molle. La salle est conventionnelle, semblable à beaucoup d’autres.
 

Au milieu de l’écran, une griffure apparaît nettement. Alors, pour un film comme AMBULANCE, cela se remarque à peine puisque la caméra est en épilepsie constante, mais je serais curieux de voir ici un film de facture plus classique (donc plus moderne, comme dirait Jean-Luc). Il me semble que ce détail se remarque plus que de raison. En tout cas, c’est tout à fait inadmissible pour un plexe qui prétend à un certain standing. Et ce n’est pas tout puisque cet écran a été très mal tendu et se retrouve plissé au bas de son coin.
 

La projection débute et nous remarquons très vite que le cadre ne remplit pas tout l’écran. L’image va bien jusqu’en bas, mais en haut et sur les deux côtés, elle est entourée de petites bandes noires. Etrange paramétrage.
 

L’image est probablement en 4K, très belle, beau contraste, beau piqué. Le son pourrait manquer de profondeur, mais c’est difficile à juger avec un film aussi monotone où tout a la même valeur, où la piste sonore est chargée en permanence. Tout cela n’est qu’une grosse bouillie mais, au moins, le volume est suffisamment bien calibré pour ne pas être en saturation constante, tout en gardant une puissance de feu nécessaire à l’action qui déferle, ou plutôt qui se déverse.
 

Et puis, il y a le public du Pathé Wepler… Un blockbuster au Pathé Wepler en première partie de soirée, c’était couru d’avance ! Nous avons beau le savoir, c’est parfois difficile de s’habituer. Ici, c’est souvent la cour des miracles. Vous ai-je déjà mentionné ce couple de jeunes déjà vieux qui étaient venus en avance et qui pique-niquait à base notamment de toasts de pâté de campagne, pendant les bandes-annonces ?
 

Aujourd’hui, nous sommes entourés de jeunes qui donnent un concert son et lumières improvisé. D’un côté, le bruit de ceux qui plongent leur corps dans des seaux de popcorn, font des bruits de bouche monstrueux, et de l’autre, ceux qui se free-fightent avec des sachets de bonbons qui ne veulent pas s’ouvrir. Et quand on leur en fait la remarque, ils ne trouvent rien de mieux que de répondre : « J’y peut rien, c’pa ma fote, y’a marké ouverture fassile ! » Enfin, un peu devant, un autre énergumène montre je ne sais trop quoi sur son téléphone portable à sa copine, faisant ainsi plus de lumière dans la salle que le bloc de sécurité qui indique la sortie, sur le mur de droite. Au moins, il n’est pas placé à côté de l’écran, mais ce soir-là nous n’étions plus à cela près !
 

Sans surprise, les lumières se rallument dès le générique de fin. Impossible de repasser par la porte d’entrée : un cordon de sécurité bloque l’accès, et comme si cela ne suffisait pas une employée attend devant (avec son sac poubelle ; la classe du Pathé Wepler !)
 

Au moins la sortie ne se fait pas dans un petit hall dépressif aux murs cimentés. Ici, l’espace est pensé, peint, orné de quelques affiches, et bénéficie même de toilettes.
 

En rentrant en scooter, nous passons devant l’Atlas, à Pigalle. Il me semblait que les cinémas pornographiques étaient tous fermés dans Paris. Eh bien, non, il en reste un ! Je passe souvent par ici et je n’avais pourtant jamais remarqué. Je me dis qu’il va falloir que j’y aille un de ces jours, pour vous en rendre compte. Quel sacerdoce !

 


 

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