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8 novembre 2021 1 08 /11 /novembre /2021 19:50

GAUMONT PARNASSE
(COTE PARNASSE)
---------------  SALLE 7  ---------------

Dimanche 8 novembre 2021, 19h45
HYTTI NRO 6 de Juho Kuosmanen

 

Force est de constater qu’avec les plexes qui sentent le vieux, nous pouvons profiter des quelques reliques que le nouveau monde n’a pas réussi à améliorer. Ainsi, le Gaumont Parnasse (côté Parnasse) (situé au 3 rue d’Odessa, je vous rappelle que ce plexe est constitué de deux autres bâtiments) arbore toujours des affiches en version papier sur sa devanture. Loin de moi l’idée de propager la légende du « C’était mieux avant », il n’y a pas un avant et un après, les évolutions des plexes ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles sont toujours différentes et puis c’est tout. Et si nous devions faire une juste comparaison il y aurait du pour et du contre. On peut effectivement préférer ne plus entendre le bruit de la pellicule qui défile en cabine ou applaudir la possibilité de ne plus avoir une demi-heure d’attente quand on prend son billet en ligne, en revanche on ne peut pas s’extasier sur les écrans LED qui remplacent les affiches. L’écran est agressif par sa trop forte luminosité, par la place qu’il prend, par sa multiplication (je n’ai jamais vu un plexe avec un seul écran), et puis surtout, surtout, l’écran LED est laid et froid. L’affiche papier est chaleureuse et ne dénature par les couleurs. Tout semble plus naturel sur l’affiche papier. Elle apaise le regard là où l’écran le stresse. L’affiche rend bien la texture, l’écran la lisse. Ce n’est définitivement pas un progrès.
 

Alors même si, au Gaumont Parnasse (côté Parnasse), il ne s’agit pas d’affiches en très grand format, c’est quand même assez chouette d’en profiter, d’avoir un avant-goût de ce que nous offre le film. Et puis, l’avantage dont quasiment plus personne ne profite aujourd’hui, c’est de pouvoir choisir son film sur le parvis du plexe. Quel luxe de pouvoir choisir en regardant les affiches ! Aller au cinéma ne devrait pas se faire par choix. D’ailleurs, je ne pense pas que la majorité des personnes choisissent mais plutôt qu’on les conditionne pour aller voir tel ou tel film. Mais c’est un autre débat. Bref, quoi qu’il en soit, on ne doit pas choisir un film. D’abord, c’est le meilleur moyen d’être déçu. A la limite, on peut choisir uniquement sur le nom du réalisateur, mais là encore ce n’est pas un gage absolu. Alors, le mieux c’est de laisser faire le hasard (oui, c’est le film qui doit vous choisir !). Vous aurez autant de chances de tomber sur un bon ou un mauvais film, mais au moins vous ferez preuve d’un peu de sens de la découverte. Qui plus est, vous irez voir des films que vous pensiez ne jamais aller voir et vous constaterez que certains biais inconscients vous font mettre tout un pan du cinéma de côté alors qu’il mérite bien qu’on s’y attarde. Bien sûr, tout cela s’accompagne d’une nécessité de ne pas se cantonner au même plexe le plus proche de chez vous !
 

Je sais très bien ce que vous allez dire, je sais que tout cela est trop avant-gardiste, alors pour les moins téméraires d’entre vous, voilà en quoi une affiche peut vous aider. Pour réduire au minimum l’effet loterie, ne choisissez pas un film sur le nom d’un comédien ou d’une comédienne. Laissez-vous plutôt aborder par les affiches, par l’ambiance qu’elles dégagent, la poésie qui en émane, le mystère qui peut s’y lire etc. Voilà qui peut être un magnifique élément de décision. Et pareil pour le choix d’un plexe : sa devanture, sa position géographique, son architecture, sa décoration, sa faune etc.
 

Après ces quelques considérations d’ordre essentiel, revenons-en à ce qui nous occupe : le Gaumont Parnasse (côté Parnasse). Plexe parmi les plus horribles, s’il en est. Supplice pour cinéphiles. Délire pictural et architectural. Punition infernale pour personnes respectueuses des règles d’hygiène. Regardons de plus près à quel point tous ces titres-là ne sont pas usurpés.
 

Nous avons rendez-vous aujourd’hui dans la salle 7. Du hall (défiguré par les nombreux cordons de parcage), en passant par le contrôle des billets, puis l’escalator descendant et enfin l’espace qui regroupe le réseau des salles 5, 6 et 7, tout notre parcours nous rappelle combien ce plexe est sale, mal entretenu et peu nettoyé. A priori le Festival du popcorn a démarré aujourd’hui et dans ce plexe. Il y en a un peu partout. Alors, bien sûr, en tant que directeur de plexe (et je sais qu’il y en a qui lisent ces pages), vous me direz qu’on ne peut pas poster une personne derrière chaque spectateur qui laisse tomber du popcorn. Ce n’est pas un argument. C’est même pire : c’est un très mauvais argument. Le Gaumont Parnasse (côté Parnasse) fait la part belle aux jeunes (encore ce soir), il convient donc d’apporter un soin tout particulier au nettoyage constant des sols. Et d’abord, pourquoi cette moquette ? Il n’y a rien qui se voit plus que du popcorn blanc sur une moquette noire avec des fleurs rouges à l’effigie de Gaumont. Alors, évidemment, ce ne serait pas raisonnable de fliquer tous les spectateurs munis d’un seau de popcorn, mais de là à ne rien faire… En tout cas, c’est l’impression que nous avons : que personne ne s’occupe de nettoyer le lieu. Probablement que ce n’est pas le cas et qu’une fois dans la journée, un membre du personnel s’occupe de rendre l’endroit un peu moins sale. Et encore ! S’il a le temps ! Car le problème vient de là, il faudrait au minimum une personne payée pour nettoyer le plexe à longueur de journée. Il me semble que cela se fait à l’U.G.C. Ciné Cité Les Halles. C’est si compliqué de ramasser un popcorn écrasé par terre ? Pourquoi les dirigeants laissent faire et trouvent cela normal ? Personnellement, je ne mange pas de popcorn, mais si je devais en trouver un sur mon plancher, ce serait la poubelle direct. Et j’ose espérer que vous feriez pareil chez vous. Manifestement, tout nous pousse à croire que les directeurs de salle ne sont que des gros dégueulasses.
 

En tout cas, celui du Gaumont Parnasse (côté Parnasse) me paraît clairement louche. Un petit passage aux toilettes permet d’en être indubitablement convaincu. Vous vous souvenez des pires toilettes d’Irlande dans TRAINSPOTTING ? Bon, c’est exagéré, d’accord, mais c’est clairement les pires toilettes d’un plexe que je n’ai jamais vues. Quelle horreur ! On se croirait au sous-sol d’un restau-bar-night-club tenu par des rednecks sans humour dans la vallée de la Meuse. La misère à l’état brut. Le manque de rêve. La tristesse la plus totale. Toute est sale, poisseux, délabré. Une toilette est inutilisable, le carrelage est défoncé, la cuvette en décalage complet, du papier toilette sur le sol, des flaques d’eau à divers endroits, de la mousse sous le distributeur de savon, de la crasse, de la moisissure, rien n’est propre, tout marche mal, même la lumière est hostile, c’est un cauchemar. On sort de là plus sale qu’on y est entré. On se sent perverti, souillé, humilié. Et puis il faut arrêter avec ces feuilles de service signées toutes les heures par les employés. Non, ce n’est pas vrai que tout est OK. Non, ce n’est pas vrai qu’ils ont fait le nécessaire. Non, ce n’est pas vrai que ces toilettes sont fonctionnelles. Non, ça, ce n’est pas du bon boulot et ce n’est pas digne d’un lieu qui accueille du public. Pourtant la solution est toute simple. C’est celle que je ferai passer lorsque je serai élu à la tête de la Fédération Nationale des Plexes Français. Si les spectateurs ne prennent pas leurs responsabilités et ne ramassent pas le popcorn qu’ils font tomber, alors, nous l’avons dit, il faut employer quelqu’un qui le fera. Eh bien là, c’est pareil. Si aucun employé ne prend soin de proposer des toilettes convenables aux utilisateurs, alors ce sont ces derniers qui doivent le faire. Je propose qu’ils prennent des photos de ce qui ne va pas, de tout ce qui est à nettoyer ou à améliorer, et en scannant un QR code placé dans ces toilettes, les photos parviendraient automatiquement à l’accueil du plexe, ainsi qu’à la Direction Générale de la répression des fraudes et sa Commission de sécurité. Si aucun effort n’est fait, on ferme le lieu pour infraction aux normes sanitaires. J’ai comme dans l’idée que, très vite, nous préfèrerions voir les films dans ces toilettes que dans les salles.
 

Et justement, quid de la salle 7 ?
 

Eh bien, elle est plutôt charmante dans la façon dont elle est agencée. 3 longues rangées de fauteuils (des strapontins, en fait), un espace pour passer d’un bout à l’autre de la salle, puis encore quelques rangées de fauteuils et basta. 87 places assises pour une salle accueillante (entrée par le fond gauche), un peu en arc de cercle, à dimension humaine même si l’ouverture de l’écran paraît grande (en vérité il ne fait que 7 mètres 50 de long ce qui n’est déjà pas si mal).
 

Le confort est spartiate. Mauvaise assise des sièges. Pas de dossier suffisamment haut pour appuyer la tête. Velours un peu rugueux. La moquette ne semble pas si fatiguée que cela et pourrait même faite bonne figure avec un bon coup d’aspirateur.
 

L’écran a un énorme problème. En bas, sur toute sa longueur, il est déformé par de nombreux pics saillants. Il a sans doute été mal tendu et nous avons maintenant l’impression que des formes pointues forcent l’écran par-derrière. C’est un phénomène que nous avons déjà vu à plusieurs reprises, peu importe les plexes. Il doit y avoir une explication évidente, mais elle ne saute pas aux yeux. En tout cas, à l’heure où l’on nous offre des conditions de projection optimales, c’est inadmissible de voir encore cela, surtout dans une chaîne comme Gaumont.
 

Le petit bloc lumineux qui va bien est toujours présent. Il indique la sortie de secours à gauche de l’écran et casse une bonne partie de l’obscurité de la salle.
 

Pourquoi, cette fois-ci, avons-nous été autant interpellés par le manque de profondeur des noirs sur l’écran ? Je ne sais pas trop. Peut-être à cause des multiples scènes qui se passent la nuit ou dans la pénombre. En tout cas, c’est vrai que ce problème n’est pas près d’être résolu, mais nous pourrions faire cette remarque pour tous les plexes. C’est d’une constance telle que cela en devient une banalité. Ce qui est certain, et puisque nous en parlions précédemment, c’est que, sur ce point, la technologie n'a permis qu’une régression.
 

La luminosité est un peu faiblarde, mais ça passe. Le volume sonore, lui, est nettement en-dessous. Mauvais point.
 

Evidemment, nous ne coupons pas aux lumières qui se rallument un peu brutalement pendant le générique de fin. Et nous voilà tout contents de quitter un lieu dont le but premier devrait être tout l’inverse.

 


 

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