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26 octobre 2021 2 26 /10 /octobre /2021 18:50

GAUMONT PARNASSE
(COTE MONTPARNOS)
---------------  SALLE 18  ---------------

Lundi 25 octobre 2021, 19h45
PLEASURE de Ninja Thyberg

 

Retour dans ce Gaumont Parnasse éclaté dans 3 bâtiments du côté du quartier Montparnasse. Cela s’explique par le rachat d’anciens plexes par Gaumont. Mais au lieu d’en faire des plexes distincts, Gaumont a choisi de tous les regrouper sous le nom de Gaumont Parnasse. Même si cela reste compréhensible pour les deux bâtiments qui se côtoient rue d’Odessa et rue du départ, ça l’est moins pour celui dans lequel nous nous rendons aujourd’hui et qui se trouve quelques mètres plus loin dans la rue d’Odessa. Evidemment, la première chose qui vient à l’esprit est le cas quotidien de personnes qui doivent se tromper de bâtiment. Et c’est au personnel de faire preuve d’une courtoisie et d’une amabilité de bon aloi pour rediriger ces étourdis. Car le personnel des plexes est quasiment tout le temps très sympathique. Mais n’allez pas croire qu’il existe des profils spécifiques et que tout le monde ne peut pas travailler dans un plexe. Non. Le fait est qu’ils sont payés pour ça, tout soumis qu’ils sont à la fameuse philosophie du S.B.A.M. Qui s’arrête cependant à S.B. dans tous les plexes.

Ici nous sommes au Gaumont Parnasse (côté Montparnos) et l’accueil est agréable comme il se doit. Le jeune homme qui contrôle nos passes sanitaires ne manque pas de conversation et d’humour. Accueillant et patient. Il ne manque pas de préciser le chemin à prendre pour rejoindre la salle (pour la 1506ème fois de la journée).
 

Le hall est assez étroit, découpé par d’ignobles cordons de sécurité qui ne servent à rien, et surtout pas à sécuriser quoi que ce soit. Ensuite il faut descendre quelques marches pour atteindre un premier palier où se trouvent les toilettes. Niveau sans intérêt. Ecrans LED de tous les côtés qui dégueulent leur propagande. Petit espace avec tabourets pour combler la perte d’espace. Les toilettes sont plutôt propres. Ce qui n’est pas le cas des couloirs dans lesquels nous déambulons. La moquette est défraîchie et jonchée de popcorn. Nous avons l’impression que personne n’a fait de nettoyage de toute la journée.
 

L’ensemble du plexe est bardé de couleurs criardes sans goût, et surtout il ne nous parle absolument pas de cinéma. Encore un plexe qui ne nous raconte absolument rien, qui n’a aucune histoire et qui se contente d’être un minimum accueillant, comprendre par-là qu’il ne heurte aucune sensibilité (donc il heurte la mienne).
 

Le problème aujourd’hui avec la majorité des plexes, c’est le manque criant d’âme. Ils se refusent d’être les carrefours des passions cinématographiques. Aucune convivialité, aucun charme, aucune personnalité, aucun amour du cinéma. Ils ne sont organisés que pour devenir des lieux de consommation. Plus de rencontre, plus de découverte, plus de lien social. Quelques-uns, très minoritaires, continuent de faire de la résistance en proposant une autre identité. Déplacez-vous au Studio 28 si vous ne le connaissez pas, vous verrez en quoi consiste un lieu chargé d’une histoire. On ne peut qu’être touché, parce qu’une histoire c’est avant tout un prolongement. Allez au Balzac pour voir comment l’approche cinématographique devient une confluence là où les événements savent encore tisser une culture commune. Jetez un œil à la programmation du Méliès à Montreuil, à la façon dont son agencement est tout autre que de la décoration, à sa politique tarifaire etc. Ils sont encore quelques-uns face aux ogres qui ignorent toute ces qualités qui contribuent à fabriquer le cinéma en dehors des films. Ces ogres qui n’ont rien de tout cela doivent essayer de masquer leur vacuité par une architecture labellisée « luxe », des qualités de projection dernier cri ou encore des salles dotées des dernières innovations technologiques qui en font de véritables parcs d’attraction. Et puis, il y a les plexes qui n’ont ni l’un ni l’autre, comme le Gaumont Parnasse (côté Montparnos). Un plexe qui sent le vieux, qui ne fait aucun effort pour nous plaire. Dans ce cas-là, je ne vois pas pourquoi le spectateur ferait le moindre effort pour s’y déplacer. Non, moi ce n’est pas pareil. Moi, c’est mon boulot d’en rendre compte ici !
 

Alors comme il faut bien parler de la salle 18, voyons un peu ce que nous y trouvons à l’intérieur.
 

Salle assez petite. 58 strapontins. 7 rangées. Confort minimal. Dénivelé un peu léger. Obligation de choisir sa place à l’achat des billets. Blocs lumineux de sécurité trop voyants. L’entrée se fait sur le milieu du côté gauche de la salle. Au-dessus trône le premier bloc. Au cas où nous ne nous souvenions plus par où nous sommes entrés. Le problème c’est que si vous n’êtes pas dans les premiers rangs, sa luminosité vous gêne pendant tout le film. Quand au second bloc, il se situe en bas à droite de l’écran, et indique la sortie de secours. Idem pour lui, impossible d’occulter sa présence. Cependant, il est une chose qui le concerne et que je n’avais jamais vue jusqu’à présent. Sur son côté commun avec l’écran, ils lui ont mis un cache noir pour éviter que sa lumière ne vienne taper directement sur l’écran. Ce n’est pas très beau, mais c’est très efficace. Et je me demande bien pourquoi ce n’est pas une pratique courante tellement ces lumières qui viennent aveugler les écrans sont légion !
 

A part ça, pas de folies en ce qui concerne l’aspect vidéo et l’aspect sonore. C’est convenable et c’est bien le minimum que nous puissions exiger.
 

Dernière petite chose à noter : sur le côté droit de la salle, toutes les rangées finissent contre un mur. Si bien qu’une personne placée ici et désirant s’en aller est obligée d'importuner toute la rangée pour sortir. Bravo l’architecte !
 

Enfin, les lumières se rallument avant la fin du générique, ce qui ne nous étonne même plus !
 

Pour résumer ce que nous avons appris aujourd’hui, je dirais : oui, il n’y a rien d’aberrant d’exiger un minimum de beauté d’une salle de cinéma, un minimum de chaleur, un minimum de poésie. Le Studio 28 (encore !) n’est-il pas autre chose qu’un poème ? Au Gaumont Parnasse (côté Montparnos), c’est la lose totale. Un plexe lambda. Qui n’évoque rien. Un goût d’eau du robinet. Une expérience insipide.

 


 

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