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24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 00:25

GAUMONT PARNASSE
(COTE PARNASSE)
---------------  SALLE 16  ---------------

Mercredi 22 septembre 2021, 21h30
METRI SHESH VA NIM de Saeed Roustayi

 

Le Gaumont Parnasse (côté Parnasse) est une ruine, un vestige d’un autre temps, celui où les salles ne se rénovaient pas, où le confort des sièges importait peu, où l’usure faisait office de charme décoratif et où personne n’était trop regardant sur la qualité de la projection pour autant que le film soit visible et audible. Vous l’aurez compris, aller au Gaumont Parnasse (côté Parnasse) c’est faire un saut magistral dans le passé. J’ai moi-même connu ces salles biscornues, décrépies, aux couleurs fanées, et qui sentaient la vieille cigarette. S’il est question d’un quelconque relent nostalgique, cela n’a pourtant rien à voir avec ce que l’on nomme « le charme d’antan ». C’est un plexe vieux, mal en point et pas du tout agréable.

Notons d’abord que le Gaumont Parnasse regroupe plusieurs adresses. Sa devanture la plus proéminente se situe au 3 rue d’Odessa. Il s'appelle le Gaumont Parnasse (côté Parnasse). C’est ici qu’on trouve la majorité de ses salles. Et puis, il est aussi situé au 3 rue du départ, juste à côté (puisqu’il fait l’angle de la rue) sans que l’un ne communique avec l’autre. Un peu à l’image du Pathé Wepler et ses deux bâtiments pourtant concomitants qui ne se réunissent jamais. Il prend alors le nom de Gaumont Parnasse (côté Miramar).
 

Le Gaumont Parnasse a aussi une autre adresse au 16 rue d’Odessa, environ 100 mètres plus loin donc, mais nous en reparlerons ultérieurement. Ici, il devient le Gaumont Parnasse (côté Montparnos).
 

De prime abord, le Gaumont Parnasse (côté Parnasse) ne laisse pas paraître grand-chose de sa décrépitude. D’ailleurs, le hall, lui, est équivalent à ceux des autres plexes parisiens. S’il est tout ce qu’il y a de plus contemporain, la désuétude touche surtout les salles obscures. Hall étriqué, personnel au minimum syndical de l’amabilité, pas bavarde pour deux euros la caissière, déco sans intérêt, parcage abrutissant, billets comme des tickets de caisse de supermarché, évidence des gourmandises qui donnent la carie dentaire etc. Zéro chaleur, zéro convivialité, zéro charme, zéro cinéma.
 

La séance précédente n’est pas tout à fait terminée. Il nous faut patienter debout avant que la caissière ne vienne nous avertir. Et puis c’est la montée des marches. Le sol n’est pas très propre. Tiens, un billet d’entrée que quelqu’un(e) a laissé choir par terre. Et encore des marches à monter. Un couloir étroit. Une porte lourde et ancienne à pousser. Et nous voilà arrivés dans une salle de 64 places tout en longueur. Que c’est poussiéreux ! Au mur, la moquette gondole. Au sol, elle est maculée de taches, imprégnée de petits bouts ou morceaux d’on ne sait trop quoi. Elimée, elle fait deux fois son temps. Eclairage trop directif sur un côté, quasiment évanescent de l’autre. Cette salle forme une sorte de cuvette : l’avant et l’arrière sont légèrement surélevés. Même si l’écran est en hauteur, la vision semble un peu difficile pour les spectateurs du milieu qui se retrouvent avec une grande tête devant eux.
 

Les strapontins sont assez rigides et ne proposent pas un réel confort. Pas assez moelleux. Fermes mais sans forme. Tiens, un fauteuil est cassé. Si on s’attarde sur le sol en regardant entre les rangées, c’est assez dégoûtant. Comment ce lieu n’a-t-il pas encore été rénové alors que, depuis quelques années, les plexes misent de plus en plus sur la qualité des salles et des écrans ? Y a-t-il seulement une personne qui s’occupe régulièrement d’un semblant de ménage dans cette salle ? Un indice en bas de votre écran…
 

Niveau projection, ce n’est guère mieux. Pendant les bandes-annonces, l’écran est flou. Surtout la partie basse. Les inscriptions ne sont pas illisibles mais un flou demeure. C’est à ce genre de détail qu’on se remémore l’importance du projectionniste ! Les bandes-annonces n’occupent pas l’écran en entier. Même chose pour le film, mais heureusement le flou a disparu comme par magie ! En fait, les coins du haut sont obstrués. Par quoi ? On ne saurait trop le dire, mais ce qui est certain c’est qu’ils sont ombragés. Aussi, pour ne pas que l’image tape en plein dedans, ils l’ont rétrécie, ce qui a pour conséquence de faire apparaître une petite bande noire sur la partie haute (et pas en bas !)
 

Tiens, des personnes en retard pénètrent dans la salle juste après le générique de début. Juste ce qu’il faut pour s’apercevoir que la porte d’entrée (vers le fond de la salle) est très mal placée. En s’ouvrant, cette porte laisse passer la lumière du couloir, qui vient envahir l’écran et dissout l’image qui y est projetée. Bien vu, les artistes !
 

Evidemment, un petit bloc lumineux fait son office sur la droite de l’écran. Et la lumière se rallume sur le générique de fin. Rien ne nous sera épargné.
 

La qualité de projection est juste satisfaisante. Probablement du 2K. Pas plus. Le son est un peu plat, mais c’est passable.
 

Sachez qu’au premier rang on est très bien placé. On y a l’impression d’avoir droit à une séance privée. Et on peut allonger les jambes !
 

Une dizaine de personnes avaient pris part à cette séance. Une audience discrète, disciplinée, silencieuse. Pour partir il faut revenir sur nos pas. Tiens, le même billet que nous avions croisé sur le sol avant d’entrer est exactement au même endroit, deux heures et demie plus tard ! C’est donc que rien ne bouge dans ce Gaumont Parnasse (côté Parnasse). Quelle momie ! Je ne le dis pas souvent, mais ce plexe est absolument à éviter.

 


 

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