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5 juillet 2021 1 05 /07 /juillet /2021 13:14

---------  PATHE LEVALLOIS  ---------
---------------  SALLE 8  ---------------

Dimanche 4 juillet 2021, 18h10
LES 2 ALFRED de Bruno Podalydès
Dimanche 4 juillet 2021, 20h15
THE DEEP HOUSE d'Alexandre Bustillo et Julien Maury

 

Aujourd’hui, c’est double programme ! Cela me rappellera les journées où je séchais la fac pour aller resquiller et m’enfermer dans le C.G.R. de Bordeaux. Le compte n’y est pas mais deux films c’est déjà mieux que rien. Et puis, de toute façon, pour rien au monde je ne voudrais revivre ces années-là.
 

Ça commence mal. Enfin non, ça commence bien. Le majestueux écran lumineux qui s’étale sur la devanture du magasin est éteint. Mais secrètement j’espère qu’il est cassé. Du coup, le plexe ressemble encore moins à un cinéma. Si ce n’était le gros estampillage Pathé, n’importe quel passant pourrait prendre ce bloc de béton posé là pour une énième boutique comme celles qui pullulent à l’intérieur du multipôle So Ouest situé juste en face. La magie du cinéma n’existe plus. Sa transparence est l’acte le plus manifeste de sa banalité. La façon dont le festival de Cannes se dandine pour essayer de continuer à faire vivre cette illusion, rend l’affaire encore plus pathétique.
 

Devant le plexe, des gamins s’amusent sur la place avec les jets d’eau qui apparaissent et disparaissent aussi instantanément. Ils sont trempés et heureux de l’être. A l’intérieur, il faut patienter pour pouvoir participer à l’attraction. Le hall est pourtant immense mais la file d’attente s’étend presqu’à l’entrée. Ces adultes attendent sagement d’avancer jusqu’à la caisse pour pouvoir prendre leur billet. C’est vrai, c’est la fête du cinéma ! Les imprudents n’ont pas pensé à réserver en ligne. Armés de notre billet digital nous passons devant tout le monde. Histoire de sourire en coin en constatant que Monsieur Pathé préfère laisser les autres caisses fermées, et faire rager sourdement cette cohorte délicieusement alignée. Choisis tes barreaux, camarade !
 

Nous voilà donc arrivés à hauteur de l’accueilman qui flashe notre billet. Tout est en règle (même si, je l’avoue, ça ne l‘est pas, mais chut !) et il nous indique la salle 8 qui se trouve en bas de l’escalator, après les autres salles, mais attention de bien tourner à droite et pas à droite droite tout de suite car c’est à droite droite juste après le couloir qui mène à la salle 5 ou 6, je ne sais plus, mais de toute façon si vous êtes perdus, vous pouvez faire une réclamation si vous trouvez un autre accueilman, mais pas un agent d’entretien car il ne pourrait rien pour vous vu qu’ils ne parlent pas français et ne savent qu’indiquer la direction du bureau d’administration, ce qui, c’est vrai, pourrait vous aider si vous décidiez d’aller chercher le formulaire B12 qui est une demande en bonne et due forme pour avoir accès au plan détaillé du plexe, lequel, je vous vois venir, vous serez beaucoup plus utile si on vous le distribuait dès à présent, pour vous repérer dans ce dédale mythologique, mais, à vrai dire, ça fait beaucoup rire les agents de vidéosurveillance de vous voir galérer comme des c… Nous n’entendons déjà plus ses éructations et suivons le parcours fléché qui nous mène sans plus tarder à la salle 8. Bizarrerie architecturale, ils l’ont située juste à côté de la salle 7. Il est 18 heures 03 et il y a déjà quelques personnes qui attendent devant la porte. Un cordon de sécurité bloque l’entrée, stipulant qu’il est interdit d’entrer sous peine de mort violente (oui, je l’invente, mais ça fait très peur), car la séance précédente est toujours en cours. Quand je vous dis que ça me rappelle la fac (yeux levés vers le ciel, clin d’œil, clin d’œil, blague pas drôle). Ils ont quand même bien fait les choses car les couloirs sont tellement longs qu’ils sont pleins de rebords où s’asseoir. Bon, c’est du vulgaire coussin-moquette, d’accord, mais c’est déjà mieux que ces vulgaires plexes qui vous enserrent debout dans des cordons soi-disant de sécurité… Ou des fils barbelés… Oui, dans mon souvenir je vois bien des fils barbelés.
 

Les minutes s’égrènent. Histoire d’admirer les jolis tons gris et jaunes qui cohabitent sans aucun goût dans cet antre décharné, sans aucune personnalité. Les écrans LED ou OLED, va savoir Charles, nous font des clins d’œil épileptiques. Des affiches y défilent sans que n’ayons le temps de voir autre chose que le titre du film. La bonne vieille affiche, les amis, la bonne vieille affiche ! Celle qui donnait envie ou pas, si nous prenions le temps de la regarder. Tiens, un agent d’entretien arrive en courant et entre dans la salle 8, harnaché d’un aspirateur imposant qu’il porte sur le dos comme sa propre maison gastéropodale. Auparavant, quelque autre agent d’entretien se baladait dans ce même couloir avec son sac poubelle bien en vue et son walkie-talkie qui hurlait à la marseillaise. Bel accueil ! Bref, nous ne savons pas trop ce qu’il s’est passé dans cette salle 8, mais l’attente se prolonge et nous n’entrons qu’à 18 heures 13, sans aucune excuse préalable. Qui plus est, les bandes annonces ont déjà commencé (une jeune fille est dégoûtée, c’est très drôle !) En revanche, l’agent d’entretien a fait du bon boulot. Plus aucune vomissure de popcorn apparente.
 

La salle 8 est de dimension honnête et l’écran est tout de même assez grand. Elle compte 5 rangées de 16 sièges (de vrais fauteuils, pas des strapontins, d’accord ?), puis deux rangées de fauteuils duo, et tout au fond une dernière rangée de 10 places. Soit 122 places. Mais seulement une vingtaine de spectateurs à chaque séance pour ces deux films que la fête du cinéma n’aura pas trop boostés.
 

Des deux côtés, les marches sont éclairées par de petites diodes rouges qui restent allumées tout au long de la séance. Mais plus vous vous placerez au centre de la salle, moins vous serez gênés par cela.
 

La sortie de secours se trouve à gauche de l’écran. Un bloc lumineux très agressif l’indique. Evidemment, sa luminosité tape directement dans le coin en bas à gauche de l’écran. Ce qui ne manque pas de se remarquer particulièrement dans les scènes sombres. Mais bon, l’architecte a sûrement convaincu Monsieur Pathé en disant : « Ça passe. »
 

Attention ! L’écran est une horreur ! Il a été très mal tendu. Sur les deux côtés, au niveau de la partie basse, d’affreux plis font des vagues que nous pouvons difficilement occulter. Là, ce sont les scènes claires qui les révèlent. En plus, une affreuse marque le défigure, en bas à gauche. Un peu comme s’il avait été déchiré et qu’on avait décidé de recoller les morceaux en faisant fondre la zone avec un fer à repasser. C’est tout à fait l’impression que cela donne. Pour un plexe qui se prévaut d’une certaine idée de standing et d’une qualité de projection optimale, ça la fout vraiment mal ! Et ce n’est pas fini, un léger pic se discerne en plein milieu de l’écran, comme si une pointe cherchait à le percer par-derrière. Et puis, nous remarquons que cet écran n’est pas dépoussiéré, ce qui crée des zones sombres et nuageuses lors de certains mouvements de caméra. Eh bien… C’est pas top, les amis.
 

Heureusement que la qualité de projection est très bonne. En général, certains gros plexes comme celui-là n’hésitent pas à proposer du 2K pour leurs petites salles, mais je crois bien que nous avons droit à du 4K ici. A vérifier. Rien à redire non plus au niveau du son qui propose un bel environnement et une belle balance graves/aigus. Très agréable. Surtout pour le deuxième film où toute la deuxième partie se passe sous l’eau.
 

Curiosité du site : les numéros des sièges annoncés sur les billets ne correspondent pas avec ceux des fauteuils sur place. Il faut en fait regarder sur le dossier de la rangée de devant pour trouver son bon numéro !
 

Les fauteuils sont plutôt confortables. Un peu étroits si on fait sa diva. Mais la place pour les jambes est tout à fait satisfaisante. Le dénivelé aussi, donc pas de risque d’être gêné par la personne de devant. Et puis les dossiers sont très hauts, ce qui permet de pouvoir appuyer sa tête si le besoin s’en fait ressentir. Vous trouverez aussi des porte-gobelets sur chaque accoudoir. Ce « pousse-à-la-consommation » fait qu’inévitablement les bruits, de gobelets mais surtout de popcorn ne peuvent passer inaperçus au cours de la séance. La première était plus prisée par des adultes d’âge moyen, alors que la seconde a attiré un public majoritairement plus jeune. Mais peu importe, les deux populations sont aussi bruyantes puisque chacun se croit chez lui.
 

En revanche, le djeunz est bien connu pour être particulièrement proactif, pour ne pas dire chiant, lorsqu’il vient voir en bande un film d’horreur en soirée. Et THE DEEP HOUSE coche malheureusement toutes les cases. Le théorème se vérifie encore une fois. D’habitude, ils s’agitent beaucoup, commentent tout, en font des caisses à chaque jump scare et n’hésitent pas à commenter sur les réseaux sociaux. Mais ce jour, bizarrement, aucun n’a touché son téléphone portable. Et, somme toute, ils n’ont pas été si dérangeant que cela. Il faut dire que la bande de djeunz est plus ou moins virulente selon le plexe qu’elle fréquente. Ici, l’agent de sécurité nous l’a dit : « Ça passe ». Et notez bien que tout ceci n’est pas une occasion pour les stigmatiser d’un doigt pointé, d’un clin d’œil complice ou d’une bouche en coin. Car il y a encore plus mal élevé : les vieux. (Et attention, je précise que quand j’écris « les vieux », je ne veux pas dire tous les vieux. Parce que je l’ai déjà écrit et des vieux m’ont envoyé des mails pour me dire : « Oui, vous nous discriminez dans ce que vous écrivez. Vous dites les vieux, les vieux… » Patati, patata. Vous voyez jusqu’où ça va ? Ils sont cons, ces vieux !)
 

Mais ce jour-ci, ce sont bel et bien les djeunz qui ont gagné la partie. Peu importe le film, les lumières se rallument au début du générique de fin. A public équivalent, c’est tout de même les djeunz qui ont ravagé la salle. Ce n’est plus qu’un champ de ruines de popcorn et de détritus d’ordre divers. Déplorable. A mon avis, les agents d’entretien devraient accéder aux salles par des portes dérobées, plutôt que d’être visibles aux yeux de tous et de laisser certains penser : « De toute façon, il y a quelqu’un pour nettoyer tout ça ». Et puisque nous en sommes à proposer des solutions, pourquoi pas des sièges équivalents à celui qu’on trouve dans LES SOUS-DOUES ? Vous savez celui de la machine à apprendre. Avec deux languettes de chaque côté qui mettraient des baffes dès qu’on laisserait échapper un popcorn. Après tout, les plexes dépensent bien des fortunes pour des sièges qui bougent, qui envoient du vent, de la pluie etc. Décidément, il faut tout leur dire !

 


 

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