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31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 12:40

--  GAUMONT OPERA CAPUCINES  --
----------------  SALLE 7  -----------------

Vendredi 30 août 2019, 22h00
MIDSOMMAR d'Ari Aster

 

N’y allons pas par quatre chemins, voici clairement une salle à déconseiller. En cause : principalement sa vétusté.
 

Et pourtant, cela avait bien commencé. C’est toujours avec grand plaisir que nous nous retrouvons devant ce plexe à la devanture en courbe puisqu’il se situe à un carrefour. Nous trouvons ici de larges affiches qui ornent la devanture que les écrans LED n’ont pas encore envahie. Plaisir aussi de rentrer dans ce hall à l’ancienne dont l’aspect semble pourtant de moins en moins conservé. Dans le même esprit, le Grand Rex, lui, s’est échiné à préserver son mobilier boisé, son aspect d’une autre époque, et le tout cohabite bien. Ici, tout est grignoté petit à petit, l’esthétique plastico-puérile de Pathé-Gaumont venant masquer le charme d’antan.
 

Bref, toujours ce couloir en entonnoir par lequel passer pour se faire déchirer ses tickets et accéder au réseau de salles. Direction la septième, la dernière, tout à droite, juste avant la sortie prendre à gauche et descendre les escaliers.
 

Le lieu ne s’améliore pas. Il tombe toujours autant en décrépitude. Peinture qui s’écaille, fauteuils craquelés, moquette fatiguée. Tout semble un peu rafistolé tant bien que mal à divers endroits. La propreté laisse toujours autant à désirer. Le traditionnel pop-corn jonche le sol (en fin de journée c’est pire que tout !), accompagné de divers papiers jetés nonchalamment. Mais aujourd’hui j’ai décidé d’être de bonne composition. Je me demande si ces pop-corns ne sont pas comme les cailloux blancs semés par le petit Poucet. Probablement sont-ils toujours là pour parer à ces salles qui nous engloutissent pour nous mener dans les antres dévoyés du cinéma, cet univers fantasmagorique qui attire les âmes pour leur faire croire que ce monde fantasmé est tout aussi tangible que la réalité. Ces salles seraient alors comme des bouches énormes qui nous gobent pour nous transférer dans un monde fascinant, hypnotique, et dont le but ultime serait de nous garder prisonniers. Une prison assez séduisante, somme toute, avec des horaires aménagés, une liberté limitée, oui, vous pouvez sortir mais vous devez être rentrés à une certaine heure. J’adhère totalement à cette théorie qui corrobore ce que j’ai toujours pensé : être détenteur d’une carte illimitée c’est valider financièrement une restriction volontaire de ses libertés individuelles. Alors, ces pop-corns blancs seraient comme des indices laissés par certains pour nous avertir de la dangerosité de ces salles, posés par terre pour que nous puissions retrouver notre chemin et revenir vers la vraie vie. Partant de là, on peut penser que tout n’est plus qu’idéologie et, comme François Truffaut, qu’il faut choisir entre la vie et le cinéma. C’est vite vu. Pressés de voir MIDSOMMAR, nous marchons sur ce pop-corn qui se réduit en miettes et arrivons en salle 7.
 

Ce n’est pas beau à voir. La salle 7 est dans un état de délabrement particulièrement avancé. La moquette est usée, rongée, élimée. Les années lui ont fait perdre son éclat et son aspect duveteux. C’est encore pire pour les strapontins. Ils sont tous usagés, défraîchis, vieillissants, j’irai même jusqu’à dire mourants. Ils sont déchirés, troués, râpés sur de multiples endroits. Les accoudoirs sont pelés, quasiment écorchés vifs. Le tissu rouge des débuts a laissé place à une matière noire presque collante. Les sièges sont défoncés. Ils n’ont plus aucune assise. Nous en essayons un, puis deux, puis trois et puis nous comprenons que nous pourrions essayer toute la salle, aucun ne pourrait satisfaire au confort que nous sommes en droit d’attendre. Toute la salle aurait besoin d’être rénovée de fond en comble. Ou même ne serait-ce que d’être un tout petit peu nettoyée. Passons sur le pop-corn immonde sur tout le sol, pour nous intéresser aux éléments de décoration en forme de bulles qui ornent les murs. Sur le dessus, une énorme couche de poussière s’y est déposée au fil des années sans que le personnel ne s’en émeuve. Imaginez de quoi peuvent être imprégnés ces sièges. Nous ne taperons pas dessus pour le savoir, le rembourrage en mousse est beaucoup trop mince pour nous donner envie de tenter l’expérience.
 

Seul motif de satisfaction, l’avant de la salle est surélevé. Donc, si vous vous placez dans les premiers rangs, vous aurez la sensation d’être penché en arrière, le regard vers le haut. Heureusement, les dossiers sont assez hauts pour appuyer votre tête. Et comme l’écran est suffisamment surélevé, lui aussi, difficile d’être gêné par la tête de son voisin de devant. Par contre, la place pour les jambes est vraiment très limite.
 

Cette salle n’est pas très grande. Elle compte environ 75 sièges et était remplie à moitié pour cette projection. Mais il faut dire qu’il n’y a qu’une seule séance dans la journée pour ce film. Ce public a été assez dissipé. Beaucoup de chuchotements mais pas de téléphone portable dégainé, à ce que nous avons pu remarquer. Mais nous étions dans les premières rangées, et comme le film dure presque deux heures et demie, il est probable que derrière nous certains se soient inquiétés de l’heure via leur appendice technologique.
 

La qualité de la projection est assez moyenne. L’image est plutôt correcte, sans plus. Je suis quasiment certain que ce n’était pas du 4K mais du 2K. Et, bizarrerie notable, l’image ne tient pas tout l’écran. Le film a un format très bizarre. Ce n’est pas du Scope, et ce n’est pas non plus du 1.85. Franchement, je n’ai jamais vu ça. Toujours est-il qu’il y a des bandes noires sur les côtés, normal, mais aussi au-dessus et en bas de l’image !
 

Notons enfin un bloc lumineux qui indique une sortie de secours, sur la droite de l’écran. Une flèche verte faiblement éclairée. C’est déjà un peu moins idiot que les lampes torches du Pathé Wepler !
 

La lumière se rallume dans la salle un peu après le début du générique de fin. Lumière faiblarde pour une sortie de film en douceur. Il est temps de mettre les voiles après presque 3 heures éprouvantes à se contorsionner sur ces maudits sièges.

 


 

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