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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 11:37

------------  PATHE WEPLER  ------------
----------------  SALLE 7  ----------------

Dimanche 7 juillet 2019, 19h30
YESTERDAY de Danny Boyle

 

Après des mois de travaux du côté du boulevard de Clichy, c’est maintenant l’entrée du côté de l’avenue du même nom qui est totalement fermée pour (gros) travaux. Côté boulevard, la nouvelle façade s’est dotée d’un énorme écran lumineux façon Grand Rex, et les affiches des films sont désormais minuscules.
 

Le grand avantage de ce renouveau c’est que le public n’a plus à attendre à l’extérieur du plexe pour obtenir son billet, puisque c’est là que se trouvaient précédemment les caisses. Ce qui pouvait être un inconvénient majeur en cas d’affluence ou d’intempérie. Grâce à cette refonte, le hall d’entrée a été repensé avec notamment quelques sièges qui permettent de patienter. Au moins, la nouvelle déco s’est calmée sur le jaune mauvais goût si cher à Pathé, qu’ils avaient badigeonné un peu partout. Nous voilà maintenant dans un plexe qui paraît moins infantilisant de ce point de vue. Bon, n’y allez pas non plus pour capter l’esprit du cinéma, il n’était pas présent avant et on ne lui a toujours pas redonné sa place. Le Pathé Wepler reste un centre commercial où le cinéma est accessoire et où le public est traité comme du bétail (du début à la fin on le parque ou on le guide via des cordons de sécurité).
 

Ce changement a surtout un effet néfaste un jour comme celui-ci. C’est un dimanche, il est 19 heures 15 et du monde se presse dans hall. Tout devient confus, et dans cette cacophonie l’entièreté du lieu devient illisible. L’immense comptoir à sucreries (qui, lui, est toujours aussi imposant) charrie son lot de quémandeurs qui pensent ne pas pouvoir tenir la séance sans sucres dans les veines, les caisses sont blindés de spectateurs en attente de tickets, les sièges sont réquisitionnés, un essaim se masse à l’entrée du réseau de salles (un étrangloir qui ralentit tout ce beau monde car il n’y a qu’une seule personne chargée de vérifier les tickets), et au milieu de tout cela quelques personnes égarées vagabondent en attendant de donner un sens à leur vie. Avec le bruit qui accompagne cette foultitude, tout cela nous paraît être ce que l’on nomme vulgairement un beau « merdier » ! Ce qui peut exceptionnellement arriver quand un problème intervient quelque part. Mais là, surprise, rien d’anormal, c’est le fonctionnement normal du Pathé Wepler dont la devise est : « Les yeux détournés des dysfonctionnements ; le regard porté vers notre marge ». Choisis ta société, camarade.
 

Sortis de ce brouhaha débridé, nous descendons quelques escaliers pour arriver dans cette salle 7 qui, elle, n’a pas été rénovée ; j’ai l’impression qu’il en est de même pour toutes les autres salles. Il faut dire qu’elles n’en avaient pas forcément besoin.
 

L’entrée se fait par le fond de la salle et c’est un très bon point.
 

Une salle assez grande avec un écran de bonne taille.
 

L’intérieur est très sobre. Vers le fond, vous trouverez quelques sièges duos pour ceux qui souhaitent s’embrasser (de nos jours, on ne s’embrasse plus assez dans les cinémas !) Evidemment, nous avons des places numérotées ; hérésie qui nous enjoint très fortement à prendre d’autres places que celles prévues puisqu’une fois dans la salle c’est ailleurs que nous pensons être les mieux placés (et puis aussi parce qu’un esprit de contradiction, dans n’importe quelle société que ce soit, est toujours profitable à tous). En choisissant des places proches de l’écran vous éviterez un maximum d’être perturbés par les écrans de téléphones portables qui s’allument en cours de projection, fléau galopant du Pathé Wepler et qu’il ne faut pas imputer uniquement aux populations jeunes !
 

Le contrôle technique se passe sans problème. Le son délivre de belles tonalités avec une belle répartition des densités. L’image est impeccable. Nous n’irons pas trop dans les détails où nous pourrions reprocher la même chose pour 99,35% des salles parisiennes. Quoi qu’il en soit, c’est plus que suffisant pour le confort d’une belle projection. Seul bémol : une trace de nettoyage au milieu en bas de l’écran, qui se voit particulièrement dans les tons clairs. Les sièges sont agréables, avec beaucoup d’espace, une fermeté bienvenue et des dossiers qui montent assez haut pour appuyer sa tête. Attention toutefois à ne pas avoir aune personne trop grande devant soi, car le dénivelé de la salle n’est pas assez important pour pallier au désagrément de ne plus pouvoir lire les sous-titres en pareil cas.
 

En fait, le plus gros souci de ce genre de plexe qui cherche avant tout à faire du chiffre, c’est la propreté. Du début à la fin, le lieu est jonché de pop-corn. Et à la fin de la séance, lorsque nous remontons les rangées pour rallier la sortie, nous constatons les dégâts provoqués par tous ceux qui s’en sont armés avant la séance. Nous pouvons parler de carnage. Vers les derniers rangs, tout un cornet a été déversé (malencontreusement ?) et le sol a été repeint de pop-corn piétiné ! Une autre séance doit enchainer, normalement le personnel n’a techniquement pas le temps de nettoyer cela. Osons espérer qu’il l’a tout de même pris.
 

N’oublions pas de mentionner qu’un bloc lumineux est particulièrement visible sur la gauche de l’écran. Il indique la sortie de secours de manière totalement intrusive. Et puis, à la fin du film, dès que le générique affiche ses premiers noms, la lumière de la salle se rallume de manière très soudaine, pas vraiment ce qu’on fait de mieux pour les yeux qui émergent du noir, mais une belle façon de faire comprendre aux spectateurs que leur place n’est plus ici !
 

Malgré son lifting de façade, le Pathé Wepler ne fait qu’illusion. Le plexe est totalement désincarné, l’empreinte cinématographique complètement dissimulée et le rapport humain inexistant. Cela me rappelle la première fois qu’une personne que je ne nommerai pas m’a demandé ce que je pensais de son lifting, je lui ai répondu : « Ca y est, tu es devenue vieille ! »

 


 

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