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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 16:14

---------  U.G.C. NORMANDIE  ---------
---------------  SALLE 1  ---------------

Mardi 14 mai 2019, 19h00
THE DEAD DON'T DIE de Jim Jarmusch

 

                Quelle drôle de coïncidence ! Notre dernière venue en ce lieu remonte à décembre 2016, c’était pour le dernier film de Jim Jarmusch : PATERSON. Mais nous n’avions pas eu alors les honneurs de la grande salle. Qu’à cela ne tienne, voilà de quoi y remédier de la plus belle façon. Nous avons revêtu notre smoking de rigueur et débarquons sur les Champs-Elysées avec notre splendide véhicule que nous avons loué pour l’occasion. Nous sommes invités pour la cérémonie d’ouverture du festival de Cannes, qui sera suivie de la projection en avant-première du nouveau film de Jarmusch. Mais force est de constater que l’U.G.C. Normandie n’a fait les choses qu’à moitié. Dès notre arrivée, aucun photographe, aucun tapis rouge, aucune marche à monter. Par contre, il y a beaucoup de passage devant cette entrée.
 

Alors là, il convient de ne pas se tromper. Le Lido et l’U.G.C. Normandie partagent la même entrée. A droite, c’est paillettes et plumes d’autruches. A gauche, c’est la Croisette, les starlettes, champagne et montagnes de cocaïne. Entre le glamour et Patrick Sébastien, le choix est vite vu. Nous contournons tant bien que mal les groupes qui s’agglutinent devant les bornes automatiques (et qui bloquent l’entrée), oui, celle de gauche, celle qui va bien, stairway to heaven. Pas de doute possible, un vigile en smoking se tient là et semble savoir diriger les spectateurs si on ne se fie pas à ce qu’il dit : « Pour les personnes sur les listes, c’est à droite, la file de gauche ». Cet homme est ivre, manifestement. Et pourtant, son raisonnement est sensé. Il y a bien deux files à l’entrée du plexe et l’une des deux mène forcément à destination. Impossible de le prendre en faute sur ce coup-là. Bien joué de sa part ! Mais ce n’est pas très Cannes, me dis-je en rongeant mon frein dans la file d’attente. Celle de gauche, puisque nous avions d’abord commencé par celle qui se trouve à droite dans l’entrée à gauche. Si vous ne connaissez pas ce plexe et que vous n’avez que votre imagination pour vous repérer d’après cette brève description, vous vous dites très certainement que cette entrée de plexe est la plus foutraque qui soit au monde. Je ne peux qu’abonder dans votre sens. C’est n’importe quoi. D’autant plus que pour atteindre les caisses où siègent deux charmantes jeunes femmes, il faut passer devant une autre caisse qui est fermée. Ce qui explique pourquoi il faut attendre environ 5 minutes pour pouvoir se faire délivrer les sempiternels immondes billets U.G.C. qui vont nous permettre maintenant de passer dans la file de droite ! Heureusement, tout le personnel est aimable et souriant. Très serviable. Très professionnel. Très Cannes. Enfin, je suppose car je n’y suis jamais allé. Mais d’après ce qu’en dit Laurent Weil à la télévision, il ne peut en être autrement.
 

Voilà. Nous pouvons désormais nous diriger vers la salle 1. Vers le film de Jarmusch. Vers cette folle soirée. Vers Cannes, le festival, toute cette pression… Nouvelle faute de goût de l’U.G.C. Normandie : en lieu et place des célèbres marches, nous nous retrouvons face à un escalator. Sûrement une coupe budgétaire ou un quelconque progrès de la technologie. Enfin, bon, ce n’est déjà plus très Cannes !
 

Devant l’entrée de la salle, une sorte de photo-call est organisée et distribution pour tous d’affiches petit format du soixante-douzième festival. Nous sommes là dans un petit hall où les portes de la salle 1 nous sont ouvertes et, face à elles, la salle 2 gardera encore son mystère pour aujourd’hui.
 

L’entrée dans la salle 1 est des plus faciles. Moi à qui on avait dit que Cannes c’était surtout d’interminables files d’attente pour voir un film ! Cette salle est formidablement grande. Pas loin de 1000 fauteuils à vue de nez. Et de vrais fauteuils qui allient souplesse et robustesse. Il manque un peu de hauteur au dossier pour pouvoir être totalement à l’aise pour l’appui de la tête, mais globalement le confort est là, avec de la place pour les grandes jambes.
 

Nous notons que cette salle est l’une des rares à ne pas avoir de bloc lumineux situé près de l’écran. Une très bonne initiative qu’il convient de saluer !
 

Alors, bien sûr, pour accéder au film il va falloir se taper la retransmission de la montée des marches en direct de Canal +, suivie de la traditionnelle cérémonie d’ouverture (heureusement qu’Edouard Baer a lâché les chevaux au fur et à mesure, mais, quand même, nous sommes loin du compte). Le bon côté de la chose c’est qu’il n’y aura pas de bandes-annonces ni de publicités (excepté les annonces des sponsors télévisuels).
 

Une heure après, le film débute enfin. Qualité de projection au top sur un écran de belle envergure. Disons de manière approximative : 20 mètres d’ouverture. Un écran légèrement incurvé qui se fond bien dans la forme ovale de cette salle. Soulignons la superbe gestion des contrastes et des couleurs. Bel effort sur le son. L’environnement sonore est très emmitouflant. Bonne balance. Bons niveaux. Rien à dire d’un point de vue technique. Tout est fait pour une projection optimale.
 

Sur le public présent ce soir-là, et plus particulièrement sur le nombre de personnes dans la salle, il est à noter un ratio incroyablement bas de personnes ayant fait usage de leur téléphone portable au cours de la projection. A deux fauteuils de nous, un homme a regardé l’heure sur son smartphone dont la luminosité était visiblement bloquée sur son maximum. Juste derrière nous, un autre homme a fait tomber son verre pendant la projection. Celui-ci s’est inévitablement brisé en plusieurs morceaux sur lesquels il fallait faire attention de ne pas marcher en sortant. Belle stupidité des organisateurs que d’avoir autorisé les verres à l’intérieur de la salle, Cannes ou pas.
 

La sortie s’effectue par une des deux portes d’entrée, le tout dans une fluidité apparente, même si les toilettes qui se trouvent non loin génèrent un amas de personnes assez conséquent juste devant leur entrée. Dans ce flux, nous en profitons pour remarquer la belle épaisseur de la moquette posée dans ce hall, chose qui nous avait échappée à l’aller. Elle dénote d’un effort certain pour tenter d’élever au-dessus de la moyenne le standing de cette salle. Et malgré quelques portraits d’acteurs sur les murs de ce hall, rien ne définit ce lieu comme un espace dédié au cinéma. Rien ne le rend convivial et fédérateur. Estimons-nous contents, déjà, qu’il soit chaleureux. On appelle cela un succédané. A LA LUMIERE VIENT DU FOND, nous avons un mot très laid et indistinct qui résume bien ces qualificatifs. Nous appelons cela un plexe.

 


 

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