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30 novembre 2018 5 30 /11 /novembre /2018 20:18

-------------  LES 4 VIKINGS  -------------
---------------  SALLE 4  ---------------

Mercredi 28 novembre 2018, 16h40
THE GRINCH de Yarrow Cheney et Scott Mosier

 

                N’écoutant que notre courage et notre envie de vous satisfaire en vous faisant découvrir des plexes où vous n’irez jamais, nous voilà parés de notre sac à dos et de nos chaussures de rando, direction l’Orne où se cache dans une petite rue en pente un plexe froid et morose, qui tente encore d’animer la vie culturelle des Flériens.
 

Déjà, le plexe ne paie pas de mine par sa devanture surannée et son manque de visibilité. Il faut dire que la couleur jaune qui émane de l’ensemble ne l’égaie en rien, l’infantilise (les figurines de superhéros collées sur les portes ne font qu’en accentuer l’ampleur) et l’enferme dans une imagerie d’un temps passé. Le moins que nous puissions dire c’est que ce lieu manque terriblement de modernité et de goût. Seul bel élément d’architecture à apporter un peu de chaleur et d’harmonie visuelle : un mur de briques qui cloisonne la salle 2, sur la droite.
 

A peine avons-nous pénétré dans ce plexe que nous voilà face à la caisse. Il faut s’avancer pour que la personne derrière nous puisse passer la porte vitrée et se positionner en fin de file d’attente. Cette caisse est très mal positionnée car il suffit que le public vienne en masse pour que cette file d’attente se prolonge dehors, sans abri protégeant de la pluie (comme c’est le cas aujourd’hui). Ce n’est pourtant pas par manque de place ; le hall d’accueil n’est certes pas très grand, mais suffisamment pour accueillir un certain nombre de personnes en cas d’affluence. Malgré cela, dans cette configuration, il suffit que trois personnes attendent à la caisse pour que la dernière soit déjà dos à la porte d’entrée. Ce manque de bon sens est toujours rafraîchissant.
 

Pour ce qui nous occupe, nous sommes au sec et seulement deux personnes devant nous. Mais ça n’avance pas. Un problème technique empêche le caissier de délivrer le fameux sésame à la maman et sa fille venues se divertir. J’essaie d’écouter de quoi il retourne, de faire l’effort de comprendre à quoi sert la drôle de machine que le caissier tient entre ses mains, et qui tente de faire le lien télépathique avec la machine à carte bleue. Le caissier appelle son collègue. Tous deux semblent dépassés et tiennent un discours abstrait qui m’empêche de comprendre ce qu’ils sont en train de résoudre. Le temps s’écoule. Personne ne s’impatiente véritablement. Avez-vous remarqué que le délai d’énervement n’est jamais fonction du temps d’attente mais bien plus du lieu d’attente ? Certaines personnes sont prêtes à faire trois quarts d’heure d’attente à Eurodisney, mais s’énervent dès qu’ils patientent plus de deux minutes dans leur boulangerie ! C’est fascinant. Et par miracle, la machine se met en route, à la plus grande stupéfaction de tous.
 

Voilà un caissier qui aime à plaisanter et qui essaye de placer une vanne dès qu’il décèle une faille. Bonne humeur assurée, comme on dit dans ces contrées. Des contrées pas inhospitalières, mais pas forcément hospitalières non plus. La preuve, le plexe compte 4 salles mais diffuse 8 films sur toute la semaine (plus une avant-première). Or, absence totale de version originale pour les films étrangers. Les films qui nous intéressent ne sont diffusés qu’en soirée. Et nous ne pouvons pas attendre la séance suivante car nous avons un train à prendre. Bref, à cet horaire, seuls deux films nous sont proposés. Ce sera soit THE GRINCH soit THE NUTCRACKER AND THE FOUR REALMS. Nous n’avons donc pas le choix, ce sera THE GRINCH.
 

Nous voici donc avec un petit ticket légèrement rectangulaire en main, tout aussi laid et bourré de chiffres que ceux qui nous sont délivrés habituellement. Au dos, une promotion nous offre 10% sur notre commande d’un certain magasin de la ville. Nous sommes passés juste devant en arrivant. Il est en travaux. [Regard silencieux à gauche, puis à droite, et raclement de gorge.] Il paraît que c’est l’intention qui compte.
 

A gauche de la caisse, les portes de la salle 4 sont ouvertes. C’est de là que provient ce bruit constant qui nous caressait les oreilles dès notre arrivée. Ce sont les bandes annonces qui battent leur plein pour les intéressés.
 

Cette salle 4 est toute en longueur. L’écran est coincé entre les deux murs et le plafond. D’où les reflets dans la pénombre des rainures brillantes dudit plafond. Mais ce qui nous saute aux yeux en premier et qui fait notre plus grande joie, c’est l’absence de blocs de sécurité lumineux qui pourraient casser l’obscurité. Il existe bien en bas à gauche de l’écran une rampe qui mène à une sortie de secours, mais aucun bloc ne l’indique. Pour notre plus grand confort visuel. Par contre, les lumières de service sont allumées durant toutes les bandes annonces. Ce sont des projecteurs assez violents, dont un très mal orienté. Comme il est proche de l’écran, il bave directement sur ce dernier et l’éclaire tant et si bien que toute image trop sombre est difficilement discernable.
 

Si on regarde attentivement l’écran blanc, quelques traces plus sombres émergent par endroits lorsque l’image se fait claire. Difficile de dire d’où cela provient. L’effet n’est pas très franc mais cela ressemble à des ombres de poussière accumulée. L’image est de bonne qualité. Rien de déplaisant, rien d’exceptionnel non plus. La spatialisation sonore dans la salle est extrêmement bien rendue. Les différences de relief nous parviennent de tous côtés, c’est très immersif. Mais le volume sonore, lui, est carrément faiblard.
 

Sur 144 fauteuils disponibles, seulement une vingtaine de personnes s’étaient données rendez-vous pour ce film sorti le jour-même. Et la moitié étaient des tous petits, ce qui est normal puisque THE GRINCH leur est destiné. La projection s’est déroulée sans heurts. C’est souvent le meilleur public.
 

Notez qu’il fait très très froid dans cette salle. Un peu de chauffage n’aurait pas été superfétatoire. Dans ces conditions, la séance peut paraître très longue. Un plexe ne devrait pas compter uniquement sur la chaleur humaine pour mettre à l’aise ses spectateurs. Car, pour cela, encore faut-il que la salle soit pleine !
 

Outre cela, notons que les fauteuils paraissent encore neufs et sont de très bonne tenue. Ils vous soutiennent suffisamment et préfèrent la fermeté au moelleux. Le dossier est assez haut pour appuyer sa tête, et vous trouverez également suffisamment de place pour vos jambes. Néanmoins, il est possible qu’une personne trop grande juste devant vous, réduise votre visibilité. Encore faut-il encore que la salle soit pleine !
 

En fin de film, les lumières de la salle ne se sont doucement rallumées qu’au milieu du générique. En général cela se fait au tout début ou, comme ce n’est que trop rarement le cas, à la toute fin, mais en plein milieu, sans aucune raison apparente, c’est assez étonnant. D’autant que le public familial avait déjà passé la porte de sortie.
 

Nous revoici dans le hall d’accueil qui semble abandonné. En descendant quelques marches derrière la caisse, se terre un espace confiserie vraiment pas criard et encore moins digne d’intérêt. De toute façon il ne semble plus approvisionné. Il faut monter quelques marches pour accéder aux toilettes ainsi qu’aux salles 1 et 3. Nous tombons alors sur un autre petit espace où quelques chaises dépareillées entourent une table en guise d’effort à la convivialité. Je dirais plutôt en guise de comblement de l’espace. Des présentoirs en carton concernant les prochaines productions se nichent dans quelques coins. Un sapin de Noël pour la forme est relégué à l’endroit le moins visible du lieu. A côté, un truc en forme de cage, probablement récupéré dans une brocante pour combler un peu de vide. Ici et là une grande affiche d’un film qui sera programmé. Tout cela de manière très arbitraire, sans aucun sens esthétique ou de pure décoration. De petites affiches sont positionnées à des endroits qui n’en requièrent pas. De petits moniteurs de contrôle de mauvaise qualité et en noir et blanc, indiquent ce qui se passe sur les écrans des salles. Une machine à pop-corn semble délaissée dans un coin du hall, comme une relique que l’on serait fière d’exhiber. Des balais sont entassés dans un coin. Une chaise juste derrière une porte. Un tabouret près du même mur. Un présentoir sommaire sur lequel est posé une jardinière (en plastique ?) ainsi qu’un peu de documentation. Tiens, une bonne idée que ce porte-parapluies à l’entrée ! A droite de la caisse, une fébrile étagère blanche à peine plus haute que certains gamins présents aujourd’hui, sur laquelle sont présentés de manière éparse quelques exemples de rafraîchissements et de sucreries. Pas vendeur pour un sou. Une poubelle dans un coin. Une affiche de l’avant-première hebdomadaire scotchée sur une machine à friandises (?) qui ne semble plus en état de marche. C’est l’empire de la débrouille et de la bonne franquette. Alors pourquoi ce mur de briques qui paraît totalement en inadéquation ? Et ce carrelage !!! Alors là, non ! Les gros carreaux blancs aujourd’hui dans un plexe, ce n’est plus possible ! C’est désuet et, dans cet environnement, salement déprimant.
 

Le personnel du plexe s’est volatilisé. Il serait aisé de s’engouffrer dans une salle pour bénéficier d’une séance gratuite. Mais notre train nous attend. Et puis je suis persuadé qu’il nous en coûterait beaucoup d’aller visionner THE NUTCRACKER AND THE FOUR REALMS. Alors la gratuité…

 


 

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