------------------------------------

---> Les 10 dernières critiques :
OTEC de Tereza Nvotová

L'ŒUVRE INVISIBLE de Vladimir Rodionov et Avril Tembouret
LES RAYONS ET LES OMBRES de Xavier Giannoli
A PIED D'ŒUVRE de Valérie Donzelli
ADIEU MONSIEUR HAFFMANN de Fred Cavayé
EASY A de Will Gluck
LARA de Jan-Ole Gerster

THE ART OF SELF-DEFENSE de Riley Stearns
YESTERDAY de Danny Boyle
GREEN BOOK de Peter Farrelly

 

 

 

- Consultez les règles de la LANTERNE MAGIQUE en cliquant ici.

 

- Consultez les règles du QUIZZ en cliquant ici.

 

SI VOUS VOULEZ CREER VOTRE BLOG, NE CHOISISSEZ PAS OVER-BLOG. DES BUGS TOUS LES JOURS !!!
------------------------------------

CELINE FAIT SON CINEMA

LES AUTRES INCONTOURNABLES DE CELINE

LA SAGA DES ETOILES FILANTES

D'AUTRES ETOILES FILANTES

LE VIEUX MONDE QUI N'EN FINIT PAS

LE BLOG DE D&D

MATIERE FOCALE

ARRET SUR IMAGES

WORLD COMMUNITY GRID

FREAKOSOPHY

AUJOURD'HUI J'AI APPRIS...

LA VIE ROCAMBOLESQUE ET INSIGNIFIANTE DE BRAD PITT DEUCHFALH

ART OF THE TITLE

LE TRIBUNAL DES BUREAUX

L'ETRANGE FESTIVAL

IMDB
 

 
 
 
Join the Blue Ribbon Online Free Speech Campaign
 
 
 
 
23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 23:23

--------------  LE COLUCHE  --------------
---------------  SALLE 3  ---------------

Mercredi 21 novembre 2018, 21h00
OVERLORD de Julius Avery

 

                Plexe indépendant (peut-on vraiment qualifier d'indépendant un plexe qui se trouve dépendant des subventions ?) renfoncé dans l'allée Jean Jaurès, le Coluche s'annonce par quelques grandes affiches qui surplombent son entrée. Quand on ose s'aventurer dans un plexe qui porte ce nom, tout porte à croire que nous allons nous retrouver avec une énorme effigie du personnage en question dans le hall d'accueil, ou faire face à divers ornements censés rappeler sa carrière, mais que nenni. Pas le moindre petit morceau de mouche ou de vermisseau. Même pas la plus petite référence à quoi que ce soit qui rappelle de près ou de loin l'hommage que lui porterait ce bâtiment. Pas con, comme dirait l'autre. Ah, si ! A bien y regarder la lettre o de Coluche est remplie de rouge, symbolisant le nez du clown. Mmouais... Humour, rire de bazar, pu-pub, tout ça, quoi. Pour la petite histoire, nous apprenons que le plexe a été entièrement rénové en 2012, et c'est probablement à ce moment que toute référence (pour peu qu'il y en eut) fut éradiquée.
 

Le Coluche a su résister à l'assaut des gros plexes sans vergogne, et demeure le seul de la ville ; soit seulement 4 salles pour environ 43000 habitants. Du coup, il est obligé de ratisser large et nous y trouvons vraiment de tout, des films destinés au très jeune public (qui ont la part belle) aux gros blockbusters du moment, en passant par des films d'auteur plus difficiles d'accès, jusqu'aux classiques du cinéma qui ont droit à leur ciné-débat (PATHS OF GLORY pour le dernier en date, oui, ils ne vont pas non plus jusqu'à programmer du Wakamatsu ou du Werner Schroeter). Mais toujours pas de Michel Colucci.
 

Ce manque de prise de position se retrouve à peine sommes-nous débarqués dans l'enceinte même. Le hall est au diapason de la couleur annoncée. Consensuel et sans identité, fonctionnel et peu fédérateur.
 

Ce hall ne manque pourtant pas d'espace, mais son agencement n'a pas été pensé et encore moins souhaité convivial. Quelque présentoir en carton qui se veut trop proéminent annonce le futur film vedette. Sur la droite sont alignées diverses machines à calories qui retiennent l'attention des plus jeunes. Près d'elles s’agglutinent 4 chaises autour d'une table, plantées là plus pour remplir le vaste espace qu'en faire un lieu d'échange ou de rencontre. La charte visuelle est inexistante. L'éclairage est simplement utilitaire, il ne crée aucune ambiance. Toute la déco reste à faire pour qu'il devienne un petit temple dédié au cinéma et à ceux qui le pratiquent. Ce qui engendre un bel exemple de gâchis puisqu'il y a là largement de quoi créer un joli foyer harmonieux et passionné.
 

La grosse problématique des spectateurs de province c'est de ne pas pouvoir bénéficier d'une version originale en ce qui concerne les films étrangers. Et le Coluche ne faisant pas exception à la règle, il va nous falloir prendre sur nous et accepter une version française pour le film qui se trouve dans notre viseur
 

Ayant déjà vu la plupart des films programmés, et n'en pouvant plus de craindre de s'ennuyer devant FANTASTIC BEASTS : THE CRIMES OF GRINDELWALD (et en espérant que tous les jeunes aient payé pour celui-ci), nous optons pour un film sorti le jour même : OVERLORD. Il faut savoir qu'ici, c'est tarif unique pour tous les lundis et les mercredis : 5 euros et 50 cents. C'est une bonne nouvelle que nous annonce le caissier plus empreint a bien accomplir sa tâche administrative qu'à nous jeter sa sympathie à la face. Il fait le minimum syndical, c'est déjà ça. Petit billet tout carré et pas beau du tout en main, nous nous dirigeons vers les étages où se situent les salles. Mais avant d'escalader ces escaliers, nous sommes repris par un petit bonhomme qui ne paie pas de mine. Il marmonne quelque chose que nous peinons à comprendre : il souhaite déchirer nos billets. Mince alors ! Engoncé dans son coin et habillé comme eux, nous avions pris ce garçon au physique adolescent pour un membre du groupe de jeunes qui officiaient non loin. Le fourbe ! Sûr qu'il l'a fait exprès.
 

L'endroit est bien tenu. Très propre. Aucun déchet par terre. Pour les personnes handicapées, présence d'un ascenseur qui dessert tous les étages. Sur les murs des escaliers, des répliques de films se sont égarées, suspendues comme si elles tentaient de s'accrocher aux vestiges d'un ancien temps. En témoignent quelques lettres manquantes de-ci, de-là, qui s'ajoutent à quelques fautes d'orthographe comme ci, comme ça.

 

« Une histoire d'amour, c'est comme une oeuvre d'art : une étincelle, beaucoup de patience, et la patine du temps.
Josiane Balasko. Trop belle po r toi ».

 

« La vie ? Si je ne l'avais pas, elle me manquerait.
B uno Ganz, Les ailes du désir ».

 

« Maintenant les diplomates prendraient le pas sur les hommes d'actions. L'époque serait aux tables rondes et à la détente.
Jean Lefebvre, Les tontons flingueurs ».

 

« Quand j'écoute trop Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne.
Woody Allen. Meurtres mystérieux à Manhattan ».

 

« Ici, c'est l'Ouest, monsieur. Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende.
James Stewart, L'homme qui tua Liberty Valance ».

 

Mais aussi : LA CITE DE LA PEUR, UNE COMEDIE FAMILIALE, AMADEUS, UN TAXI POUR TOBROUK...
 

Nous arrivons dans la salle 3, une salle ou une quinzaine de djeunz ont pris place. Ils pourraient faire encore plus de bruit mais ils sont suffisamment vocaux comme cela. Ils parlent fort, ils mangent fort et ils regardent fort leur téléphone portable. Heureusement, tout cela cesse dès que les bandes-annonces laissent place au long métrage. Quelques commentaires obligés lors des scènes dures ou gores, des papiers ou sachets qui se froissent de temps à autre, et pas mal de conversations par SMS pendant tout le film. Et tout cela en essayant de se faire un minimum discret. Rien de véritablement outrageant, mais la lumière des téléphones portables, ça, non, c'est purement insupportable et irrespectueux. Dans un plexe, il est impossible de se faire discret avec cet objet du démon !
 

Il s'agit d'une salle de moyenne catégorie. L'écran est assez grand sans être gigantesque. Sa spécificité est sa courbure ; gadget qui n'amène rien vu les dimensions de la salle. Or, cette bizarrerie ornementale a une conséquence directe sur l'image projetée. Comme les bords de l'écran sont d'une hauteur plus conséquente que son milieu, le centre de l'image se trouve amputée en haut comme en bas. Autrement dit, l'image est complète sur sa hauteur au niveau des extrémités de l'écran incurvé, mais rognée en plein centre. Cela s'apparente à une forme de Pan & Scan. Pas vraiment dérangeant à la vision du film, mais pas vraiment respectueux pour lui non plus.
 

A part ça, la qualité de l'image est indéniable. Beau 4K en termes de piqué. Les couleurs manquent un peu de peps et d'éclat. Le son pourrait s'enorgueillir d'un peu plus de graves et de puissance, surtout pour un film de guerre de cet acabit. Mais bon, je sais bien que faire du cas par cas aujourd'hui, en fonction des films diffusés est une chimère qui prête à la moquerie.
 

Par contre, les sièges (qui ne sont pas des strapontins) sont d'un grand confort. Très beau velours rouge, accoudoirs, larges sièges très fermes, soutien excellent, beaucoup d'espace avec le fauteuil de devant, dossier suffisamment haut pour appuyer sa tête et propreté à tous les rangs.
 

Nous sommes beaucoup moins enjoués concernant les blocs lumineux qui bourgeonnent de partout. Le plus gênant est celui indiquant la sortie de secours, situé à gauche de l'écran et dont la présence est particulièrement pénible tout au long du film. Les murs de côté ont chacun leur bloc lumineux qui n'indique ni sortie, ni toilettes, ni autre chose. Des blocs qui ne servent à rien. Idem au fond de la salle, ainsi qu'un autre qui désigne la sortie (nous sommes arrivés par-là, c'est-à-dire par le fond). Tant et si bien que toutes ces guirlandes de Noël éclairent la salle plus que de raison. Sous l'écran gît un petit écriteau où nous pouvons lire l'avertissement : INTERDIT DE FUMER. L'intensité lumineuse est telle que pendant le film les lettres blanches arrivent encore à se détacher dans la pénombre de la salle.
 

Et puis, quelques secondes après le début du générique de fin, les lumières se sont doucement rallumées dans la salle. C'était prévisible.
 

Nous étions 17 spectateurs à cette séance, pour 91 places disponibles. C'est bizarrement peu pour le seul cinéma des environs, qui plus est pour un film sorti le jour-même, et alors que la place ne coûte que 5 euros et 50 cents !
 

Nous repartons par où nous sommes arrivés. Dans les escaliers nous croisons des spectateurs qui sortent d'autres salles. Quelques lumières du hall se sont éteintes. Il semble bien vide et abandonné. Nous sortons et nous n'avons toujours pas vu le comique, même si nous avons bien ri.

 


 

commentaires