------------------------------------

---> Les 10 dernières critiques :
OTEC de Tereza Nvotová

L'ŒUVRE INVISIBLE de Vladimir Rodionov et Avril Tembouret
LES RAYONS ET LES OMBRES de Xavier Giannoli
A PIED D'ŒUVRE de Valérie Donzelli
ADIEU MONSIEUR HAFFMANN de Fred Cavayé
EASY A de Will Gluck
LARA de Jan-Ole Gerster

THE ART OF SELF-DEFENSE de Riley Stearns
YESTERDAY de Danny Boyle
GREEN BOOK de Peter Farrelly

 

 

 

- Consultez les règles de la LANTERNE MAGIQUE en cliquant ici.

 

- Consultez les règles du QUIZZ en cliquant ici.

 

SI VOUS VOULEZ CREER VOTRE BLOG, NE CHOISISSEZ PAS OVER-BLOG. DES BUGS TOUS LES JOURS !!!
------------------------------------

CELINE FAIT SON CINEMA

LES AUTRES INCONTOURNABLES DE CELINE

LA SAGA DES ETOILES FILANTES

D'AUTRES ETOILES FILANTES

LE VIEUX MONDE QUI N'EN FINIT PAS

LE BLOG DE D&D

MATIERE FOCALE

ARRET SUR IMAGES

WORLD COMMUNITY GRID

FREAKOSOPHY

AUJOURD'HUI J'AI APPRIS...

LA VIE ROCAMBOLESQUE ET INSIGNIFIANTE DE BRAD PITT DEUCHFALH

ART OF THE TITLE

LE TRIBUNAL DES BUREAUX

L'ETRANGE FESTIVAL

IMDB
 

 
 
 
Join the Blue Ribbon Online Free Speech Campaign
 
 
 
 
23 décembre 2017 6 23 /12 /décembre /2017 00:53

------------  LE GRAND REX  ------------
---------------  SALLE 4  ---------------

Vendredi 22 décembre 2017, 18h00
SANTA & CIE d'Alain Chabat

 

                Le Grand Rex est le témoin d'une époque révolue. Les plexes étaient alors des cinémas et ils fleurissaient un peu partout dans Paris. Le projet du Rex (puisque c'est ainsi qu'il s'appelait au départ) est un projet pharaonique. Et le plus étonnant est que ce plexe n'ait pas disparu. A ce titre il est un vestige qui n'en a pas l'apparence, un bâtiment qui a su rester vivace, un miniplexe incomparable dans tout Paris.
 

Sa monumentale façade art-déco s'est alliée depuis quelques années a des écrans lumineux qui passent des bandes annonces animées en continu, ajoutant au tumulte provenant de la circulation des grands boulevards. Tout cela se remarque de très loin, tel un marqueur de l'identité des quartiers parisiens. Situé en angle de rue sur une grande largeur, le Grand Rex est une figure imposante qui mérite son classement au titre de monument historique.
 

Malheureusement, son entrée est défigurée par plusieurs barrières qui servent à parquer les spectateurs en attente de leur séance. Une fois à l'intérieur, le hall où nous atterrissons nous laisse apercevoir l'immensité du lieu qui s'ouvre à nous. Au centre de ce hall, la caisse circulaire prend une place énorme si bien qu'il n'y a effectivement que peu de place pour tous les spectateurs. D'où les files d'attente à l'extérieur, stratégie pas vraiment heureuse un jour comme aujourd'hui qui mêle froid et pluie.
 

(Malgré les écrans lumineux, notons tout de même que le Grand Rex expose encore au dehors de grandes affiches papier des films à l'affiche. Voilà qui est bien à l'image de ce plexe qui allie classicisme et modernité.)
 

Dans la file d'attente de la caisse, c'est tout le contraire. Un souffle nous fait parvenir un air beaucoup trop chaud. Les personnes derrière nous s'en plaignent. L'endroit devient vite suffocant. Et comme il n'y a qu'une seule caissière, il faut compter plusieurs minutes avant d'obtenir notre ticket. Un ticket d'ailleurs fort sympathique, avec une forme originale, singeant les anciens tickets de cinéma. Voilà qui change des papiers carrés totalement anonymes imprimés sur du papier de mauvaise qualité qui sont trop souvent la norme. Au recto, une vilaine publicité pour le Hard Rock Café nous offre un Hot Fudge sundae pour tout achat d'un plat principal. Je lève les yeux au ciel ; malgré toute la serviabilité et la gentillesse qu'affiche la caissière, elle ne comprend rien.
 

Quittons cet endroit surchauffé. Avant d'arriver à notre salle, une autre personne déchire notre ticket et nous indique en bafouillant où nous rendre.
 

Le plexe est spacieux. La déco boisée diffuse ses notes accueillantes qui donnent du corps au lieu. Nous passons devant un énorme comptoir à sucreries qui réussit l'exploit de ne pas chercher à tout prix à nous attirer par ses promotions défiant toute concurrence ni par la mise en avant de produits marketés comme des voitures volées.
 

A cette heure le plexe est plutôt calme. Je me remémore pourquoi je ne viens quasiment plus dans ce plexe qui est pourtant plus attrayant que tous ceux exploités par les grands groupes réunis (Gaumont, U.G.C. etc.) Tout simplement parce qu'ici les films étrangers sont massacrés de la manière la plus officielle qui soit : la version doublée en français !
 

Une personne nettoie les pop-corns qui jonchent la moquette rouge. Un immense escalier attend les spectateurs qui doivent se rendre dans la grande salle. Sur la droite, plusieurs écrans LCD nous informent sur les prochaines séances des films programmés dans les salles 4 à 7. Pour arriver dans ce petit labyrinthe, il faut emprunter un couloir étroit. Lorsque nous y arrivons nous découvrons encore un comptoir à sucreries, plus petit celui-là, mais qui n'est pas en fonction.
 

Descendons dans cette salle 4. Ici, les pop-corns se coincent entre les sièges et les rebords des marches. Quelques bouteilles vides traînent par terre. Le garçon qui devait s'occuper de rendre la salle présentable entre après nous, tout étonné de nous voir ici. Il ramasse les quelques éléments qu'il trouve sans se préoccuper du pop-corn qui est une vraie plaie pour cette salle.
 

Prenons place et découvrons des sièges très confortables avec une tenue sèche et droite. Les dossiers des fauteuils sont très hauts. L'espace pour les jambes est suffisamment important pour ne pas gêner ni être gêné. La salle abrite environ 120 places et la dernière rangée contre le mur du fond compte six banquettes doubles.
 

L'écran affiche de belles dimensions même s'il est un peu trop près du mur de droite. Au plafond, une fuite d'eau a été réparée par un sagouin et ne passe pas inaperçue. L'image projetée est tout à fait dans les standards requis même s'il me semble que nous avons là du 2K et non du 4K. Le son, lui, est un peu plat et manque de subtilités. Pendant les bandes annonces, le volume sonore, lui, est beaucoup trop bas.
 

Un seul bloc lumineux indiquant la sortie de secours se situe en haut à gauche de l'écran. Mais si sa luminosité est assez faible, elle empêche une obscurité complète de la salle qui serait assez magnifique sans cela. Encore une fois, les lumières se rallument dès le générique de fin, ce qui n'est malheureusement pas surprenant. Et un doigt d'honneur, un, pour les séquences qui se trouvent dans le générique de fin. Encore faut-il s'intéresser un tant soit peu au cinéma pour savoir qu'avec Chabat il en reste toujours jusqu'à la dernière seconde. Et tant pis pour les spectateurs qui nous ont laissés seuls dans la salle !
 

Nous prenons notre temps pour sortir et constater qu'effectivement, ici, on prend son temps pour venir nettoyer la salle avant la prochaine séance. Ne soyons pas bégueules, cela vaut toujours mieux que l'employé(e) qui attend devant nous que la salle se vide, son éternel sac poubelle noir en bandoulière.
 

Une fois remontés dans le dédale de salles, nous constatons qu'il y a toujours aussi peu de monde à l'intérieur. Et c'est normal. Nous poussons une porte de sortie et nous heurtons à une file d'attente assez conséquente de personnes frigorifiées qui patientent en attendant de voir STAR WARS : THE LAST JEDI. Pour leur faire oublier le froid, la direction du Grand Rex a eu la grande idée de faire diffuser via des enceintes extérieures la bande originale de cette épopée. Malheureusement pas doublée en français. Voilà pourquoi ils font tous grise mine.
 

Sans se montrer totalement convaincant sur le plan de la convivialité, et sous des signes extérieurs de richesse qui pourraient l'apparenter aux stratégies des grands groupes, le Grand Rex sait user d'artifices plutôt bienvenus quoiqu'un peu roublards. Mais en ayant conservé son architecture et une partie de sa déco qui en font son originalité, il a su faire persister une âme accueillante de laquelle émane un potentiel qui pourrait pourtant faire de ce plexe un lieu à la fois populaire et cinéphile. A l'heure qu'il est la balance penche trop d'un seul côté sans qu'aucune volonté de la rééquilibrer ne soit à l'ordre du jour.
 

Détail qui a son importance, dans la grande salle, l'expérience du plus grand écran de France vous en coûtera 15 euros. Populaire, c'est bien le mot.

 


 

commentaires