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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 17:00

-------------  MAX LINDER  -------------

Lundi 30 janvier 2017, 14h00
LA LA LAND de Damien Chazelle

 

                Autant le dire tout de suite, le Max Linder est le plus beau plexe parisien. Cette salle porte autant l’héritage d’une histoire qui l’a vue traverser l’âge d’or des cinémas des Grands Boulevards, qu’elle a su s’adapter et se rénover pour miser sur le luxe, la sobriété et la qualité.
 

Aussi, je réserve ma venue dans cet écrin pour les soirées de gala, c’est-à-dire pour ces films qui se fêtent plus qu’ils ne se regardent. Or, j’ai déjà vu LA LA LAND. C’était mercredi dernier, le jour de sa sortie. J’avais alors opté pour le Pathé Wepler. C’est un choix qui peut paraître étrange tant ce plexe est parmi les moins attrayants qui soient, mais la diffusion de ce film se faisait en Eclair Color, et j’étais intrigué de découvrir la révolution annoncée par ce procédé. Ajouté au son Atmos, la salle 1 du Pathé Wepler délivrait ainsi une expérience unique absolument délicieuse, qui aurait pu arriver à nous faire oublier le froid polaire que nous fûmes obligés de subir sur le trottoir dans l’attente de nos billets, ou encore les innombrables déchets qui jonchaient plus que jamais le sol de ce plexe.
 

Point de cela au Max Linder, toujours très bien tenu. Lieu élégant sans verser dans l’ostentatoire, d’une architecture fort agréable et d’une décoration sans excès, il sait être à la fois accueillant et convivial.
 

Il dispose d’une très belle caisse old school qui se trouve entre la porte d’entrée et celle de sortie. Malheureusement, ce jour-là elle n’est pas fonctionnelle et il faut aller prendre les billets au comptoir qui se trouve à l’intérieur. Est-ce définitif ou bien est-ce une disposition prise pour éviter aux spectateurs d’être transis de froid lorsqu’ils se trouvent dans la file d’attente à l’extérieur ? Toujours est-il que le comptoir est l’endroit le moins plaisant du lieu. Pensez donc, c’est ici que se trouve toute la junk food qui a désormais envahi les plexes et dont le Max Linder n’a pas fait l’impasse. Il a juste le bon goût d’exhiber tout cela avec modération en évitant les couleurs trop vantardes et les écriteaux-promotions hideux.
 

C’est un jeune homme au look très parisien qui nous délivre notre ticket. Il n’est pas souriant pour un sou et plutôt hautain. Il fait exprès de ne rien regarder à droite puis à gauche, comme s’il n’était pas à ce qu’il faisait. Blasé. Parisien. Cliché.
 

Ce petit ticket carré plein de chiffres bizarres au recto, recèle un charme secret dès qu’on le retourne. Une affiche de film en petit format apparaît (SLEUTH de Joseph L. Mankiewicz). C’est le détail qui nous révèle que nous venons bien d’acheter du cinéma et non pas un quelconque bien de consommation.
 

Pour profiter du film, trois choix s’offrent désormais à vous : l’orchestre, plus haut la mezzanine et encore plus haut le balcon. Ensuite, tout n’est qu’une question de goût. Peu importe l’endroit choisi, on y voit toujours bien, la salle étant ingénieusement adaptée pour répondre aux exigences de chaque place. Généralement, je choisis la mezzanine car c’est à ce niveau que l’on se trouve pile poil dans l’axe du projecteur. Comme je ne me sens pas l’âme d’un aventurier aujourd’hui, j’opte à nouveau pour ce choix.
 

Pour une séance en début d’après-midi hors vacances scolaires, il y a beaucoup de monde dans la salle. Ce n’est pas plein non plus et il est encore l’heure de trouver une place correcte.
 

Strapontins suffisamment moelleux, confort épatant. Sublimes dossiers arrondis, mais pas assez hauts pour appuyer sa tête. Pour les personnes aux grandes jambes, l’espace est juste suffisant, mais loin d’être inconfortable.
 

Au rayon des blocs lumineux de secours, il faut en noter deux, chacun en bas de l’écran des deux côtés. S’ils sont assez visibles depuis l’orchestre, ils le sont beaucoup moins depuis la mezzanine car ils se trouvent cachés par un promontoire qui empêche une grande partie du public de la mezzanine d’être incommodé. Depuis le balcon ils sont même probablement invisibles. Par contre, les lumières qui se trouvent sur les marches des escaliers restent allumées pendant toute la séance et provoquent une luminosité très pénible. Il faut aussi mentionner que les lumières de la salle se rallument à peine le générique de fin commencé, ce qui est proprement inadmissible pour une salle de ce standing. D’autant plus que le public ne s’est pas levé tout de suite mais a attendu un bon moment avant de lever le camp.
 

Le Max Linder est un gage de qualité quant à la projection des films. La salle dispose d’un son THX assez merveilleux. L’image n’est pas en reste et est sûrement l’une des plus belles sur le circuit. Seulement voilà, depuis la projection en EclairColor au Pathé Wepler, la différence est flagrante. Je ne parlerai pas de révolution pour commenter ce procédé, mais il est certain qu’à côté l’image du Max Linder paraît légèrement plus terne, les couleurs semblent moins ressortir et le contraste à retravailler. L’EclairColor est une vraie réussite et on se demande comment cela se fait qu’aujourd’hui, avec des logiciels aussi puissants, on ne disposait pas encore d’une image de cette qualité. Mais ne rabaissons pas le Max Linder et redisons que l’image qui est proposée ici en 4K est parfaitement suffisante et qu’EclairColor ou pas, cela ne fait pas d’un mauvais film un bon film.
 

Pour une image de cette qualité, il fallait un écran exceptionnel et c’est avant tout pour cela qu’il faut aller au Max Linder. L’écran est absolument sublime et complètement stupéfiant avec ses 16 mètres d’ouvertures ! Ses côtés sont incurvés et cela pose un problème conséquent. En effet, l’image qui apparaît à l’écran est droite. Ce qui signifie que le haut et le bas de l’image sont parfaitement horizontaux, si bien que l’espace est plus important entre les coins de l’écran et l’image qu’entre le milieu de l’écran et l’image. D’autre part, cette projection a bénéficié d’un souci flagrant, et ce dès les bandes-annonces. L’image était placée un peu trop bas. Or, dû aux problèmes d’incurvation dont je parlais plus haut, le bas de l’image était perdu au centre de l’écran. Concrètement, nous avons pu voir pendant une publicité qu’une mention légale écrite en tout petit en bas de l’image, disparaissait en son centre alors que l’on pouvait voir le début et la fin de la phrase près des coins !
 

Etant le dernier à sortir de la salle, j’en profite pour remarquer que le Max Linder fait bien là où les gros plexes font mal : aucun employé ne surgit dans la salle avec un sac en plastique pour ramasser les diverses cochonneries laissés par les spectateurs. D’ailleurs, c’est bien simple, il n’y en a pas. Le sol est propre. Pas un seul pop-corn.
 

Petit tour par les toilettes qui, elles aussi, sont excellemment tenues.
 

En me dirigeant vers la sortie, je croise la file d’attente pour la séance suivante, qui se poursuit presque sur le trottoir. Personne ne râle. La plupart discute cinéma. C’est comme cela qu’on aimerait voir un peu plus de plexes.

 


 

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