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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 09:00

------  U.G.C. MONTPARNASSE  ------
---------------  SALLE 7  ---------------

Lundi 28 décembre 2015, 19h00
THE BIG SHORT d'Adam McKay

 

                Allez, direction le quartier Montparnasse qui regroupe plusieurs gros plexes. Aujourd’hui nous allons nous intéresser à l’U.G.C. Montparnasse avec ses jolies affiches horizontales en façade. Comme souvent chez ces grands groupes, le spectateur n’est pas très bien traité et le plexe du jour ne déroge pas à la règle, comme nous allons le voir.
 

Tout d’abord, impossible de rentrer dans le hall si vous n’avez pas vos billets. Et même si vous les avez, certaines séances trop fédératrices vous obligent à vous mettre dans la file d’attente qui se situe à l’extérieur, dans le froid si c’est l’hiver. Vous pouvez toutefois bénéficier d’une partie abritée, mais qui est surtout destinée aux bornes automatiques et à leurs utilisateurs. Je passe très souvent devant ce plexe et je peux vous assurer que les jours d’affluence, la file d’attente déborde sur le trottoir et d’une part, cela est source de conflit avec les passants et, d’autre part, il vaut mieux avoir prévu un parapluie les jours pluvieux.
 

Nous nous dirigeons vers la caisse qui se situe juste après avoir passé la porte d’entrée. Avec 5 personnes devant moi, il n’y a pas plus de place pour attendre à l’intérieur. Je me place donc précisément à l’entrée, tenant la porte ouverte pour les personnes qui viennent attendre dans mon dos. Je me trouve exactement entre la soufflerie d’air chaud au-dessus de l’entrée, et le froid du dehors qui me fouette le dos. En plus de cela, la file n’avance pas, la caissière est aux prises avec un couple qui n’obtient apparemment pas satisfaction. Le temps passe et les gens se pressent derrière moi, obligeant les responsables à ouvrir la seconde caisse qui était fermée jusqu’à présent. Quelques instants après, me voici en face d’une caissière qui fait gentiment son travail, plutôt avec le sourire, et qui me tend mon ticket en précisant que le film est diffusé en version originale sous-titrée en français. Mais, vous savez, pas une précision du type information complémentaire. Non, dans sa voix, cela sonne plus comme une sorte d’apitoiement compatissant. Presque une injonction à retourner dans le droit chemin. Cette inversion des valeurs est très humiliante, quasiment insultante.
 

Nous voilà maintenant autorisés à rejoindre la salle. Il faut d’abord passer le contrôle de sécurité, renforcé depuis les attentats. Je m’aperçois alors que cet endroit est le royaume des cordons de sécurité. Il y en a partout. La disposition de certains ne répond à aucune logique. Nous avons l’impression d’être parqués comme du bétail qui n’a comme choix possible qu’une seule destination.
 

Dans ce hall, il n’y a véritablement de place que pour les sucreries qui nous crient vertement dessus. Choix abusif, couleurs volontaires, odeur de pop-corn envahissante, rien n’est séduisant. Le peu d’espace restant est un espace détente fort mal investi puisqu’on n’y trouve que des banquettes marron sans dossier.
 

Sur le chemin qui mène à la salle 7, quelques photographies d’acteur(trice)s et de réalisateurs.  Mais des portraits (assez banals) qui datent d’à peu près vingt ans. Ceux qui tenaient alors la corde médiatique. Aujourd’hui, même s’ils restent toujours actifs, le paysage cinématographique a bien changé. De nouvelles têtes contemporaines manquent, Catherine Deneuve n’a plus du tout le même physique, Emir Kusturica n’est plus le chouchou d’antan etc. Tout cela aurait grand besoin d’être updaté.
 

Avant d’entrer en salle, nous faisons un petit détour par les toilettes. Chez les hommes : trois isoloirs. Mais on ne peut voter que dans deux. Celui du milieu n’est plus fonctionnel comme nous informe une affiche scotchée sur sa porte. A part cela, à 18 heures 50 ces toilettes ne sont pas aussi propres qu’elles devraient l’être. Elles sont même peu engageantes. Pourtant, sur la feuille qui répertorie les signatures des employés qui sont passés pour vérifier la propreté, et où il n’est pas question de passage à un horaire précis mais de tranches horaires, nous notons une signature apposée sur la tranche 18h-20h. Je prends quelques secondes pour m’interroger sur la pertinence d’un tel passage quand je lis ce qui écrit au début de la feuille : « Par un contrôle régulier, UGC tient à vous garantir la propreté de ses toilettes. Toutefois, si vous constatez le moindre désagrément, n’hésitez pas à nous le signaler. » C’était donc cela ! C’est bel et bien au spectateur à faire le boulot ! Le tarif horaire n’est toutefois pas stipulé…
 

En attendant, je pénètre dans la salle où se joue THE BIG SHORT. Elle n’a pas été plus nettoyée. Plein de pop-corn par terre. Jusqu’ici, dans les couloirs, la propreté nous a parue tout à fait sommaire. Là, il est clair qu’elle attendra le passage de la femme de ménage (avant la première séance du matin ?)
 

Cette salle 7 est très profonde et séparée en deux parties. La première partie, celle la plus proche de l’écran, compte le plus de rangées. Ces deux parties ne sont séparées que par un espace plus large entre deux rangées. Cette deuxième partie se situe sous un plafond plus bas. Je m’assois dans cet espace, au premier rang duquel je pourrai allonger mes longues jambes. Ce soir-là, la séance est complète. Comme l’écran est surélevé, il est difficile d’être gêné par la tête de celui qui s’est assis devant vous. Par contre, je vous conseille de prendre place dans la première partie. Là où je suis, l’écran paraît petit et il y a encore des rangées derrière moi. Mon siège n’est pas confortable du tout. Il semble émoussé par un trop grand passage de spectateurs. Et le dossier n’est pas assez haut pour appuyer ma tête. Pour y arriver, il faut que je m’engonce, ce qui est encore moins confortable.
 

La qualité de la projection n’est pas non plus au rendez-vous. La luminosité est très mal réglée. Très faible. Le volume sonore est du même acabit. Il est boosté pendant le film (même si ce n’est clairement pas assez), mais pendant les bandes-annonces il est carrément inaudible. Un bloc lumineux de sécurité qui indique la sortie de secours est également visible sur la droite, mais au niveau des sièges de la première partie. Si bien qu’il n’entrera pas dans votre champ de vision si vous êtes dans les tout premiers rangs. Un autre signale l’entrée par laquelle nous sommes arrivés au niveau de ma rangée, tout à ma gauche. Sa lumière, elle, est beaucoup trop forte, tant et si bien qu’elle inonde la salle.
 

Dans cette salle remplie, mon voisin de gauche est arrivé avec une énorme quantité de pop-corn qu’il a ingérée pendant tout le début du film. Il n’était pas le seul. Beaucoup de pop-corn à gauche, à droite, devant, derrière, plus loin là-bas, bref, c’est un concert et surtout une odeur immonde qui me révulse. Après avoir bien mangé, mon voisin de gauche s’est assoupi sur l’épaule droite de sa petite amie. La même à qui il n’a pas proposé de pop-corn. Et puis, après s’être bien reposé, il a consulté son téléphone portable, et a fini par passer la fin du film à souffler ostensiblement pour bien montrer sa joie d’être parmi nous. Un peu plus loin, des personnes que je n’entendais pas se sont faites rabrouées par un spectateur visiblement agacé par leurs discussions continuelles.
 

Les lumières de la salle ne préviennent pas quand elles se rallument. Dès la première seconde du générique de fin, elles vous explosent les pupilles et vous donnent l’ordre de déguerpir au plus vite. Je constate alors le triste spectacle que mon voisin de gauche a laissé. Dans les autres rangées ce n’est guère mieux. Décidément, la femme de ménage aura beaucoup de travail demain matin !.
 

Il est temps de rebrousser chemin et de partir par là où nous sommes arrivés deux heures plus tôt. Entre temps, le ménage n’a pas été fait dans les couloirs et la quantité de pop-corn écrasé sur la moquette s’est accrue. L’air frais du dehors est purificateur et nous fait oublier un plexe sans intérêt, d’une banalité affligeante, et qui n’offre même pas les services de base.

 


 

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