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-------------- L'ARLEQUIN -------------- Mardi 7 juin 2016, 20h30 |
L’Arlequin est un plexe qui cultive un certain goût du luxe vieillot. Entendons-nous bien, je ne dis pas qu’il garde une esthétique vieillotte. Il a été rénové et paraît encore tout neuf tant il est toujours bien entretenu. C’est plutôt dans l’omniprésence de ses miroirs et de ses dorures qu’il pourrait évoquer les vestiges d’une époque rendue kitsch. L’Arlequin flirte avec (surtout dans son hall d’accueil), mais n’est jamais kitsch. Tout au plus peut-on dire qu’il combine les aspects d’une génération ancienne avec celle d’aujourd’hui Or, ce n’est pas sur la modernité à proprement parler qu’est conçu tout l’espace. Je l’ai dit, c’est avant tout la mesure du chic et du luxueux, du classe et du guindé. Un système d’étoiles, somme toute. Ca sent le beau quartier, ça véhicule du cinéma d’art et d’essai, peut-être un peu trop bien sous tous rapports, en tout cas, un cinéma loin d’attirer une population prolétaire dans son acception la plus familière. Sa programmation est à l’avenant, d’ailleurs. Et même si la projection de ce soir est dédiée au Front Populaire, elle drague plus ouvertement les cinéphiles avertis que les classes laborieuses. Le spectacle se fiche de tout, Guy Debord nous avait prévenus !
Revenons-en à ce qui nous préoccupe. La dernière fois que je suis venu dans ce cinéma, c’était il y a bien longtemps. Orange organisait une soirée spéciale cinéma fantastique avec petits fours et grands moulins. Nous commencions par SUSPIRIA, puis SISTERS de Brian De Palma et cela continuait jusqu’au bout de la nuit avec je ne sais plus quels films. Et à chaque pause, la séance suivante perdait presque la moitié des spectateurs ! Déjà que nous n’étions pas nombreux ! Dans cette salle magnifique qui peut contenir jusqu’à presque 400 personnes, c’est à peine si nous étions une cinquantaine pour célébrer le bouquet Ciné Séries Max d’Orange, si mes souvenirs sont bons. Et les organisateurs avaient plutôt bien fait leur affaire. Ils avaient convié quelques blogueurs et autres cinéphiles en pensant pouvoir fédérer plus de curieux. Et c’est devant seulement une petite cinquantaine de paires d’yeux qu’arriva pour présenter le premier film, celui qui n’avait été annoncé nulle part : le grand Dario Argento himself, qui nous gratifia d’un bel échange avec le public sur l’œuvre qui nous était projetée. Alors même que la copie était dans un état déplorable. Du DVD projeté sur grand écran avec un bel effet d’escaliers ! Le total manque de respect. N’empêche que voir les couleurs SUSPIRIA sur grand écran ça vaut presque autant que 2001 : A SPACE ODYSSEY en 70 millimètres.
Eh bien, ce soir il n’y avait pas Dario Argento et encore moins Jean Renoir dans la salle, la copie était digne d’une belle restauration, mais le public était encore moins nombreux. Même les invités n’avaient pas fait le déplacement ! Le C.N.C. invitait quelques personnes pour le lancement du cycle « Le Front Populaire et le cinéma français ». Le tout pouvant se compter sur les doigts de la main. Le reste de la salle voyait s’étaler le public. Et c’est toujours triste une salle désertée. D’autant que celle-ci est vraiment splendide. Très vaste, bien agencée, un très bel écran quoiqu’un peu trop surélevé, mais peut-être étais-je trop près au troisième rang. Les strapontins sont agréables de douceur et très enveloppants. Une belle place pour les jambes, le fauteuil du voisin de devant gardant suffisamment ses distances. L’image est fort belle, même si le matériau du soir était ancien et ne permettait pas d’en profiter dans toutes ses nuances. En tout cas, elle permettait de s’apercevoir de la magnifique restauration du film. Le son, lui, était correct sans être ni trop vulgaire ni trop chichiteux. Il nous a montré que son calibrage suffisait à dépoussiérer convenablement un film de 1936.
Notons que les blocs lumineux de sécurité sont aussi de sortie. En général, il est difficile de les occulter mais ici, si vous vous placez parmi les premiers rangs, la belle largeur de la salle fera que vous pourrez les occulter de votre champ de vision. Les deux plus proches de l’écran se situant à droite et à gauche mais de manière très excentrée. Bien joué, l’artisan ! Seul bémol, l’entrée se fait à la gauche de l’écran et moi je préfère toujours quand le public entre par l’arrière, cela évite d’être la cible des regards qui s’ennuient en attendant le début du film. L’impudeur est la notion la plus éloignée du concept de salle de cinéma. Sinon on ne les baignerait pas dans l’obscurité.
Bref, nous sommes entre de bonnes mains à l’Arlequin. Tout semble prévu pour un maximum de confort de projection. Au même titre, le personnel est parfaitement à l’écoute. Les jeunes filles de l’accueil sont radieuses et d’une politesse notable. Même mon ticket d’entrée a la correction de révéler en son verso une image d’ALICE IN WONDERLAND version Disney. Notez que l’Arlequin dispose d’un hall assez grand (les miroirs amplifient cette impression) mais qui n’abîme jamais la cornée avec moult stands et autres panneaux publicitaires aux couleurs fanfaronnantes, qui veulent du mal à votre porte-monnaie. Quelques affiches de films remplacent joliment cette vulgarisation marchande.
Si le plexe dénombre 3 salles, la salle 1 est la plus grande. Juste avant d’y entrer se trouve un espace toujours connoté luxe et élégance (mais toujours dans le style sobre et raffiné, pas de décoration trop fofolle par ici) où un comptoir doit faire office de bar en temps normal. Aujourd’hui, les petits fours ne permettaient pas de juger de son utilisation.
Aller à l’Arlequin c’est toujours avoir l’impression de faire partie de ces esthètes un peu trop parisiens qui savent lever le doigt et avoir de grandes idées à dire tout haut à propos des films et du cinéma. C’est aussi avoir la certitude de pénétrer dans un lieu propre et excellemment tenu (les toilettes sont un exemple dont certains plexes feraient bien de s’inspirer). C’est une certaine idée du luxe et de la bienséance. Nous avons parfois l’impression d’arriver dans la salle de cinéma privée d’un hôtel de grande classe, et cela peut parfois faire oublier que c’est avant tout la qualité qui est recherchée à tous les niveaux. Nous nous y sentons bien à défaut de nous y sentir à notre place.
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- Toutes les salles par ordre de préférence :
- STUDIO 28
- LE BALZAC - Salle 2 - Salle 3
- L'ARLEQUIN - Salle 1
- FORUM DES IMAGES - Salle 30 - Salle 100 (I, II) - Salle 300 - Salle 500
- LOUXOR - Salle 1
- ETOILE SAINT-GERMAIN
- KATORZA - Salle 1
- GAUMONT CHAMPS-ELYSEES MARIGNAN - Salle 1
- LES 3 LUXEMBOURG - Salle 1 (I, II)
- 5 CAUMARTIN - Salle 1
- U.G.C. ODEON - Salle 3
- GAUMONT CHAMPS-ELYSEES AMBASSADE - Salle 6
- GAUMONT MISTRAL - Salle 5
- MK2 PARNASSE - Salle 3
- GAUMONT OPERA PREMIER - Salle 2 - Salle 5 - Salle 6
- GAUMONT OPERA FRANCAIS - Salle 10 - Salle 12
- MK2 QUAI DE LOIRE - Salle 3
- U.G.C. MONTPARNASSE - Salle 7
- PATHE WEPLER - Salle 1 - Salle 3 - Salle 8 - Salle 10 - Salle 12
- GAUMONT OPERA CAPUCINES - Salle 5
- U.G.C. CINE CITE LES HALLES - Salle 4 - Salle 6 - Salle 7 - Salle 9 - Salle 10 - Salle 11 - Salle 30 - Salle 31 - Salle 32.
- Toutes les salles par ordre de préférence :





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