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--------------- STUDIO 28 --------------- Dimanche 27 décembre 2015, 19h00 |
Voilà un cinéma absolument divin. Un véritable joyau aux pieds de Montmartre, livré dans un écrin sublime. Un exemple.
Le Studio 28 se situe dans une rue pentue qui donne un avant-goût du caractère villageois de Montmartre qui perdure à certains endroits. Le Studio 28 contribue à préserver cette vie de quartier. Le personnel du cinéma vous parle, vous informe, vous considère, se met constamment à votre service. Dans la salle, parmi les personnes qui rentrent certaines envoient un bonjour général à ceux qui sont déjà installés, des habitués se retrouvent, la plupart parlent de cinéma, l’ambiance est joyeuse.
Pourtant la devanture du cinéma ne paie pas de mine. Le hall n’est pas très grand, mais suffisamment pour abriter les personnes les jours de pluie. Nous y trouvons divers renseignements sur les films à l’affiche, des articles, des critiques. La programmation est exigeante sans être trop élitiste, et elle a le mérite de ne pas proposer le même film en continu. Plusieurs films par semaine, parfois en séance unique.
La caisse a été refaite et n’a pas gardé le charme des vieilles caisses d’antan. Plus moderne, mais bien intégrée à l’esthétique du lieu. Dans ce hall, un sapin de Noël a été dressé. Décoré avec beaucoup de goût. Au-dessus, un écran LCD plutôt discret diffuse des bandes-annonces. Et jamais de file d’attente à perdre patience. Jamais. La jeune fille de la caisse est particulièrement agréable. Franc sourire. Elle nous délivre un petit ticket carré pas très heureux, qui aurait mérité une affiche de film au verso, au lieu de proposer un espace publicitaire. Sur le comptoir, une petite pancarte, très joliment manuscrite indique que les ouvreuses sont rémunérées au pourboire. Nous le verrons plus tard, l’ouvreuse du jour est un ouvreur qui n’a pas l’air de bien gagner sa vie vu ce que les gens lui donnent. En fait, il faut être vigilant avec ce genre d’inscriptions car elles ne sont pas toujours vraies. Je ne sais pas comment cela fonctionne exactement au Studio 28, mais ce que je sais de la plupart des théâtres et cinémas qui mettent en avant ce genre de pratique, c’est que les ouvreuses ont un fixe qu’elles complètent avec les pourboires qu’elles divisent de manière égale. Avec des modalités qui peuvent varier d’un établissement à un autre. Je ne vais pas rentrer dans le débat avec ceux qui se demandent pourquoi donner de l’argent à une ouvreuse qui ne fait que déchirer un ticket, alors que son rôle originel était de nous placer. Sachez juste que si vous deviez donner un pourboire à une ouvreuse d’un grand circuit il n’aurait pas la même valeur que le même pourboire donné dans un cinéma tel que le Studio 28. Ici, les tarifs sont plus bas que la moyenne, les ouvreuses vous offrent un accueil, des informations, un sourire, une garantie de pouvoir compter sur elles, qui va au-delà d’un simple déchirement de ticket. Ce n’est ni du vol, ni une taxe, mais un service essentiel qui vaut bien un pourboire.
Ceci étant dit, nous pouvons passer la porte et rentrer dans ce couloir qui mène à la fois à la salle, au bar, au salon de thé ou au petit jardin d’hiver chauffé. Vous avez donc de quoi faire en attendant votre séance. Vous pouvez aussi flâner dans ce couloir où vous marcherez sur une moquette de très bonne qualité. Ici s’affichent divers objets et documents qui témoignent du vécu de ce lieu. Vous trouverez, entre autres, des livres signés de grands artistes qui passèrent ici, des empreintes de mains de personnalités du cinéma qui ont fait les grandes heures du Studio 28, des affiches de films, un livre d’or etc. Un endroit riche d’anecdotes où le cinéma est roi, tout ça savamment agencé pour en faire un endroit accueillant et profondément chaleureux. Nous pouvons aussi y trouver une petite boîte qui invite le public a voter pour le film qu’il a envie de revoir sur grand écran au mois de janvier. Tout se jouera entre A BOUT DE SOUFFLE et PIERROT LE FOU. Enfin, une belle banquette en velours rouge est à la disposition de ceux qui ne veulent pas attendre debout.
Et puis, les spectateurs de la séance précédente sortent et notre file d’attente avance. L’ouvreur nous parle du film en déchirant les billets. Il est très poli, très enthousiaste, très sympathique.
La salle est toujours aussi splendide ! Murs bleus et rideau rouge qui se ferme entre les publicités et le film. Mais ce qui fait la différence, l’originalité et la réputation de cette salle, ce sont les magnifiques luminaires dessinés par Jean Cocteau, qui ornent les murs. Les abat-jours ressemblent à des chapeaux de lutins et nous avons l’impression que l’ensemble forme des tiges et des feuilles qui sortent directement du mur. Ils sont immenses, colorés, insolents, et confèrent à cette salle un côté poétique, presque magique. C’est en grande partie grâce à eux que le Studio 28 possède la plus belle salle de cinéma de Paris.
Les 170 places sont des strapontins rouges d’une tenue irréprochable. Ils semblent neufs et quasiment pas usés par le temps et les spectateurs. Ce sont les plus confortables dans lesquels je me suis assis au cinéma. Le dossier est très grand et permet d’appuyer sa tête en arrière. Par contre, mieux vaut ne pas avoir une personne devant soi pour ne pas être gêné par une coiffure trop proéminente. La place pour les jambes est parfaite. Et aucune crainte d’être embêté par une personne qui frappe votre dossier par inadvertance.
Parmi les défauts ostentatoires, les extincteurs sont très mal placés, juste des deux côtés de l’écran, à mi-hauteur. De plus, un bloc de sécurité indiquant la sortie de la salle se situe sur la droite de l’écran. Enfin, de nombreux autres blocs lumineux disposés tout en hauteur, diffusent une lumière trop importante et empêchent de bénéficier d’une belle obscurité. Ca, c’est vraiment dommage d’autant qu’ils sont tout à fait dispensables.
La séance débute à l’heure. Les publicités sont peu nombreuses. Le public se comporte bien. La projection est d’une qualité optimale. La diffusion se fait en 4K, d’ailleurs c’est la première salle art et essai de Paris à s’être équipé de cette technologie. L’image est extraordinaire. Un vrai plaisir couplé à un son bien équilibré. Les lumières de la salle ne se rallument que vers la fin du générique. Et sur une salle remplie aux trois quarts, seul un couple part avant. Comme quoi, les spectateurs peuvent aussi apprendre à apprécier un générique.
En partant, l’ouvreur ne manque pas de nous dire au revoir. Une partie du public continue à discuter ou à regarder les divers documents parsemés dans ce lieu. Il y a là un vrai public de fidèles et de passionnés. Ce qui est sûr c’est qu’on se plaît à rester dans ce qui est le plus vieux cinéma art et essai de Paris mais qui n’a rien de poussiéreux. Au fur et à mesure des années, il a su s’adapter aux modes et aux innovations technologiques, tout en composant avec les éléments qui ont fait son histoire, et en donnant finalement vie à un lieu où tout est centré autour du cinéma, du spectateur et de la passion. La richesse de ce lieu est unique et rien ne le résume mieux que la phrase de Cocteau : « La salle des chefs-d’œuvre. Le chef-d’œuvre des salles ».
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- Toutes les salles par ordre de préférence :
- STUDIO 28
- LE BALZAC - Salle 2 - Salle 3
- FORUM DES IMAGES - Salle 30 - Salle 100 (I, II) - Salle 300 - Salle 500
- LOUXOR - Salle 1
- ETOILE SAINT-GERMAIN
- KATORZA - Salle 1
- LES 3 LUXEMBOURG - Salle 1 (I, II)
- 5 CAUMARTIN - Salle 1
- GAUMONT CHAMPS-ELYSEES AMBASSADE - Salle 6
- GAUMONT MISTRAL - Salle 5
- GAUMONT OPERA PREMIER - Salle 2 - Salle 5 - Salle 6
- GAUMONT OPERA FRANCAIS - Salle 10
- MK2 QUAI DE LOIRE - Salle 3
- PATHE WEPLER - Salle 1 - Salle 3 - Salle 8 - Salle 10 - Salle 12
- GAUMONT OPERA CAPUCINES - Salle 5
- U.G.C. CINE CITE LES HALLES - Salle 4 - Salle 6 - Salle 7 - Salle 9 - Salle 10 - Salle 11 - Salle 30.
- Toutes les salles par ordre de préférence :





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