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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 18:45

------------  PATHE WEPLER  ------------
---------------  SALLE 12  ---------------

Lundi 21 décembre 2015, 22h20
COMMENT C'EST LOIN d'Orelsan

 

Les grandes heures du Pathé Wepler, c’est reparti !
 

Moi qui croyais que ce lieu s’était embourgeoisé, moi qui commençais à repenser à ses heures les plus sombres avec une nostalgie dépourvue de regrets, me voilà rassuré quant au statut de ce plexe où on y croise toujours tout ce qu’il ne faut pas faire.
 

En premier lieu, il ne faut pas faire comme si on ignorait que Noël approche à grands pas. C’est dans 4 jours. Et qui dit Noël dit vacances scolaires. Ne jamais aller au Pathé Wepler sans regarder son agenda ! Sans quoi vous pourriez très vite déchanter et voir arriver une horde de jeunes bien décidés à prendre du bon temps. Ne choisissez pas non plus un film calibré pour eux, pas non plus un film qui parle de musique, pas non plus avec des rappeurs, surtout pas du rap hardcore, et encore moins un rappeur irresponsable qui vocifère injures et insanités, et véhicule des images sexistes, homophobes et bêtement provocatrices. Si vous cumulez toutes ces maladresses, c’est l’accident assuré.
 

Le jeune du Pathé Wepler qui sort en groupe a l’amusante habitude de se comporter comme à la maison (la vôtre, bien sûr, dans la sienne il n’oserait même pas le quart). Ce soir-là, dans une salle de 61 places, il l’envahit de moitié. Il arrive par petits groupes dont certains sont déjà très excités dès les bandes-annonces. Dans cette salle aux petites dimensions, tout jeune indiscipliné dérange n’importe quel spectateur. Nous en arriverions à oublier les détritus qui tapissent le sol et qui n’ont pas été ramassés après les projections de la journée.
 

Le jeune de 2015 est bruyant. Il parle fort, rit plus que de raison, se fait remarquer et a probablement pris de l’illicite auparavant. Le jeune de 2015 aime à raconter les bandes-annonces, à réciter leurs répliques avant qu’elles n’arrivent. Nous pouvons en déduire que le jeune de 2015 va très souvent au cinéma. C’est sûrement ce qui l’empêche de rester au contact de ses parents pour parfaire son éducation.
 

La séance débute et c’est parti pour le son et lumières ! Ca envoie des textos sur la gauche. Sur la droite, ça surfe sur internet. Réception de messages sur la gauche. Pas de bip sonore, remplacé par la lumière de l’Iphone qui scintille et éclaire une partie de la salle. Un effet qui réussit à faire mieux que l‘effet lumineux des blocs de sécurité qui s’y étaient mis à deux, l’un sur l’autre. Un pour les toilettes, un autre pour la sortie, et dont la luminosité dégagée paraîtrait presque préférable.
 

Ca chuchote, ça commente, ça essaie (sans trop forcer) de contenir ses rires, jusqu’à ce que ça se mette à dos la partie de la salle qui est venue là pour voir un film ou passer un moment agréable avec sa petite amie. Le jeune se tiendra mieux de tous côtés, mais sa provocation légendaire ne le fera pas désactiver la lumière de son Iphone, qui continuera à illuminer la salle par intermittence. Il aura alors tout le loisir de s’accommoder d’une qualité de projection passable, avec une luminosité un peu faiblarde et un volume sonore qui aurait pu booster les watts. Engoncés dans nos fauteuils (toujours confortables dans ce plexe), nous avons apprécié l’espace nécessaire à notre confort pour pouvoir nous installer convenablement. Mais ne vous attendez pas à ce que la pénombre demeure pendant le générique de fin. Après la virgule du générique, dès que les premiers noms apparaissent, la lumière revient très brutalement (attention les yeux !), et fait fuir derechef le jeune de 2015.
 

En sortant, nous constatons les dégâts faits dans la salle. Cette fois, aucun employé ne se précipite pour les ramasser. Dans le reste du plexe, ce n’est guère mieux. Sortie de la salle, escaliers et hall sont parsemés de saletés et de papiers. Que ce soit de la propreté ou du cinéma en général, ils ont une drôle de conception d’à peu près tout, au Pathé Wepler.

 


 

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