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------------ PATHE WEPLER ------------ Mercredi 25 novembre 2015, 14h00 |
14 heures en semaine, c’est une chouette heure pour aller au cinéma. C’est une heure très « Nouvelle Vague », où l’insouciance et la liberté sont les ressorts instinctifs d’une visite en moins de 10 minutes au musée du Louvre, ou d’une chorégraphie imposée en plein bistro. Tout est possible. Naviguer de concert ou s’essayer aux lapalissades. C’est la Nouvelle Vague qui renferme les personnages les plus adultes du cinéma français. La régression oublie le Moi. Et aller au cinéma à 14 heures c’est le meilleur moyen de sentir le temps qui passe.
D’autant qu’à cette heure-ci, il n’y a pas foule au toujours peu attractif Pathé Wepler. Côté place de Clichy, les grandes portes vitrées de la devanture sont recouvertes de publicités autocollantes, ce qui rend quasiment impossible la vision à l’intérieur du plexe. Je n’avais jamais remarqué à quel point cela rendait sinistre cette façade par temps de pluie.
Je n’ai pas le temps de m’y attarder, la file n’est pas une file et c’est déjà à moi de réclamer ma place à la jeune et jolie caissière qui me la tend derechef de manière très aimable et très accueillante.
Au dos de mon billet, je trouve une publicité pour le cinéma des Fauvettes. Pour ceux qui ne le savent pas, il s’agit d’un cinéma récent puisqu’il a ouvert en début de mois, à Paris, du côté de la place d’Italie. Etonnante cette publicité, croyez-vous ? Point du tout. Puisque derrière tout cela se cache Jérôme Seydoux qui détient EuroPalaces, la société qui gère le Pathé Wepler et les Fauvettes (entre autres). Ce dernier n’étant d’ailleurs pas un nouveau cinéma bâti dans le XIIIème arrondissement, mais une rénovation de l’ancien Gaumont Gobelins. Je n’y ai pas encore mis les pieds, mais pour une valeur estimée entre 8 et 9 millions d’euros, nul doute qu’il doit scintiller très luxe. Et, cerise sur le gâteau, ce petit écrin est destiné à l’exploitation de films restaurés. En soi, une initiative qui serait parfaite s’il n’y avait une ombre au tableau. Si cette rénovation ainsi que la fondation Jérôme Seydoux-Pathé non loin de là, n’avaient été mises en balance avec la fermeture de ce qui fut en son temps probablement la plus belle salle parisienne : le Gaumont Grand Ecran Italie, dont voilà 10 ans que nous avons fait le deuil. Une négociation rondement menée entre EuroPalaces et les pouvoirs publics alors même que le Gaumont Grand Ecran Italie faisait des bénéfices.
Bref, nous revoici dans ce vantard de Pathé Wepler, sans âme, sans vénusté et sans lettres de noblesse. A peine à l’intérieur, tout n’est qu’agression visuelle, vente forcée et prise d’otage permanente, de la décoration qui ne jure que par couleurs tape-dans-l’œil, au comptoir à sucreries qui vous tient en joue dès votre arrivée, en passant par les multiples cordons de sécurité qui vous parquent comme du bétail.
Un jeune homme d’humeur agréable déchire notre ticket et nous indique la salle 3. Le hall est désert, si ce n’est deux vigiles qui se tiennent devant le comptoir suscité et nous regardent entrer d’un air inquisiteur.
La salle 3 est accessible aux handicapés par un ascenseur pas forcément très visible. Pour les autres, vous pouvez vous rendre au premier étage soit par l’escalier soit par l’escalator adjacent (what the fuck ?). A cet étage se trouve la salle 1. Celle qui nous concerne est mitoyenne de la salle 2, que nous trouvons après avoir monté quelques nouvelles marches. Cette fois-ci, les architectes du Pathé Wepler n’ont pas jugé utile de les coupler avec un escalator. Pourquoi ? Certaines logiques résonnent dans le vide…
Nous entrons dans la salle 3 par le côté droit de l’écran, et donc, vous l’aurez compris, vous vous retrouvez face au public pour aller choisir votre place, chose toujours très incommodante. Ce jour-là une dizaine de personnes sont éparpillées dans la salle et, en arrivant tout juste à l’heure nous avons encore toute latitude de choisir la place qui nous convient le mieux. Je vous conseille d’éviter d’aller trop au fond car un bloc de sécurité au fond à gauche émet une lumière qui risque d’être fort dérangeante au cours de la projection. Les places du milieu sont aussi les plus intéressantes pour une meilleur vision de l’écran (on y voit à peu près bien partout), mais évitez les places trop sur les côtés, car là vous serez gênés par les guirlandes lumineuses qui signalent le bord des marches qui encadrent les deux côtés de la salle. Guirlandes rouge vif qui restent allumées de manière très voyante pendant tout le film.
Un autre bloc de sécurité est particulièrement insupportable dans cette salle. Il s’agit de celui qui surplombe la porte par laquelle nous sommes entrés. Si vous avez tout bien suivi jusque-là, vous aurez compris qu’il est donc placé immédiatement à côté de l’écran en bas à droite. Si bien que sa lumière doucement orangée vient baver sur l’écran à cet endroit-même que je viens de décrire. En plein film cela se distingue très nettement dans les parties sombres. Comment peut-on à ce point accepter d’avoir si peu de jugeote et une aussi faible exigence à apporter quant à la qualité de projection d’un film ? Ce plexe fait décidément froid dans le dos !
D’un autre côté, il faut mentionner que tout n’est pas négatif ici. Les fauteuils sont de vrais fauteuils et non pas des strapontins. Et pas du moelleux sans forme comme souvent chez U.G.C. mais plutôt une tenue ferme et de port royal. Les sièges sont larges, le dossier très haut, et vous avez toute la place nécessaire pour vos jambes.
Un peu trop proche du plafond, l’écran dispose d’une belle superficie et le volume sonore est très bien calibré. Par contre, la luminosité est en sous-régime, tant et si bien qu’il faut tendre l’œil pour distinguer toutes les subtilités d’un segment de film sombre ou sous-éclairé
Soulignons aussi l’imbécilité des lumières qui se rallument à peine le générique de fin apparu à l’écran. La salle baigne dans une luminosité qui empêche de voir clairement ce qu’il se passe à l’écran, et il nous faut un peu de temps pour adapter notre vision et comprendre que nous ne bénéficierons pas du magnifique générique composé d’images rougeâtres complètement affadies. Qui plus est, d’habitude lorsque les lumières reviennent pendant le générique, leur retour se fait graduellement. Point de cela dans cette salle. Elles surgissent comme le claquement d’un fouet, sèches et abruptes. Merci pour les yeux !
Et ce n’est pas fini. Au même moment (nous ne l’avions pas encore vu), un autre bloc de sécurité placé au-dessus de celui en bas à droite de l’écran, se met à clignoter alors qu’il était resté muet jusqu’à présent, ce qui explique le fait qu’il était passé inaperçu. Il est plus volumineux que celui au-dessus duquel il se trouve, mais indique tout aussi bien la sortie. Oui, oui, vous avez bien lu : deux blocs de sécurité pour indiquer la même chose ! Au moins, nous pouvons nous consoler et sortir en observant qu’aucun membre du personnel ne s’est introduit pendant le générique de fin, pour recueillir avec sa fameuse poubelle portative, les déchets des spectateurs peu scrupuleux de respecter le lieu où ils se trouvent. Le contraire est pourtant la règle dans ce lieu
Les portes de la salle étant franchies, nous devons faire le chemin en sens inverse de notre arrivée et repasser devant l’entrée de la salle 1. Tout ce parcours est entravé de pop-corn qui jonche le sol. Et… personne. Par contre, un cordon de sécurité a bien été installé pour nous interdire de sortir par où nous sommes arrivés, et nous contraindre à utiliser les escaliers de secours, glauques et nauséeux. Nous ne risquions pourtant pas de déranger ni personnel ni spectateurs puisqu’aucun des deux n’est présent.
C’est à peu près pour toutes ces raisons que ce plexe ne peut être recommandé, peut-être aussi parce qu’il pourrait vous faire remettre en question mon affirmation qui ouvrait cet article. 14 heures, est-ce vraiment le meilleur moment pour aller au cinéma ? Sachant que c’est à cette heure précise que les grands fauves vont boire, que les tribus les plus malveillantes sortent et viennent se terrer à l’abri du soleil dans ces endroits climatisés. Facilement identifiables à leur tenue et à leur sans-gêne bien rôdé, ils discutent entre eux à haute et intelligible voix, parfois pendant le film (je dois avouer que ça n’a pas été le cas concernant cette séance), et vont jusqu’à se placer pile poil devant vous alors que la salle est quasiment vide (je l’ai échappée belle à un siège près, mais ma voisine de rangée n’eut pas cette chance). Et quand vous croyez qu’ils vous laissent enfin en paix, ils se font plus redoutables que jamais et font vrombir la salle de leur cri tonitruant : le ronflement. Certains les appellent les vieux. Personnellement, je crois qu’ils sont plus jeunes qu’ils ne veulent le faire croire. Pour être « no futur » à ce point et se permettre des bassesses aussi réjouissantes, il faut être sacrément punk dans l’âme. Et des punks vieux, ça n’existe pas.
Quoi qu’il en soit, le Pathé Wepler est décidément un endroit peu fréquentable et pourtant très malfamé.
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- Toutes les salles par ordre de préférence :
- LE BALZAC - Salle 2 - Salle 3
- FORUM DES IMAGES - Salle 30 - Salle 100 (I, II) - Salle 300 - Salle 500
- LOUXOR - Salle 1
- ETOILE SAINT-GERMAIN
- KATORZA - Salle 1
- LES 3 LUXEMBOURG - Salle 1 (I, II)
- GAUMONT MISTRAL - Salle 5
- GAUMONT OPERA FRANCAIS - Salle 10
- GAUMONT OPERA PREMIER - Salle 2
- PATHE WEPLER - Salle 1 - Salle 3 - Salle 8 - Salle 10
- MK2 QUAI DE LOIRE - Salle 3
- U.G.C. CINE CITE LES HALLES - Salle 6 - Salle 10
- GAUMONT OPERA CAPUCINES - Salle 5.
- Toutes les salles par ordre de préférence :





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