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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 08:00

---------  MK2 QUAI DE LOIRE  ---------
----------------  SALLE 3  ----------------

Mercredi 15 juillet 2015, 10h10
LOVE de Gaspar Noé

 

Ah, les cinémas MK2 ! A l’origine : Marin Karmitz, chantre du beau cinéma, le cinéma pur, le cinéma exigeant et noble. C’est-à-dire le bien nommé cinéma d’art et d’essai, devenu tout autant un business à part entière. Pas étonnant que Marin dressa ses cinémas pour en faire des concurrents aux ogres Gaumont et U.G.C. Marin ne vaut pas mieux, c’est donc en toute logique que ses plexes ressemblent à ceux des mastodontes précités.
 

Concernant ce MK2 Quai de Loire, pour y accéder, il va vous falloir le différencier du MK2 Quai de Seine. Si vous ne les connaissez pas, il faut vous renseigner auparavant afin de vous éviter la déconvenue de les confondre. En effet, si vous vous méprenez et que vous vous rendez au MK2 Quai de Seine, la personne de la caisse vous indiquera gracieusement que le MK2 Quai de Loire se situe juste en face. Seulement pour s’y rendre, il ne suffit pas de traverser la rue et de passer sur le trottoir d’en face, puisque ce n’est pas une rue qui les sépare, mais le canal de l’Ourcq ! Il vous faudra donc contourner la rotonde ou emprunter la passerelle qui se trouve un peu plus avant. Rajoutez donc à votre périple environ 5 minutes.
 

Ce cinéma bénéficie d’un emplacement particulièrement appréciable. La possibilité de se trouver en terrasse face au canal de l’Ourcq, sans être agressé par le va-et-vient des voitures qui passerait dans une quelconque rue, lui offre une plus-value indéniable surtout en plein été. A cette heure-ci, il n’y a quasiment personne. Dans le cinéma, c’est le désert total. Je n’y trouve que le caissier qui me demande avec son accent méridional de m’acquitter de la somme de 9,50 euros. Le matin la séance est à 6,50 euros, mais il faut rajouter 3 euros de racket pour avoir droit aux lunettes 3D avec la petite lingette nettoyante qui va bien. Le cinéma est vraiment devenu hors de prix. Vu le nombre de films qui sortent par semaine, ce devrait être le contraire pour pousser les gens à y aller plus souvent, pour les inciter à découvrir d’autres univers. Au lieu de cela, on préfère les inciter à acheter des cartes d’abonnement. Tu vois, Marin, tu ne vaux pas mieux.
 

Personnellement, j’aime bien aller au cinéma le matin. Cela me rappelle mes premières années à Paris pendant lesquelles cela m’arrivait régulièrement. Je payais 22 francs (3,35 euros). Certes, les films n’étaient pas en relief. Et les MK2 s’appelaient alors 14 Juillet. Une autre époque, tout ça.
 

Le ticket qui m’a été remis comprend également une entrée valable pour l’exposition Piaf à la Bibliothèque nationale de France. Cela m’en soulève une sans bouger l’autre, mais l’attention est charmante.
 

Me voilà engagé dans ce cinéma où la salle 3 se situe à l’étage. Pas compliqué à trouver. Je prends l’escalier alors qu’un ascenseur très visible est aussi disponible. Ce qui se dégage de ce lieu c’est sa grande froideur. On a l’impression de déambuler dans des locaux d’une entreprise. Les grandes vitres ont été privilégiées pour mettre en valeur l’endroit où est venu s’implanter le MK2. Mais il n’a aucune âme. Tout est impersonnel. On pourrait prendre des photos et les montrer à des personnes sans qu’ils ne se doutent qu’il s’agit d’un cinéma.
 

Après nous avoir délivré notre ticket, le caissier nous a demandé de patienter avant l’ouverture de la salle. Sans plus d’explications. Etrange. La séance est prévue à 10 heures 10. Nous entrons dans la salle à 10 heures 16.
 

Première séance du film. 6 spectateurs. Cela n’augure rien de bon pour la carrière du film. De toute façon, c’était joué d’avance puisqu’il n’a eu droit qu’à 7 salles dans Paris. En tout cas, pas de problème pour trouver une place dans la salle. A priori on peut s’asseoir n’importe où, tous les sièges sont bien placés même si ceux du milieu sont plus prisés. Attention cependant au dossier devant soi. Les sièges sont très rapprochés et les grandes jambes vont encore être mises à mal. Par contre, le dénivelé entre les rangées est très important si bien que vous ne serez jamais gênés si la personne assise devant vous est trop grande.
 

Les lumières de la salle sont étrangement basses. Peut-être parce que les bandes annonces ont déjà commencé. Tout à coup, un détail attire mon attention en haut à gauche de l’écran. Dissimulée sous l’aspect d’un projecteur mais assez visible si le regard s’évade de l’écran, est placée face au public une caméra de surveillance qui nous filme probablement au nom de la sacro-sainte sécurité et plus vraisemblablement pour surveiller les actes de piratage. Encore une fois, c’est toi, camarade spectateur, qu’on montre du doigt et qu’on soumet à la peur du gendarme. Il est parfois des preuves plus flagrantes que celles qui sont valables dans une cour de justice. Par cet acte, la direction de MK2 vous lance au visage qu’elle ne vous accorde pas le moindre respect et que vous n’êtes pas grand-chose à ses yeux, tout juste bon à donner votre argent, et si c’est avec une carte de fidélité c’est mieux. Quel manque d’élégance et de courtoisie !
 

Nous voilà donc bien installés dans des sièges un peu raides mais qui feront l’affaire. Prêts pour la projection (ceux qui ont vu le film comprendront, les autres viennent de comprendre). A l’écran, un carton nous demande de bien vouloir nous parer de nos lunettes 3D. Et là, c’est la catastrophe. Je ne vais que très rarement voir les films en relief, ayant très vite compris le sens de l’arnaque, et donc je me demande si le problème rencontré est spécifique à tous ces films ou si cela vient uniquement de cette salle. Pendant les bandes annonces il ne m’a pas semblé que la luminosité était défaillante, pas plus que d’habitude, je veux dire, pourtant, dès les lunettes revêtues l’image devient extrêmement sombre au point qu’il faut forcer l’attention et le regard. Qui plus est les couleurs les plus vives manquent d’éclat et c’est toute la photographie de Benoît Debie qui se trouve altérée par cette sous-alimentation générale. C’est quasiment un autre film qui nous est proposé. Peut-être que cela est dû à la mauvaise qualité des lunettes ou de l’écran. Je ne saurais le dire. En tout cas, le film gagnerait à être vu en 2D pour apprécier sa magnifique photographie. D’un autre côté la 3D est une composante essentielle de la mise en scène et il est difficile de l’imaginer sans.
 

Je remarque que la climatisation fait beaucoup de bruit. Cela dénature profondément le son du film qui baigne dans une ambiance généralement calme.
 

Et ce n’est pas tout, ces gros blocs de sécurité lumineux qui sont la plaie de quasiment toutes les salles de cinéma, sont encore ici disséminés par un ingénieur qui n’est probablement pas fier de ses diplômes. Celui de la sortie de secours est placé en bas à droite de l’écran. Logique, c’est là que se trouve la sortie de secours. Le problème c’est qu’on ne peut l’occulter de son champ visuel pendant tout le film. Et puis, un second bloc très lumineux se trouve derrière nous, au-dessus de la porte par laquelle nous sommes rentrés. Et celui-ci à l’énorme désavantage d’être si puissant qu’il baigne la salle de tous ses watts. On a l’impression d’être au clair de lune ! Et c’est particulièrement désagréable pendant les scènes sombres, déjà qu’avec les lunettes…
 

A la fin du film, la lumière se rallume dans la salle dès que le générique apparaît à l’écran. Impossible de profiter du (très bon) générique et de sortir tranquillement du film, alors que ce serait particulièrement nécessaire. Et en plus de cela, trois minutes avant la fin du film, en pleine scène d’intimité, un membre du personnel a ouvert la porte du fond qui fait un grand bruit, et se tient prêt pour récupérer les lunettes que les spectateurs ont très envie de voler, forcément. De toute façon, qui s’attendait encore à une quelconque marque d’estime ?

 


 

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