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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 08:00

-----------------  LOUXOR  -----------------
----------------  SALLE 1  ----------------

Mardi 28 avril 2015, 21h30
TAXI de Jafar Panahi

 

Ouvert il y a tout juste 2 ans, le Louxor est redevenu le cinéma qu’il était dans les années 20. A peu de choses près. Alors qu’il fut laissé à l’abandon pendant plusieurs années, il est devenu la propriété de la Mairie de Paris en 2001. Entièrement rénové, il dispose aujourd’hui de 3 salles. Le style Egypte antique qui en fait sa particularité est directement issu de ses origines, alors qu’il était très en vogue à cette époque. C’est l’architecte Philippe Pumain qui fut chargé de redonner au lieu son aspect initial. Et c’est vrai que sa façade ne peut manquer d’attirer votre regard quand vous passez au carrefour Barbès. Au demeurant, il ne ressemble pas à un cinéma contemporain et je dirais même qu’il ne ressemble pas du tout à un cinéma. Il faut se retrouver sous son entrée ouverte aux quatre vents pour voir 3 écrans LCD diffuser la programmation du lieu. Nous y trouvons aussi les autres éléments nécessaires pour tout savoir sur ce qu’il s’y passe (programmes, articles de journaux, tarifs etc.) Puis, vous entrez dans le hall. Petit hall. Deux caissières. Tiens, la nôtre nous demande de faire l’appoint. Nous avons le temps de discuter brièvement, de plaisanter. Attention quand même, le Louxor c’est de la grosse machine : ça bosse avec des walkies-talkies à la taille ! Mais ça respecte très clairement le client ; le personnel se déplace pour discuter aussi bien pour un litige que pour une simple information ; et avec tout cela ça garde le sourire et la bonne humeur qui sont de mise. Effectivement, nous avons clairement l’impression que tout cela date d’un autre temps.
 

Nos places en poche, nous sommes très nettement en avance. Qu’à cela ne tienne, le cinéma a renoncé au stand obligatoire de sucreries cancérigènes, et préféré construire un bar au troisième étage. Riche idée, d’autant qu’il se combine avec une terrasse merveilleusement orientée qui permet de profiter des derniers rayons du soleil à cette heure-ci.
 

Bon, le personnel du bar est un peu débordé mais reste fair-play, et les tarifs me semblent un peu trop élevés. Les places sont très limitées, mais le tout est suffisamment bien agencé pour y passer un moment agréable et convivial. Et puis ce n’est pas tous les jours que l’on peut croiser Olivier Assayas et Danièle Thompson ! Vous comprenez maintenant l’importance d’une vraie salle de cinéma qui soit un lieu de rendez-vous ?
 

Allez hop ! C’est l’heure. Direction la salle 1, seule des trois à porter le nom d’une personne égyptienne connue (Youssef Chahine). Les deux autres salles attendront que des personnalités égyptiennes de renom se fassent connaître.
 

Le moins qu’on puisse dire c’est que la salle ne manque pas de personnalité. La déco est refaite à l’identique avec cette dominante d’art naïf qui ne me séduit guère. On se croirait dans un jeu pour enfants grandeur nature. Seul le plafond très années 30 paraît plus attrayant, dans une facture moins chargée. La conception des strapontins est assez chouette : bois et velours rouge. Ils sont savamment alignés sur les mêmes lignes, et avec leurs formes géométriques très anguleuses, ils revêtent un caractère symétrique post-stalinien qui me plaît beaucoup.
 

La salle est immense si bien que vous pourrez y trouver un orchestre et deux balcons. Forcément, le nombre de sièges a été revu à la baisse pour ne plus atteindre qu’une jauge de 342 (contre 1195 en 1921). Optons pour le premier balcon. Vu l’emplacement de l’écran c’est probablement là que l’on est le mieux placé. Il est en effet à notre hauteur, il faut même baisser un peu la tête pour les rangs les plus élevés. Et donc, c’est ici que les personnes se dirigent en premier. Le premier balcon est correctement rempli alors que le parterre est déserté. Malgré le soin apporté à tout cela, je trouve que les fauteuils ne sont pas très confortables. Un peu trop étroits et avec un dossier un peu trop vertical. Le dénivelé lui est suffisamment étudié pour que vous ne soyez jamais gêné par une personne un peu trop grande devant vous.
 

Cette salle est vraiment immense. Les travaux ont dû être phénoménaux, d’autant que l’insonorisation est parfaite et ne laisse rien deviner de tout le tumulte qui règne au carrefour Barbès-Rochechouart. L’acoustique, aussi, est incroyable. On a l’impression qu’une personne sur la scène parlerait aisément sans micro. Par contre, au cours de la projection, j’ai trouvé que le son souffrait d’un léger effet de réverbération, et je pense que cela est plutôt le fait des dimensions de la salle que de mauvais réglages.
 

La projection commence. Quelques bandes-annonces et aucune publicité. Pourquoi ne pas remettre les courts métrages au goût du jour ? Le film est projeté en 4K ce qui rend l’image sublime, avec un éclairage totalement satisfaisant. Pourtant, nous n’arrivons pas à tirer pleinement profit de l’écran. Il s’agit d’un grand écran carré qui, lui aussi, fait référence à l’ouverture du Louxor, lorsque les films étaient muets et nécessitaient ce format. Le problème vient du fait que les premiers rangs sont trop éloignés. En plus, comme la déco est présente dans tous les recoins de la salle, et qu’elle privilégie les tons clairs, elle se voit nettement tout au long de la projection puisqu’il est impossible de plonger la salle dans le noir. Au moins, nous échappons aux traditionnels blocs de sécurité (ce serait moins le cas à l’orchestre, d’après ce que j’ai pu constater.
 

Sinon, difficile de savoir si les lumières se rallument pendant le générique de fin vu qu’il n’y en a. Mais, à priori, ce ne serait pas le genre de la maison.
 

La séance s’est déroulée dans le calme, n’a été perturbée en rien. Il faut dire que la programmation du Louxor est si exigeante que vous avez peu de chances de côtoyer le même public qu’à l’U.G.C. Ciné Cité Les Halles. Ce n’est qu’en sortant du cinéma et lorsque vous assistez à une interpellation musclée de deux individus par des policiers en civil, que vous prenez conscience de l’îlot que forme le Louxor au sein de ce quartier.

 


 

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