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Mercredi 24 août 2005

QUESTION : Dans LES VIKINGS, par quel animal Kirk Douglas se fait-il crever un œil ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Mardi 23 août 2005

QUESTION : Comment s’appelle le café restaurant tenu par Jean-Pierre Bacri dans UN AIR DE FAMILLE ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Lundi 22 août 2005

SIDEWAYS            Cette semaine 9 nouveaux films ont débarqué sur nos écrans. Auxquels il faut ajouter 3 ressorties haut de gamme. Déjà qu’en temps normal il faudrait se taper 2 films par jour pour avoir un panorama exhaustif des nouvelles productions, mais quasiment 10 films en plein été c’est appliquer la loi de l’avortement à des « bébés » sans fœtus. Sans compter que le vrai travail, pas celui du spectateur mais celui du critique, ce travail que vous suivez aveuglément sans la moindre parcimonie, que peut-il faire face à la vague déferlante de l’eau de mer qui vient rafraîchir ce soleil qui tape comme un con ? Parce qu’il est con, bien évidemment !!! Il illumine toujours de manière répétitive les mêmes côtes alors qu’il s’éclipse sur la capitale au moment où nous avons le plus envie de profiter de lui. Et pendant ce temps, nos petits vieux attendent…

Ils vont pouvoir financer les cinémas internationaux vu le nombre de films qui débarquent et qui sont autant des naissances que des enterrements. Ils vont pouvoir se ruer voir le bide monumental THE ISLAND, qui va, souhaitons-le, calmer les ardeurs de Michael Bay. L’esprit court ! C’est un échec annoncé. Ils ont mis sur l’affiche : « Par le réalisateur de ARMAGEDDON et de PEARL HARBOR » !!! Ils avaient hésité avec : « Venez voir ce film parce qu’on ne sait pas jusqu’à quand on va lui donner de l’argent pour faire ça ». Il serait temps qu’il réalise ce qu’il fait. J’ai essayé de regarder dans sa filmographie quel film il serait possible de sauver, mais c’est s’engouffrer dans des abîmes où j’ai fini par toucher une sorte de fond théorique où je classerais BAD BOYS II comme un summum du film raciste, méchant, cruel, assassin et manipulateur. Je vais ranger ça à côté de YAMAKASI - LES SAMOURAIS DES TEMPS MODERNES pour m’en souvenir le jour où je parlerai de l’éveil au refus de la modélisation des comportements collectifs. Quant à Michael Bay, j’en tiens un qui va aller de ce pas rejoindre Renny Harlin au Consortium des Laxatifs du Cinéma. C’est bien trop gros pour qu’on laisse passer ça ! Comme disait la jeune mariée.

            COACH CARTER s’inscrit dans la lignée de films comme THE MIGHTY DUCKS, qui font à chaque fois un gros carton au box-office américain et se viandent allègrement chez nous (j’ai pris l’exemple de THE MIGHTY DUCKS car il s’agit de l’exception qui confirme la règle). Pour une fois l’idiot n’est ni le réalisateur ni le producteur mais le distributeur.

L’histoire reste de toute façon la même, à savoir : un entraîneur, anormalement intelligent, préfère rester chez lui à s’élever l’esprit en jouant aux échecs ou aux dominos, plutôt que d’aller entraîner un club qui veut absolument de lui. L’entraîneur (qui ne sait pas encore qu’il en est un ! Ils sont malins ces scénaristes hollywoodiens, quand même !) peut parfois ne pas être très intelligent, parce que c’est difficile pour les scénaristes d’imaginer quelqu’un de plus intelligent qu’eux. Dans ce cas-là, c’est un ancien joueur qui aurait dû être le meilleur joueur du monde, ou peut-être est-il le meilleur et personne ne doit le savoir, mais on emploie quand même le conditionnel parce que les problèmes de ménisque ça crée toujours des problèmes au conditionnel passé. Et comme il ne peut plus jouer, il ne peut plus entraîner non plus. Les souvenirs quand ça revient ça fait trop mal, et les larmes aussi ça fait mal. Aux yeux ! Oui mais on voudrait un truc pas trop triste, quand même ! Dans ce cas-là, il va devoir être contraint d’accepter ce poste parce que sinon ils lui confisquent ses dominos vu qu’ils sont très très méchants. Mais en général ils préfèrent lui dire qu’il ferait une bonne action de coacher ces jeunes qui montent et que ça devrait suffire à lui réchauffer le cœur parce que de toute façon il n’ont pas d’argent et ils ne vont pas pouvoir le payer. Alors comme il n’a rien d’autre à faire et qu’au fond de lui il les aime bien ces petits jeunes, il accepte. Mais ils ne doivent pas croire qu’ils peuvent tout lui demander alors il va jouer le gars autoritaire et ça tombe bien parce qu’il faut de l’autorité pour se faire respecter et imposer ses idées. C’est dur, oui, mais c’est juste. Et comme les petits jeunes ne l’aimaient pas au début ils vont finalement changer d’avis. La dictature a du bon parfois. Seulement le championnat va bientôt se terminer et ils jouent le dernier match contre leur principal adversaire. Ca, c’est une règle dans tous les championnats américains : la dernière journée, le premier joue toujours chez le second et ils s’affrontent jusqu’à la mort. C’est sûr, si on le sait pas on pige rien au film.

Alors à la fin, ils perdent bien sûr, mais ce n’est pas ce qui est important. Ce qui est important c’est qu’ils ont appris à jouer ensemble et à se respecter en tant qu’individus grâce à leurs différences. C’est à ce moment-là qu’ils se disent tous qu’ils sont désolés et qu’ils s’aiment, en fait. Jusqu’à ce tout le monde soit désolé d’être désolé. Et en plus ils doivent se dire tout ça sur la pelouse devant tous les spectateurs, parce qu’au retour dans les vestiaires on sait très bien que l’atroce réalité du quotidien reprend ses droits et qu’ils vont dire du mal les uns des autres par derrière. A la fin tout le monde rigole ensemble et il y en a un qui se marie parce que la jeune mariée ne sait pas trop à quel jeu on joue mais elle aimerait bien qu’on lui tire les pénalties.

            THE CORPORATION de Jennifer Abbott et Mark Achbar est une valeur sûre de la catégorie documentaire puisqu’il nous fait froid dans le dos là où nous pressentions que l’inéluctable nous serait un jour révélé. C’est une charge cinglante, parfaitement documentée, riche de propos pertinents parmi lesquels nous reconnaîtrons Michael Moore, Naomi Klein ou encore Noam Chomsky. Moins démago que le FAHRENHEIT 9/11 dudit Moore, THE CORPORATION réussit une brillante démonstration qui justifie un point de départ qui pourrait paraître incongru.

Travail remarquable sur bien des points, dans quelle mesure l’exercice porte-t-il ses fruits ? A bien y regarder, la prise de conscience en est sa fleur. Ce film n’est qu’une étape.

APOCALYPSE NOW            En parlant d’étapes, celles qui construisent une carrière sont parfois jonchées de surprises mais jamais de hasards. Gageons que THE PROPHECY n’est pas le fruit du hasard mais la concrétisation d’une expérience qui s’avoua fort peu concluante. C’est en ces termes, je l’espère, que Gregory Widen a synthétisé son premier long métrage puisque ce fut le premier et le dernier jusqu’à présent. Cela fait maintenant dix ans et même s’il est encore un peu matin pour le certifier, la récidive paraît fort peu probable. Voilà un mauvais film et un homme intelligent. C’est tout à fait compatible. Ce qui fut moins intelligent c’est d’avoir entraîné Christopher Walken, Elias Koteas, Eric Stoltz, Viggo Mortensen, Amanda Plummer et Virginia Madsen (pourquoi ne la voit-on plus ? Qu’est-ce qu’elle est bien ! Mais je m’étais déjà dit cela après SIDEWAYS) dans ce sombre récit sans intérêt et vainement ambitieux. Cette histoire d’anges est grotesque au dernier point et ne méritait pas d’être développée. Widen s’en sort d’ailleurs de manière assez honorable. Il n’a pas de matière à exploiter et ne peut donc par conséquent donner le moindre relief à tout cela. D’ailleurs sa mise en scène est de facture assez classique mais n’a jamais recours à quelque procédé malhonnête que ce soit. Décidément intelligent.

Comme nous pouvons déceler un élément digne d’intérêt dans chaque film, je vous livre la meilleure réplique de THE PROPHECY : « Je peux t’étendre sur le sol et te remplir la bouche avec les excréments de ta mère ». Adressez vos remerciements à Gregory Widen.

            THE ABOMINABLE DR. PHIBES est un délire des années 70 assez terrifiant. Robert Fuest a composé une histoire de vengeance complètement ignoble, sublimée par des accès psychédéliques totalement extravagants. Les divers plans échafaudés par Phibes sont d’une jouissance diabolique dont l’accomplissement programmé rend la finalité à chaque fois délicieusement perverse et constamment surprenante. Un film doté d’une identité forte, que la photo rend facilement identifiable, comment c’était le cas pour les films de cette époque là.

DELIVERANCEC’est un charme que cette féerie de l’épouvante perdit avec sa suite : DR. PHIBES RISES AGAIN. Certaines exactions du Docteur sont encore d’une perfidie retorse, mais il manque une véritable impulsion viscérale qui faisait la poésie du premier.

Le personnage créé par Vincent Price est une sacrée curiosité du cinéma des années 70. Toute l’exubérance de cette période se retrouve dans les exactions sans limites du Docteur Phibes, dont on aimerait pouvoir retrouver la folie de nos jours.

            Le premier film de Martin Scorsese est aussi celui d’Harvey Keitel. Malgré les erreurs que l’on peut imputer à un premier film, les obsessions de Scorsese (New York, la religion édificatrice de règles, la rédemption, la violence comme épanchement des passions, l’asocialité etc.) sont déjà présentes et ne demandent qu’à s’affiner. Il est cependant difficile d’y déceler la magnificence que l’on trouvera plus tard dans sa filmographie. Les différents remaniements et les erreurs de montage rendent difficile la fluidité du processus narratif. Pourtant c’est l’esprit de la Nouvelle Vague française qui remplit ce film d’une liberté de ton singulière, et qui en fait son principal intérêt. La plus belle scène de WHO’S KNOCKING AT MY DOOR fut rajouté quelques années après le tournage, afin que le film puisse être exploité. Il s’agit d’une séquence onirique où Harvey Keitel fait l’amour à une de ces femmes qu’il appelle des « poules » et dont la musique de « The end » des Doors vient caresser en accord les chairs de ces deux amants. Bien avant APOCALYPSE NOW, Scorsese montre un emploi de cette chanson tout aussi étincelant.

            Avec HELL IN THE PACIFIC, John Boorman fait pour la première fois de la Nature l’un des personnages principaux de ses films. Il l’aborde comme une entité redoutable où les hommes s’y débattent en essayant d’y prendre l’ascendant. C’est, mythologiquement parlant, une espèce de Dieu que Boorman décrit. Une entité déiforme qui joue avec la nature humaine comme l’on joue avec ses soldats de plomb. Deux natures qui cohabitent là où le parti le plus faible cherche toujours à disposer de l’autre car il croit en sa toute puissance. Chez Boorman, affirmer sa suprématie est un acte de survie. Voici toute l’intrigue de HELL IN THE PACIFIC résumée en ces mots. Aussi sublimes que soient Lee Marvin et Toshiro Mifune, le film piétine très vite et finit par sombrer dans une morale simpliste. Il reste la puissance des images de Boorman, qui allait devenir le cinéaste inégal que l’on connaît, mais quSHAUN OF THE DEADi garde une place privilégiée dans nos cœurs pour avoir signé des œuvres telles que DELIVERANCE ou EXCALIBUR.

            Au rayon des petites histoires d’amour mièvres et insipides, vous pouvez rajouter KEULRAESIK de Kwak Jae-Young, dont le titre américain : CLASSIC, révèle toute la nouveauté dont il est capable. Les amoureux y sont très amoureux. Ce qui les fait beaucoup pleurer. Et comme ils vivent d’amour et d’eau fraîche, ils peuvent pleurer jusqu’à la fin du film. Tout cela m’a donné très soif. Comme disait la jeune mariée.

            A l’heure où vous me lisez, la mode est aux zombies. Habillez-vous zombies, parlez zombies, mangez zombies et regardez UNDEAD. C’est un film à prendre au second degré, qui parodie les films de morts-vivants, mais qui fonctionne très péniblement faute d’être en manque d’humour. C’est léger pour une parodie. Quelques idées ne parviennent pas à relever le tout et les procédés deviennent systématiques. Ce qui n’était pas le cas dans SHAUN OF THE DEAD puisque l’évolution du personnage permettait un renouvellement constant du système parodique (quoique cela soit un peu moins vrai vers la fin du film).

            Vendredi 19 août, le cinéma en plein air sur la pelouse de La Villette nous régalait du chef-d’œuvre incontesté d’Akira Kurosawa : SHICHININ NO SAMURAI. Tout y est extraordinaire. La mise en scène est épique, l’histoire est développée brillamment sans temps mort pendant 3 heures et 20 minutes, la direction des acteurs est extraordinairement diverse et contrastée, celle des figurants toute aussi précise, ce qui fait la beauté des mouvements de foules. Et malgré les nombreux visionnages de ce film, il est un élément qui ne m’avait jamais marqué auparavant. C’est la force des grands films qui fait que l’on peut s’attacher à un élément différent à chaque projection. Ici, j’ai été particulièrement attentif à l’utilisation que fait Kurosawa de la Nature. Une influence pour Boorman ? Tous les éléments naturels sont exploités de manière à leur donner un rôle et une présence propres. Il est étonnant qu’à chaque émotion que Kurosawa cherche à faire naître un élément naturel vient accompagner le propos. Ainsi le feu souligne souvent la fureur ou les caractères impulsifs naissants, tout comme certains vents viennent soulever desPULP FICTION poussières afin de signifier une désolation. Le combat final aussi découle de cette utilisation. La pluie n’aurait aucune raison de s’immiscer entre les samouraïs et les brigands si elle ne signifiait un caractère fort. On peut aussi y voir une réponse historique dans le rapport que les japonais ont avec l’eau, qui est avant tout source de vie. Mais c’est aussi l’élément qui lave, qui purifie, qui fait table rase du passé pour mieux reconstruire. Mieux reconstruire sur les tombes des samouraïs morts au combat et que le vent vient balayer une dernière fois.

C’est sûrement en relation avec le parc de la Villette que cela m’est apparu. Car venir voir un film ici est un plaisir rare de chaque été, qu’il convient de partager avec ses proches. Participer à la projection d’un film alors que commencent à apparaître les étoiles comme fond d’écran, que de nombreuses personnes improvisent une communion Woodstockienne et que l’écho des répliques résonne d’une manière sourde, tout cela participe à une magie qui n’a pas de prix. L’envoûtement va se reproduire encore une semaine, où vont pourrez encore voir :

- le mardi 23 août : MUJERES AL BORDE DE UN ATAQUE DE NERVIOS de Pedro Almodovar

- le mercredi 24 août : SMOKE de Wayne Wang

- le jeudi 25 août : FESTEN de Thomas Vinterberg

- le vendredi 26 août : FARAON de Jerzy Kawalerowicz

- le samedi 27 août : FA YEUNG NIN WA de Wong Kar Wai

et le dimanche 28 août : PULP FICTION de Quentin Tarantino.

Il ne faut cependant pas oublier de se couvrir. Lorsque le film dure 3 heures, la fin est fraîche. C’est pour cela qu’avant d’aller voir le prochain, j’attends la canicule. Comme disait la jeune mariée. Ah non ! Elle ne disait pas ça... Je ne sais plus ce qu’elle disait mais je sais qu’il y avait la rime.

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Dimanche 21 août 2005

IDI I SMOTRI 

            Au-delà de l’aspect médiatique qui arbitre sa courte exploitation commerciale, un film se définit aussi par la continuité qu’il sera capable de créer dans les années à venir. Influence des procédés stylistiques, impact sur une catégorie de la population, regroupement social, avancée des mœurs etc. Tout cela implique de nouveau un recours médiatique qui s’associe parfois à un bouche-à-oreille salvateur. De nombreux films ont ainsi été sauvés de l’oubli qu’un échec commercial avait prédit. THE NIGHT OF THE HUNTER de Charles Laughton en est l’exemple le plus frappant.

            Comme le talent ne se mesure pas à l’applaudimètre, on peut se demander s’il finit toujours pas occuper la place qui lui revient. Rien n’est moins sûr. IDI I SMOTRI du russe Elem Klimov est sorti dans son pays en 1985 et en a difficilement franchi les frontières. Vingt ans plus tard, il est quasiment aussi inconnu qu’il l’était à sa sortie. Il a pourtant continué à faire parler de lui, les références se sont multipliées mais il n’est jamais sorti en France. Son infime notoriété n’a cependant pas sonné le glas de ce film. Il convient donc de s’y intéresser.

IDI I SMOTRI est un film difficile et dur. Il nous permet de suivre un jeune garçon qui traverse la campagne marécageuse biélorusse au cours de la Seconde Guerre mondiale. Son errance résume l’intrigue du film qui ne s’appuie sur aucun suspense mais uniquement sur une observation brutale du génocide que ces campagnes connurent. Les scènes sont parfois très éprouvantes dans leur cruauté par les désillusions auxquelles se heurte le jeune homme. Les horreurs ne résident pas dans les images de la guerre mais dans la prise de conscience qui édifie l’esprit du personnage principal.

Voyage terrifiant au sein d’une guerre dont Klimov ne montre quasiment pas les combats, IDI I SMOTRI est une démonstration poignante de l’absurdité de la mort, qui n’est plus un acte politique mais un acte de survie. Une logique qui se mord la queue et qui se berce du triste apitoiement sur lequel se déverse notre pitié.

La mise en scène de Klimov joue beaucoup avec les décors naturels qu’elle conçoit comme une ouverture jeune et insouciante sur le monde. Elle fait écho en cela au caractère juvénile d’Aleksei Kravchenko, qui convertira les secondes en années par les chocs d’une inhumanité nouvelle. A la fin du film il n’est plus qu’un vieillard dans un corps d’enfant, il n’est plus que l’homme qui a vécu trop d’horreurs trop vite sans en faire l’apprentissage psychologique. Ce qui l’enfermera dans un monde perturbé, que la mise en scène viendra là aussi épauler par la même utilisation des décors naturels, cette fois-ci clairement cloisonnés et refermés par leur ouverture. C'est-à-dire qu’il n’y a aucune limite, aucune barrière aux divers champs et forêts biélorusses. En apparence. Car elles sont invisibles. C’est l’ennemi planqué, l’obus qui tombe arbitrairement, la balle lumineuse surgie de nulle part, la mort qui est présente partout, tout le temps et sans mansuétude. Une sorte d’attrait fatal qui vise l’insouciant et le non affranchi.

Une des grandes forces du film est d’employer un vocabulaire visuel qui ne définit qu’une barbarie où les causes sont sans importance et les conséquences disproportionnées puisque le courage, la lutte, l’héroïsme et l’espoir ne sont que des entités vagues qui sont à jamais surplombées par le mot de « victimes ».

            Elem Klimov voulait faire un film où la proximité soit dérangeante. L’emploi régulier de gros plans est l’un des éléments particulièrement aliénants qui prennent le spectateur à partie et ne le lâchent qu’une fois rallié à sa cause. Une fois qu’il est trop tard. Une fois que les enjeux ne sont plus que des faire-valoir. La dénonciation de la guerre n’aboutit qu’à une constatation implacable qui s’abat comme un couperet : la guerre ne fait que des victimes.

Le film repose habilement et en grande partie sur l’interprétation d’Aleksei Kravchenko, alors âgé de 15 ans. Il transcende le film par une sorte de grâce dans son jeu dramatique. Criant de vérité, il est aussi pour beaucoup dans l’indisposition du spectateur. Il est tout simplement fabuleux. Rarement un acteur aura été si divers et subtil dans sa recherche de vérité intérieure. Il procure au spectateur des sensations extrêmes, poussées dans des retranchements inexploités qui rendent bouleversant le parcours de ce personnage qui n’attend plus grand-chose de la vie. Grandiose.

La photo et le son rajoutent à l’ambiance déséquilibrée du film et interviennent comme des éléments qui accroissent les désordres émotionnels. Ils font partie de la personnalité singulière de ce film au même titre que ses idées complexes. Le soldat allemand fusillant les juifs avec une énergie libératrice et qui essuie une larme (enfin) humaine, n’est-il pas aussi l’une des victimes qu’il faut extraire de la vision à sens unique des nazis cruels ?

            Eprouvant et crépusculaire, IDI I SMOTRI aborde de front la dureté du monde et s’oppose à la surprotection populaire qui la masque pour mieux s’en protéger. Le film est dur mais jamais de manière gratuite et démonstrative. Pour Klimov, s’immuniser face à de tels actes passe d’abord par leur connaissance et leur apprentissage. Originellement le film s’appelle VA ET REGARDE. L’accès en est donc difficile par la mise en abîme qui renvoie à sa propre cruauté dont la seule acceptation personnelle peut aider à s’en libérer (ou à l’exploiter).

            La sincérité du propos rend ce film très attachant car il ne s’encombre pas de renforts inutiles qui créeraient des scènes d’action flamboyantes et vaines. Tout se trame par une lente exploration des enfers humains qui se donne le temps. Et c’est déjà beaucoup.

            Beaucoup d’éléments sont donc réunis pour en faire un film qui serait passé complètement inaperçu. C’est exactement ce qui eut lieu. Mais comme le cours du temps n’est pas limité, IDI I SMOTRI a réussi à rester encore vivace et à s’imposer parmi une élite restreinte. Sorti des grands sentiers médiatiques dont nous parlions plus haut, il faut être sacrément curieux pour arriver à découvrir ce genre d’œuvres qui ne sont pas loin de devenir cultes mais qui ont besoin pour cela de se faire connaître. C’est ici qu’il convient de rendre hommage à tous ces militants qui contribuent à faire parler de ce qui survit par son silence, et qui ne sont donc qu’un écho muet dont la propagation est plus importante que le cri.

J’y suis venu grâce à Albert Dupontel qui en avait parlé au cours de je ne sais plus quelle émission de télévision. Merci aussi au vidéoclub « Stéréorama » (67 rue Legendre 75017 Paris) qui a la bonne initiative de mettre en avant certains films et qui avait attisé ma curiosité de cette manière. Et puis il y a certaines personnes qui y vont de leur petit commentaire sur Internet, notamment sur le site d’Allociné, et ce sont ce genre de petites avancées qui bâtissent la réputation d’IDI I SMOTRI.

Oui, même si les militants sont partout, il n’y a que des victimes. Ce sont celles qui n’ont pas vu le film. C’est le concept de la guerre réversible. Largement préférable car ici le nombre de victimes diminue de jour en jour.

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Lundi 15 août 2005

BULLITT            Il existe une certaine catégorie de réalisateurs avec qui nous avons grandi et qui ont acquis une place exclusivement sentimentale au sein de nos filmographies personnelles. Quel adolescent des années 80 ne rêvait de s’identifier aux personnages de John Hughes ? Il y aurait beaucoup à dire sur ce dernier dont le chef-d’œuvre THE BREAKFAST CLUB a rigoureusement changé l’image que les ados pouvaient avoir d’eux, en étant le premier à oser aborder de front le problème du mal être par l’exposition de leur ressenti et de leurs angoisses profondes. L’apport de John Hughes au cinéma contemporain est encore sous-estimé et d’une profondeur plus noire qu’il n’y paraît. Kevin Smith en est son digne représentant. Son avènement date étrangement de la période où John Hughes cessa de réaliser des films pour se consacrer à la production et à l’écriture de scénarii insipides pour des films débiles et abrutissants. Même si les sujets abordés par Kevin Smith diffèrent assez sensiblement, la forme et le fond ont en commun une recherche de public qui s’approprie le film par une identification facilitée par la justesse des rapports humains. L’évolution de la censure (dans les mœurs, non pas dans le cinéma américain !) a permis l’éclosion cinématographique du style de Smith. De la même manière que les films de John Hughes n’étaient censés être destinés qu’aux jeunes adolescents décervelés, ceux de Kevin Smith ne doivent s’adresser qu’à de jeunes adultes restés au stade prépubère, pour qui tout n’est qu’allusion sexuelle ou blague scatologique. Snoogans ! On peut s’indigner de cette hérésie médiatique en visionnant le très drôle AN EVENING WITH KEVIN SMITH où celui-ci répond durant plus de 3 heures 30 à diverses questions qui révèlent toute l’originalité et l’importance de son propos.

BULLITTDans un autre genre, John Carpenter a aussi laissé son empreinte sur mon adolescence par ses films de série B qui fonctionnaient comme des visions fantasmées de nos cauchemars contemporains. THEY LIVE est un petit bijou de subversion anarchiste qu’il faut absolument voir une fois dans sa vie avant d’être adulte. ASSAULT ON PRECINCT 13 est sûrement le premier de ses films que j’ai vu et son ambiance unique, sa réalisation très seventies et son propos hautement insurrectionnel ont produit chez moi un écho émotionnel qui s’est propagé sur la plupart de ses films. On ne peut pas effacer les images gravées sur nos cœurs. Et le remake de ce film par l’un des plus grands imposteurs de notre cinéma hexagonal n’avait rien d’alléchant et tout d’agréablement repoussant. J’aurais dû écouter ma première impression. Tous les personnages sont stéréotypés. Aucune harmonie, tout en force et jamais d’histoire. Jean-François Richet (je ne devrais pas citer son nom, tant pis) se contente de faire ce que lui a commandé le grand studio hollywoodien et puis c’est tout. Heureusement, c’était le mieux à faire que d’imposer des directives à un homme qui n’a aucune idée. C’est faible, pitoyable et rien du film de Carpenter n’est respecté. De la bouillie indigente a peine servie par des comédiens désolés de n’être pas dirigés de manière plus intelligente. N’allons pas plus loin. Ca, c’est fait. Comme dirait Terry Kevin.

            Rien de mieux qu’un bon polar pour se remettre de ces émotions crispantes. Je décide de revoir BULLITT. Bien m’en prit ! Le film est toujours impeccable avec son Technicolor magique. Steve McQueen est une vraie star et cinégéniquement parfait. Un très beau film, monté avec une précision redoutable (je crois qu’il a eu l’oscar d’ailleurs, tu peux vérifier Jean-François Richet, puisque tu n’as rien à faire ?...) puisqu’il ne s’embarrasse pas de descriptions inutiles et file à l’essentiel. Une atmosphère. Une grosse atmosphère. Une atmosphère d’auteur. Ce qui est rare d’ailleurs chez Peter Yates. Disons que cela est rare actuellement car BULLITT est le premier film de sa période américaine et ses premiers films seront effectivement des films d’auteur avec une exigence « grand public » qui finira malheureusement par le rallier entièrement à sa cause. Pourquoi ? Voilà une question qu’il serait judicieux de se poser, au lieu de se demander si les époux Villemin ont apprécié le film C’EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS...

            Fait une chose qu’il m’arrive très rarement de faire : arrêté un film en cours de route. BAKHA SATANG de Lee Chang-Dong est ennuyeux et passablement hautain. Beaucoup moins malhonnête que ASSAULT ON PRECINCT 13, mais son histoire n’arrive pas à prendre son envol et meurt lentement avant d’être parvenu à sa fin. Ma patience avait été trop éprouvée par le film de Richet.

           BULLITT Et puis Arte diffuse encore des films d’auteur asiatiques en noir et blanc et en version originale en prime time. Cela mérite d’être dit et redit. C’est ainsi que jeudi dernier, nous a été resservi KUROI AME du vétéran Shohei Imamura. Une musique bien triste pour un film qui aborde la reconstruction après les bombes atomiques que l’Amérique a expérimentées sur le Japon. Mais une explosion d’optimisme particulièrement forte, grâce à ce réalisateur qui nous montre dès le début le souffle dévastateur de l’Eclair, au cours d’une séquence particulièrement traumatisante. Le reste du film l’est tout autant. C’est une fois de plus chaque population qui se confronte à son passé afin d’en exorciser les blessures. Et il est très intéressant de noter l’humilité qui se dégage de la réalisation : jamais les américains ne sont diabolisés. Une vraie déclaration d’amour comme le sont les films d'Imamura. Rappelez-vous AKAI HASHI NO SHITA NO NURUI MIZU où ce vieillard de 75 ans jouissait de la vie avec une sérénité confondante. Découvrir le plaisir de se faire éclabousser par de l’eau tiède…

            Le même soir sur France 3 : LES BONNES CAUSES de Christian-Jaque. Ca va pas de passer des soirées devant la télé ? J’ai un cousin qu’a fait ça en 89, il a chopé une méningite ! Un film étonnant, à découvrir. Avec Bourvil et Pierre Brasseur au meilleur de leur forme, et la sublime Marina Vlady, une rose dont la beauté des pétales fait ignorer les épines. Elle a été l’une des actrices les plus séduisantes et singulières de l’époque Bardot, ce qui l’éclipsa injustement. LES BONNES CAUSES lui offre le genre de rôle dans lequel elle excite toute notre attention, tout comme elle capte les regards dans son rôle le plus voluptueux : TOI, LE VENIN.

            ALONG CAME POLLY de John Hamburg est encore un film lourdaud, vulgaire et scatologique. Ben Stiller n’y va pas avec le dos de la main morte et s’autorise ce qu’il veut puisque le réalisateur est un très bon ami. Jennifer Aniston était plus intéressante dans THE GOOD GIRL, mais du moment qu’elle ne nous refait pas du « Friends », ça passe. Le seul rôle intéressant est celui de Philip Seymour Hoffman (l’un des plus grands comédiens américains actuels), irrésistible en star ringarde persuadée du talent qui l’habite et qu’il tente de faire éclore au sein d’une mâle assurance vouée à l’échec. C’est le seul intérêt du film. Nous noterons au passage le rôle du père de Ben Stiller, véritable pendant du personnage de Silent Bob, ce qui vient corroborer l'héritage de Kevin Smith dont nous parlions au début de cet article.

BULLITT            Cela ne m’a pas autant énervé que le film du piètre Richet, mais j’éprouvais quand même le besoin de revenir à un classique. Quoi de mieux qu’un bon polar pour se remettre de ces émotions crispantes ? Je reprends cette phrase parce que, allez savoir pourquoi, mais je suis revenu à BULLITT. Je trouvais ça pas mal de reprendre les mêmes mots. Vous comprenez ? Mais si ! Puisque j’ai revu le même film, je reprends les mêmes mots… Non ? Bon, c’est pas grave. De tout façon, comme dirait Terry Kevin…

Bien m’en prit ! Je m’attendais à revoir exactement le même film, mais il n’en fut rien. BULLITT n’est absolument pas un film qui se cantonne à la spectaculaire course de voitures en plein San Francisco, que tout le monde connaît. C’est cela, oui, mais c’est aussi beaucoup plus. L’histoire policière n’est qu’un vague prétexte. Evidemment, l’affiche prétend « qu’il y a de bons flics, qu’il y a de mauvais flics, et puis il y a Bullitt ». Le manichéisme américain est ici clairement affiché, mais pour mieux être exploité. La ligne de séparation n’est pas aussi nette. C’est toute la question qui est au centre du personnage incarné par Steve McQueen. Bullitt est un flic intègre, une sorte d’apologie du rôle du policier dans nos sociétés. De la propagande à peine déguisée de la police en tant qu’entité du respect de la loi et de l’ordre public. Mais là où le scénario et la mise en scène sont brillants c’est lorsqu’ils laissent une énorme place au quotidien du personnage et à la description de sa vie personnelle. Etroitement liée à sa vie professionnelle car son métier est un poids dont il n’arrive pas à s’affranchir. L’idée est que la moindre concession est un allègement conséquent de ce fardeau, mais un obstacle de plus au regard qu’il peut poser sur le miroir de sa salle de bains. Quel mélange de désappointement et de satisfaction lors de cette dernière scène où il rentre chez lui, qu’il ferme la porte de sa chambre où dort paisiblement Jacqueline Bisset, tel le respectueux gardien de l’ordre établi qu’il est, et qu’il se regarde ensuite dans ce miroir qui lui renvoie cette image implacable d’un homme qui a fièrement accompli son travail mais qui a amèrement abattu un homme ! BULLITTLa dernière image du film nous donne la clé sur une des questions qui hantent Bullitt : vaut-il beaucoup mieux que ces gangsters qui travaillent avec les mêmes accessoires ? Comment supporter l’affront de ce regard si ce n’est d’avoir sa conscience tranquille ? Et quelle difficulté dans le prix à payer entre un supérieur qui ne peut que difficilement couvrir son homme et un politicien aux relents déshumanisants voire racistes ! C’est ce qui est largement esquissé avec le Dr. Willard, renvoyé implicitement parce qu’il est noir. Cela donnera lieu à une très courte scène où l’on retrouvera ce dernier ainsi que Steve McQueen dans un silence et une compréhension mutuels chargés d’une déception bien douloureuse.

Chez Bullitt, toute la dualité se joue sur une acceptation. L’acceptation du monde dans lequel il travaille. Celui dans lequel il se renferme faute de pouvoir en accepter la cruauté et les divers compromis dont on le harcèle. Cet enfermement, c’est ce que lui reproche légitimement Jacqueline Bisset dans une scène au milieu d’un champ, délicieusement cadrée et plus qu’émouvante. Voici le seul élément où ce lieutenant de police peut se réfugier et trouver un réconfort chaleureux : les bras de Jacqueline Bisset. A ce titre, il faut s’arrêter sur leur baiser qui intervient au bout de 20 minutes de film et qui est l’un des plus tendres jamais filmés.

C’est un baiser entêtant qui n’a rien de conventionnel, comparativement aux baisers cinématographiques de l’époque. Ce baiser a donc une histoire intrinsèque qu’il convient d’élucider. Si l’on s’attache bien à la scène, elle est filmée avec très peu de lumière, si bien que l’on arrive mal à cerner les personnages. C’est une scène de lit, ce qui amène déjà un caractère très intime, voire confidentiel. C’est Jacqueline Bisset qui est le personnage actif de la scène. BULLITTSteve McQueen est allongé sur le dos et ne répond à ses questions que de manière laconique. Lui, est rongé par une affaire dont il ne comprend par les aboutissants et qui ajoute aux doutes qui ont déjà commencé à l’assaillir, et elle, cherche à ouvrir la conversation sur ses attitudes qu’elle n’arrive plus à cerner et qui l’éloignent d’elle. Il parvient à détourner le sujet par ce délicat baiser qui vient doucement lui effleurer les lèvres en permission interrogative, puis qui en vient tendrement à lui communiquer tout l’amour qu’il a pour elle par une série de petits baisers qui sont de véritables caresses sur ses lèvres. Le baiser se termine lorsqu’elle bascule sur lui et que leurs lèvres s’approfondissent. C’est ici la véritable clé du film. En effet, Steve McQueen clôt précédemment la conversation par un acte physique qui le rend maître de la situation, mais dès lors que Jacqueline Bisset se retrouve sur lui, elle lui évoque par la même occasion qu’elle n’est pas satisfaite de ses non-réponses et qu’elle a déjà commencé à s’interroger sur le cloisonnement intérieur de celui qui commence à lui faire l’amour. Cela plonge la situation dans quelque chose d’encore plus profond. Dans sa lutte et son affrontement à la crise qui le traverse, cela montre la domination qui s’exerce sur Bullitt et l’impossible aide qu’il ne peut recevoir. C’est ce qui en fait un personnage meurtri par les questions auxquelles il n’a pas encore trouvé de réponses. Ce baiser et la tendresse qu’il recherche au travers des lèvres de Jacqueline Bisset en font un homme vulnérable, bien plus complexe que le manichéisme dont nous parlions tout à l’heure. A peine cadré, jamais un tel baiser n’aura pu rendre si palpable la texture des lèvres de Jacqueline Bisset et la douceur de sa peau. Sa puissance charnelle est BULLITTd'un érotisme unique. Il facilite l’imagination quand à la relation affective qui les unit. Mais l’amour physique est sans issue, comme dirait l’autre. Non, je ne crois pas que c’est Terry Kevin. Ce qui conduit inévitablement à la scène de conflit dont nous avons parlé plus haut.

BULLITT est donc un film sur un homme et ses démons qui l’habitent (plus que sur une singulière histoire policière) qui prend le temps de décrire des situations quotidiennes sans aucune incidence sur l’action, parfois sans aucun mot, et qui permettent de définir un personnage par ses actions. Qui arriverait encore à développer ses personnages de cette manière ? Dans le cinéma d’auteur, cela existe encore. Parfois. Mais à l’époque BULLITT fut un gros succès commercial ! Il a rapporté cinq fois ce qu’il a coûté. Je serais curieux de savoir ce qu’en dit Terry Kevin…

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Mardi 9 août 2005

            Patrick Bouchitey est un pervers. L’un des plus grands pervers assumés du cinéma. Au contraire de Lars Von Trier qui renvoie sa propre perversité sur l’humanité entière, faute de ne pouvoir l’exploiter.

Outre le grand acteur que nous connaissons, c’est aussi un réalisateur atypique qui nous avait envoyé en pleine face son précédent film : LUNE FROIDE. Une odyssée drôle et noire, bordée de nécrophilie. Un véritable plaisir d’audace et d’inventivité qui couronnait la folie artistique du cinéaste inclassable. Autant dire que nous attendions avec impatience le nouvel opus annoncé de cet homme qui évolue à contre-courant des modes et des préceptes. Cette fois-ci il met une fois de plus en image son côté pervers en s’attachant moins à la perversion qu’à la perversité. Un scénario machiavélique vient illustrer ces élucubrations fantasmées, qui nous replongent dans la même jouissance que nous avions eu à suivre les pérégrinations des acteurs de LUNE FROIDE.

IMPOSTUREIMPOSTURE nous entraîne aux côtés d’un professeur de littérature qui capture une de ses élèves dont il s’est approprié le roman. Le tournant d’une vie. Faire ce que chacun aimerait ou aurait aimé faire dans sa vie par le biais d’une imposture démoniaque. Se réapproprier son image (l’image qu’on a de soi et que l’on aimerait que les autres aient) et relancer socialement son existence. Construire son destin, réaliser ses rêves. Du romantisme. C’est cela. Bouchitey est un grand romantique. C’est d’ailleurs ce romantisme ambigu qui va naître de la relation qu’entretiennent alors le maître et l’esclave. Un romantisme qui se concrétisera par un acte sexuel psychologique, qui sera le véritable tournant du film. Portées par le vent, les graines blanches et duveteuses de pissenlit sur lesquelles Laetitia Chardonnet souffle symbolisent nettement la communion émotionnelle. De la même manière certains symboles sont un peu trop soulignés pour être honnêtes. Citons pour exemples, les oiseaux enfermés dans la cage et la « naissance » de Laetitia Chardonnet par la fenêtre du sous-sol. Cela alourdit un peu la mise en scène et rend démonstrative une histoire qui n’a pas besoin de se nourrir de ces traits appuyés.

Le respect que Bouchitey porte à ses personnages est une véritable ode à la perversité. La prise de conscience et la concrétisation de cet aspect sont un réquisitoire très violent contre les refoulements qu’exigent nos sociétés cloisonnées en matière d’acceptation de soi et, par là, de notre propre perversité. La concrétisation n’étant qu’une vision fictionnelle de cette appropriation.

La véritable question scénaristique qui nous percute dès le départ est : « Pourquoi est-ce qu'il ne la tue pas dès l’enlèvement ? » Ce qui aurait été plus crédible. Mais je crois qu’il faut rattacher cela au romantisme du personnage, dont nous avons déjà parlé plus haut, qui permet une compréhension de l’histoire plus sentimentale que réfléchie. C’est sur le même registre que l’on doit comparer le final de l’histoire et le retournement de situation qui s’opère (puisque le refoulement sera social et non personnel) et c’est aussi ce qui explique que Laetitia Chardonnet n’essaie pas de lui échapper lorsqu’ils croisent deux hommes pour la première fois.

Signalons que la véritable clé du film réside dans une citation d’Honoré de Balzac dont les vrais mots sont : « Le malheur est un marche-pied pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l’homme habile, pour les faibles un abîme. »

            Sam Raimi est aussi un pervers. Il aime bien grimer outrancièrement ses personnages. La série des EVIL DEAD est un véritable petit musée des horreurs à elle toute seule. Voici sûrement l’une des rares trilogies où les suites s’améliorent à chaque fois.

THE EVIL DEADTHE EVIL DEAD est un petit film fait avec des bouts de ficelle qui ne se voient pas et qui a le charme de ces films faits entre potes, qui manquent de finition dans le détail mais qui sont bourrés d’une énergie fabuleusement créative. Le premier long métrage de Sam Raimi parle de viol. De l’idée du viol. Sexuellement, bien sûr, comment celui de Cheryl, qui subit le premier viol végétal cinématographique à ma connaissance. Ce qui constitue la plus belle scène du film, la plus réussie, la plus osée, la plus effrayante et la plus efficace du point de vue des effets spéciaux.

Alors, c’est vrai que les démons sont maquillés à la gouache, mais qu’importe ! Le film est parfaitement excessif sur bien des points alors pourquoi pas le maquillage… De toute façon, c’est ce qu’on veut voir : des monstres bien laids, du gore et du viol.

Sexuellement donc, disais-je précédemment (c’est la foire aux adverbes, aujourd’hui ?), mais aussi psychologiquement. Sam Raimi traite de l’idée qu’une entité s’approprie votre corps, votre esprit, en cohabitation périlleuse. La schizophrénie devient alors l’un des sujets qui découle de ces postulats. C’est notamment ce que nous verrons dans EVIL DEAD II lorsque Bruce Campbell aura à faire à son autre Moi devant le miroir, mais aussi dans le numéro 3 lorsqu'un sosie s'imiscera de l'épaule de Ash ou encore quand des minis Ash se matérialiseront et commenceront à le torturer. Sam Raimi pose la question de savoir dans quelle mesure nous sommes maîtres de nos actions et de nos pensées à chaque fois que nous pensons agir et réfléchir en accord avec nous-mêmes.

Je ne vais pas m’éterniser sur EVIL DEAD II qui est sensiblement un remake bourgeois du premier opus, mais notons que plusieurs modifications notables ont été apportées à l’histoire. Bruce Campbell se rend maintenant dans la maison possédée, uniquement avec sa copine et plus avec ses amis. Ce qui nous évite de croire dès le départ que nous aurons des dialogues tels que - Oh, les amis, c'est vraiment pas de chance que le van soit tomber en panne ! ou encore - Allons voir dans cette maison abandonnée s'il y a un vieillard hirsute qui nous attend avec une hache. A part ça, le viol en plein nature a bien lieu (enfin un réalisateur qui a du goût !), et même si nous pensions qu’il aurait été difficile d’améliorer cette scène, Sam Raimi semble aimer la difficulté et celle-ci le lui rend bien.

Cette deuxième version est nettement préférable grâce à sa photo plus éclatante et un son moins écrasé. Les moyens dont disposait Raimi lui ont aussi permis de peaufiner ses effets spéciaux et de réfléchir à des aventures bien plus perverses pour Bruce Campbell et son amie. C’est absolument délicieux ! Le troisième chapitre l’est encore plus. L’humour est poussé à son comble. Et Bruce Campbell, ici possédé par l’entité, apprend à réagir seul face aux obstacles qu'il doit affronter, ce qui n’amène pas forcément la réaction appropriée de sa part. Mais c’est un peu ça la vie, non ? Ash se retrouve en 1300 mais le véritable challenge est qu’il doit se comporter comme dans sa vie réelle. Agir en fonction de son potentiel. C’est la dure découverte de ce qui l’anime vraiment en dualité avec ce qu’il veut laisser transparaître. Educatif.

ARMY OF DARKNESS est bien plus maîtrisé et plus incisif. On ne s’ennuie pas un seul instant et que c’est drôle et pervers !!! Sam Raimi faisait déjà preuve d’un univers et d’un talent de cinéaste bien affirmés. La trilogie se boucle enfin après toutes les interrogations perverses de Sam Raimi et la perversité absolue de la version director’s cut est de laisser son personnage dans un désarroi et une angoisse suprême, le laissant tel un oublié du cours du temps. Fatal.

Terminons en n’oubliant pas de souligner les trois prestations absolument éblouissantes de Bruce Campbell, dont l’univers de Sam Raimi et le caractère complètement disjoncté de la trilogie ne pouvaient que magnifier l’interprétation. Un acteur que l’on rêve de voir et revoir mais qui ne trouve malheureusement pas assez de rôles à sa mesure. Perversité de l’univers hollywoodien impitoyable.LE TROU

            Jacques Becker est un pervers trop souvent oublié. La perversité dans laquelle il laisse ses personnages à la fin de son dernier film (!) est d’une noirceur cruelle et sans secours. LE TROU est le meilleur film de ce réalisateur qui décèdera un mois avant l’exploitation de ce qu’il ne connaissait pas encore comme étant sa dernière œuvre. C'est qui le plus pervers, là ? C’est un film qui n’a pas sa place dans les mémoires cinématographiques et qui, pourtant, mériterait d’être plus souvent découvert voire redécouvert.

LE TROU c’est la prison de la Santé en 1947. C’est aussi le seul moyen dont disposent cinq prisonniers pour s’évader. Le noir et blanc (voulu ?) de Becker est l'une des composantes essentielles de l’atmosphère qu’il élabore par de longs plans révélateurs du quotidien et de l’enfer carcéral. C’est aussi une déstructuration du temps qui s’écoule et qui les enferme plus chaque seconde, puisqu'impossible à matérialiser (aucun des détenus ne possède de montre). Un univers angoissant, étouffant, sclérosé et clos. Définitivement clos. Ce noir et blanc est une sorte de nuage de fumée qui s’épaissit tout au long du film jusqu’à les asphyxier. Ils savent que le compte à rebours a commencé. Le film n’aura de cesse de nous faire languir en nous faisant miroiter le moment où ils arriveront enfin à percer ce fameux trou et passer de l’autre côté. Les seules images que nous aurons de Paris seront une véritable bouffée d’oxygène, une respiration régénérante qui accentuera l’impact de la mise en scène sur notre identification. Car, malgré leurs actes, Becker réussit à faire naître de l’affection pour ces personnages qu’il nous révèle sous leur aspect d’homme et non pas de condamné. Un film âpre, sans musique, d’une sobriété sèche jusque dans le choix des comédiens que Becker a voulu non professionnels pour donner plus d’authenticité à cette histoire vraie. C’est presque du Bresson. Mon Dieu ! J’ai enbie de bobir…

On est bien loin d’une description à sens unique de l’univers carcéral comme dans le brutal LE DENOMME de Jean-Claude Dague, mais ce n’est pas non plus le propos du film. Le seul rapprochement que nous pourrons faire avec un autre film qui se déroule dans une prison est sans doute un film d’Alan Parker. La scène où la petite amie de Gaspard vient le voir au parloir c’est MIDNIGHT EXPRESS 19 ans plus tôt ! Perversité sexuelle. C’était un peu facile avec un titre pareil !

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Samedi 6 août 2005

AVIGNON 

            Le vent de l’anarchie siffle en soulevant les innombrables affiches du festival Off. C’est le même capharnaüm qui envahit la ville tous les mois de juillet. De l’excès. Tout est possible dans un laisser-faire total. En apparence. Car c’est bien le propre du théâtre de nous raconter une histoire où tout ce qui est dit sur scène n’est que la pure vérité des conteurs. Folle est la liberté de ceux qui déambulent au hasard des rues avignonnaises, guidés par l’insolente démesure imaginative de ceux à qui la ville appartient désormais. L’insurrection gronde. C’est ce climat d’exacerbation des sens qui permet de vivre deux fois plus de choses que le reste de l’année. La localisation géographique d’Avignon explique parfaitement sa position de plaque tournante. Ici, vous pouvez trouver tout ce que vous voulez. C’est donc logiquement ce qui en fait une ville violente et sensiblement à risques. On peut le percevoir comme une agence matrimoniale open-source, une grande messe orgiaque où le délire serait fellinien sur une musique de Wagner, une chasse sauvage et particulièrement agressive où l’animal serait aussi le chasseur, ou encore comme une bacchanale baroque et suprêmement décadente. Mais on ne vient pas au festival d’Avignon pour se reposer.

            S’ouvrir. Penser à ses désirs. Mélanger les esthétiques. S’évader. Se perdre un peu. Et revenir à l’essentiel.

            Cette anarchie est probablement le seul véritable chef-d’œuvre des lieux. Presque 800 spectacles et peu d’intérêt généré.

Début en fanfare lors de la présentation de la programmation du Petit Louvre. 2 salles. La grande est absolument splendide, autant pour les comédiens que pour les spectateurs. Malheureusement, la clim a été installée par le même polonais sournois que celui de la salle 10 du Pathé Wépler ! Un anarchiste, un vrai, j’en tiens un ! Donc, la fanfare est composée tout d’abord des Bazarettes qui présentent 30 minutes de leur spectacle. 30 minutes c’est aussi le temps maximum qu’il vous faut pour commander une pizza. Bon, ça colle aussi aux dents, mais la pizza a meilleur goût. Dans les deux cas c’est déplorable. D’autant que pour la pâte fine vous repasserez, et en plus ça a le goût du McDo’. Le tout ne vaut pas ce que ça coûte. Remarquez au passage le nombre de « ça » que je viens d’employer tellement tout cela est indéfinissable.

La fanfare se termine par 30 minutes du spectacle OLE ! par l’association andalouse Alhambra. Ca tape des pieds très fort, ça écrase du moustique avec les mains, ça se prend au sérieux et ça a la grâce d’une autruche. Bon, une chance : c’est du millimètre, c’est carré et vivant. Voici juste un peu de flamenco classique qu’ils préfèrent appeler « authentique », donc sans surprises. Ah si ! On les entend quand même répéter le titre de leur spectacle toutes les 20 secondes pour bien qu’ils comprennent qu’ils ne font pas de la danse tribale africaine, pour narguer de manière effrontée ceux qui détestent le flamenco PHILIPPE CAUBEREet surtout le leur, et enfin parce qu’il fallait bien trouver une logique snob à ce mystérieux titre philosophico-mystique.

Sinon, la fanfare se poursuit de la même manière dans la majorité des autres théâtres. Et puis il y a Philippe Caubère. Deux soirées de trois heures + entracte à 23 euros, soit 46 euros pour 6 heures 30. Ca va, c’est dans la norme élitiste du festival. Caubère, lui, n’y est plus depuis longtemps, dans la norme. Absolument éblouissant, il réussit un nouveau tour de force dont il a l’habitude de nous habituer. L’évidence faite homme. Brillant et virtuose. La deuxième partie de FERDINAND est plus déstabilisante puisqu’il répond enfin à ceux qui pensaient (faussement) qu’il ne prenait plus de risques. Il parle cette fois-ci de lui en changeant la forme traditionnelle pour un exercice de style moins drôle (mais drôle tout de même) et énormément poétique. Le travail sur les mots est surprenant et très intelligent. Voici une vraie mise à nu avec un acteur qui s’amuse (la véritable raison de ce changement) et c’est ce qui importe avant tout. Remarquez l’usage des parenthèses que je viens de faire tellement l’univers de Caubère est riche.

Chef de file de la fanfare, Hassan nous a concocté avec LE BEURJOIE GENTILHOMME, l’un des spectacles les plus lamentables qu’il m’ait été donné de voir. Il n’y a rien de plus épouvantable qu’un artiste de one man show qui rigole de ses propres blagues. Jeux de mots et calembours à gogo. Le spectacle est à la hauteur de l’affiche. Si vous voulez vous en payer une bonne tranche…

Un peu de sérénité avec Isabelle Carré et Marianne Basler qui nous ont régalé d’une lecture d’un texte fort peu intéressant et complexé de clichés contemporains forts détestables. Mais leur présence seule a suffit à effacer ces faiblesses et tout leur talent nous a permis de nous reposer et d’apprécier un moment particulièrement savoureux en leur compagnie. Et cela n’a rien à voir avec un quelconque désir sexuel. Pas du tout. Même si c’est vrai qu’elles ont de très beaux seins.

Pierre Aucaigne, lui aussi, a de très jolis seins, paraît-il. Mais on s’en fout un peu. CHANGEMENT DE DIRECTION est LE spectacle du festival. Sur un texte magnifiquement écrit par François Rollin, il crée un personnage complètement délirant, brutalement hilarant. Tout en ruptures. Sans cesse surprenant, d’une inventivité loufoque continuelle, le système s’essouffle lorsque cette inventivité ne se renouvelle plus, mais le personnage est tellement riche que c’est un véritable délice. Cette intense débauche d’énergie fait de ce numéro une véritable performance de comédien, bien plus que celle de Philippe Caubère. Le temps ne fait rien à l’affaire.

Couverts par les bruits de la fanfare, entendu tout de même d’excellents échos de SEMIANYKI toujours au Chêne Noir (j’avais oublié de préciser que c’est ici que Caubère se produit et qu’Isabelle Carré a lu, et allez encore une parenthèse !), de LA MOUETTE montée par Anne Bourgeois, de LA LUNA NEGRA de et par Rémy Boiron à l’Etincelle (mais c’est pas nouveau, c’est pas bientôt fini, oui ?), des coréens du TRAIN (et ce n’est pas parce qu’ils sont coréens qu’on excusera la bien belle faute d’orthographe de l’affiche, entre parenthèses je commence à en avoir marre des parenthèses), de LA PEAU DU PERSONNAGE au Rouge-Gorge et de JE T’AVAIS DIT, TU M’AVAIS DIT de Jean Tardieu, mis en scèneRAOUL PETITE par Christophe Luthringer.

            Et puis il fallait être au Délirium le lundi 18 pour assister au concert de Raoul Petite, un groupe délirant qui a embrasé la foule en un clin d’œil. De l’imagination, de la folie, de l’exubérance, du funk et beaucoup d’humour. Sauvage et frénétique. N’achetez rien de ce groupe, allez plutôt les voir en concert. Le spectacle est autant dans la salle que sur scène et il faut absolument connaître ce chanteur au physique improbable, qui est notamment à mourir de rire en fausse rock star à deux balles aux allures de gourou. Pour info, les prochains concerts sont :

- le vendredi 09 septembre à SEYNE LES ALPES

- le samedi 24 septembre à CHATEAUNEUF DE CADAGNE

- le vendredi 21 et le samedi 22 octobre à PARIS à la Maroquinerie.

Le Délirium est un lieu incontournable des nuits d’Avignon puisqu’il nous a aussi offert la possibilité d’entendre Rona Hartner, artiste sensuelle complètement « allumée » qui accepte aisément les coupes de champagne quand on lui en propose (ça mériterait pas une parenthèse pour finir ?).

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Vendredi 5 août 2005

QUESTION : Dans DU SILENCE ET DES OMBRES en quoi est déguisée Scout lorsqu’elle se fait attaquer avec son frère ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Vendredi 5 août 2005

QUESTION : Comment s’appelle le chat de Bernard Giraudeau et Evelyne Dress dans ET LA TENDRESSE ?... BORDEL ! ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Jeudi 4 août 2005

Question de rapidité...

 

QUESTION : Dans ORANGE MECANIQUE, comment s’appelle le traitement que suit Alex ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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