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Mardi 28 juin 2005

CHRISTOPHER NOLAN            Voici l’émergence d’un nouveau genre cinématographique : le blockbuster d’influence art et essai. Trouver un compromis entre les idées imperméables du film d’auteur et les effets spectaculairement malhonnêtes des gros budgets.

Christopher Nolan s’applique à la tâche. A priori la jonction paraît aisée puisqu’il a débuté en tant que véritable auteur en réalisant leWALLY PFISTER mystérieux FOLLOWING. Puis un véritable coup de génie scénaristique l’a porté au tout devant de la scène, grâce à un film complètement torturé mais proprement impeccable : MEMENTO. Un scénario qui sert la mise en scène et vice versa. Brillant. Cela laissait présager l’expression d’un réalisateur sensiblement différent. Mais en 2002 il se défait de ce qui l’avait porté au pinacle et met en œuvre un film plus conventionnel, même s’il crée un climat tout aussi cloisonné. La photo de Wally Pfister est superbe, l’atmosphère chargée et les comédiens assez fabuleux, mais le résultat est en dessous du film original de Erik Skjoldbjaerg. Le succès d’INSOMNIA lui ouvre tout de même les portes des gros budgets américains : 135 millions de dollars pour le cinquième opus du Batman.

CHRISTIAN BALE            Au-delà des magnifiques affiches dont j’ai déjà parlé, Nolan garde son directeur de la photographie et c’est tant mieux. Car son travail est admirable : des contrastes, du noir, pas de couleurs vives et des zones d’ombres, beaucoup de zones d’ombres qui s'amusent entre elles. Mais la mise en scène de Nolan, alors ? Il n’y en a pas ! Où plutôt, si. A bien y regarder il y en a une, mais elle est noyée dans le montage. Car BATMAN BEGINS c’est uniquement du montage. Pas un seul plan qui dure plus de 10 secondes !!! Oups ! J’suis balade, j’vais bobir… Cela aurait pu passer pour une expérience conceptuelle, mais ici aucune différence n’est faite entre les scènes d’action et les autres scènes. Et qui plus est, on ne voit rien dansMICHAEL CAINE ces moments-là ! Exemple : le combat avec Liam Neeson sur la glace. Le coup du vibromasseur ? Oui, oui. Il ne nous reste qu’une vague impression de ce que l’on vient de voir…

Du point de vue de l’histoire, même chose : on ne voit rien. Au départ, l’idée de la genèse du Batman, de savoir ce super-héros tourmenté par ses sentiments, de le voir taraudé par sa face cachée, tout cela paraissait séduisant. Tous les éléments sont présents, tout est explicite, tout est montré mais rien n’est développé.LIAM NEESON La dualité, la place du père, le pôle qui prend l’ascendant sur l’autre, l’assouvissement de la vengeance, le cloisonnement intérieur (le symbole du puits), voilà des thèmes particulièrement forts qui auraient mérité que l’on lève le voile sur leur essence.

            On se félicitera alors surtout du casting particulièrement attrayant, Christian Bale avant tout le monde. Ce comédien développe au fil de ses rôles une assurance qui en fait un Bruce Wayne très convaincant. On n’est plus dans le jeu outré mais dans une interprétation feutrée et tout en souplesse qui laisse plus de place aux différents états ambigus du personnage.GARY OLDMAN

Et puis il y a Michael Caine qui campe un Alfred so british. Un peu cliché, certes, mais passionnant tout de même.

Liam Neeson, lui, n’arrive pas à tirer son épingle du jeu. Personnage stéréotypé, sans fêlure, prétention moralisatrice… Tout ce qu’il joue est convenu, sans style et complètement manichéen. On est loin de l’original Pai Mei du dyptique KILL BILL, RUTGER HAUERpar exemple.

Quand à Gary Oldman, ses apparitions cinématographiques sont toujours source d’un intense bonheur. Ses compositions physiques sont d’une immense justesse et il ne décevra personne une fois de plus.

Rutger Hauer fait plaisir à voir car, pour une fois, il ne loue pas ses services pour une sombre série B quelconque. Il reste encore à la recherche du grand rôle populaire qui le consacrera. J’ai l’impression qu’il ne le trouvera jamais. George Clooney ne pourrait-il pas lui laisser sa place de star puisqu’il n’en fait rien ?MORGAN FREEMAN

Morgan Freeman est une fois de plus irréprochable. On aurait aimé le voir un poil plus.

Katie Holmes est sûrement la plus insupportable de toute la distribution. Cette jeune actrice souffre du syndrome post-sitcom que beaucoup de « comédiens » de chez nous connaissent et qui ne KATIE HOLMESsemble pourtant pas être aussi vivace outre-Atlantique. Sa série à elle c’est « Dawson’s creek », et depuis sa fin elle n’arrive pas à se défaire de l’image juvénile de son personnage Joey. Mais les choix de ses longs métrages ne l’y ont cependant pas aidée. D’où une certaine ténacité à vouloir se départir de cette étiquette. Dans BATMAN BEGINS cela est plus visible que jamais. Orgueil mal placé, assurance castratrice, mauvais fond, autoritarisme désincarné, féminité maladroite. Le rôle s’y prête, elle aurait tort de s’en priver ! C’est ironique, là ? Parce que je sens pas bien l’ironie sur le papier. Disons que c’est une erreur de casting assez évidente et qu’elle ne va pas tarder à recevoir une lettre l’invitant à faire un bilan de compétence. Justement, on la préférera dans le très émouvant PIECES OF APRIL de Peter Hedges, où elle était une vraie révélation. April Burns est pile son emploi et son meilleur rôle jusqu’à présent. Une vraie curiosité.

            Du point de vue du mythe, n’y allez pas chercher d’explication. Tout mythe se nourrit des interprétations personnelles. Briser les mythes semble assez à la mode mais heureusement le scénario laisse encore beaucoup d’interrogations subsister. D’ailleurs est-ce que quelqu’un sait pourquoi le Batman arrive à voler alors qu’il n’a pas de supers pouvoirs ?

L’un des secrets non dévoilés reste le travestissement de l’homme chauve-souris. Bruce Wayne sort habillé comme s’il allait au Queen et tout le monde trouve cela normal. Son travestissement trahit une nouvelle fois un aspect de sa personnalité qui n’est clairement pas développé dans le film. Que penser du contour de ses yeux qu’il maquille outrancièrement en noir sous son masque ? Cela n’est-il pas pour rendre son regard plus sombre ? Cela n’est-il pas une preuve du caractère coquet et vaniteux du personnage ? La customisation de son costume ou encore de la Bat-mobile n’est-elle pas l’aveu d’un personnage superficiel qui base tout sur l’apparence ? Silence radio du scénariste.

            Je termine en vous laissant méditer sur les dialogues particulièrement inspirés du film, dont voici quelques perles :

- « Trouver, c’est garder »

- « Tes parents ne sont pas morts par ta faute. Mais par la faute de ton père »

- « Je ne vais pas vous tuer, mais rien ne m’oblige à vous sauver ».

            Voici donc ce qu’il convient de nommer le blockbuster d’influence art et essai. Injectez dans un film à grand spectacle des idées floues visant clairement à animer vos personnages. Ne les laissez pas s’exprimer. Contentez-vous d’égrener des thèses psychologiques voire pseudo philosophiques. Essayez de trouver une logique tant bien que mal. Flattez votre public en lui faisant croire qu’il est intelligent car il aura trouvé un sens caché à votre bouillon de culture. Trouvez une manière de filmer qui paraisse originale mais qui ne l’est pas. Remuez. Rajoutez des effets spéciaux si ce n’est pas assez salé. Servez très chaud. Dégustez. Vomissez.

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Samedi 25 juin 2005

QUESTION : De quel film est extraite cette réplique : « Le pouvoir c’est quand tu es l’ultime décideur. Lorsque c’est toi qui choisis comment une conversation se termine » ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Mercredi 22 juin 2005

Voici le classement suite aux dix premières questions :

4 points : MANUE LA CLOCHARDE
2 points : LE SEB
1 point : MOVIE - DR. DEVO - WAKINOURS - GRIBOUILLE

 

QUESTION : Lors du tournage du film LES VISITEURS DU SOIR, comment l’équipe technique réussit-elle à convaincre les figurants de ne pas manger les fruits déposés sur la table du banquet ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Mercredi 22 juin 2005

QUESTION : De quel film est tirée la réplique suivante : « Tu vois cette gonzesse ? Il y a que le train qui ne lui soit pas passé dessus… Et manque de bol, j’étais dedans ! » ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Mardi 21 juin 2005

QUESTION : Dans lequel de ses films Alfred Hitchcock figure-t-il sur une photo de groupe accrochée au mur ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Mardi 21 juin 2005

RINGU

            Avoir peur au cinéma est devenu une chose plutôt rare. A la base, c’était le film de genre qui se prêtait le mieux à cet exercice. La vague des films d’épouvante des années 30 en est la meilleure concrétisation. Faire des films qui font froid dans le dos. On peut aujourd’hui discourir sur leurs effets stylistiques, il n’en reste pas moins que des films comme FRANKENSTEIN de James Whale ou THE MUMMY de Karl Freund restent des œuvres de terreur propre, dues à un traitement brutal et cru. Quelques années plus tard, la Hammer s’emparera de ces grandes figures mythologiques à travers un revival qui s’axera plus sur le spectaculaire. Mais l’effroi reste toujours vivace à travers des films comme THE HAUNTING de Robert Wise, VILLAGE OF THE DAMNED de Wolf Rilla ou encore LES YEUX SANS VISAGE de Georges Franju. Puis les années 70 arrivent et les films à grand spectacle reprennent toute cette idéologie et cette culture, ce qui aboutit à des œuvres particulièrement maîtrisées, parfois extrêmement terrifiantes. THE TEXAS CHAINSAW MASSACRE, THE EXORCIST, THE AMITYVILLE HORROR ou THE SHINING en font partie. Les films d’horreur vont alors exploiter le filon pour en faire toute une série d’œuvres particulièrement nauséabondes qui finiront par enterrer le genre. Et puis SCREAM est arrivé. Beaucoup de personnes y ont vu une refonte des codes. Si l’on se réfère à toutes les suites, les scénarios et les pseudo films qui s’en réclamaient, aucun n’a véritablement réussi à dépasser ce stade et renouveler l’esprit. En fait, il s’agissait plutôt d’une réappropriation de ces codes.

Quel est le dernier film qui vous a réellement fait peur au cinéma ? 

            La peur s'axionne à chaque fois par l’imposition d’un climat, d’une ambiance. Et les meilleurs exemples fonctionnent dans des retranscriptions ancrées dans notre quotidien. Développer le quotidien avant tout.

THE SHINING : Kubrick insiste d’abord sur la famille de Jack Torrance et leurs comportements intimes. L’étrangeté du lieu est juste effleurée et n’imprègne l’histoire qu’au fur et à mesure par petites touches.

JAWS : avant tout annoncer le danger. C’est la première scène du film. Puis s’ingénier à créer l’effervescence de la station balnéaire et la dynamique du cocon familial du shérif Brody. Enfin, ne montrer la menace que vers la fin du film.

THE EXORCIST : la référence en matière de réalisme quotidien. Toute la première partie du film est conçue comme un drame. Les liens mère-fille, les choses « sans conséquence » qui émaillent chaque jour vécu, la recherche médicale… Rien n’oriente vers l’horreur. Tragédie moderne.

Ces données permettent une appropriation de l’histoire par une totale identification à des actes, des personnages ou des émotions proches du réel. C’est la base. L’horreur ne vient pas de la vision d’une tête tranchée mais de la représentation que l’on peut en avoir. Combien de films peuvent encore se prévaloir d’avoir digéré cette valeur essentielle ?

            Le dernier film qui m’a procuré ce genre de sensation, ce fut RINGU de Hideo Nakata, samedi 26 août 2000, au cours de « l’Etrange Festival ». Ce fut plutôt une expérience qu’une séance de cinéma. 1000 personnes réunies pour voir ce film venu tout droit d’Asie. A cette époque, la déferlante RINGU a déjà largement frappé le Japon depuis 2 ans et demi et s’apprête à envahir l’Europe. Dans son pays d’origine, le film et ses différentes suites sont un phénomène sans précédent. L’engouement est tel qu’il prend le pas sur toutes les grosses productions américaines.

Confortables dans nos fauteuils, personne n’est préparé au choc. Jean-Pierre Dionnet nous prévient pourtant que nous nous apprêtons à avoir peur encore longtemps après sa vision, mais rien n’y fait. Personne ne quitte la salle. Dire que nous nous attendons à voir un énième film d’horreur à l’originalité discutable ne serait pas minimiser l’état dans lequel nous nous trouvons, suite au synopsis qui nous a été livré : une cassette maléfique, qui circule sous le manteau, décime tous ceux qui la regardent.

La projection débute. L’angoisse ne vient pas d’entrée. La première scène est la moins réussie et correspond bien à ce que nous attendions. Mais le visuel est éclatant. Différent. Pertinent et percutant. L’histoire se crée et percute notre attention. L’angoisse monte. Il faut s’accrocher au siège. Nous sommes pris dans une tragédie complètement démente où les affres de la vie percutent des sens nouveaux, inexplorés. La peur naît de l’inconnu. Il s’agit de personnes qui se lancent dans le vide et qui font tout leur possible pour revenir en arrière. Je suis comme happé par l’écran. Les rares fois où j’arrive à décrocher mon regard pour prendre du recul et reprendre conscience qu’il ne s’agit que d’un film, je me tourne afin de regarder les réactions des autres personnes présentes et là… Stupéfaction. L’horreur s’est transmise dans la salle. Les corps sont tendus, les visages émaciés, les mains crispées et les cris continuent à se propager avec une intensité croissante. Comme si chacun ressentait la peur des 999 autres personnes qui participent à cette expérience. La peur décuplée. A la fin de la projection nous sommes abasourdis par ce que nous venons de vivre. Une expérience étrange. Et une peur quasiment personnifiée. Presque palpable.

Ce soir-là, quelque chose de rare s’était produit. Je ne le savais pas encore car 8 mois plus tard, je traînais ma copine de l’époque à la projection du film enfin sorti en salle. Mal m’en prit ! La salle, presque vide, ne participa pas au retour de la magie du fameux soir. Conclusion : ne jamais voir un film d’épouvante en journée et ne jamais vanter les mérites d’un film de manière excessive. Finalement, le DVD m’apporta les réponses définitives que je m’ingéniais à trouver. RINGU est le dernier film d’angoisse réalisé, au climat insidieusement effroyable et à la complexité redoutablement maligne. Un film qui joue avec les peurs car il les inscrit dans un univers extrêmement proche de notre réalité.

            Hideo Nakata a réalisé un véritable chef-d’œuvre de détresse, qui fait appel à nos angoisses profondes et à nos propres questionnements métaphysiques. L’histoire de cette cassette maudite ne s’arrête pas à ce scénario de série B, il est beaucoup plus conséquent que cela. La multiplicité des thèmes abordés participe à la considérable élaboration d’une trame particulièrement riche. Au centre de tout cela, il est un facteur qui joue un rôle primordial dans le lien qui unit tous les protagonistes de l’histoire. L’eau. Les japonais ont un rapport à l’eau qui est ancestral. Chez eux, l’eau est considérée comme une entité particulièrement vénérée. Une sorte de demi dieu car elle est à l’origine de la vie, ce qui lui confère un caractère sacré. Ce qui crée la vie crée aussi la mort. Elle est ici abordée sous cette dualité. Invoquez-la et vous invoquerez aussi son cortège de fantômes inquiétants. Jeux d’eau de mer, spectres en vue. Elle symbolise la vie lors de la première rencontre entre Yoichi et Ryuji. A ce moment précis elle se caractérise par une pluie battante sous laquelle les deux protagonistes n’échangent aucun mot mais où beaucoup d’éléments entrent déjà en scène. On appréciera particulièrement d’avoir tu leurs rapports. Rien n’exige l’explication du lien et Nakata préfère suggérer qu’imposer une logique, ce qui est bien plus intelligent. Une autre relation laissée en suspend est celle entre Asakawa et Ryuji. On sait qu’ils ont été mariés mais les silences et les regards qui s’érigent entre eux sont autant de mots qui construisent la complexité et l’ambiguïté de leurs attaches. L’immense douleur qui les unit est un gouffre d’amour où les plaies peinent à se refermer. Deux personnes qui se tiennent la main à travers un mur. Sûrement l’une des plus belles retranscriptions d’un couple qui n’a plus rien à se dire mais qui se nourrit encore de leurs douleurs communes. L’amour envisagé sous l’aspect du fardeau du passé et des sentiments inapaisés. De l’amour. Beaucoup d’amour. Et aucune concrétisation possible.

L’eau symbolise aussi la mort lorsque la mer appelle Shizuko à elle. Son emprise développe une attirance malsaine. Shizuko s’expose à la dualité et Sadako amplifiera le côté obscur. Sadako est l’ombre, la face cachée. Le mal qui s’expérimente… Et ses longs cheveux cachent sa véritable identité : la souffrance qui hante son visage et la terreur pure qui se lit dans ses yeux. Symbole évident de son enfermement : le puits !

Magnificence aussi dans l’élaboration des plans du réalisateur. Des plans d’une beauté très formelle, d’autres d’une tension extrême, d’autres encore nous révélant plus d’éléments que de simples mots. La photo oscille entre des zones d’ombres tenaces et une lumière crûe criante de réalisme. Jouer avec le noir comme avec la lumière, voilà encore une autre dualité. Car s’il y a bien un vecteur d’angoisses c’est assurément le noir. La peur du noir. La peur de ce qui s’y trouve. La peur de son ombre. Avoir peur de son côté sombre. Sadako en est certes une personnification mais elle symbolise aussi une sorte de pureté pervertie avec son habit impeccablement blanc. Nouvelle peur : le blanc. L’éclat de la couleur nous étourdit.

Le pari sûrement le plus réussi est de nous faire pénétrer cette ambiance étrange. D’abord par la description d’un quotidien fait de blessures, d’histoires à poursuivre et de journées peu héroïques. Identification facilitée. L’héroïsme viendra plus tard. Il faut à ce titre saluer l’élaboration absolument sans précédent du personnage de Ryuji. C’est bel et bien lui le véritable héros du film. Un personnage complexe, au vécu énorme, à l’assurance volontaire et tout cela montré en filigrane sans aucune explication. Pas d’explication non plus sur le caractère paranormal qu’il a développé, que possède peut-être Asakawa et qui est sans aucun doute dans les gênes de Yoichi (leur enfant ?). Rien n’est dit, ce n’est pas essentiel. Cela donne de la consistance au propos et renforce notre attrait par cette honnêteté. Ryuji est l’homme qui ne montre pas ses doutes. Il est investi. Il agit. C’est l’actif. La réflexion est brève et intelligente. L’action lui succède immédiatement et confère au récit un rythme effréné. Ryuji va toujours de l’avant. Il n’est pas dans la peur. On a envie de le freiner face au danger auquel il s’expose. Pourquoi fait-il tout cela ? Pour son présumé fils ? Pour son ex-femme ? Pour l’amour qu’il éprouve encore pour elle ? Autant de réponses en suspend qui enrichissent le film. Et lorsque sa mort survient nous sommes d’autant plus affectés car les sentiments que nous avions noués à son encontre atteignaient leur paroxysme. Nouveau tour de force du réalisateur.

Je me souviens des différents éléments insubmersibles et du moment où l’on se dit que tout est fini, que la malédiction est levée, mais où tout repart de plus belle. Je me souviens qu’à l’époque j’avais été stupéfait par les effets spéciaux du film. Sadako sortant de l’écran de télévision m’avait fortement impressionné. Je me souviens surtout du travail sur les bruits, des horribles grincements, de l’œil révulsé, des masques mortuaires. Je me souviens avoir vaguement invoqué un quelconque dieu en demandant à ce que le film de la cassette ne nous soit jamais montré par peur d’être déçu, et puis finalement d’avoir été incroyablement surpris de l’atmosphère oppressante, angoissante, malsaine et surtout dérangeante qui en émanait après sa vision. Lynch pour l’étrangeté. Et des questions, des questions… Quel est donc ce plan où Yoichi s’arrête, puis plus tard Asakawa, avant de rentrer dans la chambre de Tomoko ? A qui Ryuji dit-il en plein rue : « C’était donc toi ? ». Les chaussures blanches de cette personne sont-elles celles de Sadako, qu’il ne connaît pourtant pas ? Asakawa demande-t-elle à son père de visionner la cassette à la fin du film pour sauver Yoichi ? Qui a gagné la coupe du monde de football en 1938 ? Non, peut-être pas celle-là ! 

            Un chef-d’œuvre décidément bien mystérieux où l’effroi fonctionne comme un révélateur de vie. Distiller ses angoisses à travers un filtre facilement identifiable. Ressentir des émotions pour mieux épancher ses souffrances. La peur comme scarification.

            Suite au succès colossal du film au Japon et dans une grande partie de l’Asie, plusieurs suites ont été élaborées mais aucune n’a revêtu le caractère unique de RINGU.

RINGU 2 fut aussi réalisé par Nakata, mais si l’atmosphère était aussi pesante, la magie ne fonctionnait plus. RINGU 0 : BASUDEI était censé expliquer la genèse de la cassette et nous éclairer sur la jeunesse de Sadako, mais n’expliquait finalement rien et continuait à jeter le trouble sur les évènements. RING VIRUS et RASEN étaient à peine montrables, et THE RING de Gore Verbinski nous surprenait pour avoir gardé l’essence même de l’histoire, mais pour avoir cherché une explication logique aux moindres détails, le film redevenait banal et perdait toute aura.

Mais le plus intéressant restait toutes les séquelles que Sadako inspira. Toutes ces jeunes filles et autres fantômes aux cheveux longs qui commencèrent à envahir les productions asiatiques. Je me suis alors plongé dernièrement dans la saga Tomie. TOMIE, TOMIE : ANAZA FEISU, TOMIE : REPLAY, TOMIE : RE-BIRTH, TOMIE : SAISHUU-SHO - KINDAN NO KAJITSU. Mais c’est quoi cette idée de nommer tous les films dans leur titre original ? Il pourrait y en avoir 7 ou 8 de plus, je pense qu’aucun ne saurait être digeste tant ces tomes là ne m’ont rien inspiré de comestible. C’est à celui qui fera la suite la moins inspirée et la moins en rapport avec son sujet. Rien à voir avec RINGU, du moins du côté de la qualité artistique.

Passons plutôt à JU-ON et JU-ON 2. Deux réalisations de Takashi Shimizu. Le second est la suite du premier et raconte la même chose. On peut les inverser, ça marche quand même. On ne peut pas non plus les différencier qualitativement. C’est la même médiocrité. Une bonne idée, deux tout au plus. Et puis surtout ce sont des films destinés à la vidéo qui ont été tournés en D.V., et qui sont esthétiquement dépourvus d’harmonie visuelle. Une horreur à regarder. J’suis assez fier de cette phrase ! Le rythme est complètement distendu. Les effets de surprise s’enchaînent et n’effraient plus. Pire que tout : le petit Toshio maquillé de manière outrancière et mis en scène dans des postures pas croyables est risible à souhait. Bon, on est encore loin de l’effet escompté. Je poursuis alors avec JU-ON : THE GRUDGE et JU-ON : THE GRUDGE 2 du même Shimizu. Bon, on l’a compris c’est son STAR WARS à lui. Que va-t-il bien pouvoir apporter de nouveau à cette histoire maléfique ? Réponse : rien. Il refait exactement tout ce qu’il a déjà fait dans les deux précédents films mais avec plus de moyens. On a à faire ici à de vrais films avec (ô joie !) une image complètement regardable. Pour le reste, je pourrais faire un copier-coller de ce que j’ai écrit plus haut, je ne ferais qu’un trajet mais je me foutrais complètement de vous. Je préfère employer un verbe comme « se conférer à » ou un truc du genre. Mais ne vous y attardez pas trop quand même. Je dois encore parler de THE GRUDGE, l’adaptation américaine. Toujours par devinez qui… En fait, j’avais vu précédemment cet opus au cinéma et je m’étais justement demandé quels étaient les éléments qui avaient été enlevés, rendant le film creux, sans intérêt et développant une mythologie de bazar. C’est cela qui avait attisé ma curiosité et donné l’envie d’en saisir quelques clés à travers les originaux. Ces derniers étant aussi vides, difficile de donner de l’épaisseur à Sarah Michelle Gellar et aux évènements qui l’entourent. Je décidai quand même de le revoir, histoire de clore cette série. L’image est toujours de mieux en mieux, la réalisation aussi, le petit est de moins en moins maquillé et le rythme devient plus ténébreux. Mais en vain. L’histoire est faible et n’intéresse personne. THE GRUDGE 2 va bientôt sortir et JU-ON : THE GRUDGE 3 est d’ores et déjà en préparation. Nouveau copier-coller ?

            Du côté des films normaux, HOLY LOLA de Bertrand Tavernier dépasse largement la norme. Tavernier est un type intelligent. Il nous parle de choses importantes et il a raison. C’est un peu notre Ken Loach à nous. Et puis c’est aussi l’un des rares cinéastes français qui ne filme pas le cinéma à la française, en tout cas plus du tout depuis dix ans. Il a raison de persévérer. Du cinéma bien fait et très attachant. Nous retrouvons aussi avec une grande joie la formidable Isabelle Carré, qui nous avait tellement ému dans SE SOUVENIR DES BELLES CHOSES. Une fois de plus elle trouve un rôle extraordinairement fort, qui sert tout son immense talent. Bertrand Tavernier a eu une fois de plus raison. Raison de l’employer. Par contre, que vient faire ici Jacques Gamblin, ce sous-acteur que Tavernier avait déjà utilisé dans le mésestimé LAISSEZ-PASSER ? L’une des plus grandes impostures du cinéma français balade sa nonchalance et son manque d’assurance tout au long du film, ne cessant de nous montrer qu’il joue au lieu d’être. Aucun charisme, aucune technique, beaucoup de prétention. A quoi rime tout cela ? Je me mets alors à douter de mon jugement. Et comme Bertrand Tavernier est quelqu’un qui a toujours raison, je lui laisserai le dernier mot.

            Pour tous ceux qui aiment le poker, je ne saurais que trop vous recommander le WORLD POKER TOUR diffusé tous les jeudis soirs sur Canal +. C’est une émission superbement mise en scène, avec des jeux de lumières parfois très provocateurs. Mais question poker voici enfin la grande émission qui va vous faire comprendre les tenants et les aboutissants du jeu, sans pour autant vulgariser tout le processus. Et puis il faut bien avouer que Patrick Bruel est ici un commentateur hors pair, qui rend toute partie extrêmement passionnante par l’à-propos de ses interventions. Voilà quelqu’un de plus intéressant qu’il n’y paraît.

Par contre, pour tous ceux que le poker n’intéresse pas, je leur conseillerai de regarder plutôt le WORLD POKER TOUR diffusé tous les jeudis soirs sur Canal +. C’est une émission superbement mise en scène, avec des jeux de lumières parfois très provocateurs. Ca va les copier-coller, on s’éclate ? S’ils ne trouveront pas leur compte dans les différentes tactiques abordées, ils pourront s’amuser en s’attachant aux diverses personnalités des joueurs qui frôlent parfois la caricature. Drôlissime.

RINGU

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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Mardi 21 juin 2005

QUESTION : A propos de quel film Jean Cau a-t-il écrit en 1973 dans Paris-Match : « Honte pour le producteur de ce film, honte pour son réalisateur, honte pour les comédiens » ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Lundi 20 juin 2005

QUESTION : Quel est le nom du cargo interstellaire du film ALIEN - LE HUITIEME PASSAGER ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Lundi 13 juin 2005

QUESTION : A qui Jean-Louis Trintignant a-t-il dit, en 1982 : « En France, nous avons un jeune acteur à qui tu ressembles. Il s’appelle Depardieu. Excuse-moi, mais je pense qu’il est mieux que toi » ?


par MAYDRICK publié dans : QUIZZ
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Samedi 11 juin 2005

BATMAN BEGINS BATMAN BEGINS BATMAN BEGINS

            En France, le cinéma étranger occupe la plus large part du marché cinématographique. Mais si l’on excepte les films provenant des Etats-Unis, la portion restante est plutôt maigre pour chaque pays. Le Japon ou même la Chine arrivent constamment à tirer leur épingle du jeu, la plupart du temps de manière assez brillante, et beaucoup de pays bénéficient d’une figure de proue, tels Ingmar Bergman pour la Suède ou Youssef Chahine pour l’Egypte. Certaines nationalités nous amènent parfois à nous interroger sur la vivacité de leur cinéma. Quid du cinéma philippin ? Népalais ? Camerounais ? Equatorien ? Beaucoup de cinémas semblent définitivement écrasés par la concurrence américaine, d’autres subsistent on ne sait trop grâce à quelle volonté politique.

Le cinéma argentin a failli complètement disparaître suite aux dix années de dictature militaire qui l’ont complètement atrophié. C’est donc une joie de le revoir s’épanouir sur deux plans. Le premier au niveau de sa production nationale, car c’est l’un des rares pays où ses films arrivent à faire jeu égal avec le cinéma américain. Et le second au niveau de la percée sur notre territoire. Ces dernières années nous avons effectivement commencé à voir surgir des films argentins de grande qualité. Celui qui m’a le plus marqué est sans conteste FIGLI / HIJOS de Marco Bechis, qui tentait d’exorciser certains démons de la dictature passée, à travers les enlèvements et les assassinats des enfants des opposants au régime. Il ne fut pas distribué en France. Mais parmi ceux qui parvinrent jusqu’à nos écrans blancs, on retiendra l’intriguant scénario de NUEVE REINAS de Fabian Bielinsky. Ce mois-ci : deux films au programme. EL CIELITO de Maria Victoria Menis, dont j’espère que les images ne sont pas aussi putassières que les affiches qui déferlent sur les murs de Paris; et puis surtout WHISKY ROMEO ZULU de Enrique Pineyro. Un film très surprenant car loin des effets faciles des blockbusters. Simple. Et qui nous conte une histoire prenante de bout en bout. Une évocation du drame survenu le 31 août 1999 à Buenos Aires. Un avion qui s’enflamme. 67 morts.

Cette vision des choses, c’est l’histoire vraie de Enrique Pineyro. Il l’a vécue. Maintenant il en est l’acteur, l’auteur, le producteur et le réalisateur. L’acteur parce qu’il fallait bien trouver un comédien qui soit compétent au niveau de l’art dramatique mais aussi qui sache piloter un Boeing. Car les scènes de vol ne sont pas tournées en studio. Majesté des images. Nouvelle preuve de l’inutilité des images de synthèse. Monter dans un cockpit. Ressentir l’extraordinaire excitation des pilotes à la vue du monde survolé. Pineyro filme les avions comme Ford filmait les chevaux. Et sans autorisations. Toutes les scènes en aéroport et en avion ont été tournées sans aucune autorisation !!! D’où la volonté d’être aussi producteur. Et le pire c’est que personne n’est jamais venu rien réclamer à l’équipe du tournage. Par ce biais, il dénonce l’incroyable corruption qui régit l’aviation argentine. Et par là l’insécurité outrancière qui y règne. Parce que si une équipe peut filmer dans un aéroport sans que personne ne s’en inquiète, Al-Qaïda dans tout ça ?

Le ciel argentin n’est pas sûr. Les compagnies se livrent une guerre des prix qui a une répercussion directe sur les services proposés au client. Après avoir refusé de faire partir plusieurs avions pour défaillance technique, Enrique a remis plusieurs rapports dénonçant notamment 96 fausses alarmes survenues en 4 mois (sachez que lors d’un vol, chaque pilote fait en moyenne 7 à 9 erreurs. Minimes, certes, mais si une alarme se déclenche à chaque vol, quatre mois plus tard, la vigilance du pilote s’en trouve forcément perturbée). La catastrophe que l’on attend tout le long du film surgit finalement, et les dernières minutes du film sont pour les images réelles tirées de ce drame. Le générique nous révèle le mépris des dirigeants de Lapa, heureusement précipités aujourd’hui dans un procès qui se terminera à la fin de l’année.

La véritable force du film de Pineyro est de s’inscrire dans un cinéma pas forcément militant mais avant tout contestataire. Les problèmes sont les mêmes chez nous. A une autre échelle. Les pressions que connaît Enrique dans son film se retrouvent aussi chez les pilotes français. A une autre échelle.

Or, ce genre cinématographique se nie lui-même si il devient démago. C’est loin d’être le cas ici. Le client n’est plus roi : l’entreprise augmente sa valeur ajoutée en diminuant ses services de base. La maintenance n’est plus qu’une illusion. Les pilotes sont surexploités. Toujours plus de fric. Air connu.

WHISKY ROMEO ZULU délivre un message parfaitement maîtrisé. La sincérité de l’engagement est une vertu que l’on aimerait voir plus souvent. Bon, c’est vrai que le montage cède parfois inutilement à une certaine mode qui consiste à déstructurer le récit. Et même si l’emploi de la caméra subjective ouvre parfois plus de questions qu’elle n’est censée en résoudre (je vous avais dit qu’il allait y avoir de la dénonce !), on se plaira à analyser avec quelle intelligence Pineyro joue avec les codes cinématographiques universels. Notamment lorsqu’il insiste sur le dernier regard qu’il échange avec l’hôtesse restée dans l’avion qu’il vient de refuser de faire décoller et qu’un autre pilote va prendre en charge.

Gardons un œil sur la vivacité du cinéma argentin.

            On peut avoir encore de la dénonce ?

            Oui, dénonçons les remakes qui ne cherchent qu’à profiter du succès des films qu’ils veulent plagier. THE AMITYVILLE HORROR de Andrew Douglas est une chose informe, complètement débile, où les effets chocs ne cherchent qu’à faire oublier l’ambiance malsaine que dégage la bâtisse et que le réalisateur n’a pas sur recréer. Tous les éléments intéressants de l’original sont abandonnés parce qu’ils n’ont pas été compris. Mais finalement c’est assez normal : il faut être un bon réalisateur pour savoir créer une ambiance. Alors, là, ça balance grave ! Cotisons-nous pour acheter le DVD de THE TEXAS CHAINSAW MASSACRE de Tobe Hooper à monsieur Douglas, et par la même occasion à son acolyte Marcus Nispel qui a tenté de faire un remake de ce film il y a 2 ans. Parmi toutes les lois du Texas qui condamnent à la chaise électrique, il n’y en aurait pas une pour les réalisateurs de mauvais films ?

            En parlant de débilités, si vous connaissez le nom de la boîte qui a conçue les affiches de BATMAN BEGINS, n’hésitez pas à la dénoncer ici-même. Ca m’intéresse. Il faut dire qu’elles sont assez sublimes pour une série où la médiocrité cinématographique se mesure à l’inverse des budgets engagés dans l’élaboration de chaque film. Tiens, revoilà la dénonce. Bon, je ne l’ai pas encore vu évidemment car la sortie mondiale c’est incessamment sous peu.

            Pas vu non plus TRAVAUX de Brigitte Roüan. Je ne vais pas voir les films dont le scénario est en cours d’écriture. Tiens, je sais d’où vient le titre maintenant ! Vous vouliez de la dénonce, non ?

            Surtout pas vu KUNG FU que l’on nomme en France CRAZY KUNG-FU. L’avantage quand on a vu 11000 films dans sa vie c’est qu’on est capable de reconnaître un bon film à la vision de sa bande-annonce.

            Vu par contre THE INTERPRETER de Sydney Pollack. Nicole Kidman est une très bonne actrice. Sean Penn aussi. Mais nous savions déjà tout cela. Faire un film juste pour nous le dire, c’est un peu léger quand même. J’aurais préféré qu’ils envoient un fax.

            Vu aussi CONSTANTINE de Francis Lawrence. Un film qui fait se poser beaucoup de questions. Quel intérêt ? Qu’est venue faire Rachel Weisz là-dedans ? Pourquoi les méchants sont-ils si méchants et les gentils si gentils ? Ai-je bien fait de ne pas avoir payé ma place de cinéma ? Ah, j’ai une réponse là ! Pourtant les effets spéciaux sont pas mal faits, Rachel Weisz pique la vedette à Keanu Reeves, qui est pourtant un bon comédien, mais quelle inconsistance et quelle niaiserie !

            Et puis tous les admirateurs d’Adriana Karembeu peuvent aller voir TROIS PETITES FILLES de Jean-Loup Hubert. Pour trois raisons. D’abord pour l’admirer, car c’est la principale raison d’être d’un admirateur d’Adriana Karembeu, et puis, après tout, elle se laisse très bien admirer. Ensuite parce que dans tout ce qu’il y a de plus mauvais il y a une perle. Mais attention, une vraie perle. Si vous l’avez aimée dans L’ESQUIVE, je vous demande de faire un triomphe à Sabrina Ouazani. Quelle joie de pouvoir la revoir dans un rôle où elle nous confirme toute l’étendue de son talent. Et puis, le César mérite d’être partagé car Sara Forestier est tellement brillante ! Il va falloir compter avec ces deux très grandes comédiennes. La troisième raison, maintenant. Certainement pas la moindre. Parce que si vous le redoutiez, eh bien sachez que c’est fait. Voilà. Ils ont enfin osé mettre du Julie Piétri dans un film de cinéma. C’est en France que ça se passe et c’est signé Jean-Loup Hubert. Shame on you !

            Y’a un peu plus pour la dénonce, je laisse ?

            Bon, alors c’est uniquement pour ceux qui ont réussi à lire jusqu’ici. Si vous vous posez encore la question : « Faut-il coucher pour réussir ? », je réponds par l’affirmative et j’avance la preuve. De source sûre j’apprends qu’une actrice très connue est arrivée à s’imposer dans ce milieu en prenant toujours les devants et qu’elle est aujourd’hui connue pour être celle sur qui l’on peut toujours compter. Pas de nom ni de prénom sur cette page, mais je vous donne un indice : son dernier film est sorti en 2003. Si ça c’est pas de la dénonce… Bah non, la dénonce ça aurait été de nous dévoiler comment elle s’appelle ! Bon, alors d’accord, mais uniquement par mail. Si ça c’est pas de la dénonce…

par MAYDRICK publié dans : LUMIERES
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