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---> Dernière critique : BELGICA de Felix van Groeningen.

 

 

 

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 13:08

QUESTION : Qui vole les bandes magnétiques à Gene Hackman dans CONVERSATION SECRETE ?

 

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 01:04

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 20:00

PASCALE PETIT

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 11:56

QUESTION : Dans DOCTEUR CYCLOPE à quoi fait référence le surnom d’Albert Dekker qui donne son titre au film ? [Une réponse très précise est demandée]

 

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 01:53

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 20:00

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 01:00

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 20:00

DAVID LYNCH

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 18:08

Je pensais poser le pied sur le pavé désargenté ou, par politesse, me reposer à l’ombre des bougainvilliers, mais que nenni, je n’avais pas encore fini de digérer THE BROKEN CIRCLE BREAKDOWN pourtant sorti le 28 août 2013, que revoilà Felix van Groeningen avec sa nouvelle mouture qui vandalise la nuit la plus noire de ses néons colorés. L’annonce ne se fait pas au clairon pour un réveil brutal tout en gueule de bois, mais gentiment, en y mettant les formes et sans chercher à faire le moins possible de bruit, ce qui reste la méthode la plus efficace pour réveiller à coup sûr votre partenaire. Un bon vieux scratch. Le bruit du saphir qui vient heurter le vinyle. Y a-t’il jamais eu de son plus rock and roll pour débuter une journée et à plus forte raison un nouveau film ? L’invitation est chaleureuse, subrepticement balisée sous des dehors artisanaux qui suscitent l’estime. C’est le moment de savoir si votre partenaire est rock and roll ou pas. Si elle se lève intriguée par l’ambiance musicale qui dessine la matinée, il y a des chances que l’album se termine en sa compagnie. Si elle ronchonne, ne la retenez pas. Mettez-la directement à la porte, et en petite tenue, vu qu’elle n’en a pas. Tout manque demande à être comblé. Il y a eu du sexe, il y a du rock, il y aura de la drogue. C’est le début de BELGICA.

 

                Si je vous annonce la couleur d’entrée, c’est que le film ne le fait pas et marche sur des œufs pendant une longue première partie. Chose plutôt agréable, d’ailleurs. Il prend le temps de s’installer, de faire les présentations et de tisser son canevas sans crier gare. Le film a déjà démarré quand nous pensons encore nous situer dans de l’exposition. Sacré coco, me dis-je que ce van Groeningen qui fait bien de ne pas dévoiler ses intentions trop tôt. Du coup, c’est une rencontre vraiment plaisante à laquelle nous prenons part. On s’amuse, on rit, un peu d’astuce, de beuverie, on prend du bon temps, quoi. Tout cela dans un allant dynamique et parfois survolté. Pas le temps de s’ennuyer. Oui, mais tu nous amènes sur les bords de quelle rive, mon cher van Gro ?

 

Faisons le point. Stef Aerts et Tom Vermeir sont frères. Mais pas version liens du sang avant toute chose, on passe notre temps ensemble et on partage tout. Non, plutôt en mode chacun sa vie, pas d’inimitié recensée mais pas forcément la grande affinité qui mène au grand soir. Bref, leurs différences ne les ont pas séparés mais les ont tenus à distance de la grande harmonie fraternelle et consorts.

 

Le premier, Stef, c’est plutôt le type en retrait, celui qui ne fait pas de bruit mais qui suit son petit bonhomme de chemin tranquillement. Pas vraiment timide mais réservé, pas franchement introverti mais plutôt secret (plutôt obscur, dirions-nous à la sortie du film), il se distingue physiquement par un œil mort qu’il ne cherche pas à dissimuler. La manière très assumée qu’il a d’en parler démontre son aisance à ne pas se subir en tant que personne différente. Chétif et pas très grand, le comédien donne à son personnage la silhouette d’un jeune homme plutôt à l’aise dans ses baskets, sociable, plein d’humour, bien à sa place, même s’il souhaiterait que la jeune femme qui se réveille dans son appartement au son d’un saphir dynamique se souvienne de sa dernière nuit. Après tout, chacun prend son bonheur où il le trouve. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, semble-t-elle lui dire avec plus ou moins de tact. Nous avons donc là un personnage qui se compose en nette opposition à celui de Tom Vermeir, le frère. T’es sûr que c’est lui le frère ? Il me semblait que c’était l’autre. Lui, c’est le gars un peu bas de plafond qui ne s’est jamais donné les moyens de faire ce qu’il souhaitait. Peut-être ne les avait-il pas. Alors il ramasse des crottes de chien dans le chenil que tient sa femme. Tom Vermeir, c’est le loser sympathique, mais loser quand même. Un zonard frustré de ne pas mener la grande vie. Le genre de type qui peste contre le destin qui l’a placé du mauvais côté de la barrière, car il n’est pas fichu de se rendre compte qu’il est seul responsable, et encore moins qu’il n’est pas du mauvais côté de quoi que ce soit. Pour tout dire, c’est le cliché de l’homme qui lutte pour ne pas quitter le stade adolescent, incapable d’affronter les problèmes d’une vie d’adulte. La picole le réconforte, tromper sa femme aussi probablement, et au milieu de tout cela il essaie de faire bonne figure.

 

Voilà donc comment s’engage BELGICA, avec deux figures pas forcément originales mais qui n’ont rien à faire ensemble. Leur mise en contact, pour ne pas dire en relation, déjà très excitante scénaristiquement parlant, peut désormais avoir lieu.

 

                C’est sur le tard que la relation fraternelle va se nouer entre Stef et Tom. Autour du Belgica, un bar que vient d’ouvrir Stef. Comme il devient un repère de zonards, d’exclus, de fêtards, de laissés-pour-compte, pas forcément malfamé mais un peu quand même si on regarde bien dans les coins, en tout cas débordant de vie, Tom s’y sent très vite comme chez lui, réveillant ses démons qui vont prendre une place démesurée par la suite. Les deux frères s’associent et commence alors la grande épopée du Belgica. C’est alors que le lieu se mue en place incontournable de bonne humeur, de rencontres, de fêtes, de musique underground, de performances, un lieu hétéroclite où tout le monde est accueilli à la même enseigne, un repaire, un foyer. Bref, un lieu à nul autre pareil ou chacun peut vérifier que le cadre de la vie ne se légifère jamais.

 

Le processus s’enclenche. Le Belgica est un endroit que les frères espèrent convivial, auquel ils impriment une identité forte, où les gens aiment se retrouver grâce à l’ambiance qui y règne. La musique y tient évidemment une place importante. C’est l’esprit rock, anarchiste, libertaire, et surtout insoumis. J’y reviendrai un peu plus après car c’est à travers cette étiquette que le film aborde les années qui passent et la pression du monde extérieur auquel il est difficile d’échapper. Je veux dire par là qu’être rock ou anarchiste, c’est un arrangement avec soi-même. Mais l’insoumission sous-entend une interférence avec quelqu’un d’autre, à fortiori un monde que nous ne reconnaissons pas, et le plus souvent contre lequel nous nous rebellons. Si c’est le monde du pouvoir et de la loi, c’est un chemin de croix qui s’ouvre devant soi.

 

Donc, tout cela se met progressivement en place. Van Groeningen implique le spectateur dans cette atmosphère de bière, de transpiration et de tympans saturés. Les liens entre les frères se resserrent. La machine est en marche. La pente est ascendante. Le Belgica s’agrandit. L’ambiance est clairement au beau fixe. Et cela fonctionne très bien. Sans but. Sans quête. Sans qu’aucun problème majeur ne surgisse. En vérité, il est plus enfoui qu’il n’y paraît. Il est déjà présent et clairement énoncé. La grande chance de ces deux frères c’est précisément leur alliance, mais c’est aussi celle qui causera leur perte. Van Groeningen ne fait que placer ses billes. Discrètement. Finement, devrais-je dire. Même que nous pouvons les prendre pour de fausses pistes. Quand notre réflexe de spectateur nous fait nous demander : « Mais ça va où ? Ca va être quoi, le problème ? », le réalisateur fait surgir des éléments scénaristiques qui pourraient nous orienter vers le nœud du film (la jeune femme du début qui ressurgit, les videurs qui viennent proposer leur aide etc.), mais qui sont seulement des pions qui joueront un rôle non pas déterminant mais précis à un moment précis. La comparaison paraît évidente et devient très claire à un tournant du film : le scénario est habilement bâti comme une partie d’échecs. Très excitante dans l’indécision de sa première partie, assez redoutable quand la tournure des évènements se précise et finalement implacable dans son déroulé final.

 

Mais avant d’en arriver là, van Groeningen veut d’abord en passer par le Belgica, et surtout par les relations humaines qui sont au cœur du projet. C’est comme cela que les deux frères envisagent le Belgica : une sorte d’entité organique multiforme, jamais monstrueuse, toujours fascinante pour les mêmes raisons qu’elle reste indomptable. Mais nous ne sommes pas là dans le profil psychologique à outrance qui donnerait naissance à un schéma peroxydé de film d’auteur en mode plaintif. Van Groeningen définit ses personnages avant tout par leurs actes. Afin qu’ils ne demeurent pas gratuits (ou plus précisément incompris car, tout comme la violence, aucun acte n’est jamais gratuit), il importe pour Groeningen de les démanteler, c’est-à-dire de montrer tout ce qui les précède, tout ce qui nourrit leur conséquence finale. Cela a pour but de ne jamais juger le personnage, et surtout d’être très proche de sa vérité intérieure, aussi ambiguë soit-elle.

 

Et tout cela est pas mal soigné, d’ailleurs. Scope tous azimuts, pas forcément employé à bon escient, mais qui a au moins le soin de faire respirer les espaces puisque les personnages sont quasiment tout le temps enfermés. C’est une des règles que la mise en scène délimite le plus clairement. Les personnages évoluent presque tout le temps en intérieur, favorisant l’idée d’un monde parallèle qui s’accommode du dehors sans lui donner trop d’importance. Or, jamais cette idée n’est étouffante pour le spectateur. Peut-être que le Scope joue ici un rôle très souterrain. En tout cas, dès que le monde du dehors affleure, il devient comme une terre, une région étrangère, comme si nous passions dans un autre film. C’est une idée de l’espace selon laquelle tout ne vaudrait la peine qu’au Belgica, dans ce monde (qui est aussi un monde intérieur) que les frères façonnent à leur envie. En témoigne cette scène où Stef sort du Belgica et va dire à Sara de Bosschere quelque chose d’important que je ne peux révéler dans ces lignes. Le film fonctionnait depuis tellement longtemps en vase clos que cette sortie paraît comme une agression du monde extérieur, alors que la véritable agression viendra de la décision que Stef annoncera à la jeune femme. La mise en scène a si bien cadenassé l’univers autour de Stef et de Tom que chaque fois qu’émerge ce monde extérieur auquel ils ne participent guère plus, ce sont autant de saillies chargées de remettre les pendules à l’heure. Et avec la manière ! J’aime beaucoup ce genre d’idée car c’est ce qui rend le film plus intelligent qu’il ne l’annonce.

 

                Autre argument majeur dans l’élaboration du film : le montage. Nico Leunen l’a conçu comme indexé et indissociable du mouvement global. C’est un montage très musical, qui alterne brillamment les différences de rythme sans rompre l’unité générale. Alors, bien sûr, nous sommes dans du narratif, mais son caractère enlevé et parfois très tendu emporte la chose. C’est un travail énorme. Sans compter la multitude de possibilités qui s’offraient au monteur. Et là, il va nous falloir entrer dans le cœur de la mise en scène. Une mise en scène parfois sauvée par le montage, et si je n’irais pas jusqu’à dire fainéante, en tout cas je lui hurlerais volontiers dessus qu’elle ne force pas son talent ! Nous sommes toujours plus exigeants avec les personnes qui en ont, c’est bien connu.

 

Van Groeningen opte pour un effet de style très à la mode : une caméra toujours en mouvement qui suit les personnages et qui s’accommode de leurs péripéties. Alfred Htichcock doit se retourner dans sa tombe ! Nous restons sur du scénarisé, mais il n’empêche que nous décelons une part conséquente d’improvisation (des plans soustrayables (quel affreux mot qui m’oblige à faire une parenthèse dans la parenthèse ! Je vote pour, évidemment) de-ci de-là qui ne servent pas l’intrigue principale, mais qui ajoutent à l’ambiance). L’intérêt majeur de cette idée (qui ne serait pas à jeter à la poubelle si elle n’était pas employée la plupart du temps sans discernement) c’est de filmer à l’énergie. La contrepartie c’est que le réalisateur peut se croire dispensé, en toute logique, de faire de la mise en scène. Dans ce cas-là, le film fonctionne uniquement sur l’humeur qui est filmée et il peut faire illusion (c’est souvent le cas chez Maïwenn) comme il peut n’être satisfaisant que sur quelques scènes (c’est invariable chez Abdellatif Kechiche). Ceux qui auront vu leurs films voient très bien de quoi je parle, et savent que le dénominateur commun pour colmater les brèches et faire peser la balance d’un côté c’est le montage (je passe sur le cadrage car vous pourriez me rétorquer CLOVERFIELD à juste titre, mais le cadrage c’est déjà de la mise en scène). De toute façon, si vous ne faites pas de mise en scène, à un moment ou à un autre vous serez rattrapé par l’obligation d’avoir des idées de cinéma ! De la nécessité de bien s’entourer. Et je finis par le meilleur exemple pour clore cette brillante démonstration et recueillir vos applaudissements, le meilleur exemple à l’heure actuelle c’est Terrence Malick, qui ne fait plus que du montage à partir d’un procédé équivalent. Ce qui le classe d’ailleurs un peu à part puisque le procédé narratif n’est plus le même, soit dit en passant.

 

Pour en revenir à van Groeningen, disons qu’il n’utilise ce système-là que sur certaines scènes qu’il aimerait voir se détacher du script (cela montre toute l’intelligence du gars et la confiance qu’il place en ses comédiens), alors que la caméra en mouvement est un effet qui lui importe étrangement plus. Mais pas un mouvement dégénéré à la FESTEN, plus une fluctuation à la Cassavetes, un état malaisant des personnages ou des situations, en tout cas quelque chose qui refuse tout caractère figé pour insuffler au film un élan toujours sur le qui-vive. Donc, quand je dis que la mise en scène ne force pas son talent alors qu’en plus de tout cela les cadres bossent dans l’ingratitude et tout le montage booste le film, je dois préciser que c’est dans la répétition de ces partis pris que le film se situe légèrement en-dessous de là où nous aurions dû être gâtés par un tant soit peu de surprise et d’originalité. C’est comme si van Groeningen avait voulu se simplifier la tâche. C’est peut-être une recherche (tout à son honneur) de changer de processus filmique, ou peut-être une volonté de s’affranchir d’une lourdeur technique, je n’en sais rien, le tout est qu’il y a une volonté de tourner plus et plus vite. Ce qui n’est pas forcément un bon calcul d’un point de vue du temps, car le temps non dépensé sur le tournage est à reporter en salle de montage dans le choix des prises. Passons. Tout cela pour dire que nous ne sommes pas pleinement convaincus du modus operandi et de son résultat final beaucoup moins rock and roll, bien moins déjanté qu’il aurait pu être. Parce que van Groeningen refuse d’en passer par le moindre classicisme de mise en scène, il se retrouve limité par un processus qui empêche toute fulgurance, toute envolée, tout lyrisme, tout ce qui pouvait faire de THE BROKEN CIRCLE BREAKDOWN un film magistral sur de nombreux points. Il paraît que c’est dans l’air du temps de succomber à cette facilité de tournage, qui plus est avec les nouvelles technologies. C’est le chant des sirènes. Il n’empêche que garder sa caméra en mouvement pour rechercher un caractère « sur le vif » proche du documentaire, donc d’une réalité tangible, c’est une erreur. Essayer de transmettre par un effet de caméra une émotion que traverse un personnage, c’est une erreur. On a vite fait de tomber dans du cinéma d’apparence, qui évite soigneusement de sonder en profondeur les véritables enjeux du film. C’est ainsi qu’au cinéma tout ce qui parvient à paraître vrai paraît obligatoirement faux puisque ça ne sonne pas juste. C’est aussi faux que de penser que filmer en gros plan c’est être au plus près des émotions du personnage. Si cela est issu de Bergman, alors c’est une analyse erronée de sa technique et de son esthétique. Regardez bien tous ses films, je vous assure que c’est ce qu’il y a de plus simple et de plus évident dans son cinéma. Tout le reste ce n’est que du cinéma de comptoir.

 

Bon, nous en sommes quand même bien loin avec BELGICA qui évite pas mal d’écueils et reste tout du long un film de bonne compagnie. Pas flatteur pour deux écus et plutôt enchanteur dans le fond, BELGICA ne se place pas dans une représentation à tout prix de la coolitude malgré l’empathie qu’il suscite. Il se démarque ainsi d’un film tape-à-l’œil comme peut l’être THE BOAT THAT ROCKED, petit truc légèrement vicelard sur les bords qui ne cherche qu’à plaire par tous les moyens (sa musique, ses fringues, ses personnages révoltés etc.) et à récolter le logo « film cool » apposé par les spectateurs. Or, comme nous devrions tous le savoir : les tests scientifiques ne prouvent jamais rien.

 

Ici, nous aimons tout ce que le bar inflige d’irraisonné, de transgressif, d’irrépressible, mais pas sans limites. Nous aimons accompagner ces personnages qui n’ont rien contre le profit à condition de mettre le facteur humain en avant.

 

Divisé en deux parties, le film permet dans un premier temps de s’immerger dans l’atmosphère du Belgica, et dans un second temps de s’intéresser de plus près à la relation entre les deux frères et plus particulièrement leurs dissensions. Il faut dire que c’est du personnage incarné par Tom Vermeir que vont émerger les problèmes. Nous l’avons vu, alors que son frère a beaucoup plus les pieds sur terre et saurait se contenter de bonheurs simples, lui voit déjà dans le Belgica l’opportunité non pas de faire quelque chose de ses dix doigts, mais surtout de continuer à glander sous l’apparence d’un type entreprenant. Parce que gérer un bar c’est surtout l’occasion de boire sans avoir à rendre de comptes, de faire la fête jusqu’à pas d’heure, de sauter quelques filles qui n’ont pas peur du loup et de taper dans la coco pour tenir le coup. Voilà ce que c’est d’être rock and roll, pour lui. Autrement dit, il ne rêve que de son imagerie iconographique, telle que vendue par les maisons de production et propagée par les magazines. Etre rock and roll c’est avant tout une idéologie, et plus le film avance plus il démontre que Stef Aers est probablement le plus rock des deux et que Tom Vermeir n’aspire finalement qu’à des désirs égoïstes et bourgeois (c’est le sens du bar V.I.P.)

 

Alors, le film va s’attacher à montrer comment les deux versants d’une relation peuvent à la fois être opposés et complémentaires. D’habitude, c’est plutôt parce qu’un changement s’opère chez le protagoniste que cela le conduit à une fin tragique. BELGICA se démarque par un refus de changement endémique. Le changement est une thématique majeure qui innerve le film dans son ensemble. C’est dans un souci de refus que le Belgica perdure. Que ce soit le refus des normes ou le refus de services proposés par des videurs. Et c’est parce que Tom Vermeir ne change pas que le Belgica devient ingérable à deux. Il ne change pas car il continue à picoler, à magouiller, à sniffer, à découcher, à tabasser, à ne pas s’occuper de sa famille, à faire tout ce que fait un loser. Ce qui pouvait faire illusion le temps de la première partie du film, dissimulé par l’euphorie des premiers temps, surgit comme une force obscure qui n’oublie de rappeler que chaque médaille à son revers. Et même s’il y a quelque chose d’assez pathétique dans la façon dont Stef et Tom se déchirent, le film décrit quelque chose de très beau sur l’incompatibilité fraternelle et le désir de vivre avec.

 

                Il ne faudrait pas finir sans noter le prolongement qu’effectue la thématique du changement, d’un point de vue sociétal. Si les personnages évoluent mais ne changent pas, la société qui les entoure, elle, change bel et bien. Comme nous l’avons dit plus haut, la mise en scène fait tout pour marquer leur volonté de s’inscrire le moins possible dans ce monde-là puisque les deux frères sont en train de construire le leur. Et le film inscrit, mais tout en filigrane, de manière presque invisible, la pression qu’exerce une société sur ceux qui la composent et la manière dont ils sont amenés à décider malgré eux. Entendons-nous bien, BELGICA n’est pas non plus une critique virulente de la société belge. Van Groeningen progresse par petites touches, mais néanmoins arrive à raconter de manière très juste nos pulsions d’êtres humains en quête d’une liberté qui n’existe pas.

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 02:04

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 20:00

SLEEPY HOLLOW (AFFICHE GHANEENNE)

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 02:10
CLASSEMENT
1068 points KENNEBUNKT
265 points ZOZEF
204 points DADA
197 points RONNIE
180 points SAMOM
  JIPE
126 points TITINE
111 points HAMLET
53 points MAXLAMENACE_89
25 points LIMBO
22 points AKARIZA
19 points GUCHO
17 points ODOMAR
10 points FFX
  LMK
9 points SEB
  CINEMIK
8 points AL
7 points TWAITS
6 points BEHEMOTH

 

 

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 20:00

PHILIP SEYMOUR HOFFMAN

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 14:48

            La  prochaine cérémonie de remise des César se déroulera le 26 février prochain.

            Comme chaque année, voici le code couleur qu'il vous faudra connaître pour décrypter mes choix :

- en noir, le nommé pour lequel j'ai voté

- en bleu, mon préféré parmi tous les films susceptibles d’être en compétition et que j’ai vus

- en vert, mon pronostic. Il sera souligné lorsqu'il s'avèrera correct.

 

 

MEILLEUR ACTEUR

JEAN-PIERRE BACRI La vie très privée de Monsieur Sim

JEAN-PIERRE BACRI La vie très privée de Monsieur Sim

VINCENT LINDON La loi du marché

 

MEILLEURE ACTRICE

EMMANUELLE BERCOT Mon roi

MATHILDE BISSON Au plus près du soleil

CATHERINE DENEUVE La tête haute

 

MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND ROLE

VINCENT ROTTIERS Dheepan

VINCENT ROTTIERS Dheepan

MICHEL FAU Marguerite

 

MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND ROLE

SARA FORESTIER La tête haute

SARA FORESTIER La tête haute

SIDSE BABETT KNUDSEN L'hermine

 

MEILLEUR ESPOIR MASCULIN

FINNEGAN OLDFIELD Les cowboys

PIERRE PERRIER Disparue en hiver

ROD PARADOT La tête haute

 

MEILLEUR ESPOIR FEMININ

SARAH GIRAUDEAU Les bêtises

MATHILDE BISSON Au plus près du soleil

LOU LEROY-COLLINET Trois souvenirs de ma jeunesse

 

MEILLEUR REALISATEUR

EMMANUELLE BERCOT La tête haute

GASPAR NOE Love

XAVIER GIANNOLI Marguerite

 

MEILLEUR FILM FRANCAIS

LA TETE HAUTE

LOVE

TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE

 

MEILLEUR PREMIER FILM

MUSTANG

MUSTANG

MUSTANG

 

MEILLEUR SCENARIO ORIGINAL

ARNAUD DESPLECHIN et JULIE PEYR Trois souvenirs de ma jeunesse

ARNAUD DESPLECHIN et JULIE PEYR Trois souvenirs de ma jeunesse

XAVIER GIANNOLI Marguerite

 

MEILLEURE ADAPTATION

SAMUEL BENCHETRIT Asphalte

ANDRZEJ ZULAWSKI Cosmos

PHILIPPE FAUCON Fatima

 

MEILLEURE MUSIQUE ECRITE POUR UN FILM

WARREN ELLIS Mustang

GESAFFELSTEIN Maryland

ENNIO MORRICONE En mai, fais ce qu'il te plaît

 

MEILLEUR COURT METRAGE

GUY MOQUET

GUY MOQUET

LA CONTRE-ALLEE

 

MEILLEURE PHOTO

DAVID CHIZALLET Mustang

BENOIT DEBIE Love

GLYNN SPEECKAERT Marguerite

 

MEILLEURS DECORS

KATIA WYSZKOP Journal d'une femme de chambre

DENIS HAGER Les anarchistes

MARTIN KUREL Marguerite

 

MEILLEUR SON

DANIEL SOBRINO, VALERIE DELOOF et CYRIL HOLTZ Dheepan

ZSOLT MAGYAR, GADOU NAUDIN et WILL FILES Réalité

FRANCOIS MUSY et GABRIEL HAFNER Marguerite

 

MEILLEUR MONTAGE

CYRIL NAKACHE Marguerite

DENIS BEDLOW et GASPAR NOE Love

CYRIL NAKACHE Marguerite

 

MEILLEURS COSTUMES

ANAIS ROMAND Journal d'une femme de chambre

ANAIS ROMAND Journal d'une femme de chambre

PIERRE-JEAN LARROQUE Marguerite

 

MEILLEUR FILM ETRANGER

SAUL FIA

IT FOLLOWS

MIA MADRE

 

MEILLEUR FILM DOCUMENTAIRE

UNE JEUNESSE ALLEMANDE

UNE JEUNESSE ALLEMANDE

DEMAIN

 

MEILLEUR FILM D'ANIMATION

ADAMA

ADAMA

AVRIL ET LE MONDE TRUQUE

 

MEILLEUR COURT METRAGE D'ANIMATION

SOUS TES DOIGTS

SMART MONKEY

SOUS TES DOIGTS

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 01:56

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 20:00

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 03:02

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 20:00

BRIGITTE BARDOT

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 12:04

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 20:00

ROBERT ENGLUND

(Robert Englund)

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 10:55

QUESTION : Qui sont ces deux personnes âgées qui fument un joint sur une plage le soir et se réveillent le lendemain matin au même endroit au beau milieu d’un camp de nudistes ?

 

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 01:54

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 21:48

QUESTION : Qui a 20 ANS D’ECART ?

 

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 20:00

MARTHA VICKERS

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Mis en lumière par MAYDRICK dans PERSISTANCE RETINIENNE
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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 02:40
CLASSEMENT
1076 points KENNEBUNKT
265 points ZOZEF
204 points DADA
197 points RONNIE
180 points SAMOM
174 points JIPE
126 points TITINE
111 points HAMLET
53 points MAXLAMENACE_89
27 points ODOMAR
25 points LIMBO
22 points AKARIZA
19 points GUCHO
10 points FFX
  LMK
9 points SEB
  CINEMIK
8 points AL
7 points TWAITS
6 points BEHEMOTH

 

 

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Mis en lumière par MAYDRICK dans LANTERNE MAGIQUE
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